"You are always on my mind!"

samedi 31 janvier 2009

The End of the World


"Why does the sun go on shining?
Why does the sea rush to shore?
Don't they know it's the end of the world,
'Cause you don't love me any more?"
[...]





Cette délicieuse chanson (mélodie de Arthur Kent et paroles de Sylvia Dee) a été chantée, notamment, par Skeeter Davis, puis par "The Carpenters".

Voilà une chanson dont je ne parviens pas à savoir si je l'avais ou non déjà entendue, tant la mélodie est "naturelle". A peine entendue, elle s'insinue dans votre tête et n'en sort plus : vous vous surprenez à la fredonner sans cesse; elle vous réveille le matin et vous accompagne au coucher...

Je l'ai trouvée (ou retrouvée ?) il y a quelques jours, au hasard d'une compilation que j'écoutais en voiture, à l'occasion d'un voyage de 2 heures, et je n'ai écouté qu'elle pendant tout le trajet, et à chaque occasion depuis.

La voix juvénile, un peu hésitante et un rien acidulée de Skeeter Davis rend à merveille l'atmosphère de pur romantisme sur fond rose : premier amour, première passion, première déception, premier désespoir...

On a envie de lui chanter en retour : "T'en fais pas, mon p'tit loup, c'est la vie, ne pleure pas"...
Lui dire que tout le monde passe par là ; que dans quelque temps elle verra les choses autrement ; qu'il faut laisser du temps au temps...

On pourrait aussi lui expliquer
- qu'il n'était pas si bien que cela, au fond (ce qui la mettrait en rage) ;
- qu'un de perdu, dix de retrouvés (la colère !);
- que la passion n'est pas l'amour ("toi, tu ne peux pas comprendre !");
- qu'elle vaut mieux que cela (c'est bien vrai, du reste) ;
- qu'il reviendra peut-être (faut-il rêver ? faut-il l'espérer ?) ;
- que c'est la vie (on dit toujours cela quand ça ne va pas, à croire que vie est synonyme de souffrance...)

Mais on pourrait aussi souffrir et pleurer discrètement avec elle, sachant que, en effet, c'est la vie ; qu'il y a un avant et un après ; et que plus rien n'est pareil ensuite :
Le jour s'est levé ; les étoiles ne brillent plus ; les ombres ne nous font plus peur ; et nos rêves d'enfant se sont envolés...
... à jamais !


La fin du monde

Pourquoi le soleil brille encore ?
Pourquoi la mer danse encore ?
Ne savent-ils pas que c’est la fin du monde,
Depuis que ton amour est mort ?

Pourquoi les oiseaux chantent-ils ?
Pourquoi les astres brillent-ils ?
Ne savent-ils pas que c’est la fin du monde,
Depuis la fin de notre idylle ?

Je me réveille le matin et me questionne :
Pourquoi rien n’a changé ici ?
Vraiment je m’étonne, oui, vraiment, je m’étonne
Que la vie continue ainsi !

Pourquoi mon cœur bat consciencieux ?
Pourquoi ces pleurs dans mes yeux ?
Ne savent-ils pas que c’est la fin du monde,
Depuis que tu m’as dit adieu ?

Pourquoi mon cœur bat consciencieux ?
Pourquoi ces pleurs dans mes yeux ?
Ne savent-ils pas que c’est la fin du monde,
Depuis que tu m’as dit adieu ?

(Traduction : Polyphrène)

vendredi 30 janvier 2009

I Love You


"I love you,
Hums an April breeze,
I love you,
Echo the hills!"
[...]




Poème et mélodie de Cole Porter, cette chanson est parfaite pour nous stimuler pendant ce long et froid hiver : la vie, le printemps, les fleurs, l'amour...

Tous les ingrédients du bonheur !

L'amour fait chanter les coeurs...


Je t’aime

Je t’aime,
Chantonne la brise ;
Je t’aime,
Par l’écho reprise.

Je t’aime,
Dit l’aurore qui pose
Son doigt sur les roses
Qui éclosent.

C’est le printemps ;
Les oiseaux, tout contents,
S’envolent en chantant
Les chansons d’antan.

Je t’aime,
Le plus beau refrain
Qui nous appartient,
A toi et moi.

Je t’aime,
Chantonne la brise ;
Je t’aime,
Par l’écho reprise.

Je t’aime,
Dit l’aurore qui pose
Son doigt sur les roses
Qui éclosent.

C’est le printemps ;
Les oiseaux, tout contents,
S’envolent en chantant
Les chansons d’antan.

Je t’aime,
Le plus beau refrain
Il nous appartient,
A toi et moi.
Il nous appartient,
A toi et moi.

(Traduction : Polyphrène)

jeudi 29 janvier 2009

On The Road Again


"On the road again
Just can't wait to get on the road again
The life I love is makin' music with my friends
And I can't wait to get on the road again
On the road again
Goin' places that I've never been
Seein' things that I may never see again,
And I can't wait to get on the road again."
[...]





Partons, ce matin, sur la route avec Willie Nelson, sur cette chanson incontournable de son répertoire.
La tentation est bien forte de quitter le quotidien, échapper aux mille et un petits et grands soucis de la vie pour filer sur la route, loin devant, à l'aventure.

C'est un mythe, évidemment !

Mais les mythes sont la substance de nos rêves,
Et nos rêves nous aident à survivre comme un bouée aide à surnager.


