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dimanche 20 octobre 2013

The Ragpicker's Dream

When Jack Frost came for Christmas
With a brass monkey date
The rail-king and the scarecrow
Hopped a Florida freight
And they blew on their paper cups
And stared through the steam
Then they drank half a bottle
Of Ragpicker's Dream

Where the whiskey keeps following
Cold pitchers of beer
Me and my associate
Like the clientele here
Get the onions and the 'taters
Rib-eyes on the grill
Toothpicks and luckies
And a coffee refill

As the rail-king lay rocking
He was leaving the ground
Then he was flying like Santa Claus
Over the town
Where he came to the window
Of a house by a stream
It was a family Christmas
In the Ragpicker's Dream

There were kids at the table
All aglow in the light
Music in the wintertime
Sure carries at night
There was turkey and gravy
Pie and ice cream
And gifts for each and everyone
In the Ragpicker's Dream

Where the red-eye keeps tumbling
In our glasses of beer
Me and my associate
Like the service in here
There's a ten for your trouble
You have beautiful hair
Make the last one two doubles
It's a cold one out there

Where the scarecrow and the rail-king
Have started to dance
But a nightstick and a billyclub
Won't give peace a chance
Here I think they went thataways
Your song and dance team
Heading home for the holidays
With the Ragpicker's Dream

On his knees like a fighter
The rail-riding king
Like a sack of potatoes
Like a bull in the ring
Where the scarecrow falls over
With a tear in the seam
Home for the rover
In the Ragpicker's Dream

Where the red-eye keeps tumbling
Like tears in our beer
Me and my associate
Like the ambience here
Where they cornered two castaways
In a white flashlight beam
Merry Christmas and happy days
In the Ragpicker's Dream



The Ragspicker’s dream est le nom du troisième album de Mark Knopfler en solo, et le titre d’une chanson racontant la soirée de Noël de deux pauvres hères, un chiffonnier et un vagabond qui cherchent à fuir les rigueurs de l’hiver en sautant sur un train de marchandises qui roule vers la Floride, et rêvent d’un bon repas de fête et d’un peu de chaleur humaine, alors que les familles réunies autour d’un sapin illuminé échangent des cadeaux. Les deux malheureux, qui n’ont d’amie que la bouteille, tentent de se donner l’illusion d’être des clients honorables comme les autres et passer une soirée de fête à manger, boire, et danser…
Mais la grivèlerie n’est pas admise, même un soir de Noël, et les deux compères, passablement éméchés ne peuvent aller bien loin avant que la maréchaussée ne les rattrape et, dans la lumière des phares, ne leur fasse passer un très mauvais quart d’heure, peut-être le dernier.
Avec l’humour du désespoir et le courage de ceux qui n’ont rien à perdre, leur récit sans haine, délicat et poignant, tantôt à la première, tantôt à la troisième personne, expose les mécanismes de l’exclusion des plus faibles qui demandent pourtant si peu…

* « Bull in the ring » est une pratique d’entraînement au football américain, sévissant aussi dans les cours de récréation. Ce jeu est aussi stupide que nocif et dangereux, et désormais (en théorie) interdit. Les « joueurs » forment un cercle autour de la victime, et se précipitent vers lui tête baissée pour le heurter de toutes leurs forces, les uns après les autres, sans lui laisser le moindre répit, tandis qu’il tente désespérément, et souvent sans succès, d’amortir les chocs. Cette pratique sadique que certains osent prétendre éducative partage avec le bizutage les plus horribles travers de l’espèce humaine.


Le Rêve du Clochard

Quand Jack Gel vient à Noël
Pour leur geler les pieds
Roi-du-rail et l’Épouvantail
Sur un wagon grimpés
Regards perdus dans la fumée
Montant de leur café noir
Ont bu une demi-bouteille
De rêve du clochard

Où, après la bière, on nous sert
Le whisky à flots
A mon collègue et moi
Comme aux clients normaux
Pommes de terre et oignons frits
Et filet rôti
Douceurs et cure-dents
Et café gourmand

En somnolant, Roi-du-rail
S’élève dans les airs
S’envolant comme un père Noël
Près d’une rivière
Voit une maison où brillent
Et l’attirent comme un phare
Les feux d’un Noël en famille
Dans le rêve du clochard

