"You are always on my mind!"

vendredi 31 octobre 2008

The Boxer (bis)


And the years are rollin’ by me.
They are rockin’ evenly.
I am older than I once was, and younger than I’ll be.
That’s not unusual.
It isn’t strange,
After changes upon changes, we are more or less the same
After changes, we are more or less the same.
Lie-la-lie ...


Retour sur "The Boxer"!
J'avais omis, dans mon précédent billet sur cette chanson, de retranscrire et traduire un couplet que Paul Simon n'a chanté que de façon occasionnelle. J'ignorais même son existence lorsque, il y a quelques années, je l'ai entendu à la radio, en voiture, pour la première fois...

Et j'ai pleuré !

Pleuré sur ma jeunesse disparue, pleuré sur mes rêves d'enfant évanouis,
Pleuré sur mes souffrances passées, pleuré sur mes angoisses de l'avenir,
Pleuré sur ceux qui m'ont quitté,
Pleuré sur ceux qui s'éloignent,
Pleuré de constater qu'après toutes ces années, j'ai cru changer, mais je suis le même : aussi fragile, aussi naïf, aussi rêveur...

Mais, maintenant, je sais !

Je sais que tout disparait, je sais que ce qui est passé est passé,
Je sais que je ne ferai pas ce que je n'ai pas fait,
Et que ce que j'ai fait ne s'effacera jamais.

Je sais que je ne vis que parce qu'elle est à mes côtés.
Si pénible que soit sa vie,
Si difficile que soit notre vie,

Je sais que je l'aime.

Et je pleure car nous ne sommes pas éternels.


Le Boxeur

Je ne suis qu’un pauv’ gars, dont on n' raconte pas l'histoire
Mais j’ai gaspillé ma jeunesse

Pour quelques bouchées de pain noir et pour des promesses

Que des sornettes, mais on croît ce que l’on veut croire

Et l’on méconnaît le reste.


Je n'étais encore qu'un garçon quand j'ai quitté mon foyer

En compagnie des étrangers à la gare attendant le train, j'étais effrayé
Baissant le nez, dans les quartiers les plus pauvres, où vont les gens en haillons,

Je cherchais les taudis qu’ils prennent pour maison

Lie la lie...


Même pour un salaire de misère je n’ai pu trouver ni job,
ni proposition
Sinon celle des prostituées d' la rue de la Nation

Je me sentais parfois si seul que dans leur corps

J’ai pris du réconfort

La la la la...


Et roulent sur moi les années, elles passent et roulent sans arrêt
Je suis plus vieux que je n’étais, plus jeune que je n’ serai,

Mais quoi de plus banal !

Est-ce normal ?

Bien que l'on change et change encore, on reste à peu près le même

Bien que l'on change, on reste à peu près le même

La la la la...


Je ressors mes vêtements d’hiver et je voudrais retrouver
Mon foyer

Où je ne serai pas saigné par les vents glacés

Me chassant vers mon foyer


Dans la clairière marche un boxeur, avec une âme de lutteur

Portant les traces de tous les coups

Des poings qui l’ont atteint et l’ont abattu jusqu’à ce qu’il crie

Dans sa colère et sa honte, j’abandonne, j’abandonne

Mais il demeure un lutteur

Lie la lie...

I walk the line


"I keep a close watch on this heart of mine
I keep my eyes wide open all the time.
I keep the ends out for the tie that binds
Because you're mine, I walk the line"[...]

C'est le premier grand succès de Johnny Cash qui est revenu dans ma tête cette nuit. Cette proclamation de fidélité est touchante, bien que les promesses ne soient que des promesses, comme l'auteur lui-même a pu le démontrer quelques années plus tard...*

Néanmoins, la force canalisatrice de l'amour est pour moi une évidence, en particulier pour la construction d'une hiérarchie de valeurs, qui prend tout son sens dans certaines circonstances, comme l'éducation des enfants et la confrontation à la maladie. Ce sont des situations où l'on doit identifier l'essentiel, et tout faire pour le préserver. L'amour donne la force de surmonter les difficultés, et en sort renforcé.

