"You are always on my mind!"

samedi 29 novembre 2008

If I were a carpenter


"If I were a carpenter
And you were a lady,
Would you marry me anyway?
Would you have my baby?
[...]
Save your love through loneliness,
Save your love through sorrow,
I gave you my onliness,
Give me your tomorrow.
[...]


Une célébrissime ballade, écrite par Tim Hardin, chantée par les plus grands artistes, dont Joan Baez, mais aussi Johnny Cash et June Carter, en un duo légendaire, dont j'ai tenté de traduire ci-dessous la version (avec une approximation criticable sur "onliness"qui est presque, mais pas tout à fait la solitude, un peu l'unicité, mais pas vraiment la fortitude).

Etre aimé pour ce que l'on est, au fond de soi, et non pour ce que l'on paraît ou ce que l'on a - pour son coeur et non pour sa fortune - pour son âme et non pour son métier...
C'est une revendication bien classique, mais c'est aussi une question d'actualité.

Que signifient vraiment les conquêtes des "grands" de ce monde ?
Sont-ils objectivement plus beaux, plus intelligents, plus charmants, plus attentifs, plus tendres, plus fidèles... que le commun des mortels ?


Si j’étais un charpentier

Si j’étais un charpentier
Et toi une princesse
Voudrais-tu encore te marier,
M’offrir une descendance ?

Si tu étais charpentier,
Et moi une princesse,
Je voudrais encore me marier,
T’offirir une descendance

Si j’étais un chaudronnier,
Aurais-je ton amour ?
Je t’aiderais dans ton métier,
Je te suivrais toujours.

Garde l’amour en solitude
Garde l’amour en chagrin
Je t’ai donné ma fortitude,
Donne moi ton lendemain

Si j’étais un meunier,
Les mains dans la mouture,
Regretterais-tu tes beaux souliers,
Et ta haute-couture ?

Si tu étais un meunier,
Les mains dans la mouture,
Je n’regrett’rais pas mes beaux souliers,
Ni ma haute-couture.

Si je travaillais le bois,
Me trouverais-tu beau ?
Oui, je n’aimerais que toi !
Me regarderais-tu de haut ?

Si j’étais un charpentier
Et toi une princesse
Voudrais-tu encore te marier,
M’offrir une descendance ?

Garde l’amour en solitude
Garde l’amour en chagrin
Je t’ai donné ma fortitude,
Donne moi ton lendemain

(Traduction: Polyphrène)

vendredi 28 novembre 2008

Wednesday Morning, 3 A.M.


"I can hear the soft breathing of the girl that I love,
As she lies here beside me asleep with the night,
And her hair, in a fine mist floats on my pillow,
Reflecting the glow of the winter moonlight."[...]





Voici l'un des premiers titres de Paul Simon, avec une mélodie suave que mettent magnifiquement en valeur les voix de Paul Simon et Art Garfunkel.
Le souvenir est parfois le seul bien que l'on puisse conserver, comme le même auteur le dit avec une délicatesse sublime dans "Book ends"



Mercredi, 3 heures du matin

J’entends la respiration de la fille que j’aime
Assoupie à mes côtés en cette nuit blême.
Sur l’oreiller ses cheveux flottent comme un brouillard
Reflétant la lune en un rayon blafard.

Sa douceur, sa chaleur n’atténuent pas mon chagrin
Devant le va-et-vient régulier de ses seins,
Car je sais que dès l’aurore il me faudra partir,
Cette nuit restera mon dernier souvenir.

Oh, qu’ai-je donc fait ? Je n’ai que remords !
Oui, j’ai enfreint la loi, j’ai commis un vol,
Pour vingt-cinq dollars et quelques pièces d’or
J’ai cambriolé un magasin d’alcool.

Ma vie semble irréelle, mon crime une illusion
La scène mal écrite d’un rôle que je dois jouer
Tandis que je regarde mon amour avec passion
Le matin, je sais, va bientôt arriver.

(Traduction : Polyphrène)

jeudi 27 novembre 2008

You Know Who I Am


"I cannot follow you, my love,
You cannot follow me.
I am the distance you put between all of the moments that we will be.

You know who I am,
You've stared at the sun,
Well I am the one who loves
Changing from nothing to one. "[...]





Léonard Cohen de retour sur scène, et de retour en France. Nous avons pu entendre sur les ondes quelques bribes de sa voix gutturale, et l'apercevoir, cheveux gris mais visage toujours aussi impénétrable, apparemment serein, esquissant même un sourire !

J'envie les parisiens qui ont pu participer à ces retrouvailles, et se laisser à nouveau emporter par ses mélodies envoutantes, un peu répétitives, comme une respiration lourde et lente qui ramène, à chaque expiration, des sentiments enfouis.

Il était donc logique que, ce matin, une chanson de Léonard Cohen resurgisse, chanson dont la mélodie errait dans mon souvenir, accompagnée de quelques paroles égarées, sans que je sois capable de reconstituer le puzzle.

