"You are always on my mind!"

lundi 25 juillet 2011

Winter Light






Formidablement belle chanson de Linda Ronstadt (avec Eric Kaz et Zbigniew Antoni Preisner), Winter Light a été aussi chantée par Sarah Brightman.

Le soleil d’hiver éclaire mais ne réchauffe pas. Sa froide lumière rasante souligne le relief et rehausse les couleurs sans pouvoir atténuer la morsure du vent glacial.
Comme le chante John Denver dans « Seasons of the Heart », notre cœur traverse aussi des hivers, et les sentiments s’étiolent comme des feuilles mortes (qui, dit-on, « se ramassent à la pelle », comme « les souvenirs et les regrets »).
Linda Ronstadt nous rappelle qu’un printemps fait suite à l’hiver : « Life starts over again ».
« London Leaves are falling », chante aussi Boxcar Willie, qui rajoute « But London leaves will turn green ».
Pourtant, ce qui est mort est mort. La vie est n’est pas une pièce de théâtre que l’on rejoue («  A scene badly written in which I must play »), mais elle comporte plusieurs actes et plusieurs scènes au long desquelles s’accumulent les souvenirs. Chaque nouvelle étape de la vie est ainsi plus riche, plus chargée du poids de l’expérience, et nos réactions n’ont plus la simplicité et la spontanéité de la jeunesse car tous les mots, tous les gestes, tous les regards… sont désormais lourds de sens. Dans cet étrange kaléidoscope, chaque image en appelle une autre et réveille des émotions inattendues qui doivent plus au passé qu’au présent.
Ce serait tellement plus simple de pouvoir tout recommencer, comme si rien ne s’était passé :
Tout oublier et refaire les mêmes erreurs…
Ou faire le point sur l’océan des souvenirs et prendre un nouveau cap ?



Soleil d’Hiver

Cœur crie
Cœur gît
Et puis la pluie l’entraîne

Ainsi
La vie
Va vide et si vaine

Errant sous le soleil d’hiver
Le méchant et le sage
Du salut sont témoignages
Et la vie tourne la page

Mais, sur toi, le ciel est sans nuage
Aah Aah
L’amour t’offrira son ombrage
Pour toute la nuit

Etoile qui brille dans la nuit
Parle vrai
Dis l’espoir et, jusqu’à ce que tu m’aimes
Moi, je te suivrai

Aaah Aah

Mais, sur toi, le ciel est sans nuage
Aah Aah
L’amour t’offrira son ombrage
Pour toute la nuit

Etoile qui brille dans la nuit
Parle vrai
Dis l’espoir et, jusqu’à ce que tu m’aimes
Moi, je te suivrai

Aaah Aah

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 24 juillet 2011

Forever and Ever






Chanson de S. Vlavianos et A.R. Costandinos, « Forever and Ever » a été popularisée par Demis Roussos, mais aussi par Julio Iglesias. Une version française a été chantée par Franck Michaël sous le titre « Pour Toujours et à Jamais ».
Il est vrai qu’en contraste avec la mélodie grandiose, les paroles originales son un peu… banales. La preuve est faite qu’on peut encore en rajouter !



Pour Toujours et Toujours

Toujours et toujours, pour toujours et toujours, tu seras celle
Qui m’illumine quand l’aube étincelle
Toujours et toujours, pour toujours et toujours, tu seras mon
Printemps, mon arc-en-ciel, ma chanson

Fais-moi dépasser l’imagination
Mon rêve incarné, ma consolation

Toujours et toujours, pour toujours et toujours, mon rêve bleu
Ma symphonie, mon thème amoureux
Toujours et toujours, pour toujours et toujours, ma destinée
Te suivra pour l’éternité

Fais-moi dépasser l’imagination
Mon rêve incarné, ma consolation

Toujours et toujours, pour toujours et toujours, tu seras celle
Qui m’illumine quand l’aube étincelle
Toujours et toujours, pour toujours et toujours, ma destinée
Te suivra pour l’éternité

