"You are always on my mind!"

samedi 27 septembre 2014

Innocent When You Dream









Innocent When You Dream” est une chanson de Tom Waits, écrite pour la pièce de théâtre “Frank’s Wild Years”, figurant sur plusieurs de ses albums, mais aussi sur la bande sonore du film  « Smoke », et reprise aussi par Lisa Moscatiello. La voix invraisemblablement rauque et quasiment éructatoire de Tom Waits crée une atmosphère bien particulière, portant à imaginer que cette triste confession est chantée par un ivrogne, au bord de la folie*, déplorant ses erreurs et ses fautes par lesquelles son bonheur – ou son rêve – ont été brisés. Il est intéressant de noter que « You’re innocent when you dream » pourrait se comprendre comme s’adressant à l’autre (celle à qui l’on avait juré fidélité et que l’on a trahie), mais aussi de façon générique (« on est innocent quand on rêve ») : Une façon de dire que l’on est de bonne foi au moment des vœux et des promesses, mais que nos « démons »reprennent ensuite le dessus. On rejoint ainsi les drames personnels évoqués dans « The Days of Pearly Spencer » et « Home From the Forest ».
* "The bats are in the belfry", littéralement "Les chauve-souris sont dans le clocher", est une expression généralement utilisée pour évoquer la folie, comme, en français, "une araignée au plafond".
ALN


Tu es Innocent(e) quand tu dors

Au beffroi, les chauves-souris
Sur la lande, la rosée
Où sont les bras qui, jadis
Par amour m’étreignaient ?
Par amour m’étreignaient ?

Et toujours ce vieux cafard
Sur les champs, le jour se lève
Des souvenirs dont je m’empare
Mais tu es innocent(e) quand tu rêves
Quand tu rêves
Tu es innocent(e) quand tu rêves

Nous promettions toujours,
Devant les cimetières
D’être ensemble jusqu’au jour
De notre mise en bière
De notre mise en bière

Et toujours ce vieux cafard
Sur les champs, le jour se lève
Des souvenirs dont je m’empare
Mais tu es innocent(e) quand tu rêves
Quand tu rêves
Tu es innocent(e) quand tu rêves

En cadeau, j’avais juré
Que jamais elle ne pleure
Sur un médaillon doré
Mais j’ai brisé son cœur
Mais j’ai brisé son cœur

Et toujours ce vieux cafard
Sur les champs, le jour se lève
Des souvenirs dont je m’empare
Mais tu es innocent(e) quand tu rêves
Quand tu rêves
Tu es innocent(e) quand tu rêves


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

vendredi 26 septembre 2014

All My Trials








Cette chanson, merveilleusement interprétée par Peter Paul and Mary est adaptée (Peter Yarrow, Noel Paul Stookey, Milton Okun) d’une berceuse des Bahamas. Elle a été reprise, avec un texte plus ou moins proche de la version originale, par de nombreux artistes comme Pete Seeger, Joan Baez, Harry Belafonte, et Paul McCartney. Elle connut une immense popularité durant les mouvements protestataires des années 1950 et 1960, où elle était comprise comme évoquant la fin prochaine de la lutte sociale par la victoire, alors que la version originale exprimait, au contraire, la résignation. « All my trials… soon be over » se traduit littéralement par « Toutes mes épreuves seront bientôt terminées », mais le texte original comportait en introduction et refrain :
C’est-à-dire « Chut, petit bébé, ne pleure pas. Tu sais que ta maman est née pour mourir » (parfois écrit « bound to die », formulation encore plus triste, signifiant « destinée à mourir »).
Il s’agit donc d’une chanson exprimant la résignation face à un monde inique, mais aussi la foi en un au-delà de juste récompense, tout à fait comme dans « Swing low, sweet Chariot », chanson pouvant être mise dans la bouche d’un esclave voyant arriver la fin de sa vie… et de ses tourments, et trouvant, dans la religion de ses maîtres et exploiteurs, espoir et consolation. Quel paradoxe !
ALN



Tous Mes Tourments

Mes tourments, Seigneur, se terminent
Sur un petit livre qu’on m’avait donné
Chaque page proclamait « Liberté »
Mes tourments, Seigneur, se terminent

Si la vie éternelle pouvait s’acheter
Les riches vivraient, les pauvres mourraient
Mes tourments, Seigneur, se terminent

C’est trop tard, mes frères, trop tard, mais qu’importe
Mes tourments, Seigneur, se terminent


Les pèlerins disent qu’au paradis
On peut trouver « l’arbre de la vie »
Mes tourments, Seigneur, se terminent

C’est trop tard, mes frères, trop tard, mais qu’importe
Mes tourments, Seigneur, se terminent
Mes tourments, Seigneur, se terminent


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 21 septembre 2014

My Oh My







“My Oh My” est le sixième titre de l’album “Popular Problems”, qui sera disponible en France demain lundi, au lendemain du 80ème anniversaire de Léonard Cohen. Il y raconte ce qui pourrait s’apparenter à un « coup-de-foudre » et que l’on peut aisément imaginer : un visage radieux, des yeux pleins de vie et d’intelligence, une silhouette mouvante aux élégantes ondulations, des mains fines et délicates, et puis… le temps d’une brève étreinte, de pure convention – Bonjour, Bonsoir -  et le cœur chavire, l’esprit s’emballe !
Mais ce n’est qu’une passante (comme celles que chante Brassens sur le poème d’Antoine Pol, ou dans « Le Parapluie »), et bientôt un simple souvenir sur la route, auquel on repense aux soirs de lassitude.
ALN


Oh, Mon Dieu

Pas bien dur de t’aimer
Sans même essayer
Pas bien dur de t’aimer
Sans même essayer
T’étreignais juste un instant
Oh, mon Dieu, mon Dieu

T’ai conduite à la gare
Sans demander pourquoi
T’ai conduite à la gare
Sans demander pourquoi
T’étreignais juste un instant
Oh, mon Dieu, mon Dieu

Tous les gars font des signaux
Pour capter ton regard
Tous les gars font des signaux
Pour capter ton regard
T’étreignais juste un instant
Oh, mon Dieu, mon Dieu

Pas bien dur de t’aimer
Sans même essayer
Pas bien dur de t’aimer
Sans même essayer
T’étreignais juste un instant
Oh, mon Dieu, mon Dieu


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)