"You are always on my mind!"

vendredi 27 février 2009

Six Days on the Road


"Well I pulled out of Pittsburgh headin' down that Eastern seaboard
I got my diesel wound up and she's running like never before
There's a speed zone ahead but all right
I don't see a cop in sight
Six days on the road and I'm gonna make it home tonight."
[...]




Cette chanson de Earl Green et Peanut Montgomery a été immortalisée par Dave Dudley, et s'est imposée comme un véritable hymne auprès des chauffeurs routiers américains.
Le rythme entraînant et martelé, et la diction particulière de Dave Dudley, mêlés au jargon des camionneurs américains, sont superbement représentatifs.
On peut en outre s'amuser un peu du politiquement correct / incorrect de ce texte.

Ce qui, il y a quelques décennies, était toléré avec une bienveillance amusée ne le serait, bien heureusement, plus aujourd'hui : le chauffeur se vantant de ses excès de vitesse, de la surcharge de son camion et de sa façon de tricher lors de la pesée, sans parler des "petites pilules blanches" qui le tiennent éveillé...
Tout cela paraît maintenant choquant, car la sécurité routière n'est plus prise à la légère.

Inversement, l'allusion aux routiers interrégionaux ou internationaux qui émaillent leurs longs parcours d'aventures féminines plus ou moins exotiques, reste très pudique et "correcte", le chanteur assurant "qu'il n'est pas comme cela, lui !".

Cette chanson est donc bien représentative de son époque... révolue.

O tempora, O mores !

PS 1 : J'avoue, à ma grande honte, avoir été incapable de traduire fidèlement certains termes de l'argot ou du jargon des routiers américains. "A Jimmy and a White" désignent respectivement un "tracteur" GMC et un White Freightliner. Merci à Hugh Hood pour ses éclaircissements.

PS 2 : Au hasard de mes recherches sur le Web, j'ai trouvé la version chantée par Claude François. Plus rien à voir avec les chauffeurs routiers : c'est une mélopée un peu sirupeuse et narcissique, relatant les états d'âme de la "star" en tournée et poursuivie par les fans ! J'apprécie modérément, et j'y trouve une raison de plus de restituer aux amateurs francophones le sens originel (et plus original) de la chanson anglaise.



Six Jours sur la Route

Depuis Pittsburgh, de descends sur la côte orientale.
J’ai fait régler mon diesel ; il tourne avec un bruit musical.
Je roule un peu trop vite, mais, bon,
Pas de flic à l’horizon !
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Une boîte à dix vitesses, dont une surmultipliée.
J’ai pris de p’tites pilules blanches ; j’ai les yeux écarquillés.
Je double un semi et un fourgon,
Et tout ce qui s’pointe à l’horizon.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Comme le dernier baiser de ma chérie me semble lointain.
Je pourrais avoir d’autres femmes, mais je ne suis pas comme certains
Qui ne pensent qu’à courir le jupon,
Mais je ne peux pas croire qu’ils aient raison.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Il y a un contrôle avec un radar.
Je suis en surcharge et mon mouchard a trois jours d’retard.
Ca m’est égal, de toute façon,
Je sais faire peser mon camion.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Oui, ma caisse est un peu vieille,
Mais elle fait des merveilles,
Avec des détonations
D’la fumée noire comme du charbon.
J’vois ma ville à l’horizon,
Si tu m’crois heureux, t’as raison.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

(Traduction : Polyphrène)

dimanche 22 février 2009

The Wabash Cannonball


Out from the wide Pacific ocean to the broad Atlantic shore
She climbs flowery mountain, o'r hills and by the shore
Although she's tall and handsome, and she's known quite well by all
She's a regular combination of the Wabash Cannonball.

Oh, the Eastern states are dandy, so the Western people say
Chicago, Rock Island, St. Louis by the way
To the lakes of Minnesota where the rippling waters fall
No chances to be taken on the Wabash Cannonball.

Oh, listen to the jingle, the rumor and the roar
As she glides along the woodland, o'r hills and by the shore
She climbs the flowery mountain, hear the merry hobos squall
She glides along the woodland, the Wabash Cannonball.

Oh, here's old daddy Cleaton, let his name forever be
And long be remembered in the courts of Tennessee
For he is a good old rounder 'til the curtain 'round him fall
He'll be carried back to victory on the Wabash Cannonball.