Des enfants près du sapin
Inondé de lumière
La musique s’entend de loin
Une nuit d’hiver
De la dinde, et, pour gâteau
Une forêt-noire
Et, pour chacun, de beaux cadeaux
Dans le rêve du clochard

Là où la gnôle coule à flot
Dans nos chopes de gueuze
Mon collègue et moi, nous
Remercions la serveuse
Tiens, dix dollars pour ta peine
T’as de beaux cheveux d’or
Et deux dernières chopes bien pleines
Il fait si froid dehors

L’Épouvantail et Roi-du-rail
Se mirent à danser
Mais matraque et bâton ne laissent pas
De chance à la paix
Je crois que danse et chanson
Sont rentrées ce soir
Pour les vacances, à la maison
Avec le rêve du clochard

A genoux comme un boxeur
Roi-du-rail, KO
Comme un sac de pommes de terre
Comme un jeu du taureau*
Et, la couture déchirée,
L’épouvantail vient choir
Fin du vagabond
Dans le rêve du clochard

Là où la gnôle coule à flot
Comme des larmes dans nos bières
Mon collègue et moi, nous
Aimons l’atmosphère
Où ils ont pris deux naufragés
Dans la lumières des phares
Joyeux Noël et Bonne Année
Dans le rêve du clochard

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 14 septembre 2013

Love and Happiness

Here's a wishing well
Here's a penny for
Any thought it is
That makes you smile
Every diamond dream
Everything that brings
Love and happiness
To your life

Here's a rabbit's food
Take it when you go
So you'll always know
You're safe from harm
Wear your ruby shoes
When you're far away
So you'll always stay
Home in your heart

You will always have a lucky star
That shines because of what you are
Even in the deepest dark
Because your aim is true
And if I could only have one wish
Darling, then I would be this
Love and happiness for you

Here's a spinning wheel
Use it once you've learned
There's a way to turn
The straw to gold
Here's a rosary
Count on every bead
With a prayer to keep
The hope you hold

You will always have a lucky star
That shines because of what you are
Even in the deepest dark
Because your aim is true
And if I could only have one wish
Darling, then it would be this
Love and happiness for you
And if I could only have one wish
Darling, then it would be this
Love and happiness for you



Mark Knopfler et Emmylou Harris chantent avec délicatesse un amour encore tout jeune, qui emprunte ses mots aux contes, légendes, et autres croyances, car cet amour qui éclot brille de la magie de l’aurore. Ces mots qui disent l’amour n’impliquent aucune superstition : ils évoquent les rêves des enfants et toute la poésie des récits qui font s’écarquiller leurs yeux. Quel que soit l’âge de ces amoureux qui échangent, tour à tour, leurs vœux de bonheur, leur cœur est tout neuf, comme la rosée du matin. Leur regard l’un pour l’autre est comme le soleil qui, à l’aube, fait briller cette rosée de la promesse d’une merveilleuse journée. Chacun souhaite le bonheur de l’autre, ce qui est en fait une offrande, car chacun est le bonheur de l’autre.



Amour et Bonheur

Dans ce puits aux vœux
Je jette un sou pour
Les pensées qui te
Feront sourire
Des rêves dorés
Tout ce qui apporte
Amour et Bonheur
Dans ta vie

Cette patte de lapin
Prends-la quand tu pars
Tu seras toujours
Bien protégé(e)
Tes escarpins rouges
Quand tu pars au loin
Ramèn’ront ton cœur
À la maison

Une bonne étoile te suivra
Toujours parce que tu es toi
Mêmes aux plus sombres moments
Car ton but est sincère
Et si je ne peux faire qu’un seul vœu
Chéri(e), ce sera ceci :
Amour et Bonheur pour toi

Voici un rouet
Sers-t-en car tu sais
Que l’on peut changer
La paille en or
Voici un rosaire
Fais sur chaque grain
Une prière pour garder
Toujours l’espoir

Une bonne étoile te suivra
Toujours parce que tu es toi
Mêmes aux plus sombres moments
Car ton but est sincère
Et si je ne peux faire qu’un seul vœu
Chéri(e), ce sera ceci :
Amour et Bonheur pour toi
Et si je ne peux faire qu’un seul vœu
Chéri(e), ce sera ceci :
Amour et Bonheur pour toi