Sur la route, encore

Sur la route, encore
J’ai hâte de partir sur la route encore,
Ma vie, c’est la musique et les copains d’abord
Et j’ai hâte de partir sur la route encore,
Sur la route, encore
Aller d’ouest en est, du sud au nord,
Découvrir chaque jour un nouveau décor,
Et j’ai hâte de partir sur la route encore.

Sur la route, encore
Comme une bande de gitans, nous sommes toujours dehors,
Et toujours d’accord
Pour faire virer le monde sur notre bord,
Et notre bord
C’est sur la route encore.
J’ai hâte de partir sur la route encore,
Ma vie, c’est la musique et les copains d’abord
Et j’ai hâte de partir sur la route encore,

Sur la route, encore
Comme une bande de gitans, nous sommes toujours dehors,
Et toujours d’accord
Pour faire virer le monde sur notre bord,
Et notre bord
C’est sur la route encore

J’ai hâte de partir sur la route encore,
Ma vie, c’est la musique et les copains d’abord
Et j’ai hâte de partir sur la route encore,
Et j’ai hâte de partir sur la route encore,

(Traduction : Polyphrène)

mardi 27 janvier 2009

Dreamland Express

"I caught a ride on the dreamland express last night
I was sailing on an ocean of blue
And right there by my side, much to my surprise, was you
[...]
You said, let me be the end of your rainbow
Let me be the stars up above
Let me be the one that you dream of baby
Let me be the one that you love, oh, oh
Let me be the one that you love"
[...]





Ce n'est pas sur le TGV mais sur le TGR (Train des Grand Rêves) que nous emmène John Denver ce matin : en partance pour le pays du romantisme pur, loin des soucis du quotidien...

Combien de fois ais-je eu cette envie folle, le matin, en partant au travail, de faire demi-tour, rentrer à la maison, la réveiller, et lui dire : "Nous partons en voyage; nous laissons derrière nous tous les soucis, tous les tracas, tous les ennuis, et nous roulons, au hasard, vers un pays neuf, sans passé, sans passif ?"


Le Train des Grands Rêves

J’ai voyagé sur le Train des Grands Rêves, hier soir,
Au travers d’un océan tout bleu.
J’ai vu à mes côtés, à ma grande surprise, tes yeux.

J’ai dit « Viens par ici, poupée, que je voie dans tes yeux,
Au fond de ton cœur, ta vérité »,
Mais je n’aurais jamais cru que mon rêve devienne réalité.

Tu m’as dit « Hello, cœur en sucre, t’en fais pas, tout va bien ;
Aucun téléphone ne t’appellera ;
Personne ne nous dérangera ; détends-toi,
Et viens dans mes bras ».

Tu dis « Je serai ton morceau d’arc-en-ciel,
Je serai l’étoile de ton thème,
Je serai celle que tu attendais, chéri,
Je serai la femme que tu aimes, Oh, Oh
Je serai la femme que tu aimes. »

Mais il est quatre heures du matin ; je n’ peux pas dormir,
Car tu envahis mon esprit.
Je m’agite en attendant que le soleil me sourie.

Je voudrais t’offrir un ticket sur le Train des Grands Rêves,
Pour partir au loin avec toi.
C’est une vision de paradis : tout là-bas avec toi.

Je serai ton morceau d’arc-en-ciel,
Je serai l’étoile de ton thème,
Je serai celui que tu attendais, chérie,
Je serai celui que tu aimes, Oh, Oh
Je serai celui que tu aimes.

Je serai ton morceau d’arc-en-ciel,
Je serai l’étoile de ton thème,
Je serai celui que tu attendais, chérie,
Je serai celui que tu aimes, Oh, Oh
Je serai celui que tu aimes, Oh, Oh
Je serai celui que tu aimes.

(Traduction : Polyphrène)

dimanche 25 janvier 2009

Yesterday


"Yesterday,
All my troubles seemed so far away,
Now it looks as though they're here to stay,
Oh, I believe in yesterday."
[...]





J'avais gardé pour la "centième" traduction de Polyphrène cette chanson de John Lennon et Paul McCartney (The Beatles), avec le sentiment que tenter sa traduction s'apparenterait à un sacrilège, tant ce titre est devenu sacré par l'immensité de son succès comme par la simplicité magique de ses paroles et l'universalité de son thème.

Et voici ma centième traduction, que j'ose à peine présenter ici.
Beaucoup plus tard, j'ai trouvé la traduction - adaptation de Georges Aber, chantée par Hughes Aufray sous le titre de "Je Croyais", repris par plusieurs autres artistes dont... Tino Rossi ! Cette adaptation reste assez proche de l'original, à ceci près qu'elle reste sur l'idée générale de la vie qui nous échappe et du destin, alors que la version des Beatles est "focalisée" sur l'incompréhension de deux être qui se sont aimés, et la nostalgie d'un bonheur passé.

En rédigeant cette traduction, mes pensées se sont égarées dans les souvenirs.
Avez-vous remarqué comment hier est toujours plus beau vu d'aujourd'hui ?

Est-ce parce que nous oublions plus volontiers les embûches et les épreuves du chemin, pour ne retenir que les instants de bonheur ?
"Pour peu que le bonheur survienne, il est rare qu'on se souvienne des épisodes du chemin" chantait Georges Brassens dans "Les Passantes" (poème d'André Pol).

Est-ce parce que chaque jour qui passe est un jour de vie en moins ?
"Another day older and deeper in debt" chantait Merle Travis dans "Sixteen Tons"

Est-ce parce que nos souvenirs sont notre seule vraie richesse ?
"Preserve you memories, they're all that's left you" chantait Paul Simon dans "Old Friends".