C'est, une fois de plus, le travail de traduction qui m'a confronté à ce texte, hermétique, énigmatique comme le sont souvent ceux de Léonard Cohen. Paradoxalement, si de tels textes laissent toute latitude à l'auditeur de choisir sa propre lecture, sa propre interprétation (ce que j'appelle "l'auberge espagnole" de la compréhension), le traducteur se doit de "coller" de très près au texte, de peur d'en altérer le sens supposé (mais qui, tout au moins pour ce qui me concerne, lui échappe en grande partie), tout en s'attachant à respecter la métrique et la rime.

Voici donc ma tentative de traduction.


Tu sais qui je suis

Je ne peux pas te suivre, amour
Tu ne peux pas me suivre.
Je suis la distance que tu mets entre tous les moments de nos êtres

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être.

Parfois, je te veux nue
Parfois, je te veux crue.
Je te veux pour porter tous mes enfants
Et te veux pour que tu en tues.

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être.

Si jamais tu dois me traquer,
Là, je me soumettrai,
Et te laisserai avec un homme brisé
Pour t’apprendre à le réparer.

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être.

Je ne peux pas te suivre, amour
Tu ne peux pas me suivre.
Je suis la distance que tu mets entre tous les moments de nos êtres

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 26 novembre 2008

Peggy-O


"As we rode out to Fennario
As we rode out to Fennario
Our captain fell in love
With a lady like a dove
And he called her by name pretty Peggy-O"[...]









Une ballade traditionnelle, divinement chantée par Paul Simon et Art Garfunkel, mais aussi, depuis le début des années 70, par Jerry Garcia, des "Grateful Dead", puis par Bob Dylan. On y trouve, comme dans "Scarborough Fair", le contraste entre une mélodie suave et un thème sombre, celui de l'amour contrarié ou détruit par la guerre. La version chantée par Simon et Garfunkel est plus brève et moins explicite que celle de Jerry Garcia, tandis que l'adaptation des Compagnons de la Chanson (dont je n'ai découvert l'existence qu'après avoir rédigé ma traduction) est plus libre, mais aussi plus didactique, mettant en scène la guerre de sécession et le drame (digne des Horaces et des Curiaces) qui en résulte.



Peggy-O

Quand nous marchions sur Fennario
Quand nous marchions sur Fennario
Le chef offrit son cœur
A une fille belle comme une fleur
Et il l’appelait jolie Peggy-O

Me veux-tu en mariage, jolie Peggy-O ?
Me veux-tu en mariage, jolie Peggy-O ?
Si tu’mveux en mariage,
Je libèrerai ton village
Et toutes les jolies dames du voisinage.

Je t’épouserais, mon cher et gentil Guillaume
Je t’épouserais, mon cher et gentil Guillaume
Je t’épouserais, mon cher,
Mais ta solde est trop légère
Et je crains que ma mère ne soit en colère.

Que penserait ta maman, jolie Peggy-O
Que penserait ta maman, jolie Peggy-O
Que penserait ta maman
Si elle voyait mon argent,
Et me voyait marchant devant mon armée-O

Si j’étais de retour, jolie Peggy-O
Si j’étais de retour, jolie Peggy-O
Si j’étais de retour
Je brûlerais tout alentour
Détruisant tous les amours dans le pays-O

Descend l’escalier d’un bond, jolie Peggy-O
Descend l’escalier d’un bond, jolie Peggy-O
Descend l’escalier d’un bond
En coiffant tes cheveux blonds
Dire un dernier adieu au gentil Guillaume

Guillaume a rendu l’âme, jolie Peggy-O
Guillaume a rendu l’âme, jolie Peggy-O
Guillaume a rendu l’âme
Mort pour l’amour d’une dame,
Et il est enterré dans le Louisiana-O

Quand nous marchions sur Fennario
Quand nous marchions sur Fennario
Le chef offrit son cœur
A une fille belle comme une fleur
Et il l’appelait jolie Peggy-O

(Traduction : Polyphrène)

mardi 25 novembre 2008

I Won't Back Down


"Well I won't back down,
No I won't back down
You can stand me up at the gates of hell
But I won't back down
[...]
[Hey baby, there ain't no easy way out
Hey I will stand my ground
And I won't back down."[...]





Cette chanson de Tom Petty a été aussi chantée de façon remarquablement efficace par Johnny Cash, dont la voix grave et rauque exprime parfaitement le tempérament buté de celui qui fait face à la terre entière, liguée contre lui.
Le rythme très heurté de cette chanson "colle" particulièrement bien au texte. Le contexte n'étant pas explicitement décrit, chacun peut adapter cette chanson à son humeur et aux circonstances...

Par exemple, ce peut être le discours adressé par le malade à sa maladie.

