"You are always on my mind!"

samedi 19 décembre 2009

Weave me the sunshine


Weave, weave, weave me the sunshine out of the falling rain,
Weave me the hope of a new tomorrow and fill my cup again (sing it again)
Weave, weave, weave me the sunshine out of the falling, out of the falling
Weave me the hope of a new tomorrow and fill my cup again
(Weave, weave, weave me the sunshine out of the falling, out of the falling
Weave me the hope of a new tomorrow and fill my cup again)

Well I've seen the steel and the concrete crumble
Shine on me again
The proud and the mighty all have stumbled
Shine on me again
[...]



Cette chanson de Peter, Paul, and Mary, écrite par Peter Yarrow, est une véritable exultation de joie et d'espoir, proposant de construire le bonheur à partir des pleurs, des malheurs, et des échecs.

Il est impossible de ne pas se laisser entraîner par le rythme et chanter ensemble. Nous avons tous notre lot de peines, de douleurs, et de tristesse pour ne jamais manquer de matière première dans cette construction volontariste d'un nouveau lendemain.

Il faut "positiver", nous dit-on !

Chaque épreuve, chaque revers, chaque drame de notre vie peut - doit - nous aider à progresser. Voir le bon côté des choses, tirer de nos expériences des conclusions constructives, accepter nos souffrances pour mieux nous ouvrir aux autres...

Je veux bien comprendre tout cela.
Je sais que l'Amour grandit lorsque deux être traversent ensemble, main dans la main, épreuves et tourments.
Je sais très bien ce que cela veut dire lorsque la maladie déforme le corps, distord l'esprit, torture l'âme.
Je sais que l'espoir et la vie sont indissociables.
Je sais que l'Amour peut tout endurer, et peut porter l'espoir jusqu'à la dernière seconde.

Mais comment accepter l'inacceptable, l'inconcevable, l'intolérable ?
Comment admettre l'injustice de la mort ?
Comment vivre après la mort de l'autre ?
Quel espoir nourrir ?
Quel lendemain attendre ?
Que construire avec les pleurs que l'on verse ?

Ne pas s'apitoyer sur soi-même.
Attendre de son entourage autre chose que de la compassion ?
Ne pas croire que l'on peut simplement oublier...
Ne pas attendre que le temps fasse son effet supposé.

Avec le temps, va, tout s'en va...

Qu'est-il de plus désespérant que la mort de l'amour ?
Doit-on, pour préserver son amour, laisser son cœur sécher comme ces fleurs coupées qu'on appelle "éternelles" ?
Ou garder les yeux grands ouverts...
Et rêver !


Tisse-moi le soleil

Refrain :
Tisse, tisse, tisse-moi le soleil avec les pleurs de pluie
Tisse-moi l’espoir de nouveaux lendemains
Et garde mon verre rempli.
Tisse, tisse, tisse-moi le soleil avec les pleurs, avec les pleurs
Tisse-moi l’espoir de nouveaux lendemains
Et garde mon verre rempli.
Tisse, tisse, tisse-moi le soleil avec les pleurs, avec les pleurs
Tisse-moi l’espoir de nouveaux lendemains
Et garde mon verre rempli.

J’ai vu le béton et l’acier s’écrouler
Illumine-moi
Et les fiers et les puissants chanceler
Illumine-moi

(refrain)

L’arbre de l’amour est immense
Illumine-moi
Qui pousse au bord de la rivière de la souffrance
Illumine-moi

(refrain)

Si je pouvais guérir ton chagrin
Illumine-moi
Je t’offrirais un nouveau lendemain
Illumine-moi

(refrain)

J’ai vu le béton et l’acier s’écrouler
Illumine-moi
Et les fiers et les puissants chanceler
Illumine-moi

(refrain)

Toi seul peux gravir la montagne
Illumine-moi
Si tu veux boire l’eau de la source qui soigne
Illumine-moi

(refrain répété)

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

lundi 14 décembre 2009

Buttons and Bows


East is east and west is west
And the wrong one I have chose
Let's go where they keep on wearin'
Those frills and flowers and buttons and bows
Rings and things and buttons and bows.
[...]




Cette chanson (texte de Ray Evans, musique de Jay Livingston) figurait sur la bande sonore du film "The Paleface" (1948). Elle a connu son premier grand succès grâce à Dinah Shore en 1948.
Elle souligne le contraste entre la vie rude de l'Ouest américain à l'époque des cow-boys et le confort des villes où la vie était sans doute plus frivole et moins méritante, mais tellement plus confortable.



(A Anne-Marie)

Noeuds et Rubans

L’Est est l’Est
Et l’Ouest est l’Ouest
Retournons où l’on voit les gens
En chapeaux à fleurs, et nœuds, et rubans,
Et bijoux, et nœuds, et rubans.

Je dépéris
Sur cette prairie.
Emmène-moi sur le ciment
De ces villes où tout est grand,
Où l’on apprécie un costume élégant,
Et l’on t’admire en nœuds et rubans.

Je t’aime en peau d’ mouton,
Pantalons faits maison,
Mais mon amour est trop précaire
Avec tous ces revolvers.

Mes os se démettent
Dans cette charrette ;
Les cactus piquent mes pieds.
Partons où l’on s’habille comme il sied
En soie, et lin, et satin froufroutant,
Je suis à toi en nœuds et rubans.

A l’est, je s’rai une dame
Où les femmes sont des femmes
En bas de soie et bijoux clinquants,
Et parfum de France envoûtant,
Je suis à toi en nœuds et rubans.

Nœuds et rubans, nœuds et rubans…

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 5 décembre 2009

Swing low, sweet chariot


Swing low, sweet chariot
Coming for to carry me home
Swing low, sweet chariot
Coming for to carry me home

I looked over Jordan and what did I see
Coming for to carry me home
A band of angels coming after me
Coming for to carry me home

(chorus)

Sometimes I'm up and sometimes I'm down
Coming for to carry me home
But still my soul feels heavenly bound
Coming for to carry me home

(chorus)

The brightest day that I can say
Coming for to carry me home
When Jesus washed my sins away,
Coming for to carry me home.

