"You are always on my mind!"

samedi 30 avril 2011

No Easy Walk to Freedom







Cette magnifique chanson de Peter Yarow et Margery Tabankin (en 1986), chantée par Peter, Paul, and Mary, célèbre et commémore tout à la fois (frère) Martin Luther King et Nelson Mandela. Son titre (‘No Easy Walk to Freedom’ – littéralement : « Il n'y a pas de chemin facile vers la liberté ») est celui d’un très célèbre discours de Nelson Mandela en 1953 (c’est aussi le titre d’un livre reprenant ses discours, écrits et interventions).
La chanson est construite sur le parallèle entre la lutte victorieuse (malgré sa mort) de Martin Luther King et, antérieurement, la fin de l’esclavage qui fut l’un des objectifs de la guerre de sécession, et le combat de Nelson Mandela, encore en prison à cette époque (il ne sera libéré qu’en 1990). C’est donc un soutien et un encouragement pour la fin de l’apartheid, dans la droite ligne de l’engagement social et politique de Peter, Paul, and Mary.


Marchons vers la Liberté

Frère Martin marchait à mes côtés
A chaque pas disant « Liberté »
Il est tombé mais des millions se lèvent
Gloire, Alléluia, nous lutterons sans trêve

(Refrain)
Marchons vers la Liberté
Marchons vers la Liberté
C’est dur mais nous serons libres un jour
Ecrivant l’histoire à notre tour

Par delà l’océan s’échauffent les têtes
Je les entends venir, le tonnerre, la tempête
Nous l’avons vécu, c’est vrai, tu le vois
Nelson Mandela, nous marchons avec toi

(Refrain)

Nous le savons car, il y a peu,
Dans notre pays, la lutte a eu lieu
Fin de l’esclavage, vent de liberté
Marchons et bientôt l’apartheid va tomber

(Refrain)

Au corps, il faut du pain pour subsister
Mais une âme mourrait sans la liberté
Prions pour qu’un jour la lutte prenne fin
Tous libérés ! Libres enfin ! Libres enfin !

(Refrain)

Toi et moi !

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

Born In Chains





C’est une transposition personnelle mais pas vraiment profane des aventures de Moïse traversant la mer rouge que chante ici Léonard Cohen, avec ce curieux mélange de mysticisme et de réalisme dont il est coutumier. Le texte est celui d’un poème du dernier recueil de Léonard Cohen, ‘Poems and songs’, qu’il a chanté pour la première fois en 2010.


Né Enchaîné

En chaînes je suis né
Mais hors d’Egypte j’ai été guidé
Un fardeau sur mon dos mais
Le fardeau fut allégé
Seigneur, je n’ peux plus garder ce secret
Béni est le Nom
Le Nom soit loué

Je fuis jusqu’au bord
De la Grande Mer d’Affliction
Poursuivi par les sbires
D’un régime sombre et cruel
Les eaux s’écartèrent, et mon âme put les franchir
Hors d’Egypte
Hors du rêve du Pharaon

Mot des Mots
Mesure de toutes les mesures
Béni est le Nom
Le Nom soit loué
Ecrit sur mon cœur
En lettres ardentes
J’ n’en sais pas plus
Je n’ peux pas lire le reste

C’était le chômage où que j’aille
Quand tu m’as offert un travail
Bien que je t’aie suivi de très près
Ma vie n’a pas changé
Puis tu m’as montré pourquoi
Le monde est blessé
Mes yeux se sont ouverts
Brisé fut le Nom

J’étais seul sur la route
Ton Amour si déroutant
Et tous les prêcheurs me dirent
Qu’il faillait m’en prendre à moi
Mais, sous l’emprise de l’Illusion Sensuelle
La douce ignorance
Unifia le Nom

On dit que l’âme fleurit
Dans l’antichambre de son désir
Et l’amère liqueur s’adoucit
Dans la coupe incrustée
Mais les échelles de la nuit sont tombées
Et l’obscurité
Pour hausser le désir

Mot des Mots
Mesure de toutes les mesures
Béni est le Nom
Le Nom soit loué
Ecrit sur mon cœur
En lettres ardentes
J’ n’en sais pas plus
Je n’ peux pas lire le reste

