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vendredi 26 septembre 2014

All My Trials








Cette chanson, merveilleusement interprétée par Peter Paul and Mary est adaptée (Peter Yarrow, Noel Paul Stookey, Milton Okun) d’une berceuse des Bahamas. Elle a été reprise, avec un texte plus ou moins proche de la version originale, par de nombreux artistes comme Pete Seeger, Joan Baez, Harry Belafonte, et Paul McCartney. Elle connut une immense popularité durant les mouvements protestataires des années 1950 et 1960, où elle était comprise comme évoquant la fin prochaine de la lutte sociale par la victoire, alors que la version originale exprimait, au contraire, la résignation. « All my trials… soon be over » se traduit littéralement par « Toutes mes épreuves seront bientôt terminées », mais le texte original comportait en introduction et refrain :
C’est-à-dire « Chut, petit bébé, ne pleure pas. Tu sais que ta maman est née pour mourir » (parfois écrit « bound to die », formulation encore plus triste, signifiant « destinée à mourir »).
Il s’agit donc d’une chanson exprimant la résignation face à un monde inique, mais aussi la foi en un au-delà de juste récompense, tout à fait comme dans « Swing low, sweet Chariot », chanson pouvant être mise dans la bouche d’un esclave voyant arriver la fin de sa vie… et de ses tourments, et trouvant, dans la religion de ses maîtres et exploiteurs, espoir et consolation. Quel paradoxe !
ALN


Tous Mes Tourments

Mes tourments, Seigneur, se terminent
Sur un petit livre qu’on m’avait donné
Chaque page proclamait « Liberté »
Mes tourments, Seigneur, se terminent

Si la vie éternelle pouvait s’acheter
Les riches vivraient, les pauvres mourraient
Mes tourments, Seigneur, se terminent

C’est trop tard, mes frères, trop tard, mais qu’importe
Mes tourments, Seigneur, se terminent


Les pèlerins disent qu’au paradis
On peut trouver « l’arbre de la vie »
Mes tourments, Seigneur, se terminent

C’est trop tard, mes frères, trop tard, mais qu’importe
Mes tourments, Seigneur, se terminent
Mes tourments, Seigneur, se terminent


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 26 février 2012

All You Need Is Love

Love, Love, Love.
Love, Love, Love.
Love, Love, Love.

There's nothing you can do that can't be done.
Nothing you can sing that can't be sung.
Nothing you can say but you can learn how to play the game.
It's easy.

Nothing you can make that can't be made.
No one you can save that can't be saved.
Nothing you can do but you can learn how to be you in time.
It's easy.

All you need is love.
All you need is love.
All you need is love, love.
Love is all you need.

All you need is love.
All you need is love.
All you need is love, love.
Love is all you need.

Nothing you can know that isn't known.
Nothing you can see that isn't shown.
Nowhere you can be that isn't where you're meant to be.
It's easy.

All you need is love.
All you need is love.
All you need is love, love.
Love is all you need.

All you need is love (All together, now!)
All you need is love. (Everybody!)
All you need is love, love.
Love is all you need (love is all you need)
(love is all you need) (love is all you need)
(love is all you need) Yesterday (love is all you need)
(love is all you need) (love is all you need)

Yee-hai!
Oh yeah!
love is all you need, love is all you need,love is all you need, love is all you need, oh yeah oh hell yea! love is all you need love is all you need love is all you need.




Une chanson en apparence toute simple, une chansonnette, en somme : quelques mots, répétés encore et encore, quelques notes discrètes, presque timides…
C’est pourtant un message planétaire qu’ont lancé les Beatles lors qu’ils ont présenté et enregistré en direct cette chanson (de John Lennon & Paul McCartney) lors de la première émission de télévision diffusée dans le monde entier (« Our World », émission – événement organisée par la BBC le 25 juin 1967).
Quarante-cinq ans plus tard, la vague « Hippie » étant passée, et sa génération atteignant désormais « le troisième âge », ce « message » pourrait être reçu avec un sourire condescendant, et être gentiment raillé pour sa mièvrerie.
Il mérite pourtant d’être écouté et même analysé, car John Lennon y contredit clairement le leitmotiv actuel de la compétitivité, de la réussite par la force de la volonté, de l’exploit et du surpassement.
Qu’importe le succès, dit-il, si l’on n’a pas l’amour.
Qu’importe la connaissance, la science, l’art
Qu’importent les voyages, les biens, les honneurs…
Seul l’amour leur donne un sens.
Un message évangélique athée, en quelque sorte, à méditer parallèlement à celui de « Imagine ».
Il n’est pas nécessaire d’adhérer à une quelconque foi pour comprendre la nécessité de l’amour.
Et l’amour n’est ni un commandement, ni le simple résultat d’un bouillonnement hormonal : l’amour est le seul sens que l’on puisse trouver (ou donner) à la vie.