(chorus)

If I get there before you do
Coming for to carry me home
I'll cut a hole and pull you through
Coming for to carry me home

(chorus)

If you get there before I do
Coming for to carry me home
Tell all my friends I'm coming too
Coming for to carry me home

(chorus)

Cette chanson très représentative du "Negro Spiritual", a été écrite par un esclave noir américain, Wallace (Wallis) Willis, probablement au milieu du 19ème siècle, et a été chantée par les plus grands artistes (dont Louis Armstrong, Joan Baez, The Golden Gate Quartet...). Elle est devenue aussi l'emblème de l'équipe de rugby britannique, à la suite d'une victoire inespérée contre l'Irlande, en grande partie due à un joueur noir, Chris Oti.
Le thème est celui du paradis, considéré comme la "maison", le véritable "foyer" vers lequel les anges devraient nous ramener après la mort, si nous l'avons mérité.
La mélodie lente et répétitive évoque le balancement du chariot.
Le ton est celui de l'espoir d'une liberté et d'un bonheur inaccessibles sur cette terre, mais promis dans l'autre monde.
La croyance religieuse incitait-elle les esclaves à se résigner et accepter leur sort, ou à mieux le supporter ?
N'est-ce pas étrange que ceux-là mêmes qui exploitaient ces esclaves s'accommodaient fort bien des mêmes croyances religieuses ?



Berce-moi, gentil chariot

Berce-moi, gentil chariot
Venant me ramener au ciel,
Berce-moi, gentil chariot
Venant me ramener au ciel,

Par-dessus le Jourdain, qu’ai-je vu approcher ?
Venant me ramener au ciel,
Une compagnie d’anges venant me chercher
Venant me ramener au ciel.

Malgré les hauts et les bas cruels,
Venant me ramener au ciel,
Mon âme reste tournée vers le ciel,
Venant me ramener au ciel,

La clarté du jour m’a touché,
Venant me ramener au ciel,
Quand Jésus lava mes péchés,
Venant me ramener au ciel,

Si j’arrive là-haut avant vous,
Venant me ramener au ciel,
Je vous hisserai par un trou,
Venant me ramener au ciel,

Mais s’il fallait que je vous suive,
Venant me ramener au ciel,
Dites à mes amis que j’arrive,
Venant me ramener au ciel,

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 29 novembre 2009

Donna, Donna


On a waggon bound for market
there's a calf with a mournful eye.
High above him there's a swallow,
winging swiftly through the sky.

How the winds are laughing,
they laugh with all their might.
Laugh and laugh the whole day through,
and half the summer's night.
Donna, Donna, Donna, Donna; Donna, Donna, Donna, Don."
[...]




Wikipédia nous apprend que cette magnifique chanson a été écrite en Yiddish pour la comédie musicale "Esterke" en 1940 (paroles de Aaron Zeitlin et musique de Sholom Secunda) avant de connaître un gigantesque succès grâce à la voix si pure, si parfaite et si chaude de Joan Baez. La version française que j'en donne ici est réalisée à partir de la traduction anglaise de Kevess & Schartz, telle qu'elle fut chantée par Joan Baez.
Cette chanson, écrite par des juifs à l'époque du nazisme, fut adoptée un peu comme un emblème par les milieux socialistes, et, considérée alors comme une sorte d'hymne communiste, elle fut, par exemple, interdite sur les ondes en Corée du Sud.
Cette chanson a été traduite dans de nombreuses langues, mais la version française chantée par Claude François n'a pas grand chose à voir avec l'original. Je ne regrette donc pas d'avoir tenté, maladroitement, ma propre traduction.


Donna, Donna

Dans le camion qui mène à l’abattoir
Un veau meuglait son désespoir.
Au dessus de lui, très haut dans le ciel,
Virevoltait une hirondelle.

Et le vent riait, riait
A gorge déployée
Et rit, se moquant de lui
Jusqu’au bout de la nuit.
Donna, Donna, Donna, Donna; Donna, Donna, Donna, Don.
Donna, Donna, Donna, Donna; Donna, Donna, Donna, Don.

« Cesse donc de te plaindre » lui dit le fermier,
« D’être un veau qui t’a conseillé ?
Que n’as-tu des ailes pour voler au ciel,
Libre et fier comme une hirondelle ? »

« Les veaux se laissent sans même se révolter
Atteler et puis immoler,*
Mais quiconque aime la liberté
Comme l’hirondelle veut s’envoler. »

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 22 novembre 2009

Send Me the Pillow that You Dream On


Send me the pillow that you dream on
Don't you know that I still care for you
Send me the pillow that you dream on
So darling I can dream on it too




Chanson de Hank Locklin, reprise de multiples fois (The Browns, Johnny Tillotson, Dean Martin, The Whites, mais aussi Dolly Parton dont la version comporte une légère variante).

Lorsque la distance, le temps, ou "la vie" séparent deux amants, un simple objet, une odeur, une photo, trois notes de musique, le plus petit message, le moindre souvenir... prennent d'étonnantes proportions.
Un silence prolongé assombrit la journée, tandis qu'un message peut l'illuminer.
La séparation est plus cruelle la nuit, lorsque la solitude glacée engourdit l'âme.
Dans le sommeil, cependant, l'esprit s'évade et peut rejoindre l'être aimé, comme d'autres l'ont si bien chanté :
All I have to do is dream.
Dream, dream, dream, dream



Envoie-moi l’oreiller de tes nuits
(version chantée par Dolly Parton)

Envoie-moi l’oreiller de tes nuits.
Ne sais-tu pas que je t’aime toujours ?
Envoie-moi l’oreiller de tes nuits
Pour que je puisse y rêver à mon tour.

La nuit, dans la solitude et l’ennui,
Je prie pour que nos rêves voient le jour.
Envoie-moi l’oreiller de tes nuits
Pour que je puisse y rêver à mon tour.

Envoie-moi l’oreiller…

Chaque nuit, dans mes rêves, je te poursuis
En espérant te rejoindre le jour.
Envoie-moi l’oreiller de tes nuits
Pour que je puisse y rêver à mon tour.

