"You are always on my mind!"

mercredi 28 juillet 2010

Old Friends - Bookends

Old Friends


Old friends,
Old friends
Sat on their park bench like bookends.
A newspaper blown through the grass
Falls on the round toes
On the high shoes
Of the old friends.
[…]


Bookends


Time it was and what a time it was,
A time of innocence,
A time of confidences,
Long ago it must be,
I have a photograph,
Preserve your memories,
They’re all that’s left to you...



Sublime et poignante, cette chanson de Paul Simon, chantée en duo par Paul Simon et Art Garfunkel sur une mélodie tout aussi sublime, est suivie, sur les enregistrements, du thème musical de l’album « Bookends ». Le thème général de l’album est en effet la vieillesse et l’isolement, la perte d’autonomie, et la perte de statut social qui en résultent. L’album s’ouvre du reste sur des enregistrements de voix de personnes âgées. L’image des vieillards assis sur un banc comme des serre-livres est frappante, mais si la tristesse de la dernière étape de la vie domine, c’est la force de l’amitié ou de l’amour qui unit les êtres sur ce chemin que je veux retenir. J’ai d’ailleurs un peu trahi l’original en traduisant cette chanson, car j’ai écrit « vieux amants » et non « vieux amis », alors que, plus loin, Paul Simon précise « the old men ». La recherche d’une rime m’a poussé à cette petite trahison, mais je ne pense pas avoir altéré le message dans ce qu’il a d’essentiel : chacun est appelé à suivre ce chemin, plus ou moins long, qui conduit au terme de la vie, mais tous n’ont pas la chance d’avancer main dans la main avec un ami, un époux ou un proche. « Préservez vos souvenirs.. » conclut la chanson. Le souvenir de l’amour, de l’amitié, de la tendresse, face à l’inconcevable.
Pour terminer sur une note plus légère, je dois avouer une deuxième trahison : j’ai traduit « … to be seventy » par « à quatre-vingts ans », car l’espérance de vie a encore progressé de puis la parution de cet album, en 1968. Aujourd’hui, 70 ans, c’est à peine l’âge de la retraite !

(Pour A.M.)

Vieux Amants

Vieux amants
Vieux amants
En serre-livres assis sur leur banc
Un journal, poussé par le vent
S’enroule sur les pieds
En gros souliers
Des vieux amants

Vieux amants
Compagnons d’hiver, les vieilles gens
Sous leurs manteaux attendent
Que le soleil descende
Les bruits des rues derrière
Les arbres filtrent et
Couvrent comme poussière
Le dos voûté
Des vieux amants

Nous imagines-tu dans quelques ans
Assis sur un banc, sagement
Ca doit être étrange, à quatre-vingts ans

Vieux amants
Souvenirs peints de la même teinte
Partagent en secret les mêmes craintes…


Serre-livres

Notre temps, et quel fut notre temps ?
Le temps de l’innocence
Le temps des confidences
Cela doit faire longtemps
J’en garde une photo
Gardez vos souvenirs
C’est tout ce qu’on vous laisse…

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

lundi 26 juillet 2010

Hey, That's No Way To Say Goodbye

Hey, That's No Way To Say Goodbye

I loved you in the morning, our kisses deep and warm,
Your hair upon the pillow like a sleepy golden storm,
Yes, many loved before us, I know that we are not new,
In city and in forest they smiled like me and you,
But now it's come to distances and both of us must try,
Your eyes are soft with sorrow,
Hey, that's no way to say goodbye.
[…]



Voici, en apparence, une parfaite chanson d’amour, simple et belle : deux amants se disent “au revoir” avant que la distance (et le temps) ne les séparent. Tout y est : l’évocation des instants passés de bonheur, l’allusion à l’intemporalité de l’amour, le serment de fidélité… jusqu’au refrain, scandé comme en sanglots…
Combien de poètes, combien de chanteurs, ont traité de ce sujet ?
Mais une chanson de Léonard Cohen reste différente : subtilement, subrepticement, étrangement autre ; plus profonde, ambivalente, ouverte à tout ce que l’imagination et la mémoire peuvent y trouver.