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
 
ALN

vendredi 11 janvier 2013

What It Is

The drinking dens are spilling out
There's staggering in the square
There's lads and lasses falling about
And a crackling in the air
Down around the dungeon doors
The shelters and the queues
Everybody's looking for
Somebody's arms to fall into
That's what it is
It's what it is now

There's frost on the graves and the monuments
But the taverns are warm in town
People curse the government
And shovel hot food down
Lights are out in the city hall
The castle and the keep
The moon shines down upon it all
The legless and asleep

And it's cold on the tollgate
With the wagons creeping through
Cold on the tollgate
God knows what I could do with you
That's what it is
It's what it is now

The garrison sleeps in the citadel
With the ghosts and the ancient stones

High up on the parapet
A Scottish piper stands alone
And high on the wind
The highland drums begin to roll
And something from the past just comes
And stares into my soul

And it's cold on the tollgate
Let the drums beat the tatoo
Cold on the tollgate
God knows what I could do with you
That's what it is
It's what it is now
What it is
It's what it is now

There's a chink of light, there's a burning wick
There's a lantern in the tower
Wee Willie Winkie with a candlestick
Still writing songs in the wee wee hours
On Charlotte Street I take
A walking stick from my hotel
The ghost of Dirty Dick
Is still in search of Little Nell
That's what it is
It's what it is now
It's what it is
What it is now



Cette même humanité qui, aujourd’hui, étale sa boulimie et sa veulerie dans les « quartiers chauds » des villes touristiques, y a construit jadis les monuments qui traversent l’histoire et matérialisent un passé supposé grandiose. De ce contraste naît une nostalgie, un indéfinissable sentiment d’inconsistance du présent. Les personnages de légende qui déambulaient dans nos rêves d’enfants semblent alors plus présents que les noctambules vacillants dont les ombres difformes prennent plaisir à souligner les travers.
Notre regard fuit les néons des enseignes et fouille l’ombre des vieilles pierres, les reflets sur les pavés mouillés, et les ondulations de l’eau sous les ponts, comme autant d’haruspices à rebours, prévoyant le passé où se réfugient nos pensées.
Cette chanson de Mark Knopfler, servie par la formidable expressivité de sa guitare, nous accompagne dans cette visite, et le guide nous offre alors une phrase-clef qui résonnera longtemps sous les voûtes, évoquant ce « quelque chose du passé qui vient scruter notre âme ».


* Wee Willie Winkie est le personnage d’un poème de William Miller publié en 1841, et sa course nocturne est décrite dans une comptine écossaise que l’on chantait aux petits enfants pour les aider à trouver le sommeil.

** MarkKnopfler fait probablement ici référence à une rue de Londres restée typique de la fin du XVIIIème siècle.

*** DirtyDick et Little Nell sont les personnages du roman de Charles Dickens « TheOld Curiosity Shop », publié aussi en 1840 et 1841.


C’est Comme Ça

Sur la place, les bistrots vomissent
Leur flot humain titubant
Les rires des gars et filles retentissent
Dans l’air, un crépitement
Files d’attente sous les abris
Aux portes du donjon
Chacun cherche les bras qui
Pour cette nuit l’accueilleront
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

Le givre couvre tombes et monuments
Mais il faut chaud dans les auberges
On hait le gouvernement
Tandis qu’on se goberge
Les lumières sont éteintes sur fort
Citadelle et mairie
La lune seule éclaire encore
Les ivrognes endormis

Et il fait froid au péage
Les camions passent sur une voie
Très froid au péage
Que ne ferais-je avec toi
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

La garnison dort dans la citadelle
Tandis que les fantômes s’amusent.
Sur le mur d’enceinte, seul
Sonne un joueur de cornemuse.
Par le vent porté,
Lorsque les caisses claires entament
Leur roulement, vient le passé
Dévisager mon âme

Et il fait froid au péage
Je tambourine des doigts
Très froid au péage
Que ne ferais-je avec toi
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

On voit la lueur d’une flamme vaciller
C’est une lanterne dans la tour
Wee Willie Winkie sous un chandelier*
Ecrit des chansons au cœur de la nuit
Quand, rue Charlotte**, je passe
Prendre une cane à mon hôtel
Je croise Dick la crasse***
A la recherche du petit Nell***

Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)