Envoie-moi l’oreiller de tes nuits
Pour que je puisse y rêver à mon tour…


(version de Hank Locklin)
[…]
La nuit, dans la solitude et l’ennui,
Je te rejoins en rêve comme aux beaux jours.
Envoie-moi l’oreiller de tes nuits
Pour que je puisse y rêver à mon tour…

Tu ne m’a toujours pas écrit depuis.
Je n’ai que le souvenir de ton amour.
Envoie-moi l’oreiller de tes nuits
Pour que je puisse y rêver à mon tour…

Pour que je puisse y rêver à mon tour…

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

mercredi 11 novembre 2009

Sunshine on my shoulders

Sunshine on my shoulders makes me happy
Sunshine in my eyes can make me cry
Sunshine on the water looks so lovely
Sunshine almost always makes me high
[...]


Une chanson d'amour simple et intense, tout à fait caractéristique de John Denver (paroles de John Denver, musique de John Denver, Dick Kniss and Mike Taylor).
Il est des jours, c'est vrai, où le soleil fait chanter les cœurs, où l'aube signifie l'espoir, où le vent est une caresse, où le bonheur semble à notre portée.
Des jours où l'on oublie, pour un instant, le poids des ans, des peines et des regrets.
Des jours où un sourire répond à un sourire,
Des jours où l'on se sent prêt à aimer,
Prêt à donner,
Prêt à revivre...


(Le) Soleil sur mes Épaules

Le soleil sur mes épaules, c’est du bonheur !
Le soleil dans mes yeux fait venir des pleurs.
Le soleil sur l’eau fait jaillir des couleurs.
Le soleil, presque toujours, me rend vainqueur.

Si j’avais une journée à te donner,
Je t’offrirai un jour comme celui-ci.
Si j’avais une chanson à entonner,
Ma chanson t’illuminerait aussi.

Le soleil sur mes épaules, c’est du bonheur !
Le soleil dans mes yeux fait venir des pleurs.
Le soleil sur l’eau fait jaillir des couleurs.
Le soleil, presque toujours, me rend vainqueur.

Si j’avais une histoire à raconter,
Mon histoire, c’est sûr, te ferait sourire.
Si j’avais quelque chose à te souhaiter,
Ce s’rait que le soleil ne cesse de luire.

Le soleil sur mes épaules, c’est du bonheur !
Le soleil dans mes yeux fait venir des pleurs.
Le soleil sur l’eau fait jaillir des couleurs.
Le soleil, presque toujours, me rend vainqueur.
Le soleil, presque toujours, me rend vainqueur.
Le soleil, presque toujours…

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 8 novembre 2009

It Wasn't God Who Made Honky Tonk Angels


As I sit here tonight, the jukebox playing
The tune about the wild side of life
As I listen to the words you are saying
It brings mem'ries when I was a trustful wife

It wasn't God who made honky tonk angels
As you said in the words of your song
[...]




Cette chanson, écrite par JD Miller et chantée, initialement, par Kitty Wells, est en fait la réponse à la chanson "Wild Side of Life" de Hank Thompson (cf. billet précédent). Ce fut un énorme succès, preuve que "l'idéologie machiste dominante" commençait, aux Etats-Unis, à être sinon remise en question, du moins contestée.
Le duel radiophonique qui s'en suivit est assez jubilatoire, mais le propos est, en fait, très sérieux. Ce sont un peu les prémisses de la "libération de la femme" qui s'expriment ici, bien que le terme soit un peu réducteur. Il s'agit en fait, avant tout, d'en finir avec l'injustice et l'hypocrisie de tant d'hommes qui cherchent toujours des prétextes à leur infidélité et ne jugent pas les femmes ("leurs" femmes) avec la même complaisance que pour eux mêmes.
Des décennies sont passées, et tant de chemin reste à faire.
La Loi, et le "politiquement correct" reconnaissent "l'égalité" des hommes et des femmes. Pourtant, jamais les familles "décomposées" n'ont été aussi nombreuses, et qui pourrait prétendre qu'il est aussi facile, pour une femme, de "reconstruire" sa vie lorsqu'elle se retrouve, comme dans la très grand majorité des cas, avec la charge des enfants, et un travail moins bien reconnu, moins bien payé, et qui laisse si peu de place à la vie personnelle ?
Là encore, de nombreux hommes ne veulent voir dans la "libération de la femme" que la "libération sexuelle", et cette évocation les émoustille. Et ce n'est là que l'un des nombreux malentendus...


Ce n’est pas Dieu qui fait danser les anges

Quand ta chanson sur la vie dissolue
Passe à la radio, je la trouve belle,
Mais aussitôt, les souvenirs affluent
De quand j’étais une épouse fidèle.

Ce n’est pas Dieu qui fait danser les anges,
Contrairement à ce que tu me chantes.
Avec le mariage, trop d’hommes s’arrangent
Que leurs pauvres épouses trompées déchantent.

C’est faux que seuls les hommes sont lésés.
C’est honteux d’accuser toujours les femmes.
Presque toujours, quand un cœur est brisé,
C’est à un homme que revient le blâme.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 1 novembre 2009

Wild Side of Life


You wouldn't read my letter if I wrote you
You asked me not to call you on the phone
But there's something I'm wanting to tell you
So I wrote it in the words of this song.
[...]




Cette chanson, écrite par Arlie A. Carter and William Warrem, contribua considérablement à la popularité de Hank Thompson, mais fut aussi à l'origine d'une polémique au début des années 1950, sous la forme d'une réponse chantée sur la même mélodie par Kitty Wells (voir le billet suivant).
Il est vrai que le thème de l'épouse quittant son mari pour se laisser entraîner par la vie facile et la débauche est quelque peu partial : L'homme offrant le seul vrai amour, et n'imaginant pas une seconde que ce qu'il a à offrir n'en vaut peut être pas la peine, ou que ses propres trahisons sont la cause du départ de celle qu'il prétend aimer. Si tel était encore le point de vue dominant à cette époque, certaines choses ont changé depuis, et la réponse de Kitty Wells a connu autant de succès, sinon plus, que l'original !