C’ n’est pas comme ça qu’on dit « Au Revoir »

Je t’aimais en matinée,   nos chauds baisers prolongés
Et ta tête sur l’oreiller   comme une tempête d’or figée
Tant d’autres se sont aimés,   nous ne sommes pas les premiers
Dans les villes et les forêts,   comme nous, ils souriaient
Mais pour affronter les distances,   tous deux tentons l’espoir
Tes yeux sont las de chagrin
C’ n’est pas   comme ça   qu’on dit   « Au Revoir »

Je n’en cherche pas une autre   quand j’erre au long de mes jours
Pousse-moi au pied du mur,   nos pas rimeront toujours
Mon amour t’accompagne et   tu laisses le tien en gage
C’est juste qu’il change un peu,   comme la mer dessine le rivage
Ne parlons pas d’amour,   ni d’indénouables amarres
Tes yeux sont las de chagrin
C’ n’est pas   comme ça   qu’on dit   « Au Revoir »

Je t’aimais la matinée,   nos chauds baisers prolongés
Et ta tête sur l’oreiller   comme une tempête d’or figée
Tant d’autres se sont aimés,   nous ne sommes pas les premiers
Dans les villes et les forêts,   comme nous ils souriaient
Ne parlons pas d’amour,   ni d’indénouables amarres
Tes yeux sont las de chagrin
C’ n’est pas   comme ça   qu’on dit   « Au Revoir »

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 18 juillet 2010

For the Good Times

For the Good Times 

Don't look so sad 
I know it's over 
But life goes on 
And this old world 
Will keep on turning 
Let's just be glad 
We had some time to spend together 
There's no need to watch the bridges 
That we're burning 

Lay your head
Upon my pillow 
Hold your warm and tender body 
Close to mine 
Hear the whisper of the raindrops 
Blowing soft, against the window 
And make believe you love me, 
One more time, 
For the good times 
[…]



Chanson de Kris Kristofferson, dont le plus grand succès fut obtenu par Ray Price, mais qui fut aussi reprise par Johnny Cash, Willie Nelson, Kenny Rogers, Chet Atkins (version instrumentale), et Elvis Presley. C’est encore le thème de la séparation qui revient ici, lorsque l’amour fait place à l’amitié. Les deux ex-amants sont si tristes de se quitter qu’on peut se demander s’ils ne pourraient pas « faire encore semblant » de s’aimer pendant longtemps !


Comme au Bon Temps

Ne pleure pas
C’est fini, je sais
Mais la terre va
Encore tourner
Ainsi va la vie
Soyons heureux
D’avoir pu passer du temps à deux
A quoi bon regarder les ponts
Que nous brûlons

Pose ta tête
Sur mon oreiller
Serre contre moi ton corps tout chaud
Et douillet
Ecoute le chant des gouttes d’eau
De la pluie contre le carreau
Et fais comme si tu m’aimais
Toujours autant, pour longtemps
Comme au bon temps

Moi, ça ira
Toi, tu trouveras
Un autre, et moi
Je serai là
Si tu as besoin d’ moi
Mais ne dis rien
Sur notre futur ou sur demain
Laissons la tristesse pour plus tard
A ton départ

Pose ta tête
Sur mon oreiller
Serre contre moi ton corps tout chaud
Et douillet
Ecoute le chant des gouttes d’eau
De la pluie contre le carreau
Et fais comme si tu m’aimais
Toujours autant, pour longtemps
Comme au bon temps

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 17 juillet 2010

A Thousand Kisses Deep

A Thousand Kisses Deep
 

The ponies run, the girls are young,
The odds are there to beat.
You win a while, and then it's done -
Your little winning streak.
And summoned now to deal
With your invincible defeat,
You live your life as if it's real,
A Thousand Kisses Deep.

[...]