Je l'ai souvent entendue s'adresser ainsi au "crabe" qui la ronge. Sa résilience inouïe étonne tous ceux qui la connaissent. Je sais que le doute l'assaille; je connais la cause (principale) de ses insomnies, puisqu'elle contribue aussi aux miennes; je sais aussi comment elle s'attache aux petits signes positifs pour construire sa résistance et sa contre-attaque.
A plusieurs reprises, j'ai cru voir arriver la fin, mais l'ennemi a été, encore une fois, repoussé.

Nous avons appris ainsi, tous deux, à vivre dans le présent, car "on ne vit qu'une fois", et ce sont les petites batailles du quotidien qui déterminent l'issue du conflit.


Je ne cèderai pas

Je ne cèderai pas,
Non, je n’cèderai pas.
Même face à l’enfer,
Je n’te laisserai pas faire,
Et je n’cèderai pas.

Oui je ne lacherai pas
N’me laisserai pas faire
On ne pourra pas me jeter à terre
Je ne lacherai pas
Et je n’cèderai pas.

Hé, poupée, il n’y a pas d’issue facile.
Hé, je ne lacherai pas,
Et je ne cèderai pas.

Je connais mes droits ;
On ne vit qu’une fois.
Si la terre entière s’en prenait à moi,
Je ne lacherai pas,
Et je n’cèderai pas.

Hé, poupée, il n’y a pas d’issue facile.
Hé, je ne lacherai pas,
Et je n’ cèderai pas.
Non, je n’cèderai pas !

(Traduction : Polyphrène)

lundi 24 novembre 2008

Where Do The Children Play?


"Well I think it's fine,
Building jumbo planes.
Or taking a ride
On a cosmic train.
Switch on summer
From a slot machine.
Get what you want to if you want,
'cause you can get anything.

I know we've come a long way,
We're changing day to day,
But tell me, where do the children play?"[...]




Ce lundi matin commence sur cette question posée avec insistance par Cat Stevens, bien longtemps avant que l'écologie ne devienne une préoccupation commercialisable !
Quel monde allons-nous léguer à nos enfants ?
Nous avons vu survenir, au cours des quelques décennies que nous avons vécu, tant de "progrès": la conquête de l'espace, la télévision, les ordinateurs, les téléphones portables...
Nos parents et grands-parents ont vu apparaître l'automobile, l'aviation... et les matières plastiques...

Vivons-nous mieux ?
Ne subissons-nous pas, jour après jour, une pression toujours plus forte ?
Ne connaissons-nous pas un climat social de plus en plus tendu ?
Les inégalités ne se sont-elles pas accentuées ?
La haine et la défiance n'ont-elles pas envahi nos sociétés ?
Nos enfants n'ont-ils pas, déjà, plus de difficulté à trouver du travail ?
Les vrais progrès de notre supposée civilisation (1) ne sont-ils pas en danger ?

Sursum Corda !
Haut les coeurs !
Comme disait mon aïeul, lorsque le temps tournait à l'orage.
Une longue semaine de travail commence; ce n'est pas le moment de flancher.


Où les Enfants vont Jouer ?

C’est bien d’inventer
Des avions géants,
D’aller en fusée
Dans le firmament,
Commander l’été
Par correspondance ;
Servez-vous à volonté :
Tout est en abondance.

Je sais qu’il faut progresser,
Jour après jour évoluer ;
Mais dites-moi : où les enfants vont jouer ?

Vos routes engloutissent
Les vertes prairies,
Vos camions nourrissent
Leur pétrolâtrie, (2)
Et, toujours plus loin,
En béton armé,
Vos routes continuent sans fin,
Et ne s’arrêtent jamais.

Oh, je sais qu’il faut progresser,
Jour après jour évoluer ;
Mais dites-moi : où les enfants vont jouer ?

Et vos bâtiments
Éventrant l’espace
Seront-ils de plus en plus grands
Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place ?
Nous ferez-vous geindre ?
Nous ferez-vous rire ?
Nous direz-vous quand vivre ?
Nous direz-vous quand mourir

Je sais qu’il faut progresser,
Jour après jour évoluer ;
Mais dites-moi : où les enfants vont jouer ?

(Traduction : Polyphrène)

(1) La protection sociale et l'éducation, par exemple.
(2) Idolâtrie + Pétrole - Je ne suis pas trop mécontent de ce petit néologisme.

dimanche 23 novembre 2008

25 minutes to go


"Well they're building a gallows outside my cell
I've got 25 minutes to go
And the whole town's waitin' just to hear me yell
I've got 24 minutes to go
Well they gave me some beans for my last meal
I've got 23 minutes to go
But nobody asked me how I feel
[...]
I can see the buzzards I can hear the crows
One more minute to go
And now I'm swingin' and here I go-o-o-o-o-o-o-o-o-o!"