La Vie Dissolue

Mes lettres, sans les lire, tu les renvoies ;
Tu n’veux pas me répondre au téléphone,
Alors, pour te faire entendre ma voix,
Je m’exprime dans la chanson que j’entonne.

J’ignorais que Dieu fait danser* les anges.
T’étais pas faite pour l’amour absolu.
Moi seul t’aimais vraiment et tu t’en venges
En retournant à ta vie dissolue.

Les lumières de la nuit t’ont attirée
Où vins et alcools à flot sont servis.
Tu joues la femme facile et libérée,
Oubliant le seul amour de ta vie.

* ou « swinguer » si l’on veut restituer plus fidèlement l’esprit « Honky-Tonk » et si l’on ne craint pas le franglais.

samedi 24 octobre 2009

Heaven's Just a Sin Away


Heaven's just a sin away,
oh oh just a sin away
I can't wait another day,
I think I'm giving in




Voici une chanson écrite par Jerry Gillespie et popularisée par "The Kendalls", mais aussi, entre autres, par Lynn Anderson, John Fogerty. Elle décrit le jeu de la tentation, et la force du désir, en jouant sur les mots (un péché mène à l'enfer... ou au septième ciel).
Le thème du plaisir que procure l'anticipation, et du piment que rajoute le sentiment de transgression, est classique. Il est illustré ici, très directement, par la tentation de l'adultère, ce qui n'est pas non plus très original.



Le Ciel à un Péché près

Le ciel à une péché près,
Oh, juste un péché près !
Guère plus longtemps j’ n’attendrai
Car je vais succomber.

Oh, comme je voudrais t’étreindre
Et, dès ce soir te rejoindre.
Pourtant, ce n’est pas bien
Car à elle j’appartiens.

Malgré la fièvre ardente,
Je sais bien que j’ai tort :
Quand tes yeux me tentent,
Je ne suis pas assez fort.

Le Démon me tient ;
Oh, et comme il me tient bien !
Et moi, je n’y peux plus rien,
Et je résiste en vain.

Le ciel à une péché près,
Oh, juste un péché près !
Le ciel je dois implorer
Car je vais succomber.

Malgré la fièvre ardente,
Je sais bien que j’ai tort :
Quand tes yeux me tentent,
Je ne suis pas assez fort.

Le Démon me tient ;
Oh, et comme il me tient bien !
Et moi, je n’y peux plus rien,
Et je résiste en vain.

Le ciel à un péché près,
Oh, juste un péché près !
Le ciel je dois implorer
Car je vais succomber.

Car je vais succomber.
Car je vais succomber.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 18 octobre 2009

Blue Eyes Crying In The Rain


In the twilight glow I see her
Blue eyes crying in the rain
When we kissed goodbye and parted
I knew we'd never meet again
[...]




Cette chanson, écrite par Fred Rose, fut d'abord chantée par Roy Acuff puis par Hank Williams, avant d'être reprise avec un immense succès par Willie Nelson.

Le dernier regard, le dernier baiser, les derniers mots d'amour...
Et puis le souvenir...
Le souvenir de l'amour est comme une braise qui luit dans l'obscurité, dit la chanson, et notre regard ne peut s'en détacher.
Notre âme poursuit, sauvagement, sa quête d'espoir quand notre raison s'y refuse. Notre cœur se réchauffe au rayonnement de cette braise que seule la nuit nous permet de voir.
Fermant les yeux, sentant la chaleur des larmes couler sur nos joues, nous revoyons - nous revivons - les instants de bonheur, les peines, les joies, les troubles et les espoirs de la vie qui s'est achevée.
Elle reste en nous. Nous lui parlons. Elle nous parle. Nos pensées, nos gestes, nos humeurs en sont imprégnés. Elle fait partie de nous, désormais, et sa vie se prolonge ainsi.
... et si j'ai de l'eau dans les yeux, c'est qu'il me pleut sur le visage...


Ses Yeux Bleus Pleurant sous la Pluie

Dans l’ombre du soir, je voyais
Ses yeux bleus pleurant sous la pluie ;
Je l’embrassais une dernière fois ;
Nous ne nous revîmes pas depuis.

L’amour ne laisse qu’un souvenir,
Comme une braise qui luit.
Dans mes rêves, je vois revenir
Ses yeux bleus pleurant sous la pluie.

Blancs comme neige sont mes cheveux ;
Mon cœur n’a connu que l’ennui.
Je vois son étoile dans les cieux,
Ses yeux bleus pleurant sous la pluie.

Mais, un jour, la main dans la main
Là haut enfin réunis
Nous suivrons le même chemin
Ses yeux bleus pleurant sous la pluie.

Ses yeux bleus pleurant sous la pluie.
Ses yeux bleus pleurant sous la pluie.
Ses yeux bleus pleurant sous la pluie.

(Traduction - Adaptation :Polyphrène)

lundi 5 octobre 2009

Help me make it through the night


Take the ribbon from your hair,
Shake it loose and let it fall,
Layin' soft upon my skin.
Like the shadows on the wall.
[...]
I don't want to be alone.
Help me make it through the night.






Cette chanson poignante a été écrite par Kris Kristofersson, et chantée par de très nombreux autres artistes, parmi lesquels on peut citer Martina McBride, Conway Twitty, Elvis Presley, Joan Baez, Sammi Smith, Tammy Wynnette... et Willie Nelson, dont la version est peut-être la plus remarquable.
L'angoisse de la solitude est parfaitement décrite, et la voix nasillarde et un peu geignarde de Willie Nelson la restitue extraordinairement.
Quoiqu'on ait pu en dire ou en penser, l'être humain n'est pas fait pour la solitude, et les vrais bonheurs de la vie sont ceux que l'on peut partager. La communication qui naît de ce partage est en soi le plus grand bonheur. Dans un certain cadre, cela s'appelle l'Amour, mais, comme l'évoque cette chanson, le plaisir n'est alors pas l'essentiel.
"Je ne prendrai que ton temps", précise l'auteur.
Comme l'on voudrait retenir le temps, prolonger vers l'éternité ces instants où deux âmes se rejoignent !
"Retiens la nuit", chantait un autre...