I have rode the I.C. Limited, also the Royal Blue
Across the Eastern countries on Elkhorn Number Two
I have rode those highball trains from coast to coast that's all
But I have found no equal on the Wabash Cannonball.

Oh, listen to the jingle, the rumor and the roar
As she glides along the woodland, or hills and by the shore
She climbs the flowery mountain, hear the merry hobos squall
She glides along the woodland, the Wabash Cannonball



L'histoire de cette chanson, très grand classique de la Country, se perd un peu dans un passé pourtant pas si lointain que cela, celui des lignes de chemin de fer qui ont, en quelques décennies, transformé la vie (et les paysages).
L'un des premiers et plus célèbres enregistrements est celui de Roy Acuff.

Le train a été une large source d'inspiration pour les poètes et les chanteurs, que ce soit lors de son apparition ou de sa disparition (cf. City of New Orleans, Le train du Nord...). Le "Wabash - Cannonball" est ainsi, d'abord, né de l'imagination, semble-t-il, de cheminots, avant que ce nom, ainsi rendu célèbre, ne soit donné à un véritable train. Wabash vient du français "Ouabache", transcrit du nom donné par les Indiens à la rivière qui descend entre Indiana et Illinois pour aller finalement gonfler les eaux du Mississipi.

Il semble que cette chanson ait été d'abord transmise de bouche de cheminot à oreille de cheminot, de sorte que certains passages sont un peu obscurs. Chaque interprète a donc "interprété" le texte à sa manière, d'où l'existence de différentes versions. Ces multiples altérations concernent en particulier le nom et le rôle du "père Cleaton". De longues discussions à ce sujet apportent quelques éclaircissements, et posent de nouvelles questions.

De très nombreux interprètes ont repris cette chanson, sorte de passage initiatique de la Country Music.


Le Wabash - Boulet – de - Canon

De l’immense océan Pacifique aux rivages de l’Atlantique
Des montages fleuries aux plages et aux criques
Bien qu’il soit si grand, si beau, quelque soit non renom
Ce n’est qu’un train régulier nommé Wabash boulet-d’canon.

Oh, les états de l’Est sont chics ; c’est ce que disent ceux de l’Ouest
A Chicago, Rock-Island, Saint-Louis comme, du reste,
Sur les lacs du Minnesota et les cascades en amont,
Pas question de monter à bord du Wabash – boulet-d’canon.

Ecoutez son cliquetis, rumeur et grondement
Quand il glisse le long des bois vers les rivages charmants.
Il gravit les monts aux cris des cheminots, gais lurons.
Il glisse le long des forêts, le Wabash – boulet-d’canon.

Et voici le père Cleaton. Son nom soit dans les récits
Et les mémoires pour toujours, dans les cours du Tennessee,
Car c’est un sacré bon vieux. Quand les rideaux tomberont,
Qu’il soit ramené victorieux sur le Wabash – boulet-d’canon.

J’ai pris l’Inter-Continental, aussi le Royal-Bleu
Traversé les états de l’Est sur l’Elkhorn Deux
J’ai pris ces Express qui roulent d’une côte à l’autre à fond,
Mais je n’ai pas trouvé mieux que le Wabash – boulet-d’canon.

Ecoutez son cliquetis, rumeur et grondement
Quand il glisse le long des bois vers les rivages charmants.
Il gravit les monts aux cris des cheminots, gais lurons.
Il glisse le long des forêts, le Wabash – boulet-d’canon.

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 18 février 2009

(I Never Promised You a) Rose Garden


"I beg your pardon,
I never promised you a rose garden.
Along with the sunshine,
There's gotta be a little rain sometimes."
[...]




Cette chanson de Barry Harris et Joe South, chantée avec un immense succès par Lynn Anderson, reprise depuis par de nombreux artistes dont Martina McBride, Loretta Lynn, Kate Campbell... fait partie de la majorité des compilations de Country Music.


Emblématique de la chanson Country, elle est aussi universelle et intemporelle par son thème. Quel est le couple qui n'a pas été, un jour ou l'autre, malmené, voire menacé par les épreuves de la vie ?

Georges Brassens l'a si bien dit, dans "Les Amoureux des Bancs Publics" :

"Quand les mois auront passé

Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants,
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds..."

Vient un jour, en effet, où l'on regrette même les épines !