J'ai longtemps hésité à traduire cette chanson, tant elle me paraissait terrible, et je craignais qu'il y figure une certaine complaisance, exploitant la fascination de la "populace" pour la souffrance (des autres). Entre le mauvais goût et le sadisme de groupe, le risque est grand, en effet, d'attiser la haine est montrant en spectacle la barbarie drapée des oripeaux de la justice.
Récemment, un "petit scandale" a défrayé la chronique en France, lorsque des forains ont voulu présenter une attraction importée des U.S.A. montrant, avec un réalisme inouï, un condamné vivant ses derniers instants sur la chaise électrique.

Pourtant, j'ai découvert cette chanson de Shel Silverstein (très connu pour ses ouvrages destinés aux enfants) dans le répertoire de Johnny Cash, et appris qu'il l'avait chantée à la prison de Folsom. J'ai peine à imaginer l'état d'esprit des condamnés entendant le décompte fatidique des minutes restant à vivre. Les prisonniers, paraît-il, ont poussé des hourras lorsque Johnny a chanté les vers évoquant l'attitude du shérif ("Je viens te voir mourir") et la réponse du condamné ("Je lui ai craché au visage").

On peut en être choqué, mais cette attitude n'est que la réponse logique à celle des bourreaux (et j'appelle bourreaux ceux qui approuvent ou laissent faire l'exécution, pas seulement ceux qui la réalisent) : abaisser, mépriser, provoquer la haine pour pouvoir haïr en retour et justifier ainsi le crime qu'est l'exécution capitale.

Le thème de la prison, de la condamnation à mort, de l'exécution, est très présent dans le répertoire de Johnny Cash, que ce soit dans ses propres chansons ou celles qu'il emprunte à d'autres auteurs ("The Mercy Seat" en est un exemple majeur), et on sent bien qu'il se met à la place du condamné. Dans ce rôle, Johnny Cash ne se dérobe pas à ses responsabilités et plaide généralement coupable, mais il montre l'inhumanité de la peine et l'hypocrisie de ceux qui la prononcent, mieux que ne peuvent le faire tous les discours.

J'arrête donc ici le mien, et propose ma tentative de traduction :


25 Minutes à vivre

Bon, devant ma cellule, ils dressent un gibet.
Plus que vingt-cinq minutes à vivre.
Tout’ la ville attend pour m’entendre hurler.
Plus que vingt-quatre minutes à vivre.
J’ai mangé des pois pour mon dernier repas.
Plus que vingt-trois minutes à vivre.
Personne ne me demande si ça va.
Plus que vingt-deux minutes à vivre.
J’ai écrit au gouverneur et aux autres imbéciles,
Avec vingt-et-une minutes à vivre.
Et j’ai fait mander le maire, mais il dîne en ville.
Plus que vingt minutes à vivre.
Et puis le shérif m’a dit « Je viens te voir mourir ».
J’ai dix-neuf minutes à vivre.
J’ai craché à sa face et fait semblant de rire.
J’ai dix-huit minutes à vivre.
Maintenant le curé voudrait sauver mon âme,
Avec treize minutes à vivre.
J’ai froid dans le dos quand il parle de flammes,
Plus que douze minutes à vivre.
Ils testent la trappe, ça me glace le sang.
Plus que onze minutes à vivre.
La trappe et la corde sont prêts et menaçants.
Plus que dix minutes à vivre.
Et moi j’attends la grâce qui me libèrerait.
Plus que neuf minutes à vivre.
Mais, oubliez-moi, tout ça c’est pour de vrai.
Plus que huit minutes à vivre.
La corde autour du cou et la trappe sous les pieds.
Plus que cinq minutes à vivre.
Toujours personne pour me délier ?
Avec quatre minutes à vivre.
Je peux voir les montagnes, je peux voir le jour.
Avec trois minutes à vivre.
Et c’est bien trop beau pour un homme qui n’veut pas crever.
Et deux minutes à vivre.
J’entends les corbeaux, je peux voir les vautours.
Plus qu’une minute à vivre.
Maintenant je bascule et m’en vais... ais ais ais ais…

(Traduction : Polyphrène)

samedi 22 novembre 2008

Homeward Bound


"I'm sitting in the railway station.
Got a ticket to my destination.
On a tour of one-night stands
My suitcase and guitar in hand.
And ev'ry stop is neatly planned
For a poet and a one-man band.
Homeward bound,
I wish I was,
Homeward bound,
Home where my thought's escaping,
Home where my music's playing,
Home where my love lies waiting
Silently for me."[...]





Paul Simon exprime ici, avec une extraordinaire force d'évocation, la solitude et la nostalgie du voyageur. Le personnage de la chanson n'est autre qu'un chanteur qui court le cachet, de ville en ville, et l'on ne peut s'empêcher de penser à "la pierre qui roule toujours" qui a fait sortir de l'ombre Johnny Hallyday, où au "Je m'voyais déjà" de Charles Aznavour.