Cette chanson de Léonard Cohen nous confronte à la complexité de notre âme, et au fil ténu mais doré de la liberté, emmêlé entre hasard et destin. A la surface de notre conscience brillent les reflets des astres comme des miroitements sur l’eau qui recouvre un abîme. La métaphore de Bugis Street (orthographiée ‘Boogie’ dans la chanson) développée par Léonard Cohen ici et dans la chanson qui porte ce nom, est celle d’une rue de Singapour, célèbre pour son animation de jour comme de nuit. Tous les commerces y sont présents : les restaurants, les vendeurs de marchandises de toutes sortes, contrebande et contrefaçons le jour, sexe et drogue la nuit. Pour Léonard Cohen, cela représente l’enchevêtrement de passions et vices qui nous mènent, auxquels nous croyons parfois échapper, et qui nous rattrapent inexorablement. Seule une « amère introspection du cœur » peut nous permettre d’en faire l’état des lieux, et d’en prendre acte, non pas par résignation, mais par l’acceptation d’un état de fait, préalable à toute action sincère.


Au Fond de Mille Baisers

Les poneys courent, les filles sont jeunes
Les paris sont ouverts
La chance sourit, puis t’abandonne
Ta veine est éphémère
Tu dois alors gérer
L’insurmontable défaite amère
Tu vis comme si c’était en vrai
Au fond de mille baisers

De ligne en ligne, de passe en passe
Je reviens rue Bugis
Tu lâches prise, et puis tu glisses
Vers l’œuvre qui te dépasse
Peut-être avais-je chemin à suivre
Vœux à réaliser
Tu jettes tout ça pour survivre
Au fond de mille baisers

Et, la nuit, quand le temps est long
Humbles et méprisés
Nous prenons nos cœurs et allons
Au fond de mille baisers

Réduits au sexe, massés autour
Du bord de mer, je vois
Qu’il n’y a plus d’océan pour
Des charognards comme moi
J’ai, sur la proue, du bastingage
Béni les rescapés
Puis consenti à faire naufrage
Au fond de mille baisers

De ligne en ligne, de passe en passe
Je reviens rue Bugis
Tes dons, je ne pense pas qu’ils puissent
Vouloir les échanger
Et je pense à toi, apaisé
Ta fiche est précisée
Sauf ce que l’on a négligé
Au fond de mille baisers

Et, la nuit, quand le temps est long
Humbles et méprisés
Nous prenons nos cœurs et allons
Au fond de mille baisers

Les poneys courent, les filles sont jeunes
Les paris sont ouverts…


(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

vendredi 16 juillet 2010

Nightingale

Nightingale

I built my house beside the wood
So I could hear you singing
And it was sweet and it was good
And love was all beginning

[...]


Délicate chanson de Leonard Cohen et Anjani Thomas, dédiée au chanteur et acteur  Carl Anderson, décédé en 2004.


Rossignol

J’ai fait ma maison près du bois
Pour mieux entendre ton chant
Il n’était que douceur et joie
Et l’amour était naissant

Porte-toi bien, mon rossignol
Qu’elle est loin, notre rencontre
Tous tes chants de beauté s’étiolent
Et la forêt te recouvre

Le soleil descend et se voile
Quand ta voix vient me chercher
Repose en paix, mon rossignol
Sur ta branche de houx perché

Porte-toi bien, mon rossignol
Je ne vivais qu’auprès de toi
Ton chant, qui dit où tu t’envoles
Ne parvient plus jusqu’à moi

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

lundi 12 juillet 2010

Touch Me

 Touch Me


Touch me,
Touch the hand of a man who once owned all the world
And touch me,
Touch the arms
That once held all the charms of the world's sweetest girl
Touch me,
Maybe someday you may need to know how it feels when you lose
And so touch me,
You'll know how you feel with the blues
[…]


Du pur Willie Nelson, sombre et désespéré, mais aussi très mélodramatique, sur un ton qui s’accorde parfaitement avec sa voix un peu nasillarde.


Touche-Moi

Touche-moi
Touche la main de l’homme qui jadis tenait le monde
Touche-moi
Touche les bras qui jadis enlaçaient la plus belle fille du monde
Touche-moi
Si jamais tu veux savoir ce que font des idées noires
Touche-moi
Tu sauras ce qu’est le cafard

Vois-moi
Vois les yeux qui pleurent tous les chagrins et les peines du monde
Remercie Dieu
Que tu sois heureux si près de l’homme le plus triste du monde
Ne m’oublie pas
Regarde bien quelqu’un qui à tout perdu jusqu’à l’espoir
Alors touche-moi
Et tu sauras ce qu’est le cafard

Ne m’oublie pas
Regarde bien…

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 10 juillet 2010

The Gypsy's Wife

The Gypsy's Wife
And where, where, where is my Gypsy wife tonight 
I've heard all the wild reports, they can't be right 
But whose head is this she's dancing with on the threshing floor 
Whose darkness deepens in her arms a little more 

And where, where is my Gypsy wife tonight? 
Where, where is my Gypsy wife tonight?
[...]