C’était hier

C’était hier
Mes ennuis semblaient si loin derrière ;
Aujourd’hui je ne peux m’en défaire.
Je crois en l’avenir d’hier.

Tout à coup,
Je n’ai pour la vie que du dégoût ;
Une ombre plane et me suit partout.
Le passé revient tout à coup.

Pourquoi
A-t-elle fui ? Je n’ sais pas ! Elle veut se taire.
Et moi,
Qu’ais-je fait ? Je voudrais revoir hier.

C’était hier,
L’amour était un jeu sans mystère ;
Aujourd’hui je voudrais qu’on m’enterre.
Je crois en l’avenir d’hier.

Pourquoi
A-t-elle fui ? Je n’ sais pas ! Elle veut se taire.
Et moi,
Qu’ai-je fait ? Je voudrais revoir hier.

C’était hier,
L’amour était un jeu sans mystère ;
Aujourd’hui je voudrais qu’on m’enterre.
Je crois en l’avenir d’hier.

(Traduction : Polyphrène)

samedi 24 janvier 2009

Give My Love To Rose


"I found him by the railroad track this morning
I could see that he was nearly dead
I knelt down beside him and I listened
Just to hear the words the dying fellow said
[...]
Give my love to Rose please won't you mister
Take her all my money, tell her to buy some pretty clothes
Tell my boy his daddy's so proud of him
And don't forget to give my love to Rose"
[...]




Voici à nouveau un petit Western en chanson, où Johnny Cash campe le décor d'une voie ferrée déserte, et d'un homme mourant, dont on ne sait que peu de choses : récemment sorti de prison, il voulait rejoindre sa femme Rose et son fils, né pendant sa captivité.

Pourquoi est-il là, mourant ?
Est-ce la maladie qui le terrasse ?
Est-ce la vengeance de ses anciennes victimes ou de ses anciens partenaires ?
Est-ce un accident ?

Respectons donc le mystère,
Il est nécessaire pour créer l'atmosphère !


Dites à ma Rose

C’était ce matin près du chemin de fer
J’ai vu qu’il allait bientôt mourir
J’ai écouté un genou à terre
Ces derniers mots qu’en mourant il a pu dire :

De la prison de Frisco ils m’ont laissé sortir,
Après dix ans payés à la justice,
Et vers la Louisiane j’essayais de revenir
Pour voir ma Rose et connaître mon fils.

Dites à ma Rose que je l’aime, Monsieur, je vous prie ;
Portez-lui mon argent, pour qu’elle s’habille comme une dame ;
Dites à mon fils que je suis fier de lui,
Et surtout dites à ma Rose que je l’aime.

Dites leur merci de m'être fidèles
Dites à mon fils qu’il soit un modèle,
Dites à ma Rose de chercher un nouvel
Époux qui sache bien s’occuper d’elle.

Prenez dans ce sac mon argent afin
Qu’ils puissent faire un bout de chemin ;
C’est Dieu qui vous a guidé ce matin,
Et surtout dites à ma Rose que je l’aime

Dites à ma Rose que je l’aime, Monsieur, je vous prie ;
Portez-lui mon argent, pour qu’elle s’habille comme une dame ;
Dites à mon fils que je suis fier de lui,
Et surtout dites à ma Rose que je l’aime.

(Traduction : Polyphrène)

vendredi 23 janvier 2009

Ain't No Cure For Love

"I loved you for a long, long time
I know this love is real
It don't matter how it all went wrong
That don't change the way I feel
And I can't believe that time's
Gonna heal this wound I'm speaking of
There ain't no cure,
There ain't no cure,
There ain't no cure for love"
[...]



Encore Léonard Cohen, qui évoque, à sa façon, la "Maladie d'Amour" que d'autres ont chanté sur un ton plus léger.

L'amour - maladie ?
Oui, quand on en souffre...

L'amour incurable ?
Ou plutôt les blessures et les chagrins d'amour...

"Le temps ne fait rien à l'affaire" ?
Il enfouit nos sentiments sous des strates de sédiments qui nous protègent de la souffrance mais nous éloignent du bonheur.

Mais le temps fait aussi progresser, mûrir, grandir l'amour.
La passion fait place à l'attention,
L'illusion fait place à l'affection,
L'émotion fait place à la communion...

Les souvenirs communs colorent notre vision.


On ne soigne pas l’amour

Je t’aime depuis longtemps, longtemps ;
Je sais que je t’aime vraiment
Tout a raté, peu importe comment,
Ca n’ change pas mes sentiments,
Et je n’crois pas que le temps
Puisse guérir blessures et tourments.
On ne soigne pas,
On ne soigne pas,
On ne soigne pas l’amour.

Ton absence me fait souffrir,
Le nier serait mentir.
J’ai besoin de la nudité
De ton corps et tes pensées
Comme un vice tu es dans ma peau
Je n’en aurai jamais trop.
On ne soigne pas,
On ne soigne pas,
On ne soigne pas l’amour.

On ne soigne pas l’amour.
On ne soigne pas l’amour.
Toutes les fusées s’élèvent dans les airs.
Livres sacrés grands ouverts
Les docteurs travaillent nuit et jour
Mais n’arrivent jamais à soigner l’amour.
Ni drogue, ni élixir,
A vous, Anges, de dire
Qu’il n’y a rien d’assez pur pour soigner l’amour.