Cependant, les sentiments que décrit ici Paul Simon, avec tant de délicatesse et de pudeur, pourraient tout aussi bien être ceux du visiteur de commerce, de l'ouvrier immigré, ou du réfugié.

Il n'est parfois pas même nécessaire d'être loin de chez soi pour ressentir cette étrange impression, cette envie de revenir en quelque lieu ou quelque temps auquel on appartiendrait, ou qui nous appartiendrait :
- le cocon familial, ou le cercle des amis, ou le pays où l'on entend la langue que l'on comprend;
- le temps de l'insouciance, de la quiétude, de l'affection...

Au Foyer

Valise au pied, mon billet en main,
Ma guitare dans mon dos, j’attends le train
Pour une tournée bien réglée
Aux étapes d’une seule soirée
Où je devrai faire aussi bien
Le poète et le musicien.
Au foyer
Je veux rentrer !
Au foyer,
Là, où ma pensée s’enfuit,
Là, où ma musique naquit,
Là, où mon amour languit
Silencieusement.

Les jours sont interminables
De cigarette en magazine ;
Et toutes les villes sont semblables :
Des cinémas et des usines,
Et chaque étranger que je vois
Me dit que je n’suis pas chez moi.
Au foyer
Je veux rentrer !
Au foyer,
Là, où ma pensée s’enfuit,
Là, où ma musique naquit,
Là, où mon amour languit
Silencieusement.

Ce soir, je chanterai encore,
Jouerai mon rôle dans un décor,
Mais tous mes mots vont me heurter
Comme teintés de médiocrité,
L’harmonie dans la vacuité…
Je voudrais être réconforté.
Au foyer
Je veux rentrer !
Au foyer,
Là, où ma pensée s’enfuit,
Là, où ma musique naquit,
Là, où mon amour languit
Silencieusement.

(Traduction : Polyphrène)

vendredi 21 novembre 2008

Moonshadow


"Oh, I'm bein' followed by a moonshadow, moonshadow, moonshadow
Leapin and hoppin' on a moonshadow, moonshadow, moonshadow

And if I ever lose my hands,
Lose my plough, lose my land,
Oh if I ever lose my hands,
Oh if....
I won't have to work no more."[...]




Revoilà Cat Stevens, avec une chanson mystérieuse et envoutante, servie par une mélodie très enlevée, sur laquelle sa voix, en effet, saute et bondit avec une vigueur bouillonnante, révélant une âme volcanique.

J'ai toujours été impressionné par le perfectionnisme de Cat Stevens, par la qualité de ses arrangements comme par la précision de l'adéquation entre la mélodie et le texte, le tout dégageant une force à peine contenue, presque violente.

Ses chansons m'ont captivé, fasciné, bien avant que je sois en mesure d'en comprendre le sens (et je ne suis toujours pas sûr de l'avoir bien compris). Chaque écoute est pour moi une nouvelle découverte, et une source d'ébahissement !


Rai de Lune

Oh, je suis poursuivi par un rai de lune, rai de lune, rai de lune,
Sautant, bondissant sur un rai de lune, rai de lune, rai de lune.

Et si jamais je perds mes mains,
Ma charrue, et mon lopin,
Et si jamais je perds mes mains,
Oh si…
Je ne pourrai faire plus rien
Et si jamais je perds la vue,
Si mes couleurs ont disparu,
Et si jamais je perds la vue
Oh si…
Pleurer je ne pourrai plus

Et si jamais je perds mes pieds,
Je n’vais pas geindre ni quémander,
Et si jamais je perds mes pieds,
Oh si…
Je n’aurai plus à marcher
Et si jamais mes dents tombaient
De ma bouche, à mes pieds
Et si jamais mes dents tombaient
Oh si…
Je resterai muet

M’auras-tu cherché longtemps,
Toi qui fidèlement luis ?
M’auras-tu cherché longtemps ?
Et resteras-tu pour la nuit ?

(Traduction : Polyphrène)

jeudi 20 novembre 2008

I Guess Things Happen That Way


"You ask me if I'll forget my baby?
I guess I will, someday,
I don't like it but I guess things happen that way."[...]




Une "petite" chanson en prime, ce matin, sous forme de QCM : ce texte désabusé ou résigné, de Johnny Cash (une mine quasi inépuisable pour moi !), sur le thème de la séparation.

"Ca se passe sans doute comme ça"
- c'est, à peu de choses près, ce que l'on peut tenter d'expliquer à un adolescent "détruit" par son premier chagrin d'amour, ou un époux frappé par le deuil. Le "sans doute" est alors remplacé par un "toujours", qui n'emporte pas plus la conviction, tant les expériences de la vie nous paraissent uniques quand nous les vivons... pour la première fois.

Lorsque, avec le poids des années et de l'expérience (c'est à dire de l'accumulation des erreurs et des souffrances), nous considérons les étapes passées de notre vie, nous ne pouvons en effet que constater que "tout passe", et que, d'une façon ou d'une autre, nous avons pu dépasser, sinon surmonter, les épreuves.