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

lundi 25 avril 2011

The Man comes around

And I heard as it were the noise of thunder





Voici l’une des toutes dernières chansons écrites et chantées par Johnny Cash, dans cette période de sa vie où foi et religion avaient pris à nouveau une part majeure. Le texte est introduit par une citation (parlée) de l’Apocalypse et se poursuit par de nombreuses allusions et évocations bibliques, pour se terminer par la suite, parlée, de la citation, un peu comme si la lecture de ce passage avait lancé l’imagination du chanteur dans une rêverie eschatologique.
Tout petit, à l’école, lors des longues études surveillées du soir, je n’avais, pour alimenter mes rêveries à moi, que deux livres à ma disposition dans mon petit pupitre en bois : le dictionnaire français, et la bible. Le dictionnaire était généralement bon gagnant, mais je trouvais l’Apocalypse assez divertissante en somme, et mon esprit y trouvait un terrain de vagabondage ébaubi sans jamais, cependant, pouvoir le prendre au sérieux. Tout cela me paraissait gentiment extravagant, et il me semblait que l’auteur « en faisait un peu trop » dans la mise en scène. Au fond de moi-même, je ressentais en outre une gêne confuse. Bien qu’étant alors imprégné de religion, j’étais troublé par le caractère trop éminemment humain de ce grand scénario de damnation / salvation, et la notion très choquante de prédestination que j’y lisais en filigrane. Les explications de ma mère, qui me disaient qu’il ne fallait pas faire une interprétation littérale de ces textes, me rassuraient à moitié, et mes doutes et questions venaient se ranger sagement dans un coin de mon inconscient, pour resurgir bien des années plus tard.
Manifestement, chez Johnny Cash, le cheminement fut différent : fils de pasteur, puis plus ou moins « mauvais garçon », avant de finir sa vie dans le « droit chemin » en s’appuyant sur la religion.
Qu’importe, cela vaut bien une belle chanson !



Quand l’Homme reviendra

Et j’entendis alors comme un bruit de tonnerre
Et l’une des quatre bêtes dit « Viens et regarde » et je vis un cheval blanc

Un homme appell’ra chacun par son nom
Et décidera rédemption ou damnation
Tous ne s’ront pas traités de la même façon
Du ciel une échelle d’or descendra
Quand l’Homme reviendra

Les poils se dresseront sur tes bras
De terreur à chaque gorgée que tu boira
La dernière coupe offerte partageras
Où en terre de potier disparaîtras
Quand l’Homme reviendra

Entends trompettes, flûtes, et clameur
De millions d’anges qui chantent en chœur
Des foules marchent au pas rythmé par le tambour
Des voix appellent, et des voix pleurent
Les uns naissent, et les autres meurent
D’Alpha et Oméga est venue l’heure

Et la tornade tord l’arbre épineux
Et les vierges émèchent leur lampe à huile
La tornade tord l’arbre épineux
Regimber et lutter t’est difficile

Ni shalam ni shalom vers Armageddon
Et le berger rappelera ses moutons
Devant le trône, le sage agenouillé
Déposera ses couronnes d’or à ses pieds
Quand l’Homme reviendra

Que quiconque est injuste soit injuste à jamais
Que quiconque est honnête soit honnête à jamais
Que quiconque est crasseux soit crasseux à jamais
Ce qui est écrit tu entendras
Quand l’Homme reviendra

Entends trompettes, flûtes, et clameur
De millions d’anges qui chantent en chœur
Des foules marchent au pas rythmé par le tambour
Des voix appellent, et des voix pleurent
Les uns naissent, et les autres meurent
D’Alpha et Oméga est venue l’heure

Et la tornade tord l’arbre épineux
Et les vierges émèchent leur lampe à huile
La tornade tord l’arbre épineux
Regimber et lutter t’est difficile

La mesure de blé un denier paieras
Quand l’Homme reviendra

Et j’entendis une voix parmi les quatre bêtes
Regardant, je vis un cheval blanc
Et sur son dos, son nom était la Mort, et l’enfer le suivait.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 24 avril 2011

Feels So Good

Feels so good, not to love you like I did



Le « Feels So Good » de Léonard Cohen vient rajouter une dimension nouvelle à la dizaine de chansons qui portent ce titre. Une fois de plus, on pourrait penser qu’il ne s’agit là que d’une boutade, de la revanche ironique et de mauvaise foi de celui qui a perdu l’amour. Mais cette chanson laisse un arrière-goût étrange et profond, et nos idées poursuivent leur chemin dans le mystérieux sous-bois de l’âme, où il n’y a pas d’ombre sans lumière, et pas de lumière sans ombre.


Il faut « positiver » nous dit-on, dans la version moderne (et commerciale) de l’adage « A quelque chose, malheur est bon ».
Ne plus aimer = Ne plus souffrir.
Ce n’est pas plus compliqué que cela !
Ne plus penser – Ne plus craindre.
Ne plus désirer – Ne plus envier – Ne plus jalouser.
Ne plus parler – Ne plus lutter – et oublier…
Et remplir sa vie des petits riens qui sont les ersatz de la liberté.
Savourer la solitude comme un bienfait…
Et puis découvrir, peu à peu, le vide, la béance du temps, le vertige de l’absence…
Et comprendre enfin que c’est lorsqu’on a l’essentiel qu’on s’en laisse détourner par le superflu.