Je te vois dans le métro, je te vois dans le train ;
Je te vois dormir près de moi, je te vois au matin,
Je vois tes cheveux, je vois tes mains,
Tes bracelets, ton parfum.
Et j’appelle ton nom, j’appelle ton nom,
Mais je ne trouve pas le ton.
On ne soigne pas,
On ne soigne pas,
On ne soigne pas l’amour

Ne sachant où aller, je suis entré dans cette vaste église
Quand a murmuré dans mon âme la voix la plus exquise.
Je n’ai pas besoin de pardon parce que je t’aime autant.
C’était dans les écritures
C’est écrit dans le sang.
J’entends même les anges qui, du haut du ciel, nous l’assurent.
On ne soigne pas,
On ne soigne pas,
On ne soigne pas l’amour.

On ne soigne pas l’amour.
On ne soigne pas l’amour.
Toutes les fusées s’élèvent dans les airs.
Livres sacrés grands ouverts
Les docteurs travaillent nuit et jour
Mais n’arrivent jamais à soigner l’amour.
Ni drogue, ni élixir,
A vous, Anges, de dire
Qu’il n’y a rien d’assez pur pour soigner l’amour.

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 21 janvier 2009

Last Year's Man


"The rain falls down on last year's man,
That's a jew's harp on the table, that's a crayon in his hand.
And the corners of the blueprint are ruined since they rolled
Far past the stems of thumbtacks that still throw shadows on the wood.
And the skylight is like skin for a drum I'll never mend
And all the rain falls down Amen
On the works of last year's man."
[...]





Qui d'autre que Léonard Cohen pourrait avoir rédigé ce texte, écrit cette mélodie lancinante, et chanter cela d'une voix gutturale pour créer une atmosphère d'ombre et de mystère ?

Le mystère est épais, en effet, et la traduction n'en est que plus difficile. Le sens étant obscur, chaque mot est supposé avoir un sens, et la traduction se doit de le respecter... au bénéfice du doute !

J'ai donc longtemps reporté à plus tard la traduction de ce texte, et j'ai dû accepter d'appauvrir la rime pour respecter le mot. A vous de juger (ou à l'auteur, s'il daignait se pencher sur mon modeste ouvrage) !


L’homme de l’an passé

Il pleut sur l’homme de l’an passé.
C’est une harpe juive sur la table, c’est un crayon dans ses doigts,
Et les esquisses sont écornées tant elles se sont enroulées
Bien au-delà des épingles dont l’ombre s’étend sur le bois,
Et le ciel est comme la peau d’un tambour à jamais percée
Et toute la pluie tombe sur, Amen
L’œuvre de l’homme de l’an passé.


J’ai vu une dame ; elle jouait dans l’ombre avec ses soldats.
Oh ! Un par un elle devait leur dire que son nom était Jeanne d’Arc

J’étais dans cette armée ; oui, quelque temps j’y suis resté
Je veux te remercier, Jeanne d’Arc, de m’avoir bien traité.

Mais bien que portant l’uniforme, je n’suis pas né pour la guerre ;
Tous ces blessés gisent à tes côtés ; bonsoir, amis, bonsoir.


J’ai rencontré des noces que de vieilles familles avaient conviées
Bethléhem était l’époux, Babylone la mariée.
Grande Babylone était là, tremblante pour moi, elle était nue
Et Bethléhem nous embrasa comme à une orgie l’ingénu.

Qand nous nous sommes affalés, nos chairs formaient un voile que
J’ai dû écarter pour trouver le serpent mordant sa queue.

Certaines femmes attendent Jésus, et d’autres attendent Caïn
Et sur l’autel, à nouveau, j’ai brandi ma hache en main
Je prends celui qui me retrouve au début de l’essentiel
Quand Caïn était juste l’homme et Jésus la lune de miel,
Et nous lisons dans de belles Bibles, réliées de sang et peau
Que le désert veut rassembler ses enfants à nouveau.

Il pleut sur l’homme de l’an passé
Une heure est passée, sa main n’a pas avancé,
Pourtant tout peut arriver si seulement il donne le nom ;
Les amants surgiront, les montagnes s’aplaniront,
Mais le ciel est comme la peau d’un tambour à jamais percée
Et toute la pluie tombe sur, Amen
L’œuvre de l’homme de l’an passé

(Traduction : Polyphrène)

lundi 19 janvier 2009

Oh, Bury Me Not


"Lord, I've never lived where churches grow
I loved creation better as it stood
That day you finished it so long ago
And looked upon your work and called it good
[...]
Oh, bury me not on the lone prairie
These words came low and mournfully
From the pallid lips of a youth who lay
On his dying bed at the close of day"
[...]





Johnny Cash récite la classique "Prière du Cowboy", et ne chante que les huit dernières lignes (chanson dont il ne reprend qu'une partie). Rien n'interdit de chanter l'ensemble du texte, sur le lent balancement de la mélodie mélancolique telle qu'adaptée par Johnny Cash.

Toute l'atmosphère du Western est là, jusqu'à la mort solitaire du héros.