By the way : Ce n’est pas un hasard si l’introduction de cette chanson est constituée des premières mesures de notre « Marseillaise », donnant, par ce contraste, plus de force au message d’amour des Beatles. Ne serait-ce pas le moment de relancer le débat sur les paroles de l’hymne national, qu’il serait temps de faire évoluer ? Graeme Allwright milite pour cela depuis des années, et propose de nouvelles paroles.




Aime, Aime, Aime
Aime, Aime, Aime
Aime, Aime, Aime

Tout ce que tu fais peut être fait
Tout ce que tu chantes peut être chanté
Tout ce que tu dis, mais tu peux apprendre comment jouer
C’est facile

Quoi que tu fasses, ça peut être fait
Quiconque tu sauves peut être sauvé
Quoi que tu fasses, mais tu peux apprendre à être en mesure
C’est facile

Il suffit d’aimer
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer

Il suffit d’aimer
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer

Rien que tu saches qui n’ait été su
Rien que tu voies qui n’ait été vu
Où que tu sois c’est où tu étais fait pour aller
C’est facile

Il suffit d’aimer
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer

Il suffit d’aimer (tous ensemble, là)
Il suffit d’aimer (tous en chœur)
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit (aimer te suffit)
(Aimer te suffit, aimer te suffit)
(Aimer te suffit)– Elle t’aime, oui, oui, oui – (aimer te suffit)
(Aimer te suffit, aimer te suffit)

Eh, Oui
Oh, Oui
Il suffit d’aimer, il suffit d’aimer…

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 18 février 2012

Good Day Sunshine

Good Day Sunshine, Good Day Sunshine, Good Day Sunshine

I need to laugh and when the sun is out
I've got something I can laugh about
I feel good in a special way
I'm in love and it's a sunny day

Good Day Sunshine, Good Day Sunshine, Good Day Sunshine

We take a walk, the sun is shining down
Burns my feet as they touch the ground

Good Day Sunshine, Good Day Sunshine, Good Day Sunshine

Then we'd lie beneath the shady tree
I love her and she's loving me
She feels good, she knows she's looking fine
I'm so proud to know that she is mine.

Good Day Sunshine, Good Day Sunshine, Good Day Sunshine




Voici un petit intermède léger et printanier, tandis que l’hiver semble vouloir relâcher sa morsure. Paul McCartney et John Lennon (The Beatles) ont écrit cette chanson au printemps 1966, pour faire écho à la chanson « Daydream » des Lovin’ Spoonful.
N’est-ce pas étonnant – et merveilleux – qu’un rayon de soleil ait ainsi le pouvoir de nous faire voir la vie du bon côté ?



Bonjour, Soleil

Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil

Il me faut rire, alors, la nuit venue
J’ai de quoi rire sans retenue
Je me sens bien ; ce qui m’égaye
C’est mon amour et le grand soleil

Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil

Nous-nous promenons ; le sol est brûlant
Sous le soleil, chauffé à blanc

Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil

Sous le feuillage, nous nous étendons
Je l’aime, elle m’aime, nous nous aimons
Elle se sent bien ; elle sait qu’elle est belle
Je suis si fier de vivre avec elle

Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil, Bonjour, Soleil

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 17 juillet 2011

The fool on the hill

Day after day, alone on the hill
The man with the foolish grin is keeping perfectly still
But nobody wants to know him
They can see that he's just a fool
As he never gives an answer

But the fool on the hill
Sees the sun going down
And the eyes in his head
See the world spinning around

Well on the way, head in a cloud
The man of a thousand voices talking percetly loud
But nobody ever hears him
Or the sound he appears to make
And he never seems to notice

But the fool on the hill
Sees the sun going down
And the eyes in his head
See the world spinning around

And nobody seems to like him
They can tell what he wants to do
And he never shows his feelings

But the fool on the hill
Sees the sun going down
And the eyes in his head
See the world spinning around

He never listen to them
He knows that they're the fools
They don't like him

The fool on the hill
Sees the sun going down
And the eyes in his head
See the world spinning around