Léonard Cohen a écrit cette chanson en 1979, à partir de sa propre expérience de la séparation, en évoquant l’errance « bohémienne » qui peut dissocier un couple (à cet égard, la traduction de ‘Gypsy’ aurait pu être, dans le langage actuel, ‘gens du voyage’ plutôt que ‘gitan’, si la métrique n’était pas si contraignante).
Des difficultés, des crises, des « orages », ou des drames (la maladie d’un conjoint ou d’un enfant), viennent, tôt ou tard, fragiliser le couple et le mettre à l’épreuve. Quelques couples franchissent victorieusement ces épreuves, mais nombreux sont ceux qui succombent, et partent à la dérive. Dans ces périodes difficiles, une tierce personne peut être tentée de tirer avantage du trouble et de la vulnérabilité de l’un ou l’autre des époux, et Léonard Cohen évoque très directement, dans ses « prologues », ces profiteurs (nous dirions « briseurs de ménage ») qui « seront jugés » pour ce qu’ils ont fait.


La Femme Gitane

Et où, où, où est ma femme gitane ce soir ?
J’ai entendu les rumeurs ; je ne peux y croire
Mais avec la tête de qui danse-t-elle sur l’aire de battage
Dont le teint s’assombrit dans ses bras davantage ?

Et où, où, où est ma femme gitane ce soir ?
Où, où est ma femme gitane ce soir ?

Ah, au vieux café les couteaux d’argent brillent dans l’arrière-salle
Un fantôme grimpe sur la table en déshabillé nuptial
Elle dit « Mon corps est la lumière, mon corps est le chemin »
Je lève mon bras contre tout ça et prends les fleurs de ses mains

Et où, où est ma femme gitane ce soir ?

Trop tôt pour l’arc-en-ciel, trop tôt pour la colombe
Ce sont les derniers jours, ce sont les ténèbres, le déluge, et
Ni homme ni femme ne peut éviter qu’il ne tombe
Mais vous, venant entre eux, serez jugés

Et où, où est ma femme gitane ce soir ?

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

jeudi 8 juillet 2010

Villanelle for Our Time

Villanelle for Our Time

From bitter searching of the heart,
Quickened with passion and with pain
We rise to play a greater part.


This is the faith from which we start:
Men shall know commonwealth again
From bitter searching of the heart.
[…]


Ce poème engagé de Frank Scott (1943), mis en musique mais plutôt récité que chanté par Léonard Cohen, respecte la définition de la « Villanelle », forme poétique très précise dont j’ignorais tout avant de me lancer dans sa traduction, laquelle fut, du fait des contraintes particulières de rime, particulièrement… difficile. Tout en essayant de préserver le sens, j’ai dû choisir des mots et des tournures de phrase un peu éloignés de l’original, notamment pour signifier la volonté d’engagement social (« to play a better part »). Sur le fond, ce poème est particulièrement pertinent, insistant sur la nécessité d’une véritable - et souvent amère - exploration dans les profondeurs du cœur humain pour fonder une action sincère et appropriée face aux maux de la société.


Villanelle pour notre Temps

Par l’âpre introspection du cœur
Pressé par douleur et passion
Du bonheur soyons les auteurs

Voici le cœur de nos valeurs :
Le bien commun pour ambition
Par l’âpre introspection du cœur

Nous voulions tout vite, sans labeur
Allons : pensons et agissons
Du bonheur soyons les auteurs

Libérons-nous des liens mineurs
Qu’il n’y ait ni race ni religion
Par l’âpre introspection du cœur

Quittons la voie des prédateurs
Dont le profit est l’obsession
Du bonheur soyons les auteurs

Réformons arts et lois menteurs
Aux symboles des morts par millions
Par l’âpre introspection du cœur
Du bonheur soyons les auteurs


(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

lundi 5 juillet 2010

Daydream

Daydream

Daydream, I fell asleep amid the flowers
For a couple of hours on a beautiful day
Daydream, I dreamed of you amid the flowers
For a couple of hours, such a beautiful day!
 […]
Na na na na na na na, na
Etc.


