"You are always on my mind!"

vendredi 21 novembre 2014

A Heart In New York








Art Garfunkel a chanté cette chanson de Benny Gallagher et Graham Lyle lors du concert historique qu’il donna avec Paul Simon à Central Park en 1981, soulevant l’enthousiasme des 500 000 personnes rassemblées à cette occasion. « A Heart in New York » décrit l’émotion que ressent le voyageur de retour vers sa ville, lorsqu’il en aperçoit, par le hublot de l’avion, les premières formes et les premières lumières. New York, ville des contrastes entre ombre et lumière, richesse et misère, culture et décadence, générosité et violence, exerce une fascination sur le monde par les symboles qu’elle brandit, et par tous les excès qui témoignent de sa pleine humanité, pour le meilleur et pour le pire…
ALN


Un Cœur à New York

New York,
Vers tes gratte-ciel en avion
De Londres, je reviens
A ta porte.
New York,
Le lac de Central Park luit
Où l’on dit qu’il ne faut pas aller la nuit.

New York,
Comme on te voit au cinéma
Mais tu es bien réelle pour moi
Il y a un cœur
Un cœur qui bat à New York

Un cœur à New York,
Sur l’asphalte, une fleur.
Je chante au rythme des battements de ton cœur
Un cœur à New York,
Des yeux d’amour,
Une porte ouverte à l’ami pour la nuit.

New York,
Tes pensées dans l’argent s’abiment.
Je n’y changerai par mes rimes
Pas un centime.
Alors, à toi, New York !


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

jeudi 20 novembre 2014

Editing Floor Blues







De même que dans « Cat & The Dog Trap », de son dernier album « Tell’Em I’m Gone », Yusuf Islam a.k.a. Cat Stevens raconte un peu de sa vie, sous l’angle des rapports entre l’opinion, la presse, et la vérité : De la sagacité de comptoir et la philosophie de bistrot (« The Johnny Walker wisdom » selon Léonard Cohen) qu’il put observer dans son enfance jusqu’aux assauts  médiatiques que subit l’artiste devenu « star » (et la première interruption de sa carrière musicale en raison de problèmes de santé), puis, à la suite de sa conversion à l’Islam dans une période où montaient les extrémismes de toutes sortes, lorsque les média rapportèrent à tort qu’il soutenait la Fatwa contre l’écrivain Salman Rushdie. Se comparant à Socrate choisissant la mort (par empoisonnement à la ciguë) plutôt que de renoncer à sa recherche de la vérité, il explique ainsi son retrait de la scène (de 1978 à 2001) et son long silence.
Son retour sur scène et la publication, depuis, de ses trois nouveaux albums (An Other Cup, Roadsinger, et Tell’Em I’m Gone), pour le plus grand bonheur de ses fans, sont aussi pour lui l’occasion de s’expliquer, et d’apparaître sous un autre jour : celui d’un homme serein, apaisé, plein d’humour, toujours passionné par la musique mais ayant manifestement pris du recul, tant vis-à-vis de son propre cheminement que des extrémismes de tous bords.
Est-ce là le résultat de sa recherche spirituelle ou le simple effet de l’âge ? Les plus grands chanteurs ont suivi le même parcours, et leur répertoire en témoigne (Like a Soldier, et Song For The Life, par Johnny Cash, Going Home, et Show Me The Place, pour Léonard Cohen). Le temps est un artisan patient qui peut adoucir les tempéraments comme il polit les galets.
Pourtant, si le génie musical des années 1960 et 1970 dont les chansons révélaient une âme tumultueuse et enflammée porte aujourd’hui une longue barbe blanche et s’exprime avec le calme et la sérénité d’un sage, sa voix n’a pas changé : Yusuf Islam et Cat Stevens ne font qu’un !
ALN


Le Blues de la Rédaction

Je suis né dans le West-End
De Londres à l’été quarante-huit
Au dessus d’un café
Où certains aimaient venir pour la soirée
Pour moi, c’était la journée
Oh ! Les chiens grognent désormais
Devant ma porte
Et, de la rédaction, hurlait la Vérité

Passent les années
Les Quarrymen triomphent
Le p’tit gars devient une star
Puis il tombe, mais il se relève
Avec une guitare Everly
Sur la route, il part en quête
De la bonne chanson dont il rêve
Et, dans la rédaction, chantait la Vérité

Big Brother se rendit
Avec témérité
En ces lieux, dit-on
Où jadis les prophètes marchaient
Au dessus de ce bas monde
Puis vint la Parole
Et le petit frère put voir
Comment la rédaction masquait la Vérité

Un jour, les journaux demandèrent
Si j’avais dit ça
J’ai dit « Oh non,
Certainement pas ! »
Et, au fond des choses, nous sommes allés
Ils ne l’ont pas publié !
Tout comme, en Grèce, Socrate priait,
Tombant à genoux
« Mon Dieu, pardonnez-leur »
Et ne parla plus
Et, dans la rédaction, s’épandait la ciguë.