(Je ne t'ai pas promis de) Rose sans épine


Ne fais pas cette mine,

Je n’ t’ai pas promis de rose sans épine.
Avec le beau temps,
La pluie doit bien tomber de temps en temps.
Si tu prends, tu dois donner,
Gagner sans gêner,
Ou laisser
Ne fais pas cette mine,
Je n’ t’ai pas promis de rose sans épine.

Je pourrais te promettre

De l’or et des diamants
Mais on ne voit pas naître
De roses sur le chiendent.
Alors, réfléchis un instant.
Si l’on pouvait tout avoir juste en chantant,
Je t’offrirais le monde sur un plateau d’argent.
A quoi bon, cependant ?
Alors, souris donc et soyons joyeux,
L’amour n’est pas si ténébreux.
Viens tant qu’il est temps
Partager le bon temps.

Ne fais pas cette mine,

Je n’ t’ai pas promis de rose sans épine.
Avec le beau temps,
La pluie doit bien tomber de temps en temps.


Ne fais pas cette mine,

Je n’ t’ai pas promis de rose sans épine.

Je peux t’en chanter une,

Te promettre la lune,
Mais si c’est c’ qu’il faut pour te garder
J’aime autant laisser tomber,
Mais il faut que je te mette en garde :
Avant de sauter, regarde
Si tu n’as pas pied,
Et s’il y quelqu’un pour t’empêcher de te noyer.
Tu sais de quoi je peux témoigner.
Alors, souris donc et soyons joyeux,
L’amour n’est pas si ténébreux.
Viens tant qu’il est temps
Partager le bon temps.

Ne fais pas cette mine,

Je n’ t’ai pas promis de rose sans épine.
Avec le beau temps,
La pluie doit bien tomber de temps en temps.

(Traduction : Polyphrène)

dimanche 15 février 2009

I'll Walk Alone


"I'll walk alone because, to tell you the truth, I'll be lonely
I don't mind being lonely
When my heart tells me you are lonely, too"
[...]




Cette chanson écrite en 1944 par Sammy Cahn sur une mélodie de Jule Styne a été chantée par Dinah Shore (sur la bande sonore du film "Follow the Boys") et par Clint Eastwood (sur la bande sonore du film "Flags of our Fathers").
Bien que le thème de la séparation des amants qui se sont juré fidélité soit intemporel, l'histoire de cette chanson est précisément liée à celle de la deuxième guerre mondiale, ou de nombreux jeunes couples furent séparés durant de longs mois ou années.
Leurs échanges épistolaires exprimaient avec pudeur et poésie l'intensité de leur amour, l'ardeur de leur espoir, mais aussi la force de leur angoisse.


Je marcherai seule

Je march’rai seule, parce que, en vérité, je serai seule.
Ca m’est égal d’être seule
Quand mon cœur dit que tu es seul aussi.

Je march’rai seule ; si on m’interroge, je dirai qu’ je préfère ;
J’ai tant de rêves à refaire,
Rêves que nous fîmes au premier soir d’amour.

Je serai près de toi, où que tu sois, nuit et jour,
Dans chaque prière.
J’entendrai ton appel si loin que tu sois ;
Ferme les yeux, je serai là.


Marche seul ; envoie moi tes baisers pour guider mon amour
Je march’rai seule en attendant ton retour
Je serai près de toi, où que tu sois, nuit et jour,
Dans chaque prière.

J’entendrai ton appel si loin que tu sois ;
Ferme les yeux, je serai là.
Marche seul ; envoie moi tes baisers pour guider mon amour
Je march’rai seule en attendant ton retour
Je march’rai seule

vendredi 13 février 2009

The Devil Went Down to Georgia


The devil went down to Georgia, he was looking for a soul to steal.
He was in a bind 'cos he was way behind: he was willin' to make a deal.
When he came across this young man sawin' on a fiddle and playin' it hot.
And the devil jumped upon a hickory stump and said: "Boy let me tell you what:
"I bet you didn't know it, but I'm a fiddle player too.




Un monument de la Country Music, cette chanson de Charlie Daniels est tout à fait réjouissante, non seulement par la malice du thème, très classique (le virtuose qui relève le défi du démon), mais aussi et surtout par ses intermèdes musicaux qui permettent aux violonistes de faire un véritable concours de virtuosité.

La première partie est récitée, généralement non chantée, mais un peu scandée (les "rappeurs" n'ont pas tout inventé !), tandis que la deuxième partie est chantée, en alternance avec des intermèdes joués au violon avec une rapidité et une dextérité proprement diaboliques.