Ne m’enterrez pas

Seigneur, je ne montre aucune piété
J’aime ta création telle qu’elle était
Le septième jour quand, l’ayant terminée,
Tu l’as jugée bonne et nous l’as donnée.
La lumière filtrée par la transparence
Des vitraux peut susciter la croyance.
Pourtant, moi, ce soir, je sens ta présence
A la belle étoile, sur la plaine immense.
Merci, Seigneur, pour ma place si bonne,
Et pour ma liberté si totale
Que je ne suis ni esclave qu’on sonne
Ni rentier prisonnier d’un capital.
Fais que ma vie soit demain comme hier,
Que je travaille sous le ciel en plein air,
Que soleil et vent soient mes partenaires ;
Il n’en faut pas plus pour me satisfaire.
Que j’épargne celui qui est à terre,
Et sois généreux avec mon prochain ;
Quand je suis en ville, je n’me laisse pas faire,
Mais je ne suis ni méchant ni mesquin.
Que j’aie l’esprit ouvert, grand comme les plaines,
Franc comme le cheval dont je tiens les rênes,
Pur comme le vent qui balaye les feuillages,
Libre comme l’aigle au dessus des nuages.
Pardonne-moi, Seigneur, pour mes négligences,
Tu connais les raisons de mes silences ;
Tu sais ce qui m’irrite ou qui m’offense ;
Mieux que ma mère, tu sondes ma conscience.
Surveille des yeux mes actes et mes dires ;
Aide-moi si tu me vois défaillir,
Et guide moi au long de ce voyage
Qui conduit vers Toi par le grand passage.

« Ne m’enterrez pas seul sur la prairie »
Murmurait avec mélancolie,
De ses lèvres pâles, un adolescent
Sur son lit de mort, sous le firmament.

« Ne m’enterrez pas », et sa voix s’éteint
Il dit sa dernière prière en vain ;
A six pieds sous terre, dans un trou discret
Seul sur la prairie, nous l’avons enterré.

(Traduction : Polyphrène)

samedi 17 janvier 2009

I Heard That Lonesome Whistle Blow


"I was riding number nine,
heading south from Caroline
I heard that lonesome whistle blow"[...]






Chanson de Hank Williams et Jimmie Davis, reprise magistralement par Johnny Cash qui intercale une onomatopée (que je signale par ~~~ dans ma traduction) mimant le mugissement de la sirène.

Très représentative du répertoire favori de Johnny Cash, cette chanson décrit l'état d'âme du prisonnier qui, à la suite d'une "erreur de jeunesse", se trouve enfermé à vie loin de ses proches, séparé de sa "promise", jusqu'à n'être plus que l'ombre de lui-même.

Le texte original situe le "drame" en Georgie, où se retrouve le fuyard en provenance de Caroline. Je me suis permis d'omettre ces détails géographiques dans ma traduction, car ils n'ont guère de pouvoir d'évocation pour le public francophone.


Et mugit la sinistre sirène

Je descendais vers le Sud
Pour changer de latitude
Et mugit la si~~~nistre sirène

J’ai fait des bêtises, ai dû fuir
Quitté ma maison, mes souv’nirs
Et mugit la si~~~nistre sirène

J’ai agit comme un enfant
Brisé le cœur de mes parents
Je ne comprennais pas leur peine

Enchaîné en prison centrale
A ce boulet infernal
Et mugit la si~~~nistre sirène

Dans la honte et l’abandon
Un numéro pour tout nom
Et mugit la si~~~nistre sirène

Et je pleure de désespoir
Quand passe le train du soir
Et mugit la si~~~nistre sirène

Enfermé dans cette geôle
Pendant que mon corps s’étiole
Comme la neige mes cheveux deviennent

Je n’verrai plus celle qui fut mienne
En prison je purge ma peine
Et mugit la si~~~nistre sirène

(Traduction : Polyphrène)

jeudi 15 janvier 2009

Down There By The Train


"There's a place I know where the train goes slow
Where the sinner can be washed in the blood of the lamb
There's a river by the trestle down by sinner's grove
Down where the willow and the dogwood grow
[...]
Down there by the train
Down there by the train
Down there by the train
Down there where the train goes slow"[...]






Chanson de Tom Waits, faisant l'objet d'une très belle reprise par Johnny Cash, dans son répertoire "tardif", où les références religieuses et bibliques tiennent une large part, même si cela implique, comme dans le cas présent, quelques anachronismes.

Le thème du pardon est ici dominant, tout à fait dans l'esprit de "Rédemption". Tous peuvent être pardonnés de toutes leurs fautes.
Génial !
Caïn, Judas, John Wilkes Booth (l'assassin du Président Abraham Lincoln) : tous peuvent monter sur le train du salut.
Facile !

Trois "Pater Noster" et dix "Ave Maria" et le tour est joué !

Quand aux victimes : Dieu les aura reconnues !


Là bas, près du train

Je connais un lieu où le train est lent,
Où le sang de l’agneau lave celui qui se repent,
Près du pont sur la rivière, au bois des pénitents
Où saule et roseau ondulent sous le vent.

Retentit la cloche, et mugit la sirène,
Des marches du ciel aux portes de Géhenne.
Arrive à l’heure, tu ne seras pas abandonné ;
Tous tes péchés, tous tes crimes seront pardonnés,
Si tu vas là, près du train,
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas où le train est lent.

Un rayon de lune traverse la brume triste ;
Je sais que ton nom peut être sur la liste.
Œil pour œil, dent pour dent : plus rien de ça n’existe.
J’ai vu Judas qui transportait Booth le Sudiste.
Il était là, près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas où le train est lent.

Si tu n’as plus d’espoir, si tu n’as plus la foi,
Tu seras à l’abri ; on prendra soin de toi.
Celles qui vendent leur corps, ceux qui sont sans honneur,
Même le soldat qui perça le flanc du Seigneur,
Ils sont là, près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas où le train est lent.