Nous nous trouvons alors devant un dilemme :
- Accepter de tout relativiser, et souffrir moins, mais renoncer au sel de la vie
- Ou préserver la vigueur de nos sentiments, et accepter l'acuité de la souffrance

La troisième voie, celle de la sagesse et de la sérénité, si bien décrite dans "Song for the Life", de Rodney Crowell, ne nous est malheuresement pas toujours ouverte !


Ça doit se passer comme ça

Est-ce que j’oublierai mon amour ?
Je le suppose, un jour.
Je n’aime pas ça mais ça doit s' passer comme ça.

Est-ce que je pourrai m’en tirer ?
Je le suppose, je verrai.
Je n’aime pas ça mais ça doit s' passer comme ça.

Dieu m’offrit cette fille pour m’aider
Puis il me l’a retirée
Qu’il m’aide à compter sur moi
Comme un homme et rester droit
Je n’aime pas ça mais ça doit s' passer comme ça.

Est-ce que ses baisers vont me manquer ?
Je le suppose, sans arrêt.
Je n’aime pas ça mais ça doit s' passer comme ça.

Est-ce qu’un jour une autre m’aimera ?
J’ n’en sais rien, sans doute pas.
Je n’aime pas ça mais ça doit s' passer comme ça.

Je n’aime pas ça mais ça doit s' passer comme ça.

(Traduction : Polyphrène)

Green, Green Grass Of Home


"The old home town looks the same,
As I step down from the train,
And there to meet me is my mama and my papa.
Down the road I look, and there runs Mary,
Hair of gold and lips like cherries.
It's good to touch the green, green grass of home."[...]




La chanson de Claude "Curly" Putman Jr a été rendue célèbre par des "grands" noms du Country comme Porter Wagoner, Bobby Bare, Jerry Lee Lewis, Tom Jones, Kenny Rogers, mais aussi Elvis Presley et Joan Baez, sans oublier la version particulièrement réussie de Johnny Cash.

On y retrouve le thème de la peine de mort, particulièrement présent dans le répertoire de Johnny Cash, qui se place souvent, dans ses propres textes ou ceux qu'il emprunte à d'autres auteurs (ex. "25 minutes to go" ou "The Mercy Seat"), dans la peau du condamné à mort.

Un des dénominateurs communs à tous ces chansons est que Johnny Cash ne semble pas contester les torts du condamné (en général, il "plaide coupable"), mais il met en relief la cruauté et l'inhumanité de la peine, quels que soient les crimes commis : c'est une façon de mettre les bourreaux et leurs commanditaires devant leur responsabilité.

Ces chansons sont, pour la plupart, chargées d'une très forte émotion, et on imagine l'écho qu'elles ont pu avoir lorsqu'il les a (pour certaines, tout au moins) chantées à la prison de Folsom devant des prisonniers !


Nos vertes prairies

Ma vieille ville n’a pas changé
Quand je descends sur le quai
Où sont venus pour m’accueillir maman et papa
Et je vois Marie s’avancer vers moi
Cheveux d’or, et lèvres incarnat
C’est bon de revoir nos vertes prairies

La maison tient debout,
Peintures un peu écaillées ;
Et voici le vieux chêne auquel j’ai tant grimpé
Je descends l’allée, Marie à mon bras
Cheveux d’or, et lèvres incarnat
C’est bon de revoir nos vertes prairies

Ils sont tous venus m’accueillir
Bras tendus, gentils sourires
C’est bon de revoir nos vertes prairies

Puis je m’éveille et je vois
Les murs gris autour de moi,
Alors, je comprends que je n’ai fait que rêver :
Car je vois un garde et un vieux curé
A l’aurore, nous irons fouler
Pour une dernière fois nos vertes prairies

Oui, ils viendront m’accueillir
Au pied du chêne m’ensevelir
Six pieds sous l’herbe de nos vertes prairies

(Traduction : Polyphrène)

NB : Désolé - Je n'ai pas été en mesure, jusqu'ici, de restituer en français l'alitération de "Green, Green Grass" qui constitue, en quelque sorte, la signature de cette chanson. Je m'en suis donc tenu au respect du thème et du sentiment. Merci à ceux qui pourraient m'aider à faire progresser ce texte.

PS: J'ai découvert par hasard ce matin que Frank Michael en a chanté une sympathique adaptation française, qui omet cependant l'essentiel de la chute, à savoir l'imminence de l'exécution capitale. Frank Michael ménage son public !

mardi 18 novembre 2008

Memories Are Made Of This


"Take one fresh and tender kiss
Add one stolen night of bliss
One girl, one boy,
Some grief, some joy
Memories are made of this."[...]