Il est temps de s’offrir un petit intermède avec cette chansonnette bien gentille et bien simple, servie par une mélodie typique des années 60, avec tous les ingrédients nécessaires pour évoquer le bonheur bucolique : le ciel bleu, l’air pur, un clair ruisseau, et, bien sûr, des fleurs partout.
Nul besoin d’exégèse savante ; pas d’interprétation hasardeuse, pas d’évocation subtile et pas de sens caché.
Tout est ici simple, clair, et lumineux !
Mais, comme l’indique le titre, ce n’est qu’un rêve !



C’est une chanson du groupe « The Wallace Collection » (du nom d’un célèbre musée londonien situé à proximité des studios d’EMI), publiée en 1969, sur une musique dont le refrain (Na na na na etc.) s’inspire du ‘Lac des Cygnes’ de Tchaïkovski.

Je ne me souvenais plus que Claude François en avait chanté une adaptation française. Une fois n’est pas coutume : les paroles de cette version française sont un peu plus recherchées que l’original, avec une tonalité générale très mélancolique bien différente de l’original que je retranscris ci-dessous.

Rêverie

Rêverie, me suis assoupi parmi les fleurs
Durant deux petites heures, par une belle journée

Rêverie, j’ai rêvé de toi parmi les fleurs
Durant deux petites heures, quelle belle journée !

J’ai rêvé du temps que nous avons passé
Assis au bord d’un ruisseau limpide

Mais quand je t’ai enlacée puis embrassée
Pourquoi, dis-moi, fus-tu si timide ?

Rêverie, me suis assoupi parmi les fleurs
Durant deux petites heures, par une belle journée

Rêverie, viens dans mon rêve parmi les fleurs
Durant deux petites heures, par une belle journée

J’ai rêvé du temps que nous avons passé
Assis au bord d’un ruisseau limpide

Mais quand je t’ai enlacée puis embrassée
Pourquoi, dis-moi, fus-tu si timide ?

Rêverie, je chante avec toi parmi les fleurs
Durant deux petites heures, chantant toute la journée

La la la la la la la la la la la
Etc.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 4 juillet 2010

Tower Of Song

Tower Of Song

Well my friends are gone and my hair is grey
I ache in the places where I used to play
And I'm crazy for love but I'm not coming on
I'm just paying my rent every day
Oh in the Tower of Song




Selon ses dires, cette chanson de Léonard Cohen est autobiographique. La chanson n’est pas sa passion, mais sa mission, ou son destin. Pour faire don à tous de ses poèmes et de sa voix, il a dû accepter d’être isolé, éloigné de ceux qu’il aime ou qui l’aiment. Enfermé dans cette tour comme un prisonnier dans son cachot – ou un canari dans sa cage ? – il ne peut que regarder, impuissant, s’élargir le fossé qui le sépare de l’amour, en rêvant que son œuvre demeure longtemps après son départ, comme les enfants prolongent la vie de leurs parents.

La Tour de Chanson

Mes amis partis, mes cheveux sont gris
J’ai mal en ces lieux où je jouais jadis
Et, bien que fou d’amour, je suis sans réaction
Je paie juste mon loyer ici,
Dans la tour de chanson

J’ai dit à Hank Williams *: « Te sens-tu seul au monde ? »
J’attends encore qu’il me réponde
Mais, cent étages plus haut, tout au long
De la nuit, sa toux gronde
Dans la tour de chanson

Je suis né comme ça, sans autre choix
J’ai reçu en naissant de l’or dans ma voix
Et vingt-sept anges venus de l’au-delà m’ont
Attaché à cette table là
Dans la tour de chanson