Je ne marche pas toujours très droit, mais il me suffit de la regarder et l'écouter pour me réorienter.


Je marche droit

Je ne laisse pas mon cœur vagabonder
Je ne laisse pas mes yeux se balader
Je tiens le lien qui me relie à toi
Je marche droit car tu es à moi

Il m’est facile de te rester fidèle
Je reste seul le soir à la chandelle
Je reconnais que je suis fou de toi
Je marche droit car tu es à moi

Comm’ le jour est clair et la nuit est noire
Tu es toujours l’objet de mon espoir
Mon bonheur récompens’ ma foi en toi
Je marche droit car tu es à moi

Tu sais comment capter mon attention
Pour toi je n’peux pas cacher ma passion
Je soulèv’rais des montagnes pour toi
Je marche droit car tu es à moi

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 29 octobre 2008

Highwayman


"I was a highwayman.
Along the coach roads I did ride
With sword and pistol by my side
Many a young maid lost her baubles to my trade
Many a soldier shed his lifeblood on my blade
The bastards hung me in the spring of twenty-five
But I am still alive."[...]

Quoi de plus formidable que de réunir quatre des plus grandes voix du Country (Kris Kristofferson, Johnny Cash, Waylon Jennings, Willie Nelson) ? J'aurais voulu être présent lors de la première !

D'un autre côté, le thème de la métempsychose n'est pas ma tasse de thé, et le style "mauvais garçons" qu'avaient adopté les quatre compères lors de cette tournée dans les années 80 est un peu sur-joué. Il est intéressant de le mettre en perspective avec la période très religieuse de Johnny Cash au "troisième âge" : évolution tout à fait représentative de l'état d'esprit de l'Amérique profonde, qui tolère les égarements - temporaires - pour autant qu'ils permettent de rejouer l'épisode de l'enfant prodigue et de mettre en exergue la morale du retour vers le droit chemin et la rédemption.


Malandrin

J’étais un malandrin, un bandit de grand chemin
Avec pistolet et surin
Plus d’une servante perdit ses bijoux dans mes mains
Plus d’un soldat perdit la vie sous mon gourdin
Les bâtards m’ont pendu en vingt-cinq au printemps
Je suis toujours vivant

J’étais un marin. Pour naviguer j’étais né
A la mer j’appartenais
Du Cap Horn à Mexico sur une goélette
Au mat j’ai voulu grimper pendant la tempête
Quand les cordes ont cédé ils disent que je suis mort
Mais je vis encore

J’édifiais des barrages, sur le fleuve large et profond
Où l’eau à l’acier se confond
En Colorado, à Boulder dans les environs
Je suis tombé dans un grand coffrage de béton
Enterré dans cette tombe qui ne voit plus le jour
Mais je rode alentour, je roderais toujours, et toujours, et toujours, et toujours, et toujours…

Mon vaisseau spatial vole aux confins de l’univers
Et quand je toucherai la terre
Je trouverai où reposer mon âme, j’espère
Puis deviendrai peut-être un brigand à nouveau
Ou tout simplement une petite goutte d’eau
Mais je resterai
Et je reviendrai, de nouveau, de nouveau, de nouveau, de nouveau…

mardi 28 octobre 2008

Lady Midnight


"I came by myself to a very crowded place;
I was looking for someone who had lines in her face.

I found her there but she was past all concern;
I asked her to hold me, I said, "Lady, unfold me,"
But she scorned me and she told me

I was dead and I could never return. "[...]


Pour Léonard Cohen, hermétique rime avec poétique comme onirique rime avec ésotérique, mais il est inégalable pour créer une atmosphère étrange et captivante. "Lady Midnight" en est l'illustration parfaite, avec une mélodie insistante dont on ne peut se défaire.