Je n’ai jamais d’mandé pardon, et de prière n’ai fait jamais,
Jamais donné de moi-même, ni rien assumé ;
J’ai délaissé, j’ai quitté tous ceux qui m’aimaient ;
Caïn, comme toi, j’ai suivi le mauvais chemin, mais
Réjoins-moi près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas où le train est lent.

Réjoins moi près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas, près du train
Là bas où le train est lent.

(Traduction : Polyphrène)

mardi 13 janvier 2009

Big River


"Now I taught the weeping willow… how to cry,
And I showed the clouds how to cover… up a clear blue sky.
And the tears that I cried for that woman are gonna flood you,
Big River.
Then I'm gonna sit right here until I die."[...]






La quintessence de Johnny Cash, avec sa signature acoustique, et ses guitares ponctuant le rythme de façon quasi hypnotique, et un thème ultra-classique - la poursuite d'un amour impossible - associé au cours d'une rivière mythique, le Mississipi.


Grande Rivière

J’ai appris comment pleurer aux… saules pleureurs,
Et aux nuages comment cacher du… soleil la lueur,
Et les larmes que j’ai versées pour cette femme… te f’ront déborder,
Grande Rivière
Mais je rest’rai là jusqu’à c’que j’meure.

Je l’ai rencontrée par hasard à St-Paul
(Minnesota)
Et dès que j’entends son accent mon cœur s’affole
(Accent du Sud)
Puis on me dit que, plus en aval, vers…Davenport, elle batifole
Et je suis ton cours, Grande Rivière… à ton appel

Puis, tu m’as entraîné jus… qu’à Saint-Louis,
(Vers l’aval)
Un marin l’y avait signalée, mais, oui
Déjà partie !
Je trouve sa trace à Memphis ; elle vient de monter l’avenue,
Elle fronce les sourcils, puis, seule, sur sa route elle continue.

Rivière – Reine, ne vois-tu pas Bâton-Rouge… maintenant ?
Coule-s-y donc !
Emporte là vers Nouvelle Orléans,
Nouvelle Orléans.
Allez ! J’’en ai assez… Noie mon cafard dans la baie :
Elle t’aime, Grande Rivière, plus que moi.

J’ai appris comment pleurer aux… saules pleureurs, pleureurs,
Et aux nuages comment cacher du… soleil la lueur,
Et les larmes que j’ai versées pour cette femme… te f’ront déborder,
Grande Rivière
Mais je rest’rai là jusqu’à c’que j’meure.

(Traduction : Polyphrène)

dimanche 11 janvier 2009

Hard Headed Woman


"Im looking for a hard headed woman,
One who will take me for myself,
And if I find my hard headed woman,
I won't need nobody else,
No, no, no."[...]




Encore Cat Stevens, ce matin, en quête d'une femme têtue, opiniâtre, qui puisse donner un sens à sa vie et lui faire donner le meilleur de lui-même.
Tout un programme !

Une femme qui sache pourquoi elle est là : pas simplement pour la beauté et la distraction.

Mais aussi une femme qui sache lui tenir tête !

Comment pourrait-on construire, en effet, une vrai relation, qui ne soit pas une subordination, dans d'autres conditions ?

Pour ma part, en matière de forte tête, je suis servi - heureusement !

Revenant sur ce texte, quelque mois plus tard, après le décès de celle que j'aimais, le texte de Cat Stevens prend un nouveau relief. Le peu que j'ai pu faire de bien dans ma vie, je l'ai fait avec elle, grâce à elle, pour elle. Sa forte personnalité m'offrait les repères dont j'avais besoin. Son exigence de sincérité et de bienveillance me guidait. Sa confiance me poussait à avancer.
Que serai-je sans elle, que ce balbutiement ?




Une Femme à Forte Tête

Je cherche une femme avec une forte tête,
Une qui me prendrait comme je suis,
Et si je trouve ma femme à forte tête
Je n’ voudrai pas d’autre appui,
Non, non, non

Je cherche une femme avec une forte tête,
Une qui me fasse faire de mon mieux,
Et si je trouve ma femme à forte tête
Le reste de ma vie sera merveilleux,
Oui, oui, oui

Je connais ces amatrices de danse
Qui vous font bien glisser sur la piste ;
Elles si gracieuses restent sans réponse
Pour savoir pourquoi elles existent.
Elles n' savent pas
Pourquoi ?


Je connais tant d’amis délicats

Mais leur amitié dépend de votre état.
Ils peuvent de mille et une façons
Savoir qui paie l’addition
Et votre état.

Je cherche une femme avec une forte tête,
Qui m’offrira tant de bien-être,
Et si je trouve ma femme à forte tête
Ma vie sera bien ce qu’elle doit être.
Oui, oui, oui

Je cherche une femme avec une forte tête,
Une qui me fasse faire de mon mieux,
Et si je trouve ma femme à forte tête…

(Traduction : Polyphrène)

samedi 10 janvier 2009

Peace Train


"Now I've been happy lately,
thinking about the good things to come
And I believe it could be,
something good has begun
[...]
Cause out on the edge of darkness,
there rides a peace train
Oh peace train take this country,
come take me home again"[...]



Tout Cat Stevens dans cette chanson: son idéalisme, son romantisme, son génie musical et poétique, son énergie bouillonnante (presque une rage).

Cette chanson d'espoir finit sur une note d'amertume : pourquoi les hommes continuent-ils de se haïr alors qu'ils pourraient vivre en paix.

