"You are always on my mind!"

samedi 30 janvier 2010

Leaving on a Jet Plane


All my bags are packed I'm ready to go
I'm standin' here outside your door
I hate to wake you up to say goodbye
But the dawn is breakin' it's early morn
The taxi's waitin' he's blowin' his horn
Already I'm so lonesome I could die

So kiss me and smile for me
Tell me that you'll wait for me
Hold me like you'll never let me go
Cause I'm leavin' on a jet plane
Don't know when I'll be back again
Oh babe, I hate to go
[...]


Chanson écrite en 1966
par John Denver, et chantée par lui mais aussi par d'autres et non des moindres, comme Peter, Paul, and Mary. On retrouve le thème très classique du départ, sur le même registre que "Homeward Bound" et que "L'idole des jeunes". Le chanteur part en tournée, et la séparation de son foyer et/ou de celle qu'il aime lui est de plus en plus pénible.
Lorsque la vie nous a si souvent éloignés de ceux que l'on aime, "aux soirs de lassitude, tout en peuplant sa solitude des fantômes du souvenir", notre mémoire associe le déchirement de la séparation et le bonheur des retrouvailles en un mélange indissociable qui génère une profonde nostalgie.


Je m’en vais en avion

Mes bagages sont faits, je suis prêt à partir
A ta porte, je dois m’enhardir
Pour te réveiller, te dire au revoir
Mais le jour se lève, je suis en retard
Le taxi m’attend pour l’aérogare
Déjà je sens venir le désespoir

Embrasse-moi et souris-moi
Dis moi que tu m’attendras
Enlace-moi pour me retenir
Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

J’ai si souvent délaissé ton cœur
Et si souvent flirté ailleurs
Je te le dis : toi seule comptes pour moi
Partout mes pensées iront vers toi
Toutes mes chansons seront pour toi
Au retour j’ te passerai la bague au doigt

Embrasse-moi et souris-moi
Dis moi que tu m’attendras
Enlace-moi pour me retenir
Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

Je dois maintenant te laisser
Une dernière fois t’embrasser
Ferme les yeux : je disparais
Rêve que quand je reviendrai
Plus jamais je n’ t’abandonnerai
Et plus jamais je ne dirai

Embrasse-moi et souris-moi
Dis moi que tu m’attendras
Enlace-moi pour me retenir
Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

mercredi 27 janvier 2010

Everybody Knows


Everybody knows that the dice are loaded
Everybody rolls with their fingers crossed
Everybody knows that the war is over
Everybody knows the good guys lost
Everybody knows the fight was fixed
The poor stay poor, the rich get rich
That's how it goes
Everybody knows
[...]




Voici encore Léonard Cohen, qui énumère de sa voix grave et sur un ton presque monocorde ce que "tout le monde sait" et que personne ne croit.
Une fois n'est pas coutume (encore que...), le sens de ce texte est relativement limpide, tout au moins à un premier degré : l'amant trompé commence par des généralités sur les grands et petits mensonges ordinaires, puis en vient au fait, à savoir l'infidélité de sa compagne, avant de conclure à mots à peine couverts que sa patience a des limites et qu'elle verra ce qu'elle verra !

Un thème pas vraiment original, donc, et déjà traité, sur un ton plus amer encore, par Willie Nelson (Funny how time slips away).
Pourtant, la mélodie répétitive et la voix de Léonard Cohen donnent à cette chanson une dimension incantatoire et magique, de sorte que l'on pourrait aussi bien se passer des paroles, au fond !



