"You are always on my mind!"

dimanche 26 février 2012

All You Need Is Love










 Une chanson en apparence toute simple, une chansonnette, en somme : quelques mots, répétés encore et encore, quelques notes discrètes, presque timides…
C’est pourtant un message planétaire qu’ont lancé les Beatles lors qu’ils ont présenté et enregistré en direct cette chanson (de John Lennon & Paul McCartney) lors de la première émission de télévision diffusée dans le monde entier (« Our World », émission – événement organisée par la BBC le 25 juin 1967).
Quarante-cinq ans plus tard, la vague « Hippie » étant passée, et sa génération atteignant désormais « le troisième âge », ce « message » pourrait être reçu avec un sourire condescendant, et être gentiment raillé pour sa mièvrerie.
Il mérite pourtant d’être écouté et même analysé, car John Lennon y contredit clairement le leitmotiv actuel de la compétitivité, de la réussite par la force de la volonté, de l’exploit et du surpassement.
Qu’importe le succès, dit-il, si l’on n’a pas l’amour.
Qu’importe la connaissance, la science, l’art
Qu’importent les voyages, les biens, les honneurs…
Seul l’amour leur donne un sens.
Un message évangélique athée, en quelque sorte, à méditer parallèlement à celui de « Imagine ».
Il n’est pas nécessaire d’adhérer à une quelconque foi pour comprendre la nécessité de l’amour.
Et l’amour n’est ni un commandement, ni le simple résultat d’un bouillonnement hormonal : l’amour est le seul sens que l’on puisse trouver (ou donner) à la vie.

By the way : Ce n’est pas un hasard si l’introduction de cette chanson est constituée des premières mesures de notre « Marseillaise », donnant, par ce contraste, plus de force au message d’amour des Beatles. Ne serait-ce pas le moment de relancer le débat sur les paroles de l’hymne national, qu’il serait temps de faire évoluer ? Graeme Allwright milite pour cela depuis des années, et propose de nouvelles paroles.




Aime, Aime, Aime
Aime, Aime, Aime
Aime, Aime, Aime

Tout ce que tu fais peut être fait
Tout ce que tu chantes peut être chanté
Tout ce que tu dis, mais tu peux apprendre comment jouer
C’est facile

Quoi que tu fasses, ça peut être fait
Quiconque tu sauves peut être sauvé
Quoi que tu fasses, mais tu peux apprendre à être en mesure
C’est facile

Il suffit d’aimer
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer

Il suffit d’aimer
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer

Rien que tu saches qui n’ait été su
Rien que tu voies qui n’ait été vu
Où que tu sois c’est où tu étais fait pour aller
C’est facile

Il suffit d’aimer
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer

Il suffit d’aimer (tous ensemble, là)
Il suffit d’aimer (tous en chœur)
Aimer te suffit
Il suffit d’aimer
Aimer te suffit (aimer te suffit)
(Aimer te suffit, aimer te suffit)
(Aimer te suffit)– Elle t’aime, oui, oui, oui – (aimer te suffit)
(Aimer te suffit, aimer te suffit)

Eh, Oui
Oh, Oui
Il suffit d’aimer, il suffit d’aimer…

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

A Soalin'













Voici Peter, Paul, and Mary (Peter Yarrow, Noel Stookey et Mary Travers) au sommet de leur art dans cette chanson traditionnelle qu’ils chantent de façon sublime, sur un arrangement de Noel Paul Stookey, Elena Mezzeti, et Tracy Batteast. Il s’agit en fait d’un mélange de deux chansons traditionnelles (« Heigh Ho, Nobody Home » et « God rest ye merry gentlemen ») et deux traditions, celtique (Wassailing, pour la nouvelle année), et chrétienne (pour Halloween et la Toussaint, et  pour la période de Noël), lorsque les enfants allaient de porte en porte quémander quelques biscuits, friandises et boissons en chantant en canon. Les « soul cakes » étaient de petits gâteaux secs épicés supposés nourrir les esprits des défunts.



Gâteau d’Âme

Hé, Ho, Y-a-t’il quelqu’un ?
Manger, boire, ou argent n’avons point
Pourtant, réjouissons-nous
Hé, Ho, Y-a-t‘il quelqu’un ?
Hé, Ho, Y-a-t’il quelqu’un ?
Manger, boire, ou argent n’avons point
Pourtant, réjouissons-nous
Hé, Ho, Y-a-t’il quelqu’un ?
Hé, Ho, Y-a-t’il quelqu’un ?