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

* The Quarrymen : nom de scène de ceux qui deviendront ensuite "The Beatles"
** Black Everly guitar : le modèle de guitare acoustique noire Gibson rendue populaire par "The Everly Brother"

dimanche 16 novembre 2014

If You Could Read My Mind







If You Could Read My Mind est probablement la chanson de Gordon Lightfoot qui connut le plus grand succès. Elle fut reprise par Viola Wills, Barbra Streisand, Petula Clark, Joe Dassin, Johnny Cash, DonMcLean, Olivia Newton-John, Liza Minnelli, Glen Campbell, Gene Clark, Dwight Yoakam, et Neil Young, parmi beaucoup d’autres.
La version française de Joe Dassin, « Si Tu Peux Lire en Moi », s’écarte quelque peu de l’original mais en recrée bien l’atmosphère.
Gordon Lightfoot écrivit cette chanson en référence à l’échec de son premier mariage. Sa description des époux qui, peu à peu, deviennent transparents l’un pour l’autre, des illusions qui se perdent en déceptions, des rêves que disperse la réalité, rappelle « The Dangling Conversation » de Paul Simon : « I only kiss your shadow, I cannot feel your hand ». C’est ainsi que naît le triste sentiment d’avoir laissé passer le moment de se parler, d’avoir eu peur de prononcer les mots nécessaires lorsque ils étaient encore audibles mais commençaient à trahir, d’avoir attendu en vain que revienne le moment propice… mais, lorsque deux vies suivent des chemins parallèles, le temps ne les rapproche pas !
Face à la perte de l’amour, Gordon Lightfoot exprime l’incompréhension (que s’est-il passé ? qu’avons-nous manqué ?), et le fatalisme (ce qui est fini est fini), tout en discernant les causes et les solutions (voir l’autre tel qu’il est et non tel qu’on l’a rêvé, s’accepter tel que l’on est, ne pas donner aux fautes et aux défauts plus d’importances qu’ils n’en ont…).
Plus simplement, aimer la vie au point de vouloir en être l’acteur et non le spectateur, et poursuivre le bonheur, même s’il se mesure à l’aune* de la souffrance.
ALN


Si Tu Lisais Mes Pensées

Si tu lisais mes pensées, chérie
Quelle histoire tu trouverais
Comme dans un vieux film muet
Sur le fantôme du puits aux souhaits
Dans le donjon d’un château fortifié
Avec des chaînes aux pieds
Or, ce fantôme, c’est moi
Et rien ne me libèrera
Aussi longtemps que tu n’me verras pas

Si je lisais dans tes pensées, chérie
Quelle histoire tu trouverais
Comme dans un de ces vieux polars
Qu’on trouve dans les halls de gare
Au chapitre des cœurs en désarroi
Le héros, ce s’rait moi
Mais le héros déçoit
Et tu ne lirais plus ce livre
Car la fin est trop difficile à vivre

Je m’en irai comme, au cinéma
Le perdant d’un ménage à trois
Puis, acte deux
Une starlette vient jouer la scène
Où se révèlent mes qualités humaines
Regardons les choses en face :
Je n’aurais pas cru agir ainsi
Mais je ne comprends pas ce qui se passe
Ni où nous avons failli
Je ne peux ram’ner
L’amour qui s’en est allé

Si tu lisais mes pensées, chérie
Quelle histoire tu trouverais
Comme dans un vieux film muet
Sur le fantôme du puits aux souhaits
Dans le donjon d’un château fortifié
Avec des chaînes aux pieds
Toute histoire se termine
Et, si tu lis entre les lignes,
Tu sauras que j’essaie juste de comprendre
Ce dont tu as pu te plaindre
Je n’aurais pas cru ressentir ceci
Mais je ne comprends pas ce qui se passe
Ni où nous avons failli
Je ne peux ram’ner
L’amour qui s’en est allé

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)