Les thèmes musicaux que Johnny est supposé jouer sont listés avec des titres qui ont largement prêté à discussion, car sans doute en partie dictés par la rime, et que j'ai donc adaptés plus que traduits.

A noter une version originale et très intéressante : Jerry Reed et Chet Atkins (roi du "picking") faisant un concours de virtuosité non pas au violon (comme dans les autres versions) mais à la guitare !


Le Diable est venu en Géorgie

Le diable est v’nu en Géorgie ; il cherchait une âme à chaparder.
Il était coincé : le compte n’y était pas ; il était prêt à marchander.
Quand il rencontra ce jeune gars et son archer bondissant, il s’avança.
Le diable sauta sur le tronc d’un noyer et lui dit : « Mon gars, écoute ça »
« Je parie que tu n’sais pas : je joue du violon aussi,
Et si tu veux tenter ta chance, je propose un pari.
Tu es un violoniste formidable, mais donne son dû au diable.
Je parie ton âme contre un violon en or, car je suis sûr d’être imbattable ».
Le gars dit « J’ m’appelle Johnny, et même si c’est péché,
Je prends le pari. Tu le regretteras : je suis le meilleur, sans tricher.


Vas-y, Johnny, lève ton archer, fait le jouer au mieux,
Car les portes de l’enfer s’ouvrent et le diable est sérieux,
Et si tu es plus fort, tu gagnes ce fabuleux violon,
Mais si tu perds, ton âme est au démon.

Le diable ouvrit son écrin et dit : « Je vais commencer »
Le feu jaillit du bout de ses doigts enduisant son archer.
Il le fit glisser sur les cordes avec des sifflements d’enfer.
Ca donnait à peu près ceci quand les démons entonnèrent.
Quand le diable eut fini, Johnny dit : « Bon, mon vieux, tu es doué,
Mais si tu veux bien t’asseoir là, je vais te montrer comment jouer ».

Au feu, au feu, les pompiers.
Le diable et les portes du pénitencier.
Les poussins picorent dans la boîte à pain.
Mammy, mord-il, ton chien ?
Non, Voyons !

Le diable baissa la tête, sachant que c’était fini,
Et il posa le violon en or aux pieds de Johnny.
Johnny dit : « Eh, diable, reviens donc quand tu veux te mesurer à moi,
Je t’avais dit, fils de garce, je suis le plus adroit. »

Et il joua : Au feu, au feu, les pompiers.
Le diable et les portes du pénitencier.
Les poussins picorent dans la boîte à pain.
Mammy, mord-il, ton chien ?
Non, Voyons !

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 11 février 2009

First We Take Manhattan


"They sentenced me to twenty years of boredom
For trying to change the system from within
I'm coming now, I'm coming to reward them
First we take Manhattan, then we take Berlin"
[...]




Revoilà Léonard Cohen, avec un texte tout aussi énigmatique que les autres : l'auditeur peut imaginer une contestation de la société de consommation et de la façon dont elle impose ses modèles et ses paradoxes : pousser à la consommation, donc à la boulimie, et donner en exemple des mannequins anorexiques.
Diverses lectures sont possibles, le premier degré n'étant probablement pas approprié.
On peut aussi se laisser entraîner par la mélodie, insistante, et par la voix plus gutturale que jamais de Léonard Cohen...


Nous Prenons Manhattan

Ils m’ont condamné à vingt années d’ennui
Pour avoir sapé le système en déclin.
Ils vont payer, ils vont payer aujourd’hui :
Nous prenons Manhattan, nous prendrons Berlin.

Je suis guidé par un signe au firmament,
Je suis guidé par ma tache lie-de-vin,
Je suis guidé par notre bel armement.
Nous prenons Manhattan, nous prendrons Berlin.

J’aimerais vraiment vivre auprès de toi, tu sais.
J’aime ton corps, et ton âme, et tes vêtements,
Mais tu vois, dans la gare, cette file s’avancer.
Je t’ai dit, je t’ai dit, t’ai dit : j’étais dans ses rangs.

Tu m’as aimé comme un perdant ; maintenant, tu crains que je domine.
Tu sais comment m’arrêter, mais tu n’as pas la discipline.
Combien de nuits ai-je prié pour avancer mon dessein ?
Nous prenons Manhattan, nous prendrons Berlin.