Et voilà que les Beatles nous rejouent le mythe de la sagesse du fou !
Dans le contexte des années 1960, les voies de la sagesse conduisaient vers l’Inde, où des gurus comme Maharishi Mahesh Yogi (père de la « méditation transcendantale ») enseignaient la sagesse à des disciples venus du monde entier (dont les Beatles eux-mêmes). Maharishi Mahesh Yogi, sa famille et ses associés, créèrent ainsi un véritable « empire », comportant école et organisations caritatives, mais aussi structures commerciales animant exploitations agricoles, universités et hôpitaux et représentant plusieurs millions ou milliards de dollars…
Quant à permettre à ses adeptes d’apprendre la lévitation et d’installer la paix mondiale… le doute est permis.
Les hommes, conscients de leur mort inéluctable, ont, de tout temps, été à la recherche d’un guide spirituel. Le besoin de croire que la vie a un sens et qu’il y a encore une vie après la mort est tel que l’on est prêt à dépasser les limites étroites de la raison pour entrer dans la croyance.
Chaque époque, chaque société, chaque culture, apporte sa réponse, et s’il est un domaine dans lequel le recyclage fonctionne depuis toujours, c’est bien celui là ! Les idées sont recyclées sous des formes nouvelles, agrémentées de paradoxes apparents, ornées de formules plus ou moins énigmatiques qui permettent à chacun d’entendre ce qu’il souhaite, parées des couleurs à la mode pour fasciner les foules, et grassement nourries des miettes du politiquement correct.
Mais le fou sur la colline n’est pas fou : il est simplement différent.
Un psychiatre n’appelle pas un fou un fou : il identifie les déments, que la dégradation des fonctions cognitives et intellectuelles rend incapables d’autonomie, et les psychotiques (encore que cette terminologie « abrupte » soit aujourd’hui remise en question) dont la pensée a perdu contact avec la réalité et dont le raisonnement s’écarte de la logique cartésienne.
Le « grand public » appelle fous ceux qui sont « différents », ceux qui « suivent une autre route qu’eux », quelles qu’en soient les raisons. Cette dénomination de « fou » a pour corollaire l’exclusion, avec ce qu’elle comporte de haine, de dérision, et de harcèlement.
Pourtant, ce même « grand public » est prêt à suivre d’authentiques « fous », dont le raisonnement, d’une logique implacable, est fondé sur une surestimation de soi et une méfiance de tous. Ces grands paranoïaques sont responsables des plus grands désastres de l’humanité : Hitler, Staline, Pol Pot… et tous ces dictateurs qui, aujourd’hui encore, s’accrochent au pouvoir et massacrent leur propre peuple. De tels « fous » n’auraient aucun pouvoir s’ils n’étaient suivis par des milliers de « disciples », subjugués par le « chef » ou simplement tenus par la terreur. Dès lors, qui sont les plus fous ?
A côté d’eux, le « fou sur la colline » paraît bien inoffensif, et la magnifique chanson de Paul McCartney est aussi le témoignage d’une époque à laquelle on repense avec un peu de nostalgie. C’est « fou » comme le temps passe !

NB : Eddy Mitchell a chanté « Le Fou sur la Colline », une adaptation (relativement libre) de C Moine.



Le Fou sur la Butte

Jour après jour, tout seul sur la butte
L’homme au sourire fou reste immobile et semble sans but
Nul ne veut faire sa connaissance
On voit bien que ce n’est qu’un fou
Car il n’offre pas de réponse

Mais le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

Sur son chemin, avec la tête
Dans un nuage, l’homme aux mille voix parle très clair et net
Pourtant, nul ne l’entend jamais
Ni lui, ni les sons qu’il émet
Il ne semble pas s’en soucier

Mais le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

Et nul ne l’aime apparemment
Les gens croient savoir ce qu’il veut
Et il cache ses sentiments

Mais le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

Il ne les écoute pas
Il sait qu’eux sont les fous
Ils ne l’aiment pas

Le fou sur la butte
Voit le soleil baisser
Et les yeux dans sa tête
Voient le monde tournoyer

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 12 juin 2011

Blackbird

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise

Blackbird singing in the dead of night
Take these sunken eyes and learn to see
All your life
You were only waiting for this moment to be free

Blackbird fly, blackbird fly
Into the light of the dark black night

Blackbird fly, blackbird fly
Into the light of the dark black night

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise



Très belle chanson des Beatles (John Lennon, Paul McCartney), dont je dédie la traduction à ma fille.
Quelle étrange beauté est celle du chant solitaire du rossignol au printemps ! Au plus noir de la nuit, il égrène ses notes avec insistance, répétant sans fin son message. Il module en vain sa lancinante mélodie, et son chant sans écho résonne dans l’âme de celui qui n’a pas pu trouver le sommeil.
L’air est immobile et les étoiles sont impassibles.
Inlassablement, l’oiseau invisible lance son appel, et attend la réponse que l’auditeur noctambule n’entendra jamais.
Dans le silence et l’obscurité de la nuit, sa chanson obstinée est une leçon d’espoir.


Merle Noir

Merle chantant par nuit étoilée
Aux ailes brisées apprends à voler
Toute ta vie
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi

Merle chantant dans la nuit si noire
A ces yeux crevés apprends à voir
Toute ta vie
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi

Merle vole, merle vole
Vers la lumière d’une nuit sans étoile

Merle vole, merle vole
Vers la lumière d’une nuit sans étoile

Merle chantant par nuit étoilée
Aux ailes brisées apprends à voler
Toute ta vie
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)