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 23 juillet 2011

Strawberry Fields Forever






Œuvre dite « majeure » des Beatles, « Strawberry Fields » a été écrite par John Lennon. Sous une apparence résolument « psychédélique » (c’était l’époque LSD), il s’agit en fait d’une chanson essentiellement nostalgique, au même titre que « Penny Lane » (l’autre face du même « 45 tours »). On y retrouve le Liverpool de l’enfance des Beatles. Strawberry Fields était le nom d’un orphelinat de l’Armée du Salut dans les jardins duquel John Lennon (recueilli alors par sa tante) aimait aller jouer. Il prolonge dans cette chanson ses rêveries d’enfant et joue de ces évocations un peu mystérieuses pour créer une atmosphère étrange, presque onirique, où passé et présent se mélangent, où les perspectives s’inversent, et où rien n’a vraiment d’importance car ce n’est qu’un rêve.
Pour l’auditeur non initié, en effet, chaque mot est une question ou une surprise. A partir des explications et commentaires de l’auteur lui-même, tout est plus simple et clair, y compris le « Nothing to get hung about » (pas de quoi se faire pendre), allusion à la réponse que faisait le petit John à sa tante qui n’aimait pas trop le voir fréquenter cet orphelinat : « Qu’est-ce qu’ils pourraient bien me faire ? Me pendre ? ».
Et la chanson aux couleurs surréalistes s’avère surtout imprégnée de nostalgie et marquée  par la difficulté de communication lorsque les personnes ne sont pas « sur la même longueur d’onde ». John Lennon commence en effet à percevoir que son sentiment de « différence » n’est pas nécessairement un signe de folie mais peut distinguer aussi le génie.
CQFD



Des Champs de Fraisiers à Jamais

Personne, je pense, n’est sur mon arbre
J’ veux dire, c’est trop haut ou trop bas
T’es pas dans le même ton, tu vois
Mais ça ira

Descends avec moi
Car je vais dans les champs de fraisiers
Rien n’est réel
Et pas de quoi se faire pendre
Aux champs de fraisiers à jamais

Vivre est facile les yeux fermés
Réinventant ce que tu vois
Ca devient dur d’être quelqu’un
Mais ça s’arrangera
Ca n’a guère d’importance pour moi

Descends avec moi
Car je vais dans les champs de fraisiers
Rien n’est réel
Et pas de quoi se faire pendre
Aux champs de fraisiers à jamais

Je sais bien, quand je crois que c’est moi
Tu vois, je le sais, et c’est un rêve
Je crois bien te connaître, mais c’est tout faux
C’est qu’en fait, je n’ suis pas d’accord

Descends avec moi
Car je vais dans les champs de fraisiers
Rien n’est réel
Et pas de quoi se faire pendre
Aux champs de fraisiers à jamais
Aux champs de fraisiers à jamais
Aux champs de fraisiers à jamais

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 17 juillet 2011

The fool on the hill





Et voilà que les Beatles nous rejouent le mythe de la sagesse du fou !
Dans le contexte des années 1960, les voies de la sagesse conduisaient vers l’Inde, où des gurus comme Maharishi Mahesh Yogi (père de la « méditation transcendantale ») enseignaient la sagesse à des disciples venus du monde entier (dont les Beatles eux-mêmes). Maharishi Mahesh Yogi, sa famille et ses associés, créèrent ainsi un véritable « empire », comportant école et organisations caritatives, mais aussi structures commerciales animant exploitations agricoles, universités et hôpitaux et représentant plusieurs millions ou milliards de dollars
Quant à permettre à ses adeptes d’apprendre la lévitation et d’installer la paix mondiale… le doute est permis.
Les hommes, conscients de leur mort inéluctable, ont, de tout temps, été à la recherche d’un guide spirituel. Le besoin de croire que la vie a un sens et qu’il y a encore une vie après la mort est tel que l’on est prêt à dépasser les limites étroites de la raison pour entrer dans la croyance.
Chaque époque, chaque société, chaque culture, apporte sa réponse, et s’il est un domaine dans lequel le recyclage fonctionne depuis toujours, c’est bien celui là ! Les idées sont recyclées sous des formes nouvelles, agrémentées de paradoxes apparents, ornées de formules plus ou moins énigmatiques qui permettent à chacun d’entendre ce qu’il souhaite, parées des couleurs à la mode pour fasciner les foules, et grassement nourries des miettes du politiquement correct.
Mais le fou sur la colline n’est pas fou : il est simplement différent.
Un psychiatre n’appelle pas un fou un fou : il identifie les déments, que la dégradation des fonctions cognitives et intellectuelles rend incapables d’autonomie, et les psychotiques (encore que cette terminologie « abrupte » soit aujourd’hui remise en question) dont la pensée a perdu contact avec la réalité et dont le raisonnement s’écarte de la logique cartésienne.
Le « grand public » appelle fous ceux qui sont « différents », ceux qui « suivent une autre route qu’eux », quelles qu’en soient les raisons. Cette dénomination de « fou » a pour corollaire l’exclusion, avec ce qu’elle comporte de haine, de dérision, et de harcèlement.
Pourtant, ce même « grand public » est prêt à suivre d’authentiques « fous », dont le raisonnement, d’une logique implacable, est fondé sur une surestimation de soi et une méfiance de tous. Ces grands paranoïaques sont responsables des plus grands désastres de l’humanité : Hitler, Staline, Pol Pot… et tous ces dictateurs qui, aujourd’hui encore, s’accrochent au pouvoir et massacrent leur propre peuple. De tels « fous » n’auraient aucun pouvoir s’ils n’étaient suivis par des milliers de « disciples », subjugués par le « chef » ou simplement tenus par la terreur. Dès lors, qui sont les plus fous ?
A côté d’eux, le « fou sur la colline » paraît bien inoffensif, et la magnifique chanson de Paul McCartney est aussi le témoignage d’une époque à laquelle on repense avec un peu de nostalgie. C’est « fou » comme le temps passe !