Si nous acceptions de partager justement,
Si nous cessions de polluer inconsidérément,
Si nous cessions de nous intoxiquer activement (alcool, tabac...),
Si nous respections nos différences,
Si nous étions solidaires devant les épreuves auxquelles la nature s'emploie à nous soumettre, sans en rajouter nous-mêmes ...

Si, si, si...

Roger Whittaker clame qu'il ne croît plus aux "Si".

Il a raison, mais c'est bien triste !



Train de Paix

J’étais heureux récemment
En pensant aux bonnes choses qui s’annoncent
Et, je le crois fermement,
Un meilleur temps commence.

Oh, je souriais récemment
En rêvant d’un monde uni
Et, je le crois fermement,
Viendra ce jour béni.

Car, de la lisière de la nuit
Vient le train de paix.
Oh, train de paix, prend ce pays,
Aide-moi à m’échapper.

Oh, je souriais récemment
En rêvant d’un monde uni
Et, je le crois fermement,
Viendra ce jour béni.

Le train de paix vient plus près,
Glisse le train de paix ;
Approche, train de paix,
Train de paix, cortège sacré !

Tout le monde grimpe sur le train de paix.
Approche, train de paix !

Amenez vos proches,
Préparez vos bagages ;
Le voilà qui s’approche ;
Guettez son passage.

Maintenant, montez à bord,
Il est vraiment tout près,
Et il s’approche encore ;
Tout sera bientôt vrai.

Mais j’ai pleuré récemment
En pensant au monde tel qu’il est.
Pourquoi se haïr autant
A lieu de vivre en paix ?

Car, de la lisière de la nuit
Vient le train de paix.
Oh, train de paix, prend ce pays,
Aide-moi à m’échapper.

(Traduction : Polyphrène)

vendredi 9 janvier 2009

The First Cut Is The Deepest


"I would have given you all of my heart
But there's someone who's torn it apart
And she's taking almost all that I've got
But if you want, I'll try to love again
Baby I'll try to love again
But I know

The first cut is the deepest,
Baby I know
The first cut is the deepest"[...]




Cette chanson est parfaitement représentative de Cat Stevens, tant de par son thème que par sa mélodie et par l'énergie (à peine) contenue qu'il met à la chanter. Après une introduction douce et apparemment sereine, toute la douleur éclate dans "The first cut...": le coeur saigne, les larmes coulent, mais la volonté d'aimer demeure.

La première blessure de l'amour est en effet la plus profonde, celle dont la cicatrice reste, sinon ouverte, du moins toujours sensible.
Pour certains, la douleur est telle qu'ils ne veulent plus - n'osent plus - courir le risque d'aimer à nouveau. Cet état d'esprit a été bien illustré par Paul Simon dans "I am a Rock"

Peut-on, en fait, accéder à l'amour si l'on n'accepte pas le risque de souffrir ?



La première plaie blesse le plus

Mon cœur tout entier je te donnerais
Si quelqu’un ne l’avait déchiré.
Tout ce que j’ai à offrir, elle dévore,
Mais si tu veux, j’essaie d’aimer encore,
Petite, j’essaie d’aimer encore
Mais je sais :

La première plaie blesse le plus,
Petite, je sais
La première plaie blesse le plus
Car pour avoir de la chance, elle sait jouer,
Or pour m’aimer elle ne peut qu’échouer,
Mais pour se faire aimer elle est douée,
Ça je le sais.

La première plaie blesse le plus,
Petite, je sais
La première plaie blesse le plus

Toi, tu pourrais m’épauler
Pour sécher les larmes qu’elle fait couler
Car pour toi je veux faire un effort
Et si tu veux, j’essaie d’aimer encore
Mais, petite, j’essaie d’aimer encore
Mais je sais.

La première plaie blesse le plus,
Petite, je sais
La première plaie blesse le plus

Car pour avoir de la chance, elle sait jouer,
Or pour m’aimer elle ne peut qu’échouer,
Mais pour se faire aimer elle est douée,
Ça je le sais.

La première plaie blesse le plus,
Petite, je sais
La première plaie blesse le plus

(Traduction : Polyphrène)

jeudi 8 janvier 2009

Before My Time


"I know that hearts were loving
Long before I was here
And I'm not the first to ever cry
In my bed or in my beer
There were songs before there was radio
Of love that stays and love that goes
They were writing meloncholy tunes
And tearful words that rhyme
Before my time
Before my time"[...]





Chantée par Johnny Cash sur l'album (un peu testamentaire) "Solitary Man", cette chanson pourrait s'intituler en français "L'ancien Temps", lorsqu'elle évoque l'intemporalité de l'amour (avec des accents comparables aux "Plaisirs Démodés" de Charles Aznavour). J'ai conservé la traduction littérale du titre par respect pour l'auteur.

Néanmoins, le ton adopté ici reste amer, et, si les derniers vers peuvent sembler optimistes ("Les anciens pourraient envier ton amour pour moi et mon amour pour toi", le registre reste clairement celui de l'amour perpétuellement insatisfait, qui, aujourd'hui, fait "pleurer dans son lit ou sur sa bière" comme, jadis, il faisait "pleurer les mots qui riment des chansons mélancoliques".

Sans proclamer la fatalité de la souffrance associée à l'amour, cette chanson rappelle que l'un va rarement sans l'autre, ne serait-ce que parce que tout a une fin...

Et pourtant, nous donnerions tout pour connaître ou conserver l'amour.

Dans mes heures de rumination pessimiste, la terreur m'envahit à la pensée d'un avenir sans amour, froid comme le vide intersidéral.