Je hais ces vendeurs de mode flatteurs,
Et je hais leurs drogues pour couper la faim,
Et je hais ce qu’ils ont fait à ma sœur.
Nous prenons Manhattan, nous prendrons Berlin.

J’aimerais vraiment vivre auprès de toi, tu sais.
J’aime ton corps, et ton âme, et tes vêtements,
Mais tu vois, dans la gare, cette file s’avancer.
Je t’ai dit, je t’ai dit, t’ai dit : j’étais dans ses rangs.

Et merci pour ce que tu m’as procuré :
Le singe et son violon de carton peint.
J’ai répété ; maintenant, je suis prêt.
Nous prenons Manhattan, nous prendrons Berlin.

Je suis guidé par un signe au firmament,
Je suis guidé par ma tache lie-de-vin,
Je suis guidé par notre bel armement.
Nous prenons Manhattan, nous prendrons Berlin.

Ah, rappelle-toi, pour la musique je vivais.
Rappelle toi, j’allais chercher ton pain.
C’est la fête des pères, et tout le monde est blessé.
Nous prenons Manhattan, nous prendrons Berlin.

(Traduction : Polyphrène)

lundi 9 février 2009

El Paso


"Out in the West Texas town of El Paso
I fell in love with a Mexican girl.
Night-time would find me in Rosa's cantina;
Music would play and Felina would whirl."
[...]



Un vrai roman, cette chanson de Marty Robbins, en quatre chapitres :
- L'amour passionné mais, apparemment, non réciproque.
- La jalousie, le défi, et le crime.
- La fuite et l'exil.
- Le retour et la mort dans les bras de la bien-aimée.

Avec une mélodie très enlevée, un rythme original, et une voix somptueuse, cette chanson country typique fait partie des grands classiques du genre.


El Paso

A l’ouest du Texas, dans la ville d’El Paso
Pour une belle mexicaine mon cœur battait.
Au soir j’étais à l’auberge, près du piano ;
Sur la musique, Felina virevoltait.

Les yeux de Felina, plus noirs que la nuit,
Lançaient des éclairs qui vous envoutaient.
J’aimais cette serveuse plus fort que ma vie ;
C’était en vain, sans réciprocité.

Un soir, un jeune cowboy plein d’audace,
Libre comme le vent du Texas,
Etait à ma place,
Buvant face-à-face,
Avec Felina
Mon amour à moi.

Alors, en colère,

J’ai contesté son droit de chercher à lui plaire ;
Sa main descendit vers son revolver.
Son défi fut relevé en un éclair ;
Et le beau cowboy s’effondra, mort, à terre.

Un bref instant, je suis resté en silence,
Choqué par mon crime et ses conséquences.
J’ai compris enfin, en retrouvant mes sens,
Qu’il me fallait fuir : c’était ma seule chance.

Alors, par la porte arrière j’ai filé,
Où les chevaux sont attachés.
L’un d’eux me semblait
Prêt pour la chevauchée ;
Un bond sur son dos,
Et je file au galop.

Aussi vite que je

Peux loin du Texas et la ville d’El Paso,
Au Nouveau Mexique, pour sauver ma peau.

A El Paso, on n’ donne pas cher de ma vie,
Mais ma vie est vide et sans but ici.
Depuis si longtemps je n’ai vu son sourire,
Mon amour surpasse ma peur de mourir.

En selle, à nouveau, me voila parti,
Chevauchant seul dans la nuit.
Je crains que demain
La mort soit mon destin,
Mais, ce soir la pire douleur
Est celle de mon cœur.

Et puis enfin, je

Suis sur la colline qui domine El Paso,
Je vois l’auberge et j’entends le piano.
Je sens mon cœur qui bat dans ma poitrine ;
Vers Felina, je descends la colline.

A ma droite, je vois surgir cinq cavaliers,
A ma gauche encore une douzaine au moins,
Criant et tirant, mais je dois essayer
D’atteindre la porte sans être rejoint.

Mais, ça ne va pas car je sens monter
Une douleur vive au côté,
Et bien que j’essaie
De me tenir en selle,
La douleur cruelle
Fait que je chancelle.

Mais mon amour

Pour Felina est si fort que je me relève ;
Malgré ma torpeur, je n’ peux faire de trêve.
Je vois la fumée blanche de la carabine ;
Je sens la balle pénétrer ma poitrine.