Âme, âme, un gâteau d’âme
S’il vous plait, un gâteau d’âme
Des cerises, des prunes, une pomme, une poire
Quoi que ce soit qui nous rende gais ce soir
Une pour Paul et deux pour Pierre
Et trois pour Dieu notre Père

Dieu bénisse le chef de famille, et son épouse aussi
Et tous les petits enfants qui grandissent ici
Le bétail dans votre étable, le chien devant votre huis
Que tout ce qui vit en ces lieux croisse et se multiplie

Âme, âme, un gâteau d’âme
S’il vous plait, un gâteau d’âme
Des cerises, des prunes, une pomme, une poire
Quoi que ce soit qui nous rende gais ce soir
Une pour Paul et deux pour Pierre
Et trois pour Dieu notre Père

Descendez à la cave pour voir ce qu’il y a de mieux
Si les tonneaux ne sont pas vides, soyez bien généreux
Soyez généreux avec les fruits de votre jardin
Car nous ne reviendrons chanter pas avant l’an prochain

Âme, âme, un gâteau d’âme
S’il vous plait, un gâteau d’âme
Des cerises, des prunes, une pomme, une poire
Quoi que ce soit qui nous rende gais ce soir
Une pour Paul et deux pour Pierre
Et trois pour Dieu notre Père

Les rues sont très poussiéreuses, mes semelles ont des trous
Mais j’ai une petite poche pour y glisser vingt sous
Si vous n’avez pas vingt sous, donnez en juste dix
Mais si vous n’avez pas dix sous, Dieu vous bénisse

Âme, âme, un gâteau d’âme
S’il vous plait, un gâteau d’âme
Des cerises, des prunes, une pomme, une poire
Quoi que ce soit qui nous rende gais ce soir
Une pour Paul et deux pour Pierre
Et trois pour Dieu notre Père

Pour louer Dieu maintenant, chantez tous avec nous
En amour pur et fraternel, enfin embrassons nous
Cette veillée de Noël
Si gracieuse et belle
Apporte réconfort et joie


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 19 février 2012

Avalanche








Les heurs et malheurs de la vie,
La richesse inutile, la misère infinie,
Les surprises, les contrariétés,
La douleur, l’infirmité,
L’émotion partagée,
Le regard détourné,
L’échec, l’espoir déçu,
Les plaisirs, les malentendus,
La main tendue,
La beauté entrevue,
La laideur subie,
Le froid, la faim, l’ennui,
Les coups et les blessures,
La solitude du désespoir :
Une avalanche de sentiments
Recouvre notre âme
Sous les sédiments
De l’âge
Et le chercheur d’or en quête d’un minéral prétendument précieux néglige le trésor ainsi enfoui.

Léonard Cohen est remarquablement loquace dans sa description de cet ensevelissement de l’âme, et dans son évocation du sens de la souffrance :
« Your pain is no credential here »

Ces mots me ramènent trois ans en arrière, et je pense à ce qu’elle écrivait, dans les derniers mois de sa vie, à une amie :
« La maladie ne nous donne aucun droit, surtout pas celui de culpabiliser l'entourage ; bien au contraire, nous avons le devoir de ne pas l’empêcher de vivre et d'alléger son inévitable souffrance ».
Cette idée m’aurait profondément choqué si elle n’avait été émise par une personne qui, depuis tant d’années, vivait sa maladie dans la discrétion et la dignité, s’isolant lorsque la souffrance ne lui permettait plus de sourire aux autres, et revenant aussitôt vers eux pour les encourager et les soutenir. J’ai donc pu comprendre comment, au delà du courage et de la grandeur d’âme, il s’agissait là de la plus sublime intelligence de la vie.
La souffrance n’est pas une monnaie convertible. Elle ne permet d’acheter ni le salut, ni la compassion. Elle n’est ni un emblème, ni un laisser-passer. Elle ne confère ni beauté ni grandeur.
La souffrance nous expose, tout simplement, dans le plus parfait état de notre humanité, pour faire de chacun de nos actes et de chacune de nos paroles une parcelle du plus pur amour.
Voilà le trésor qu’elle a découvert et partagé jusqu’à ses derniers instants.


Avalanche

Je suis tombé dans une avalanche
Mon âme fut enterrée
Quand je ne suis pas ce bossu que tu vois
Je dors sous le tertre doré
Toi qui veut vaincre la douleur
Tu dois apprendre à m’honorer

Tu me heurtes par hasard ici
Tout en creusant pour ton or
L’infirme que tu habilles et nourris
De froid ni faim n’a souffert
Il ne réclame pas ta compagnie
Non, pas au centre, au centre de la terre

Quand je suis sur un piédestal
Tu ne m’as pas mis dessus
Tes lois ne me mettent pas
A genoux, grotesque et nu
Je suis moi-même le piédestal
De l’horrible bosse que tu as vue

Toi qui veut vaincre la douleur
Tu dois apprendre ce qui me plait
Les miettes d’amour que tu m’offres sont celles
Que j’ai laissé dégringoler
Ta douleur ne t’accrédite pas
Ce n’est que l’ombre, l’ombre de ma plaie

J’en viens à te désirer, moi
Qui ne suis pas cupide
J’en viens à te réclamer, moi
Qui ne suis pas avide
Tu dis t’être éloignée de moi
Mais je sens ton haleine chaude

Renonce aux haillons que tu mets
Je sais que tu n’es pas pauvre
Tu ne m’aimes plus si fort désormais
Que tu sais que tu n’es pas sure
C’est ton tour, bien-aimée
C’est ta chair que j’arbore

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)