Tout le monde le sait

Tout le monde le sait : les dés sont truqués
Tout le monde les lance les doigts croisés
Tout le monde le sait : la guerre est finie
Tout le monde le sait : les bons sont punis
Tout le monde le sait : les vainqueurs trichent
Le pauvre rest’ pauvre, le riche rest’ riche
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait

Tout le monde le sait : le bateau va sombrer
Tout le monde le sait : le pacha a tort
Tout le monde a cette envie de pleurer
Comme si son père ou son chien était mort
Tout le monde veut gagner au loto
Tout le monde veut sa part du gâteau
Et une rose avec ça
Tout le monde sait ça

Tout le monde le sait : tu m’aimes, ma belle
Tout le monde le sait : tu es un modèle
Tout le monde le sait : tu es si fidèle
Sauf quelques nuits occasionnelles
Tout le monde le sait : tu es discrète
Mais tu as tant de gens à voir en tête-à-tête
Nue, n’est-ce pas
Tout le monde sait ça

Tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait
Tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait

Et tout le monde le sait : c’est maint’nant ou jamais
Tout le monde le sait : c’est toi ou moi
Et tout le monde le sait : tu es éternelle mais
Seulement après deux lignes ou trois
Tout le monde le sait : quel marché de dupes
Qui cueille le coton pour tes jupes ?
Le nègre, voilà qui c’est !
Et tout le monde le sait

Et tout le monde le sait : la peste est revenue
Tout le monde le sait : vite, elle se propage
Tout le monde le sait : cette histoire d’homme et de femme nus
N’est que la brillante illusion d’un autre âge
Tout le monde le sait : la scène est morte
Mais un compteur sous ton lit et sur ta porte
Va dénoncer
Ce que tout le monde sait

Et tout le monde le sait : tu es dans la misère
Tout le monde le sait : tu es à bout
De la croix sanglante au sommet du Calvaire
Jusqu’aux plages de Malibu
Tout le monde sent venir le malheur
Vois une dernière fois ce Sacré Cœur
Qui va s’casser
Et tout le monde le sait
Tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait
Oh, tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait
Tout le monde le sait

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 24 janvier 2010

Take This Waltz


Now in Vienna there's ten pretty women
There's a shoulder where Death comes to cry
There's a lobby with nine hundred windows
There's a tree where the doves go to die
There's a piece that was torn from the morning
And it hangs in the Gallery of Frost
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz with the clamp on its jaws
[...]





Une grande surprise (pour moi tout au moins) :
Qu'est ce qui peut être plus Léonard Cohen que Léonard Cohen ?
Federico Garcia Lorca !

Le texte de cette chanson, formidablement chantée par Léonard Cohen, n'est autre que la traduction anglaise du poème de Federico Garcia Lorca : "Pequeño vals vienés".
Ma tentative de traduction à partir de l'anglais est donc un peu incongrue, mais la chanson elle-même, chantée avec la voix gutturale et sur un ton lancinant par Léonard Cohen, a un véritable effet hypnotique.



Prends cette valse

A Vienne, il y a dix belles femmes qui se montrent
Il y a une épaule où la mort pleure
Il y a un hall avec neuf cent fenêtres
Il y a l’arbre où les colombes meurent
Il y a un bout de matin déchiré
Et il flotte dans la galerie de glace
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Prends cette valse aux mâchoires serrées.

Oh, je te veux, je te veux, je te veux
Sur une chaise avec un journal mort
A l’extrémité d’un lys dans un creux
Dans un couloir que l’amour ignore
Dans un cri de pas et sable fin
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Prends sa taille brisée dans ta main.

Cette valse, cette valse, cette valse, cette valse
Et sa propre haleine de mort et d’eau-de-vie
En mer, par sa queue suivie.

A Vienne, il y a une salle de concert
Où ta bouche a eu mille critiques
Et un bar où les gars ont dû se taire
Punis de mort car mélancoliques
Ah, mais qui donc escalade ton portrait
Avec une guirlande de larmes fraîchement glanées ?
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Prends cette valse qui meurt depuis des années

Il y a des enfants qui jouent sous le toît
Où j’ai dû m’étendre avec toi tandis
Que, dans un rêve de lampions hongrois,
Tombait la brume de l’après-midi
Et je verrai de ton chagrin le cortège
Tous tes moutons et tes lys des neiges
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Et ses « Je n’ t’oublierai jamais, disais-je ».