La traduction d'un texte hermétique comme celui-ci est un exercice périlleux, où il faut choisir un chemin qui n'est peut-être pas celui qu'a suivi l'auteur. Traduire sans trahir est difficile, mais n'est un risque à courir !


Lady Minuit

Je vins par moi-même sur une place surpeuplée

Je cherchais le visage d’une femme à contempler
Je l’ai trouvée mais elle était hors de portée

J’ai dit « Tends-moi la main, Lady, viens me libérer"
Mais elle me dit avec dédain
"Sans retour, tu es à jamais défunt. "
J’ai nié, toute la nuit, comme tant d’autres avant moi
Disant « Quoi que tu m’offres, il m’en faudra plus encore, je crois »

Puis je m’agenouillais à l’endroit qu’elle pointait
« Ne feints pas de me repousser, ni de m’exploiter,
Gagne moi, ou perd moi.
C’est pour ça qu’est faite l’obscurité
"
J’ai crié « Oh, Lady Minuit, j’ai peur que tu vieillisse,
Les étoiles te dévorent, et le vent te refroidisse »
« Si nous pleurons », dit-elle, « ce ne sera qu’en vain ».

Et j’ai marché jusqu’au matin, au doux petit matin,

Je l’entendais qui m’appelait :

« Tu m’a gagnée, tu m’as gagnée, seigneur »

« Tu m’a gagnée, tu m’as gagnée, seigneur »

« Oui, Tu m’a gagnée, tu m’as gagnée, seigneur »

« Oh, Tu m’a gagnée, tu m’as gagnée, seigneur »

« Oh, Tu m’a gagnée, tu m’as gagnée, seigneur »


(Traduction: Polyphrène)

lundi 27 octobre 2008

Who by Fire


"And who by fire, who by water,
Who in the sunshine, who in the night time,
Who by high ordeal, who by common trial,
Who in your merry merry month of may,
Who by very slow decay,
And who shall I say is calling? [...]"


De nouveau Léonard Cohen, avec une de ses chansons les plus typiques : incisive, hermétique, violente, servie par une mélodie répétitive, lancinante.
Cette énumération des mille façons de finir sa vie se prête à de multiples interprétations, et, comme de nombreux textes de Léonard Cohen, laisse à chacun le soin d'y trouver un sens.
On peut même imaginer Saint Pierre aux portes du paradis, annonçant les nouveaux venus...
Cette évocation conduit naturellement à "La Prière (Je vous salue, Marie)" de Francis Jammes, chantée par Georges Brassens. A priori, rien à voir ! Et pourtant...


Voici ma traduction, qui ne cherche pas à rivaliser avec les autres, mais tente de préserver le sens et le rythme, pour pouvoir être chantée.

Qui par le Feu

Qui par noyade, qui sur le bûcher

Qui en plein soleil, qui la nuit tombée

Qui par arbitraire, qui par un procès

Qui en ce joyeux, joyeux mois de juin

Qui par un très long déclin

Et qui devrais-je annoncer ?


Et qui dans sa déchéance, qui par somnifères,

Qui au pays de l’amour, qui blessé par le fer

Et qui par avalanche, qui par la mine

Qui par avarice, qui par famine

Et qui devrais-je annoncer ?


Et qui résolument, qui par accident

Qui dans la solitude, qui dans ce miroir,

Qui sur ordre de sa dame, qui volontairement

Qui avec des chaînes, qui au pouvoir,

Et qui devrais-je annoncer ?