Aide-moi à franchir la nuit

Viens et dénoue tes cheveux,
Pour laisser ta chevelure
Venir glisser sur tes yeux
Comme l’ombre sur le mur.

Si près de moi tu t’étends
Jusqu’à l’heure où l’aube luit,
Je ne prendrais que ton temps.
Aide-moi à franchir la nuit.

Est-ce louable ou coupable ?
Je ne cherche pas à comprendre !
Laissons donc demain au diable ;
Ce soir je veux un cœur tendre.

Hier est mort et enterré,
Et demain au loin nous fuit ;
Seul, c’est triste à en pleurer ;
Aide-moi à franchir la nuit.

Est-ce louable ou coupable ?
Je ne cherche pas à comprendre !
Laissons donc demain au diable ;
Ce soir je veux un cœur tendre.

Hier est mort et enterré,
Et demain au loin nous fuit ;
Seul, c’est triste à en pleurer ;
Aide-moi à franchir la nuit.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 20 septembre 2009

In The Mood (for Love)


"Who's the lovin' daddy with the beautiful eyes
What a pair o' lips, I'd like to try 'em for size
I'll just tell him, "Baby, won't you swing it with me"
Hope he tells me maybe, what a wing it will be
So, I said politely "Darlin' may I intrude"
He said "Don't keep me waitin' when I'm in the mood"
[...]




Sur une musique de Joe Garland, avec des paroles de Andy Razaf, ce thème emblématique du Jazz a été enregistré avec un immense succès par Glenn Miller en 1940. Les versions chantées sont nombreuses, probablement dominées par celle des Andrew Sisters.
De fait, le thème musical est universellement connu, et fait partie des références majeures, de sorte que la découverte des paroles associées, à vrai dire un peu triviales, peut être déconcertante, alors que la célébrissime version de Glenn Miller n'est apparue qu'une décennie après les premières interprétations.
La version des Andrew Sisters, chantée sur un tempo plus lent, et sur un ton léger, "colle" parfaitement au texte, alors que la version orchestrale de Glenn Miller, plus rapide, mais aussi, paradoxalement, plus mélancolique, crée une ambiance bien différente, plus "universelle", dans laquelle les paroles pourraient paraître incongrues.
Certaines chansons représentent d'abord la mise en musique d'un poème. Georges Brassens a ainsi donné à des œuvres poétiques une nouvelle dimension en leur associant une mélodie parfaitement adaptée (par exemple "Les Passantes", d'André Pol, ou "Pensées des Morts", de Lamartine). Dans d'autres cas, des paroles sont "collées" à la mélodie qui pourrait aussi bien s'en passer...


Disposée (à Aimer)

Qui est ce charmant petit père, aux yeux merveilleux,
Et de si belles lèvres que j’essaierais bien, mon Dieu ?
Je lui dirais bien « M’offririez-vous cette danse ? »
En espérant qu’il réponde « Pourquoi pas ? Quelle chance ! »
Je lui dis poliment « voudrais-tu m’excuser ».
Il dit « Ne m’fais pas attendre quand je suis disposé ».

Je le serrais doucement pendant la première danse,
Puis j’ai serré plus fort en rêvant de romance.
« Il est bientôt trois heures », ais-je dit d’un ton léger.
« Un si beau clair de lune – Veux-tu le partager ? »
Il répondit « Poupée, c’est me brutaliser
De faire attendre mes lèvres quand elles sont disposées ».

Disposé, c’est ce qu’il me dit
Disposé, et quand il le dit
Disposé, mon cœur explosait
Je pus dire bientôt : « Je suis aussi disposée ».

Disposée pour tous ses baisers
Disposée, son cœur embrasé
Disposée, désir attisé
Je pus dire bientôt : « Je suis aussi disposée ».

Je lui dis poliment « voudrais-tu m’excuser ».
Il dit « Ne m’fais pas attendre quand je suis disposé ».

Il répondit « Poupée, c’est me brutaliser
De faire attendre mes lèvres quand elles sont disposées ».

Qui est ce charmant petit père, aux yeux merveilleux,
Et de si belles lèvres que j’essaierais bien, mon Dieu ?
Je lui dirais bien « M’offririez-vous cette danse ? »
En espérant qu’il réponde « Pourquoi pas ? Quelle chance ! »
Je lui dis poliment « voudrais-tu m’excuser ».
Il dit « Ne m’fais pas attendre quand je suis disposé ».

Je le serrais doucement pendant la première danse,
Puis j’ai serré plus fort en rêvant de romance.
« Il est bientôt trois heures », ais-je dit d’un ton léger.
« Un si beau clair de lune – Veux-tu le partager ? »
Il répondit « Poupée, c’est me brutaliser
De faire attendre mes lèvres quand elles sont disposées ».

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 19 septembre 2009

Before The Next Teardrop Falls


"If he brings you happiness
Then I wish you all the best
It's your happiness that matters most of all
But if he ever breaks your heart
If the teardrops ever start
I'll be there before the next teardrop falls"
[...]




Très typique de l'humeur Country, cette chanson de Freddy Fender décrit la pose de l'amant trahi mais digne, qui cède la place à son rival mais n'attend qu'une occasion pour revenir auprès de l'élue de son cœur... Le répertoire Country comporte de nombreuses variantes de ce thème, sur des tons et selon des humeurs divers, depuis le "Divorce me C.OD." de Merle Travis jusqu'au "Funny how time slips away" de Willie Nelson.


Avant que tombe la seconde larme

S’il t’apporte le bonheur,
Je vous souhaite le meilleur,
Car ton bonheur compte plus que tout pour moi ;
Mais si jamais il brise ton cœur,
Je serai là si tu pleures,
Avant que tombe la seconde larme, près de toi.

Je souffre de te voir partir,
Mais, chérie, je dois te dire :
Quoiqu’il arrive, sois sûre que je serai là
Si tu es dans le malheur,
Si jamais j’entends tes pleurs,
Avant que tombe la seconde larme, près de toi.

Si te quiere de verdad,
Y te da felicidad,
Te deseo lo mas bueno pa' los dos.
Pero si te hace llorar,
A mi me puedes hablar.
Y estare contigo cuando triste estas.