A Vienne, avec toi, je danserai
En rivière, je me déguiserai
Une jacinthe à l’épaule porterai
Sur tes cuisses, la rosée boirai
Dans un album je m’ensevelirai
Sous les photos et la mousse séchée
Au flot de ta beauté, je cèderai
Ma croix, mon violon bon marché
Tu m’emmèneras sur la piste de danse
Aux fontaines qu’à ton poignet tu lances
Mon amour, mon amour
Prends cette valse, prends cette valse
Elle est tienne. Il n’y a rien autour.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

lundi 18 janvier 2010

The Long Black Veil


Ten years ago on a cold dark night,
there was someone killed beneath the town hall lights.
There were people at the scene and they all agreed,
that the slayer who ran looked a lot like me.

She walks these hills, in a long black veil.
When the cold winds blow, and the night winds wail.
Nobody knows, no body sees.
Nobody knows, but me.
[...]




Véritable roman en raccourci, cette chanson écrite par Danny Dill et Marijohn Wilkin, fut d'abord enregistrée, en 1959, par Lefty Frizzell, puis reprise, quelques années plus tard, par de nombreux artistes dont Joan Baez et Johnny Cash. L'interprétation de ce dernier est absolument remarquable, avec sa voix gutturale dont la modulation (lorsqu'il chante "Nobody Knows") évoque un hululement et siérait tout à fait à un fantôme.
Dans cette forme de romantisme noir, l'amant se laisse condamner et pendre pour un meurtre qu'il n'a pas commis plutôt que de révéler qu'il était, le soir du crime, dans les bras de la femme de son meilleur ami... et sa maîtresse le laisse pendre sans verser une larme !
Elle lui rend ensuite, secrètement, visite sur la tombe, les soirs de nuit sans lune, lorsque souffle un vent glacial.
Le décor est dressé, et c'est le fantôme qui raconte (en voix "off", naturellement).


Voilée de Noir

Il y a dix ans, une nuit d’hiver
Quelqu’un fut tué à la lueur des réverbères
Les témoins de la scène derrière leurs fenêtres
Virent l’assassin s’enfuir et dirent me reconnaître.

Elle monte me voir, toute voilée de noir
Quand mugit le vent au plus froid du soir
Nul ne le sait, nul ne la voit
Nul ne le sait, sauf moi.

Le juge me dit : « Qu’as-tu pour te défendre ? »
« Si tu étais ailleurs, je n’ te ferais pas pendre »
Au prix de ma vie, je ne répondis rien,
Car j’étreignais la femme de mon meilleur copain.

Elle monte me voir, toute voilée de noir
Quand mugit le vent au plus froid du soir
Nul ne le sait, nul ne la voit
Nul ne le sait, sauf moi.

Au pied du gibet, durant ma dernière heure,
Dans la foule, elle ne versa aucun pleur
Mais quand le vent mugit par nuit noire,
Elle monte me voir, toute voilée de noir.

Elle monte me voir, toute voilée de noir
Quand mugit le vent au plus froid du soir
Nul ne le sait, nul ne la voit
Nul ne le sait, sauf moi.
Nul ne le sait, sauf moi.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 16 janvier 2010

Sealed with a Kiss


Though we've got to say good-bye
For the summer
Darling, I promise you this
I'll send you all my love
Everyday in a letter
Sealed with a kiss
[...]