NB : Eddy Mitchell a chanté « Le Fou sur la Colline », une adaptation (relativement libre) de C Moine.



Le Fou sur la Butte

Jour après jour, tout seul sur la butte
L’homme au sourire fou reste immobile et semble sans but
Nul ne veut faire sa connaissance
On voit bien que ce n’est qu’un fou
Car il n’offre pas de réponse

Mais le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

Sur son chemin, avec la tête
Dans un nuage, l’homme aux mille voix parle très clair et net
Pourtant, nul ne l’entend jamais
Ni lui, ni les sons qu’il émet
Il ne semble pas s’en soucier

Mais le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

Et nul ne l’aime apparemment
Les gens croient savoir ce qu’il veut
Et il cache ses sentiments

Mais le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

Il ne les écoute pas
Il sait qu’eux sont les fous
Ils ne l’aiment pas

Le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

[Traduction – Adaptation : Polyphrène]

jeudi 14 juillet 2011

Please Don't Pass Me By (A Disgrace)




A Londres, en mai 1970, Léonard Cohen a enregistré sur scène « Please Don’t Pass Me By », un titre « hors série », d’une exceptionnelle durée de 13 minutes, où seules sont chantées quelques lignes répétitives, au cours d’une véritable harangue qui se passe de commentaires.
La souffrance des autres dérange, à la fois par le sentiment de culpabilité qu’elle procure (nous préférerions ne pas savoir) et parce que nous savons bien (même si nous tentons de ne pas y penser) que cela « n’arrive pas qu’aux autres ».


Ne Passez Pas Sans Me Voir (Déconsidération)

Je marchais dans les rues de New York quand j’ai frôlé l’homme qui marchait devant moi. Et j’ai senti dans son dos un carton. En passant sous un réverbère, j’ai pu lire ceci :
« Ne passez pas sans me voir – Je suis aveugle mais vous voyez – De la vue, je suis privé – Ne passez pas sans me voir ».
Je descendais la 14e avenue quand, au coin de la rue, je vis d’étranges difformités humaines. C’était une école pour handicapés. Il y avait des infirmes, en fauteuil roulant ou béquilles, et il neigeait, et j’ai eu cette impression que toute la ville chantait ceci :

Ne passez pas sans me voir,
Oh, ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Et, vous savez, tout en marchant, je pensais qu’eux, ils chantaient cela ; je pensais que c’était eux qui chantaient cela ; je pensais que c’était l’autre qui chantait cela ; je pensais que c’était quelqu’un d’autre. Mais, alors que je passais, j’ai su que c’était moi, et que je chantais cela pour moi-même. Ça disait :

Ne passez pas sans me voir,
Oh, ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Ne passez pas sans me voir.