Comme par magie, Felina bien-aimée
Est là qui m’embrasse, les larmes aux yeux.
Bercé par les bras que je meurs d’aimer,
Juste un baiser et, Felina, Adieu.

(Traduction : Polyphrène)

lundi 2 février 2009

Anniversary Song


"Oh, how we danced on the night we were wed!
We vowed our true love, though a word wasn't said.
The world was in bloom. there were stars in the skies,
Except for the few that were there in your eyes."
[...]





Chanson de Al Jolson and Saul Chaplin, reprise par de nombreux artistes, notamment Tom Jones, et devenue chanson-culte au point d'être de temps à autre parodiée, elle prend pour cadre un anniversaire de mariage, et donne l'occasion aux (vieux) époux de jeter un regard sur le passé, et de revivre l'instant magique de leur mariage.

Cependant, le charme de cette chanson ne repose pas que sur la nostalgie. Du reste, bien souvent, les noces sont une période, pour les époux, de stress et d'agitation plus que de tendre intimité.

Ce que peut ou veut célébrer cette chanson, ce sont plutôt ces quelques instants de la vie d'un couple où, dans une émotion commune,
une main cherche l'autre,
les doigts se serrent,
les cœurs battent,
les âmes se rejoignent.

Le temps qui passe ne fait qu'accroître l'intensité et la valeur de ces instants,
où toute une vie d'amour se trouve concentrée...

Du "big bang" au "big pang" !


Les Noces d'Or

Comme nous dansions, le soir de notre union ;
Nos cœurs proclamaient l’amour que nous taisions :
Le monde fleurissait ; les étoiles dans les cieux
Brillaient moins que celles qui brûlaient dans tes yeux.

Quand nous étions enlacés, face à face,
Les anges chantaient les louanges de ta grâce,
Deux cœurs battaient ensemble, murmurant
« Je t’aime tant ».

A l’aube, le soleil incendia les nuées ;
La nuit s’effaçait, mais la danse continuait.
Puissions nous, revivant ce sublime instant,
Voir que notre amour a résisté au temps.

Quand nous étions enlacés, face à face,
Les anges chantaient les louanges de ta grâce,
Deux cœurs battaient ensemble, murmurant
« Je t’aime tant ».

(Traduction : Polyphrène)

dimanche 1 février 2009

I'll Be Seeing You


I’ll Be Seeing You
"I'll be seeing you
In all the old familiar places
That this heart of mine embraces
All day and through"
[...]




Cette chanson de Sammy Fain et Irving Kahal, rendue célèbre par Billie Holiday, décrit la naissance d'un amour (éphémère, à moins que ?) à Paris au printemps (bien que les derniers vers de ce texte n'aient été chantées qu'occasionnellement par Billie Holiday).

Le charme de Paris, ses jardins publics, ses cafés, ses allées et ses arbres, se confond alors avec le souvenir nostalgique de l'amour qui a éclos, mais n'a pas eu le temps de fleurir.

Hors du contexte de sa création, cette chanson peut être interprétée comme la rémanence du souvenir de l'être aimé, après son départ... ou son décès : son âme est présente dans toutes nos pensées, dans chaque geste de la vie de chaque jour, dans chaque image que nous renvoie le décor désormais vide, dans chaque objet familier supposé inanimé, mais qui parle d'elle...


(Pour AM)



Je te reverrai


Je te reverrai
Dans ces lieux qui nous furent familiers
Auxquels mon cœur t’a associée
Quand tu entrais
Dans ce p’tit café
Au parc du bout d’ l’allée
Son manège et ses jeux
Ses marronniers
Son puits aux vœux

Je te reverrai
Dans chaque belle journée d’été
Dans tout ce qui est gai et léger
Et qui à toi me fait songer.

A l’aube, je te trouverai
Quand viendra la nuit brune
Je regarderai la lune
C’est toi que je verrai.

Je te reverrai
Dans chaque belle journée d’été
Dans tout ce qui est gai et léger
Et qui à toi me fait songer.

A l’aube, je te trouverai
Quand viendra la nuit brune
Je regarderai la lune
C’est toi que je verrai.

Les cloches fêtaient bruyamment
Notre amour naissant
Etait-ce le charme de Paris,
Ou juste le printemps ?
Reverrons-nous la féerie
D’un matin d’amour carillonnant ?

(Traduction : Polyphrène)