Une de ces chansons simples et belles, dont la mélodie ne s'oublie pas, "Sealed with a kiss" a été écrite par Peter Udell and Gary Geld, en 1960, mais ne connut le succès qu'en 1962, grâce à l'interprétation de Brian Hyland. De nombreux interprètes s'en emparèrent ensuite, et "Les Chats Sauvages" furent les premiers, semble-t-il, à présenter une version française sous le titre "Derniers Baisers", dont Laurent Voulzy "refit" un succès estival très récemment.
Il est, à ce propos, amusant de constater que le sens de la version française est "inversé" par rapport à l'original. Celui-ci évoque en effet la séparation qui vient clore un amour d'été (un peu comme le "Salut les Amoureux" que chante Joe Dassin, ou "Une Belle Histoire" de Pierre Delanoe que chante Michel Fugain). Dans la chanson originale, tout au contraire, les deux amants vont être séparés par la durée d'un été, comme peuvent l'être deux jeunes étudiants qui, la fin de l'année universitaire venue, rejoignent chacun leur lointaine contrée...
Une telle inversion n'est pas rare, quand on passe de l'anglais au français (en matière de chanson, tout au moins) : souvenez-vous de "Five Hundred Miles Away From Home" avec Bobby Bare, devenant "J'entends siffler le train" avec Richard Anthony : d'un côté le routard qui tente de rentrer chez lui, de l'autre le déchirement d'une séparation sans adieu.
Il est très courant d'observer de telles différences entre version originale et version française, au point que l'on peut se demander si la principale raison n'en est pas d'éviter d'avoir à s'acquitter des droits d'auteurs sur le texte. Ce ne sont pas, en effet, les problèmes de rime et de versification qui peuvent justifier de tels écarts, si l'on en juge par la qualité littéraire de certaines adaptations... mais je m'égare !

Nous avons tous connu, un jour ou l'autre, le départ de l'être aimé, que ce soit pour des vacances, un retour en famille, ou des obligations professionnelles...
Les adieux sont alors déchirants, mais l'espoir du retour anime chacune de nos pensées.


Scellée d’un Baiser

Puisqu’il faut nous séparer
Durant l’été
Je promets de déposer
Chaque jour mon amour
Dans un’ lettre que je scell’rai
Par un baiser.

Seul tout au long de l’été, je souffrirai
Alors je m’occuperai
Mes rêves t’enverrai
Dans un’ lettr’ que je scell’rai
Par un baiser.

Au soleil, je te verrai,
Partout ta voix j’entendrai,
Pour t’embrasser je courrai
Mais jamais ne te tiendrai.

Je n’veux pas dire au revoir
Pour cet été
Car mon cœur est brisé
Mais garde l’espoir
Qu’ la rentrée soit fêtée
Et scellée d’un baiser.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

Son premier départ... fut un faux départ. Notre amour avait à peine éclos qu'elle partait au bout du monde, pour un mois, peut-être plus ! Deux jours après son "départ", téléphonant dans sa famille, que je ne connais pas encore, pour prendre de ses nouvelles, c'est sa voix qui me parvient : au dernier moment, elle a changé d'avis, et, quelques jours après, elle est auprès de moi.
L'été venu, elle part vraiment, cette fois, "pouponner" son neveu, âgé de quelques mois seulement. La mer nous sépare, et pas de téléphone. Nous échangeons alors quelques lettres, toutes scellées d'un baiser. Ce sont là mes premières vraies lettres d'amour, et, trente ans plus tard, je les retrouve avec une douloureuse nostalgie.
Des années plus tard, nous sommes, elle et nos trois enfants, de l'autre côté de l'atlantique depuis presque un an, et elle doit rentrer en France avec les enfants avant la rentrée scolaire, me laissant seul pour un mois et demi. Comme jamais auparavant, mon cœur se serre et je dois me détourner lorsque l'on me parle d'elle, pour cacher mes pleurs. Nos communications téléphoniques sont rares et difficiles, compliquées par le décalage horaire, et laissent une épaisse brume dans mon âme.
Par la suite, nos séparations sont toujours brèves, ne dépassant pas deux semaines (en général pour des vacances), et le téléphone nous permet des appels quotidiens, rendant la distance virtuelle.
Et puis nous ne nous quittons pratiquement plus. Lorsque le travail m'éloigne d'elle une journée entière, le téléphone nous rapproche, rituellement, à l'heure du repas.
Jusqu'au jour où la maladie l'emporte loin,
si loin que me lettres scellées d'un baiser ne peuvent plus l'atteindre,
si loin que mes appels téléphoniques restent sans réponse,
si loin qu'aucun écho ne renvoie les hurlements de mon cœur,
si loin que je ne la retrouve qu'en moi même.

vendredi 8 janvier 2010

The Silver Tongued Devil and I


"I took myself down to the Tally Ho Tavern,
To buy me a bottle of beer.
And I sat me down by a tender young maiden,
Who's eyes were as dark as her hair.
And as I was searching from bottle to bottle,
For something un-foolish to say.
That silver tongued devil just slipped from the shadows,
And smilingly stole her away."
[...]