C’est Si Bon

C’est si bon de n’ pas t’aimer comme jadis
Comme s’ils avaient retiré mon bandeau et dit :
« Laissons donc ce prisonnier en vie »
Comme s’ils avaient retiré mon bandeau et dit :
« Laissons donc ce prisonnier en vie »

C’est si bon de m’éveiller par moi-même le matin
Boire un café dans la cuisine, allumer c’ qui rapproche un peu ma fin
Ah, la liberté se vend partout, tout comme des petits pains
Oui, la liberté se vend partout mais l’amour ne se vend point

Ah, et tu flottes dans mes rêves comme si c’était ton droit
Tu me montres comment, par toutes ces petites choses que j’aime vraiment, tu me broies
Mais je laisse faire tout ça tant que nous n’avons par à nous battre toi et moi
Oui, je laisse faire tout ça tant que nous n’avons par à nous battre toi et moi

Je ne sais rien de demain, mais je sais ce qui va se passer
Je n’ai plus de questions à poser, ni réponses à trouver
Sous peu, je n’ me souviendrai plus de c’ que je t’ai promis de ne pas oublier
Sous peu, je n’ me souviendrai plus de c’ que je t’ai promis de ne pas oublier

C’est si bon de ne plus avoir l’angoisse
De savoir qui tu as, aime, touches, embrasses
Oh, chérie, qui se douterait que la solitude puisse offrir tant de grâces
Te serais-tu doutée que la solitude puisse offrir tant de grâces

C’est si bon de n’ pas t’aimer comme jadis
Comme s’ils avaient retiré mon bandeau et dit :
« Laissons donc ce prisonnier en vie »
Comme s’ils avaient retiré mon bandeau et dit :
« Laissons donc ce prisonnier en vie »

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 23 avril 2011

Lullaby

I can’t break the code





Léonard Cohen nous chante une berceuse pour adultes à l’heure de l’informatique, où le destin n’est qu’un programme, où l’échec n’est qu’une erreur logicielle, où l’amour n’est qu’une question de compatibilité de systèmes d’exploitation…
La réalité devient virtuelle ;
L’information devient « télé-réalité » ;
La vertu devient crédulité.

Pourtant, la nuit est longue, et notre cœur se serre.
La vie n’est-elle qu’un tissu de leurres que déchire la mort quand la main que nous tenons se fige et devient froide ?

Vers quel sommeil nous conduit cette berceuse ?


Berceuse

Je n’ peux déboguer
Notre amour planté
Trop tard pour trouver
Le mot d’ passe et
Je n’ suis pas surpris
Si ton cœur se brise
Si longue est la nuit
Voici ma berceuse
Voici ma berceuse

Ils mentent aux infos
Le monde est leurré
A genoux s’il le faut
Vivons dans le vrai
Je n’ suis pas surpris
Si ton cœur se brise
Si longue est la nuit
Voici ma berceuse
Voici ma berceuse

A travers un rets
De mensonges, je viendrai
Advienne la mort, et
Moi, je les saluerai
Je n’ suis pas surpris
Si ton cœur se brise
Si longue est la nuit
Voici ma berceuse
Voici ma berceuse

On a tenu bon
Et bien qu’il soit trop tard
Quand ils t’appelleront
Je tiendrai ta main
Je n’ suis pas surpris
Si ton cœur se brise
Si longue est la nuit
Voici ma berceuse
Voici ma berceuse

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 9 avril 2011

Darkness




Ce n’est plus simplement le « Blues » que chante Léonard Cohen, mais la noirceur, le côté sombre de l’être : cette zone inquiétante et fascinante, de nous-même et de l’univers, où l’ombre dissimule tout : le danger, la misère, le mensonge, mais aussi l’espoir. Devant ce « trou noir » de l’âme qui aspire toute pensée, le vertige nous prend, et nous percevons comment le temps nous sépare de ceux que nous aimons comme l’expansion de l’univers éloigne inexorablement les étoiles et les galaxies.
Au fond de la coupe dorée où nous buvons les menus plaisirs de la vie, s’ouvre un gouffre dont nos yeux ne peuvent se détacher, l’abîme insondable de notre futur néant.
Devant le néant, la moindre futilité représente pourtant l’infini, mais quel infini dérisoire !
Oui, Léonard, c’est contagieux, en effet….


Ténèbres

J’ai pris les ténèbres
Je buvais dans ton verre, et
J’ai eu les ténèbres
Dans ton petit verre doré
J’ai dit : « Ca peut se transmettre ? »
Tu as dit : « Bois, c’est frais »

De futur privé
Je vois finir ma vie
Mon présent n’est pas plaisant
J’ai tant à faire ici
J’ai cru garder mon passé
Mais les ténèbres l’ont pris

J’aurais bien dû m’en douter
Elles étaient derrière tes yeux
Tu étais jeune, c’était l’été
J’ n’avais qu’à être audacieux,
Plonger et te gagner
Les ténèbres étaient l’enjeu

Je n’ fume pas de cigarette
Je ne bois pas d’alcool, et
N’ai pas encore eu d’amour mais
C’eut été quand tu voulais
Et rien d’autre que les ténèbres
N’a de sens que j’aie décelé

J’aimais jadis l’arc-en-ciel
Et j’aimais ce que l’on voit
J’aime le petit matin comme
Si c’était la première fois
Mais j’ai pris les ténèbres
Et je les ai pires que toi

J’ai pris les ténèbres
J’ai pris les ténèbres
Je buvais dans ton verre, et
J’ai dit : « Ca peut se transmettre ? »
Tu as dit : « Bois, c’est frais »


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)