Je sais bien que vous êtes assis là dans vos fauteuils de velours et que vous pensez : « Il est là, sur scène, à dire des choses qu’il pense, mais, moi, je n’aurai jamais à chanter cette chanson ». Mais je vous promets, mes amis, que vous allez la chanter, cette chanson : peut-être pas ce soir, peut-être pas demain, mais un jour, vous serez à genoux, et je veux que vous connaissiez les paroles le moment venu. Parce que vous allez avoir à chanter cela pour vous-mêmes, ou pour un proche, ou pour votre frère. Ça dit :

Ne passez pas sans me voir,
Oh, ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Eh bien, je chante cela pour les Juifs et les Gitans, et la fumée qu’ils firent. Et je chante cela pour les enfants d’Angleterre, aux visages si graves. Et je chante cela pour un sauveur sans personne à sauver. Hé, ne vous mettrez-vous pas à nu pour moi ? Hé, ne vous mettrez-vous pas à nu pour moi ? Ça dit :

Ne passez pas sans me voir,
Oh, ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Là, il n’y a rien que je vous dise qui puisse vous aider à connecter la nuit torturée jusqu’au sang avec le jour qui va suivre. Mais je veux que ça vous fasse mal. Je veux que ça s’achève. Hé, ne vous mettrez-vous pas à nu pour moi ? Oh, là

Ne passez pas sans me voir,
Oh, ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Bon, je chante cette chanson pour vous, les Bêtes Blondes ; je chante cette chanson pour vous, les Vénus dans vos coquillages sur l’écume de la mer. Et je chante cela pour les monstres, et les infirmes, et les bossus, et les brûlés, et les mutilés, et les brisés, et les écartelés, et tous ceux dont vous parlez autour d’un café, aux réunions, aux manifestations, dans les rues, dans votre musique, dans mes chansons. Je veux dire ceux qui brûlent en vrai ; je veux dire ceux qui brûlent en vrai.

Je dis : Ne passez pas sans me voir,
Oh, ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Je sais que vous pensez encore que c’est moi. Je sais que vous pensez qu’il s’agit de quelqu’un d’autre. Je sais que ces mots ne sont pas les vôtres. Mais je vous le dis, mes amis, un jour :

Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber à genoux
Vous allez tomber…

Oh, Ne passez pas sans me voir,
Oh, ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Oh, Ne passez pas sans me voir.

Bon, vous savez que j’ai mes chansons, et j’ai mes poèmes. J’ai mon livre et j’ai « L’Armée »*, et, parfois, j’ai vos applaudissements. Je fais un peu d’argent, mais, vous savez quoi, mes amis, je suis toujours là, dans le coin. Je suis avec les difformes, je suis avec le pourchassé, je suis avec le mutilé, oui, je suis avec l’écartelé, je suis avec le déchu, je suis avec le pauvre. Allez…

Ne passez pas sans me voir,
Là, je dois partir mes amis
Mais ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Maintenant, je veux me défaire de ma dignité ; oui, prenez mas dignité. Mes amis, prenez ma dignité, prenez ma forme, prenez mon style, prenez mon honneur, prenez mon courage, prenez mon temps, prenez mon temps… temps…
Car, vous savez, je suis avec vous à chanter cette chanson. Et je souhaite que vous rentriez chez vous étant quelqu’un d’autre. Je souhaite que vous rentriez chez vous étant quelqu’un d’autre. Ne soyez pas celui avec qui vous êtes venus. Ne soyez pas celui avec qui vous êtes venus. Ah, je ne le serai pas. Je ne peux pas le supporter. Je ne peux pas supporter qui je suis. C’est pourquoi je dois tomber à genoux. Parce que je ne peux pas faire cela par moi-même. Je n’existe plus par moi-même car celui que j’étais auparavant, c’était un tyran, c’était un esclave, il était dans les fers, il était brisé, et alors il chantait :

Ne passez pas sans me voir,
Mais ne passez pas sans me voir,
Je suis aveugle, mais vous voyez
Oui, de la vue, je suis privé
Ne passez pas sans me voir.

Eh bien, j’espère vous voir, vous, là, dans le coin. Oui, j’espère qu’en m’en allant je vous entendrai chuchoter avec la brise. Car je vais vous quitter, maintenant, je vais me trouver un autre. Trouver un autre.
Et ne passez pas sans me voir.

* « The Army » était le nom du groupe musical de Léonard Cohen, à l’époque.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)