Je serai là chaque fois
Que tu auras besoin de moi,
Et j’essuierai
Chaque larme que tu auras pleurée.

S’il te pose des problèmes,
Souviens toi que je t’aime.
Avant que tombe la seconde larme, je serai là,
Oui, je serai là,
Dès la première larme, près de toi.

jeudi 21 mai 2009

Orchids in the Moonlight


When orchids bloom in the moonlight
And lovers vow to be true
I still can dream in the moonlight
Of one dear night that we knew
[...]




Belle chanson romantique, tirée du film "Flying Down To Rio" (1933) avec paroles de Gus Kahn et Edward Eliscu sur une Musique de Vincent Youmans, chantée, notamment, par Rudy Vallee.

La nuit est propice à la méditation, au souvenir, à la rêverie.

La nuit, "tous les chats sont gris", dit-on, mais les couleurs des orchidées, à la lumière blafarde du clair de lune, paraissent plus vives, plus mystérieuses...

Lorsque, le soir venu, nos souvenirs resurgissent, ils prennent aussi de nouvelles couleurs, et ils ravivent la nostalgie.


Pour Pierre

Orchidées au Clair de Lune

Les orchidées, au clair de lune
Brillent aux vœux des amants.
Je rêve encore, au clair de lune,
A la nuit de nos serments.

Les orchidées pâlissent à l’aube,
Évoquant adieux et pleurs.
Bien que mes rêves se dérobent
Et tombent comme pétales de fleurs,
Jamais mon amour ne meurt.

La paix vient au crépuscule,
Le jour capitule,
Mais l’ombre qui s’allonge
Rappelle dans mes songes
Que pour toi mon cœur brûle.

Je rêve dans un rayon de lune
Sur un océan bleu,
Mais les rayons de lune
Rappellent qu’à mes yeux
L’amour est pour nous deux.

(Traduction : Polyphrène)

samedi 16 mai 2009

What A Wonderful World


I see trees of green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself
What a wonderful world







Chanson de George David Weiss et Bob Thiele, chantée en particulier, et de façon "formidable", par Louis Armstrong, comme un hymne à l'optimisme et à l'amour.
L'amour peut en effet tout transfigurer, faire voir "la vie en rose" (une autre chanson encore plus explicite), comme le sourire d'un enfant peut, tout à coup, illuminer le quotidien.




Quel Monde Merveilleux


Les arbres verts, les roses que je vois
Vont fleurir juste pour toi et moi,
Et je pense en moi-même
Quel monde merveilleux !


Ciel bleu, nuages blancs, soleil doré,
Le beau jour béni, la nuit noire sacrée,
Et je pense en moi-même
Quel monde merveilleux !


Les couleurs de l’arc en ciel, si belles dans les nues,
Je les vois sur les visages des gens dans la rue.
Les amis se serrent la main pour se dire bonjour
Mais se disent en fait leur amour.


Les bébés babillent, j’ les vois grandir ;
Ils apprendront plus que je n’ peux dire,
Et je pense en moi-même
Quel monde merveilleux !


Oui, je pense en moi-même
Quel monde merveilleux !


(Traduction : Polyphrène)
Bien
souvent, sous le soleil, dans le vent, sous la pluie ou, plus rarement, sur la neige, je parcours le parc voisin où nous avons tant marché, tous les deux, ces dernières années. Je sens sa présence auprès de moi sur ces chemins, à l'ombre de chaque chêne, sous les arbousiers, au coin des capitelles et des murs de pierre...
Je la revois, s'aidant de ses cannes anglaises, marchant vaillamment, admirant les fleurs qui surgissaient au printemps, écoutant les oiseaux qui piaillaient dans les buissons, souriant aux enfants qui couraient dans les allées...
Nous avons tant marché, tant parlé, tant espéré !
Et je marche aujourd'hui encore, la gorge serrée, les yeux mouillés de larmes.

Et je croise des passants de tous âges, des grands, des petits, des gros, des maigres, des sportifs à la longue foulée, des promeneurs au pas pesant de la sortie de table du dimanche après-midi, des enfants qui courent, crient, rient, se hèlent, s'envolent.
Et je souris à la vue de leur joie de vivre.

Qu'ils sont beaux, ces enfants si fiers de montrer à leurs parents ou grands parents leur agilité à grimper aux arbres, leur adresse à lancer la balle, leur vitesse à bicyclette...
Qu'il est beau le visage de ces jeunes parents qui s'aiment, et qui s'émerveillent des exploits de leurs enfants.
Qu'ils sont beaux, ces "petits-vieux" qui marchent, côte à côte, le dos voûté, et dont la conversation me parvient par bribes.
L'amour les accompagne.
Quel monde merveilleux !

Je souris, mais mon cœur se serre, au flot des souvenirs qui affluent,
d'un passé simple et heureux, mais simplement révolu.

Les larmes coulent, doucement, et viennent réchauffer mon cœur.

Le cœur est une braise que les larmes embrasent.




dimanche 26 avril 2009

As Time Goes By


This day and age we're living in
Gives cause for apprehension
With speed and new invention
And things like fourth dimension.
[...]
The fundamental things apply
As time goes by.




Cette chanson (texte et mélodie de Herman Hupfeld, 1931) a été reprise dans la bande sonore du film "Casablanca" (1942), puis chantée par de nombreux artistes, dont l'inévitable Frank Sinatra, mais je retiens en particulier la surprenante interprétation en duo de Willie Nelson et Julio Iglesias.

Si le succès de cette chanson est dû, en principe, à l'universalité et l'intemporalité du thème, sa force tient au sentiment étrange apporté par le confort de la nostalgie et l'identification de l'essentiel : l'amour qui unit deux êtres et qui leur permet de résister à tout, même au temps qui passe.

L'amour est plus grand que le bonheur !


Quand le Temps Passe

C’est vrai : l’époque que nous vivons
Est une source d’appréhension :
La vitesse, les inventions,
La quatrième dimension…

Si l’on est un peu ahuri
Par Einstein et sa théorie,
Il faut redescendre sur terre
Et se détendre les nerfs.