Cette chanson de Kris Kristofferson, sur le thème de "C'est pas moi ; c'est l'autre !", évoque le (ou les) démon(s) qui sommeille(nt) en chacun de nous, et que les psychologues appellent prosaïquement les "pulsions". Le narrateur se place ici dans une position d'observateur, et décrit comment se déroule, sous ses yeux, la scène prévisible de la séduction hypocrite, qui se terminera inexorablement par l'abandon, dès lors que le démon séducteur sera parvenu à ses fins.
Il peut paraître un peu "facile" de prendre ainsi de la distance par rapport à soi-même et accuser ce double sournois, cet alter ego egoïste, ce traître intime, des pires vicissitudes. C'est néanmoins un certain progrès en comparaison de l'attitude plus classique (et très largement chantée : Don't think twice etc.) du mâle épris de liberté qui abandonne son amour d'un temps pour reprendre la route, en grand incompris et insatisfait (You just kind'a wasted my precious time...).
A ce sujet, connaissez-vous la très belle chanson "Je ne crois pas" que chante formidablement Aznavour ? Beaucoup moins connue que le "Don't think twice" de Bob Dylan, elle n'a rien à lui envier sur le plan musical ou de l'interprétation.
Pour en revenir à la souffrance que peut engendrer l'asymétrie des relations amoureuses, le fait est qu'il est possible d'être sincère, mais beaucoup plus difficile d'être lucide, et l'on peut faire souffrir en s'engageant dans une relation alors que l'on n'est pas à même de voir clair dans la complexité des sentiments qui nous animent, obscurcie par le fardeau de notre passé.



Le Démon à Bouche d’Or et Moi

Je suis descendu à l’auberge des chasseurs
Pour y boire une bière ou deux,
Me suis assis auprès d’une jeune fille en fleurs
Aux yeux aussi noirs que les ch’veux.
Tandis que, verre après verre, je cherchais encore
Comment briser la glace, voilà
Que, sortant de l’ombre, le démon à bouche d’or
Dans un sourire me la vola.

Je dis « Hé, petite, c’est le démon ; je vois-tu pas
Qu’il dissimule ses noirs desseins,
Tout au contraire de moi,
Derrière le sourire d’un saint ?
Il n’est bon qu’à provoquer des problèmes
Et faire accuser son prochain,
Et certains jurent qu’il est en moi-même
Ou pensent que nous ne faisons qu’un,
Mais le démon à bouche d’or n’a plus rien à perdre ;
On ne vit qu’une fois ;
Nous tentons note chance, et tout est bon à prendre,
Le démon à bouche d’or et moi.

Comme toutes celles qui se sont couchées à ses côtés,
Elle savait très bien qu’il mentait ;
Quoi que je dise, elle ne m’aurait pas écouté,
Car, quelle que soit sa volonté,
Elle offrirait ses charmes à la noirceur du danger
Pour quelque chose qu’elle ignorait
En ouvrant ses bras au sourire d’un étranger
Qui l’aimerait puis l’abandonnerait.

C’est le démon ; comme tu vois,
Il dissimule ses noirs desseins,
Tout au contraire de moi,
Derrière le sourire d’un saint ?
Il n’est bon qu’à provoquer des problèmes
Et faire accuser son prochain,
Et certains jurent qu’il est en moi-même
Ou pensent que nous ne faisons qu’un,
Mais le démon à bouche d’or n’a plus rien à perdre ;
On ne vit qu’une fois ;
Nous tentons note chance, et tout est bon à prendre,
Ah ha ha ha.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)