Encore un grand succès, déjà bien vieux (1955), mais toujours vert : la recette de cuisine, écrite par Terry Gilkyson, Richard Dehr, and Frank Miller et reprise par de très nombreux artistes, dont, en premier lieu Dean Martin, et, quarante ans plus tard, Johnny Cash (dont j'ai traduit ci-dessous la version) reste un petit chef d'oeuvre de tendresse nostalgique sur un plat humoristique.


La Recette des Souvenirs

Prenez de tendres baisers,
Une nuit improvisée,
Une fille, un gars,
Des peines, des joies :
La recette des souvenirs

Ajoutez une lune de miel
Coupée de rêves et de ciel
Nos lèvres se joignent
Dans le champagne
La recette des souvenirs

Puis, à l’heure du carillon
Des noces, mettez une maison
Trois p’tits bébés pour décorer.
Un jour entier, mijotez,
Remuez, et puis goûtez
Ces sont des rêves qu’il faut savourer

Servez, béni par le ciel,
Nappé d’amour et de miel ;
Femme et mari
L’amour d’une vie :
La recette des souvenirs

(Traduction : Polyphrène)

lundi 17 novembre 2008

Redemption


"From the hands it came down
From the side it came down
From the feet it came down
And ran to the ground
Between heaven and hell
A teardrop fell
In the deep crimson dew
The tree of life grew"[...]







Cette chanson, adaptée par Johnny Cash et Joe Strummer sur une thème musical de Bob Marley, est très représentative de l'évolution mystique de Johnny Cash, dans les dernières années de sa carrière - et de sa vie.


Elle fut aussi pour lui une façon d'écrire ses mémoires, en quelques strophes répétitives, au rythme heurté. L'effet qui s'en dégage (même pour un agnostique immunisé) est très fort.
Arrivé au terme d'un parcours personnel parfois chaotique, semé de drames et de violence(s), Johnny Cash "revint" à la religion dans laquelle il avait été élevé, et la perte de son épouse June rendit sa foi encore plus urgente.

Toute la force de sa conviction, mais aussi de ses doutes, se trouve dans ces quelques lignes très incantatoires.

J'ai constaté plusieurs fois cette évolution chez des personnes proches, lorsqu'elles sentaient, confusément, la mort rôder autour d'elles. Combien de fois les ais-je entendu répéter leurs "certitudes" théologiques et religieuses, avec des mots sans équivoque apparente, mais une voix dont les accents trahissaient - me semble-t-il - l'angoisse du doute.




Rédemption


De ses mains il jaillit
De son flanc il jaillit
De ses pieds il jaillit
Et au sol s’épandit
Entre ciel et enfer
Des larmes tombèrent
Dans les herbes rougies
Poussa l’arbre de vie


Et le sang donna vie
A l’arbre qui surgit
Ce sang fut la rançon
De la libération
Des captifs qui, nombreux
Traversèrent eau et feu
A l’arbre se tenant
Et furent sauvés par le sang


L’arbre émit la lumière
Qui déclencha la guerre
La vigne grimpant sur lui
Me nourrit de ses fruits
Quand mon vieux Lucifer
Voulut me mettre aux fers
J’ai deviné ses pièges
Et ses sortilèges


Et le sang donna vie
A l’arbre qui surgit
Ce sang fut la rançon
De la libération
Des captifs qui, nombreux
Traversèrent eau et feu
A l’arbre se tenant
Et furent sauvés par le sang


De ses mains il jaillit
De son flanc il jaillit
De ses pieds il jaillit
Et au sol s’épandit
Et tout au fond de moi
J’entendis une voix
Me dire « Tu as le choix »
La vigne me retint
A l’arbre je me tins


(Traduction : Polyphrène)

dimanche 16 novembre 2008

Would You Lay With Me (In A Field Of Stone)


"Would you lay with me in a field of stone
If my needs were strong would you lay with me
Should my lips grow dry would you wet them dear
In the midnight hour if my lips were dry"[...]







A première vue, ce texte de David Allan Coe, popularisé par Tanya Tucker se présente un peu comme un questionnaire administratif, auquel il ne manquerait que des cases à cocher : me suivrais-tu si ceci, si cela... Ce fut pourtant un immense succès, repris par plusieurs artistes dont Johnny Cash. Cette métrologie de l'amour par tests successifs est une forme de réponse à "Flesh and Blood" : la passion a ses exigences, mais l'amour n'est pas gratuit !




Me rejoindrais-tu (sur un lit de pierre)


Me rejoindrais-tu sur un lit de pierre
Et t’étendrais-tu pour me satisfaire ?
Viendrais-tu mouiller mes lèvres asséchées
Au cœur de la nuit, ma soif étancher ?


Traverserais-tu vers d’autres pays
Un désert brûlant à des lieux d’ici ?
Essuierais-tu ma main ensanglantée
Si à toi je me donnais ?


Me baignerais-tu aux sources de vie ?
A la pleine lune, te baignerais-tu aussi ?


M’aimerais-tu encore si j’étais ruiné
Et dans les épreuves, abandonné ?