Quels que puissent être les progrès
Et ce que l’on peut démontrer,
Dans la vie, les faits essentiels
S’avèrent être éternels.

Tu dois te souvenir :
Un soupir reste un soupir,
Un baiser reste un baiser,
Les choses importantes restent en place
Quand le temps passe.

Et quand deux amants jurent
De s’aimer, ils murmurent
Toujours « Je t’aime », c’est sûr,
Quoi que réserve le futur,
Quand le temps passe.

Toutes les chansons,
Modernes ou anciennes,
Chantent amour, passion,
Jalousie et haine.
Fille et garçon
Depuis toujours s’éprennent ;
C’ n’est pas d’ la science – fiction.

Ils répètent toujours la même histoire,
Une quête d’amour et de gloire,
Et ça passe ou ça casse,
Mais que vivent les amants qui s’embrassent
Quand le temps passe.

Oh, Oui, que vivent les amants qui s’embrassent,
Quand le temps passe.

(Traduction : Polyphrène)

vendredi 27 mars 2009

16th avenue


"From the corners of the country
From the cities and the farms
With years and years of living
Tucked up underneath their arms
They walked away from everything
Just to see a dream come true
So god bless the boys who make the noise
On sixteenth avenue"
[...]





Magnifique chanson de Lacy J Dalton, servie par sa voix pure et sûre.
J'adore cette chanson, qui m'a d'abord, comme tant d'autres, captivé par sa mélodie, puis retenu par ses paroles.
Quoi de plus beau et de plus émouvant qu'un jeune poursuivant son idéal, et prêt à tout sacrifier pour réaliser le rêve de sa vie, réaliser Sa Vie ?
Qu'il soit artiste, artisan, ouvrier, guide de montagne, médecin, explorateur, archéologue, écrivain... son but est de donner le meilleur de lui-même.
Chacun a ainsi son rêve, ou ses rêves, que les circonstances de la vie ne lui permettent pas toujours de poursuivre, mais qu'il ne faut jamais abandonner tout à fait.


Seizième Avenue

Des quatre coins de cette terrre,
De leurs villes et leurs villages,
Et des années de galère
Sur le dos pour seul bagage,
Ayant tout quitté, ils sont venus
Pour que leur rêve continue.
Bénis soient ceux qui
Font tant de bruit
Sur la seizième avenue.

Avec un moral de battant,
Leur vieille guitare espagnole,
Ils descendent en ville, emportant
Leur vie dans leur vieille bagnole,
Parce qu’il se sont souvenus
Que l’ami d’un ami a tenu,
Tu sais, un studio en vue
Sur la seizième avenue.

Les enfants de parvenus
N’ont pas eu à gagner leur vie,
Mais tous les autres s’exténuent
Pour rester en vie,
Cowboys, chrétiens ou exclus,
Blancs, noirs, tondus ou barbus,
Ils ont tous connu
L’espoir déçu
Sur la seizième avenue.

Et puis, un beau soir, dans un local vide,
Derrière un verre sans rideau,
Quelqu’un a dit les mots splendides
Qui furent leur plus beau cadeau.
Leur existence est reconnue,
La récompense est venue,
Et, pour une fois,
Ils sont les rois
Sur la seizième avenue.

Oh, elle paraît bien ordinaire,
Si discrète et flegmatique,
Mais tant de vies basculèrent
Sur cette p’tite rue en sens unique,
Car, ayant tout quitté, ils sont venus
Pour que leur rêve continue.
Bénis soient ceux qui
Font tant de bruit
Sur la seizième avenue.

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 18 mars 2009

We'll Meet Again


"We'll meet again
Don't know where
Don't know when
But I know we'll meet again some sunny day"
[...]




Voici une chanson poignante, emblématique de la deuxième guerre mondiale, écrite par Hughie Charles sur une musique de Ross Parker, et chantée alors par Vera Lynn, avant d'être reprise par de nombreux artistes parmi les plus grands.
Elle évoque le départ pour la guerre, et montre l'optimisme de commande et la sérénité courageuse de ceux que le destin sépare, et qui savent, au fond d'eux-mêmes, qu'ils ne se reverront sans doute pas avant longtemps, et peut-être pas sur cette terre.


On se reverra

On s’ reverra
Je n’ sais où
Je n’ sais quand,
Mais on s’ reverra
Un jour resplendissant

Garde le sourire
Car tu dois réagir
Jusqu’à c’ que s’éloignent les nuages menaçants

S’il te plait, dis « Au Revoir »
Au amis de ma part
Dis que ce n’ s’ra pas long

Ils aimeront savoir
Que je pars plein d’espoir
En chantant cette chanson

On s’ reverra
Je n’ sais où
Je n’ sais quand,
Mais on s’ reverra
Un jour resplendissant

(Traduction : Polyphrène)


PS : 10 mois après avoir présenté cette traduction, 7 mois après son départ, je reviens sur mes pas et mes pensées s'égarent...