Avant mon temps

Je sais que les cœurs s’aimaient
Avant que je sois né.
Je n’ suis pas le premier à pleurer
Dans mon lit ou sur mon thé.
Bien avant la radio, on chantait
L’amour qui va, l’amour qui vient ;
On écrivait de tristes refrains
Qui pleuraient en rimant
Avant mon temps,
Avant mon temps.

Les chansons, dans les vieux bouquins,
Louaient l’amour sans fin
D’amants qui, depuis longtemps,
Furent emportés par le vent,
Et les vieux mots d’amour d’antant
Reviennent périodiquement.
Tout, sauf les noms, est comme avant,
L’amour aussi brûlant
Qu’avant mon temps
Avant mon temps.

Dans la pénombre d’autrefois,
Clairement, je vois
Que sang et chair réclamaient déjà
L’autre comme en moi,
Et les vieilles chansons proclamaient
« Pour la vie, je t’aimerai »
Avant mon temps,
Avant mon temps.

Les sentiments de l’ancien temps
Pour toi je les ressens.
L’amour est l’amour et il ne
Change pas en un siècle ou deux.
Si les anciens pouvaient nous voir
Et connaître notre histoire,
Ils auraient aimé vivre
Un amour si fort que le nôtre,
Avant mon temps,
Avant mon temps.

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 7 janvier 2009

High Noon (Do Not Forsake Me)


"Do not forsake me, oh my darlin'
On this, our weddin' day
Do not forsake me, oh my darlin'
Wait, wait along"[...]






Un incontournable de la Country pur sucre, cette chanson Frankie Laine est tout simplement grandiose, avec une mélodie généreuse, servie par une voix chaude et modulée.
J'aime particulièrement la façon dont Frankie Laine prononce "hates" comme un véritable hoquet !
(And I must face a man who hates me)
Tout y est : le drame, le suspense (l'aguille de l'horloge qui approche de l'heure fatidique), le dilemne cornélien (fuir ou mourir), l'amour, l'honneur...

Reste à l'auditeur à imaginer le dénouement !

Je me suis cependant permis, dans la traduction, de clarifier un peu la mise en scène : le texte original pose une alternative illogique : faire face à l'homme qui me hait (et donc risquer de mourir) ou gésir en lâche dans ma tombe. Donc mourir ou mourir ! Je présume que l'idée de fond était plutôt : fuir en lâche ou risquer de mourir.


Midi Pile (Ne m’abandonne pas)

Ne m’abandonne pas, Oh, mon amour
Le jour de notre mariage
Ne m’abandonne pas, Oh, mon amour
Reste, reste encore.

Je ne sais pas quel sera mon sort
Je sais qu’il me faut être fort
Et faire face à celui qui me hait
Ou fuir comme un lâche, un lâche méprisé
Ou fuir en lâche devant la mort.

Oh, choisir entre amour et devoir,
Et risquer de ne plus te revoir
Vois la grande aiguille qui défile
Vers midi pile.

Dans sa prison il avait juré
Qu’il me tuerait ou qu’il mourrait
Je n’ai pas peur de mourir mais
Que ferais-je si tu me quittais ?

Ne m’abandonne pas, Oh, mon amour
Pour l’anneau que tu portes au doigt,
Ne m’abandonne pas, Oh, mon amour
Malgré ton chagrin, ne me quitte pas
Alors que j’ai besoin de toi.

Reste encore, reste encore, reste encore,
Reste encore, reste encore
Reste encore, reste encore, reste encore, reste encore

(Traduction : Polyphrène)

mardi 6 janvier 2009

Hurt


"I hurt myself today
To see if I still feel
I focus on the pain the, only thing that's real
The needle tears a hole,
The old familiar sting
Try to kill it all away
But I remember everything"[...]




Chanson de Peter Murphy et Trent Reznor (Nine Inch Nails), reprise brillamment et de façon quasi emblématique par Johnny Cash. Son interprétation reste difficile, et fait l'objet de débats approfondis sur le site des auteurs. La traduction implique donc un choix, et c'est à vous de juger de la pertinence du mien.

Le thème général est par contre très clair : celui de l'anesthésie, l'engourdissement progressif des sentiments sous l'effet de la souffrance morale prolongée, comme cela a déjà été évoqué ici à propos de "I am a Rock", de Paul Simon.




Douleur

Je me suis piqué pour voir
Si encore je ressens
Il n’y a que la douleur
Qui existe vraiment.
Comme une bonne vieille piqûre,
L’aiguille a fait un trou ;
J’essayais de l’effacer
Mais je me souviens de tout.
Que suis-je devenu ?
Abandonné
Par tous mes amis,
Tous ceux que je connais.

Tu peux l’avoir entière,
Ma misère d’empire.
Je te laisserai faire,
A ton tour de souffrir.

J'ai ma couronne d’épines,
J' suis au pilori,
Mes pensées morcelées,
Mon esprit en débris.
Le temps, comme une patine
Estompe les sentiments.
Tu n’es plus la même,
Moi, je suis comme avant.

Que suis-je devenu ?
Abandonné
Par tous mes amis,
Tous ceux que je connais.

Tu peux l’avoir entière,
Ma misère d’empire.
Je te laisserai faire,
A ton tour de souffrir.

Si je pouvais revivre
Plus loin à mille lieues,
Je m’ débrouillerais,
J’ m’en sortirais mieux.

(Traduction : Polyphrène)