"You are always on my mind!"

jeudi 1 décembre 2016

Golden Green









Étrange chanson, typiquement Obélienne, marquée par un martèlement d’accords tandis que la voix, qui se dédouble par moments, devient un instrument de musique parmi d’autres, émettant des sons étonnants, tantôt quasi-célestes, tantôt aquatiques, tantôt aussi intelligibles, mais pas pour autant aisément compréhensibles. Agnes Obel nous offre ici non pas une chanson d’amour au sens conventionnel, mais une chanson sur l’amour : l’amour fascination, l’amour fusion, l’amour combustion, l’amour ascension… Lorsque les mots sont identifiables, les phrases demeurent mystérieuses, et la poésie d’Agnes Obel n’en est que plus envoûtante, suggérant des idées qui s’élèvent et dansent comme des volutes de fumée, portées par une mélodie ondulante, en véritable apesanteur musicale.
ALN


Vert Doré

Ce que j’ai pu vouloir
Etre mais n’ai jamais été
Ça s’en prend à, ça s’en prend à, ça s’en prend à mon cœur
Pour ruiner mon âme au feu

Tout ce que voient mes yeux
Est né de ton imagerie
Ça s’en prend à, ça s’en prend à, ça s’en prend à mon cœur
Pour roussir la terre au feu

Dis-moi qui tu aimes vraiment
Dis-moi qui tu aimes vraiment
Dis-moi qui tu aimes vraiment

Qui es-tu pour asservir mon âme
Par ton seul regard
Rien que pour toi, j’escalade le ciel
De vert doré

Ange vert et bleu
Je vais t’abandonner mon âme
Ça s’en prend à, ça s’en prend à, ça s’en prend à mon cœur
Je sais, je vois, je veux juste être libre
Je sais, ça coule, avidement, dans mes veines
Pour ruiner mon âme au feu

Dis-moi qui tu aimes vraiment
Dis-moi qui tu aimes vraiment

Qui es-tu pour asservir mon âme
Par ton seul regard
Rien que pour toi, j’escalade le ciel
De vert doré

Vert
Vert
Vert

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)


mardi 29 novembre 2016

Familiar







Par définition, le familier est proche, connu, simple, rassurant, mais aussi intime. Mais que devient le familier quand il s’universalise ? Quand l’intimité, jusqu’au moindre détail, est exposée, diffusée, commentée ? Faudrait-il un miracle ou des pouvoirs surnaturels pour lui échapper ? Lorsque l’image, « plus vraie que nature », véhiculée par les médias parcourt les réseaux qui la répercutent à l’infini, la soumettant au jugement et aux commentaires de millions d’internautes, la familiarité devient une invasion, une dépossession de soi, et ses millions d’yeux prennent la direction de nos vies.
Que deviennent, dès lors, les sentiments ? Que devient l’amour ? Faut-il le cacher, le déguiser ? Faut-il fuir la lumière pour échapper à l’intrusion collective ? Vivre dans l’ombre prend une nouvelle signification lorsque l’éclairage apporté par les « réseaux sociaux » est ainsi formaté…
Sur son dernier album « Citizen of Glass », Agnes Obel joue avec ces idées comme avec les sonorités dans cette chanson très représentative de son style, avec des accords martelés, une mélodie envoutante, et une voix plus éthérée que jamais.
ALN


Familier

Peux-tu marcher sur l’eau avec moi, toi et moi ?
« Parce que ton sang devient froid », dit le familier, plus que vrai
Peux-tu marcher sur l’eau avec moi, toi et moi ?
Ou regarder la route et vivre ici familier, sans toi et sans moi
Ça brille de portes d’or, plus que vrai

Notre amour est un spectre que les autres ne voient pas
C’est un danger
Tu estompes nos nuances pour qu’ils restent
Dans le noir quant à qui nous sommes
(Oh, ce que tu me fais)
Ce sera la mort pour moi
C’est un danger
Car notre amour est un spectre que les autres ne voient pas

Nous avons gravi le sommet de nuit, toi et moi
Pour brûler un trou dans la vieille prise du familier, toi et moi
Et les ténèbres s’ouvraient en grand, marche ou crève
Sous un masque d’un million d’yeux gouvernants

Notre amour est un spectre que les autres ne voient pas
C’est un danger
Tu estompes nos nuances pour qu’ils restent
Dans le noir quant à qui nous sommes
(Oh, ce que tu me fais)
Ce sera la mort pour moi
C’est un danger
Car notre amour est un spectre que les autres ne voient pas


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)