Tu peux bien planter tes clous dans cette poupée vaudou
Désolé, chérie, elle ne me ressemble pas du tout
Je reste à la fenêtre où l’éclairage est bon
On n’ laisse pas une femme vous tordre le cou
Pas dans la tour de chanson

Tu peux dire que je suis aigri, mais de ça tu peux être sure :
Les riches ont leurs entrées dans la chambre à coucher des pauvres
Et l’heure d’un grand jugement approche, j’ai tort ou raison
Tu vois, d’étranges voix se font entendre
Dans la tour de chanson

Je peux te voir, debout sur l’autre berge
Je ne sais comment le fleuve devint si large
Il fut un temps où je t’aimais
Et tous les ponts brûlent qui auraient pu nous rapprocher
De ce que nous avons perdu je suis proche, et
Nous ne le perdrons plus désormais

Là, je dois te dire adieu ; j’ignore la date du retour
Ils nous déménagent demain, là bas vers cette autre tour
Mais bien longtemps après mon départ, mes nouvelles viendront
Je te parlerai gentiment
De la tour de chanson

Mes amis partis, mes cheveux sont gris
J’ai mal en ces lieux où je jouais jadis
Et, bien que fou d’amour, je suis sans réaction
Je paie juste mon loyer ici,
Dans la tour de chanson

(Traduction, Adaptation : Polyphrène)

* Hank Williams : figure emblématique de la Country Music, décédé à l’âge de 29 ans.

samedi 3 juillet 2010

The Law

The Law


How many times did you call me
And I knew it was late
I left everybody
But I never went straight
I don't claim to be guilty
But I do understand
There's a Law, there's an Arm, there's a Hand
There's a Law, there's an Arm, there's a Hand




Léonard Cohen décrit cette chanson comme caractéristique de "l'ère de post-culpabilité" que nous vivons, et que certains résument en "responsable mais pas coupable."
Nous devons assumer les conséquences de nos actes, quelles que soient les raisons, circonstances, les influences qui nous ont poussés à les commettre, dit-il.
Le ton peut sembler doublement fataliste :
1)    Je n’y peux rien ; je suis comme ça ; c’est plus fort que moi.
2)    Je l’ai fait : j’en assume les conséquences, et je suis prêt à payer.
En quelque sorte, la Loi de la nature et ses effets en cascade d’une part, la Loi humaine et ses punitions d’autre part, avec le bras armé de la justice…
Pas vraiment gai, mais, au fond, très réaliste : lorsque, avec l'âge et l'expérience (c'est-à-dire les peines et les malheurs que nous réserve la vie), nous commençons à nous connaître nous-même (Γνῶθι σεαυτόν), nous comprenons à quel point nous sommes prisonniers de notre corps et de notre psychisme, avec ses facettes multiples, ses coins d'ombre, ses replis sinistres et ses anamorphoses. Nous apprenons à éviter de commettre à nouveau les mêmes erreurs et les mêmes fautes, mais nous retombons inéluctablement, tôt ou tard.
La différence notable, cependant, en comparaison du temps déjà lointain de notre jeunesse, est que, désormais, nous savons quelle est notre responsabilité, et nous savons qu'il serait malhonnête et illusoire d'accuser les autres, le hasard, le destin...
Sans pour autant nous considérer coupable !



La Loi

Combien de fois m’as-tu appelé
Et j’ai sciemment tardé
Je les ai tous quittés
Mais j’ai toujours triché
Je n’ veux pas m’accuser
Mais je comprends bien
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main

J’ai une blessure au cœur
D’agir comme cela
Si la lune avait une sœur
Ce serait bien toi
Tu me manqueras toujours, j’en ai peur
Je n’ai pas voulu cela
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main

C’est une sale affaire, au fond
La saleté même
Je ne demande pas pardon
Pas pour moi-même
On ne demande pas pardon
Tant que l’on ne change rien
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main

Je n’ veux pas m’accuser
Ce serait vain
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main

A dire, je n’ai plus rien, bébé
A dire je n’ai plus rien
Quand ils m’ont congédié
Ce n’était pas pour rien
Ils nous ont dégradés
Moi et mon ange gardien
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main
C’est une Loi, c’est un bras, c’est une main