Ah, te voilà, toi !
Depuis le temps que je m’attends à ta visite…
Cela fait des mois, des années, que tu rodes alentour.
J’avais aperçu ta silhouette, au fond du cimetière, dans l’ombre de ces deux grands séquoias improbables qui enserraient de leurs racines ces tombes multiséculaires au point d’en dissocier les pierres et laisser voir un abîme.
Déjà, depuis des semaines, je trouvais ça et là les traces de ton passage. Car tu n’es pas discrète : tu sèmes le désordre dans mes idées, tu souilles mes souvenirs, tu détournes mes pensées.
Combien de fois, le soir, lorsque l’étau de l’obscurité se refermait sur nous, et que nous devions affronter, seuls, la nuit si longue, ta main sortait subitement de l’ombre, sans même que je puisse la voir, pour serrer ma gorge jusqu’à ce qu’aucun mot ne puisse plus en sortir… et je devais me détourner, faire mine de tousser, aller chercher un objet ou en ranger un autre, jusqu’à ce que tu veuilles bien relâcher ton étreinte.
Oh, je n’avais jamais entendu ta voix, ni vu ton visage, mais je savais que c’était toi. Qui d’autre aurait pu produire un tel effet ?
N’était-ce pas toi, des années plus tôt, alors que les petites victoires du quotidien nous laissaient croire que son combat contre la maladie pouvait encore être gagné, qui me rendait visite secrètement pour me faire entrevoir des bribes d’un futur vide et glacé comme l’espace grandissant qui sépare les étoiles ?
Qui d’autre que toi aurait pu provoquer en moi ces moments de panique, lorsque les enfants, dispersés ici et là pour des vacances formidables, n’étaient, pour quelques jours, plus à portée de téléphone ? Qui donc m’aurait fait verser des larmes en s’insinuant dans mon âme pour lui faire savoir que s’éteindraient, une à une, les flammes qui l’éclairaient.
Te voilà donc.
Depuis le cimetière, tu t’étais faite plus légère. Tes visites étaient plus nombreuses, mais plus brèves, et les traces que tu laissais auraient pu me faire croire que tu devenais plus délicate, plus prudente, moins obscène.
C’est vrai, je pensais moins à toi : pris dans un tourbillon, évoluant dans un décor inchangé auquel je ne reconnaissais plus rien, je pensais comme dans un rêve.
En fait, je ne ressentais plus vraiment, et tes assauts ne m’auraient pas troublé. J’étais comme anesthésié.
Je savais encore où se trouvait ma douleur, mais je restais prudemment à distance. Comme par réflexe, mes pensées s’en détournaient, mes pas m’en éloignaient, mes yeux croyaient voir au-delà, et je ne souffrais pas, ou pas trop.
Te voilà.
L’anesthésie s’estompe, peu à peu. Mes yeux s’ouvrent ; mon regard se focalise, et je vois où le temps, mes pas, et mes pensées m’ont conduit : au bord d‘un gouffre sombre et glacé, d’où monte un grondement sourd, un tumulte sans mot ni son.
Et je suis seul.
Je ne la vois plus, ne l’entends plus.
Je ne sens plus sa main dans la mienne, sa joue contre la mienne.
Je ne perçois plus son odeur ; je ne ressens plus sa chaleur.
Je suis seul.
Pourtant, elle est présente dans mes rêves, et je crois alors que nous pouvons être, et vivre, comme avant.
J’ouvre les yeux, et l’ombre m’éblouit.
Je la cherche en vain, et je pleure.
Mon cœur se serre.
Ma gorge se noue.
Mes larmes coulent.
Et tu m’envahis, toi, ma souffrance, ma peine, mon âme.

Polyphrène - 01/02/2010




dimanche 15 mars 2009

Sentimental Journey


"I'm gonna take a Sentimental Journey,
Gonna set my heart at ease.
Gonna make a Sentimental Journey,
to renew old memories."
[...]





Cette chanson "universelle" écrite par Bud Green, Les Brown et Ben Homer, propulsa l'actrice et chanteuse Doris Day sur le devant de la scène.

Partir à la rencontre des souvenirs heureux...
Régénérer, par cette visite, les sentiments estompés par le temps...
S'attendrir de revoir, sur une photo jaunie, les bourgeons d'hier des fleurs d'aujourd'hui...
Se tenir par la main pour une balade amoureuse dans un passé merveilleux...
Savourer au présent les bonheurs du passé...

Premiers mots,
Premiers sourires,
Premier baiser,

Premier enfant,
Premiers pas,
Premiers mots,

Premier envol,
Premières lettres,
Premier retour...


Voyage sentimental

Je vais faire un voyage sentimental,
Laisser mon cœur s’épanouir.
Je pars pour un voyage sentimental,
Retrouver mes souvenirs.

J’ai fait mes bagages, j’ai pris mes billets,
Pour partir, coûte que coûte,
Et, comme un enfant, je vais trépigner,
Impatient d’entendre « En Route ».

Sept heures… C’est l’heure du départ, à sept heures.
J’attends ce retour au bonheur,
Comptant les kilomètres du rail
Des retrouvailles.

C’est étonnant qu’à ce point mon cœur s’emballe.
Pourquoi ais-je voulu partir ?
Je vais faire ce voyage sentimental,
Voyage vers mes souvenirs,
Voyage sentimental.

(Traduction : Polyphrène)

Depuis quelque temps, je sentais confusément la souffrance de mon âme. Je fouillais mes sentiments, comme on fouille du bout de la langue à la recherche de la dent douloureuse.
La douleur était là, toujours là !
J'aurais pu la laisser là, éviter de la réveiller encore et encore.
Pourquoi toujours la rechercher ?
Était-ce pour la défier ?
Était-ce pour la repousser ?
Était-ce pour me rassurer ?
Ce n'était qu'une dent, après tout !

Henri Salvador chantait "Le Blues du Dentiste".
Voilà mon mal aux dents à moi : j'ai mal au temps !

Au temps qui passe,
Au temps qui emmène mes souvenirs, toujours plus loin en arrière.
Au temps que l'on ne peut remonter, et qui nous entraîne, inexorablement.

N'osant plus regarder devant moi, je garde le regard tourné en arrière.
Je devrais savourer les moments de bonheur qui parsèment mes souvenirs.
Je devrais sourire de voir resurgir de ma mémoire les grands et petits bonheur de la vie.

Oh, je ne me complais pas dans l'évocation des mauvais souvenirs !
Je les assume et les enterre dans les strates de ma mémoire.
Une pierre noire marque leur emplacement, et je la contourne soigneusement.

Pourquoi donc ais-je mal au temps ?

Ais-je peur des nuages qui obscurcissent l'horizon ?
Le bonheur devient-il douleur parce qu'il est passé ?

Une petite douleur vive.
L'aiguille pénètre, et une étrange sensation envahit la gencive, la mâchoire, les joues...
L'anesthésie s'installe, s'étend.

Je ne ressens plus, ni ma dent, ni le temps.
Les instruments, les bruits, le sang... Tout cela m'est indifférent.
J'agis, je pense, je vais, machinalement, mécaniquement, efficacement.

La douleur ne me tracasse plus.
Serais-je libéré ?
Quelle sera la douleur quand l'anesthésie va s'estomper ?

Une dent partie,
Du temps passé,
Passé.