Traverserais-tu vers d’autres pays
Un désert brûlant à des lieux d’ici ?
Essuierais-tu ma main ensanglantée
Si à toi je me donnais ?


Me rejoindrais-tu sur un lit de pierre
Et t’étendrais-tu pour me satisfaire ?


(Traduction : Polyphrène)

Flesh and Blood


"Beside a Singin' Mountain Stream
Where the Willow grew
Where the Silver Leaf of Maple
Sparkled in the Mornin' Dew
I braided Twigs of Willows
Made a String of Buckeye Beads;
But Flesh And Blood need Flesh And Blood
And you're the one I need
Flesh And Blood need Flesh And Blood
And you're the one I need."[...]




Un jeu de contrastes caractéristique de Johnny Cash, confrontant une promenade bucolique aux exigences de la passion et de la chair : cette chanson résume parfaitement l'un des principaux dilemmes de la vie. Si l'on peut vivre "d'amour et d'eau fraîche", et si l'amour lui-même peut se nourrir de poésie, il reste difficile d'échapper à la tyrannie de la chair, et feindre de l'ignorer est à la source de bien des erreurs et des drames.
L'amour platonique est-il un mythe ou une perversion ?

Chair et Sang

Au bord d’un ruisseau chantonnant
Sous un saule pleurant
Où brillaient des feuilles d’érable
Dans la rosée matinale
J’ai fait de saule un panier
Et de pavier un collier
Mais sang et chair veulent sang et chair
Et tu es celle que j’attends
Sang et chair veulent sang et chair
Et tu es celle que j’attends

Au tronc d’un bouleau adossé
J’ai humé des senteurs de miel
J’ai vu un vol d’oies s’avancer
Vers le nord au plus bleu des ciels
A côté des lys d’eau
J’ai fait un sifflet de roseau
Mère Nature est une grande dame
Mais tu es celle que j’attends
Sang et chair veulent sang et chair
Et tu es celle que j’attends

Un passereau m’offrit son chant
Je lui dis merci pour l’aubade
Lesoleil descendit au couchant
Je repris ma promenade
Et tous ces petits riens
Furent pour mon âme un festin
Mais sang et chair veulent sang et chair
Et tu es celle que j’attends
Sang et chair veulent sang et chair
Et tu es celle que j’attends

Quant le soleil s’est couché
Je restais encore frustré
Sachant que tout ce que je touchais
Un jour dépérirait
Et seul l’amour qui germerait
De ces graines resterait

Mère Nature est une grande dame
Mais tu es celle que j’attends
Sang et chair veulent sang et chair
Et tu es celle que j’attends

(Traduction : Polyphrène)

vendredi 14 novembre 2008

Ruby


"You've painted up your lips and rolled and curled your tinted hair.
Ruby, are you contemplating going out somewhere?
The shadow on the wall tells me, the sun is going down.
Oh, Ruby, don't take your love to town."[...]



Un très grand classique, repris maintes fois par de multiples artistes ! "Ruby" (de Kenny Rogers) est le cri de désespoir d'un homme que ses forces (et ses jambes) ont abandonné, et que sa femme abandonne, jusqu'à lui donner de regrettables envie de meurtre ! Tant de romans, tant de poèmes, tant de chansons, ont évoqué comme le malheur suprême la perte de l'amour, considérant comme secondaire tout le reste, y compris la santé, la force, la richesse... sur le mode du "je suis prêt à tout perdre pour garder ton amour".
Le drame abordé ici est précisément celui de la perte de l'amour consécutive à la perte du "secondaire". C'est aussi la perte possible d'une grande illusion : peut-on être aimé pour son être profond, au delà des apparences et des richesses ? Combien d'amours sont mortes lorsque l'un des amant a perdu sa santé, sa richesse, sa beauté ?




Ruby

Tu as teint tes cheveux, rougi tes lèvres, mis sur tes joues du fard
Ruby, envisages-tu de sortir quelque part ?
Les ombres sur le mur me disent que c’est la fin du jour
Oh, Ruby, n’emporte pas ton amour

Ce n’est pas moi qui en Asie ai déclaré la guerre
Mais je suis fier d’y avoir fait mon devoir militaire
Et, oui, c’est vrai : l’homme que j’étais plus jamais ne serai
Oh, Ruby, j’ai besoin d’être entouré

C’est dur d’aimer un homme aux jambes inertes et déformées
Les besoins, les désirs d’une femme de ton âge je ne peux sous-estimer
Je sais qu’ils disent que je verrai bientôt mon dernier jour
Oh, Ruby, n’emporte pas ton amour

Je sais qu’elle part car je l’entends qui claque encore la porte
Comme je l’ai entendu claquer si souvent de la sorte
Si je pouvais marcher j’irai l’abattre de mes mains
Oh, Ruby, au nom du ciel, reviens

(Traduction : Polyphrène)