(Traduction : Polyphrène)

dimanche 26 octobre 2008

Peace in the valley


"Oh well, I’m tired and so weary
But I must go alone
Till the lord comes and calls, calls me away, oh yes
Well the morning's so bright
And the lamp is alight
And the night, night is as black as the sea, oh yes

There will be peace in the valley for me, some day
There will be peace in the valley for me, oh Lord I pray
There'll be no sadness, no sorrow
No trouble, trouble I see
There will be peace in the valley for me, for me

Well the bear will be gentle
And the wolves will be tame
And the lion shall lay down by the lamb, oh yes
And the beasts from the wild
Shall be lit by a child
And I'll be changed, changed from this creature that I am, oh yes

There will be peace in the valley for me, some day
There will be peace in the valley for me, oh Lord I pray
There'll be no sadness, no sorrow
No trouble, trouble I see
There will be peace in the valley for me, for me"




Un grand classique, quasi incontournable, cette chanson de Thomas A Dorsey, chantée par d'innombrables artistes dont Elvis Presely, Johnny Cash, et Jim Reeves, dont la version a ma préférence...

En dépit de mon allergie au mysticisme, je ne peux rester indifférent à cette lente mélodie, qui soutient l'espoir d'arriver au bout du voyage pour trouver enfin la sérénité et la paix.

La fin des soucis, des angoisses, des souffrances,
la fin des questions, la fin des doutes,
la fin des remords et la fin de la honte,
la fin de la peur...

Ma vie me fait souvent penser au trajet d'un équilibriste sur son fil. Il a hâte d'arriver mais ne peut presser le pas de peur de tomber.

J'ai hâte d'arriver, mais je comprends en m'approchant du but que l'arrivée n'est autre que la fin de la vie... et je reste sur mon fil, hésitant, tremblant, souffrant.


La Paix dans la vallée

Oh, je suis si las et fatigué
Seul je dois m’en aller
Jusqu’à ce jour où Dieu va me rappeler, Oh oui
Et l’aube rougira
Et la lampe brillera
Mais la nuit est aussi noire que la mer, Oh oui

La paix viendra dans la vallée pour moi, à son heure
La paix viendra dans la vallée pour moi, Oh Seigneur
Il n’y aura ni tristesse, ni douleur
Ni chagrin, je vois
La paix viendra dans la vallée, pour moi, pour moi

Et l’ours deviendra doux
Dompté sera le loup
Et le lion aux côtés de l’agneau s’endormant,
Les fauves obéissant
A la voix d’un enfant
Je renaîtrai, libéré de ce corps vieillissant
Oh oui

La paix viendra dans la vallée pour moi, à son heure
La paix viendra dans la vallée pour moi, Oh Seigneur
Il n’y aura ni tristesse, ni douleur
Ni chagrin, je vois
La paix viendra dans la vallée, pour moi, pour moi

(Traduction : Polyphrène)

samedi 25 octobre 2008

Coming back to you


"Maybe I'm still hurting
I can't turn the other cheek
But you know that I still love you
It's just that I can't speak
I looked for you in everyone
And they called me on that too
I lived alone but I was only
Coming back to you ..."


Une mélodie d'une beauté et d'une simplicité inouïes, avec quelques notes égrenées au piano, qui me captivent et hantent mes nuits: cette chanson de Leonard Cohen fait partie de me "coups de cœur". Je me suis risqué à la traduire. D'autres l'on fait sans doute mieux que moi, mais je ne peux résister à cette façon de m'approprier une chanson que j'aime.


Revenir à toi

Je souffre encore beaucoup,
Trop pour tendre l’autre joue.
Je n’ai pas cessé de t’aimer
Mais n’ peux pas m’exprimer
Auprès de tous je t’ai cherchée
Chez toi tous m’ont dépêché
Je suis resté seul mais n’ai fait
Que revenir à toi

C’est quand on a les factures à payer
Qu’on se fait licencier
Les champs sont clôturés depuis
Mais reçoivent soleil et pluie
Et le printemps éclot puis se fige
Pour un nouveau prodige
Ce sont tous mes sens qui s’opposent
A revenir à toi

Et bientôt va tomber ma sentence
Et je sais ce qui m’attend
Un siècle de silence pendant
Que je reviens à toi
Ils sont nombreux dans ta vie
Beaucoup encore viendront
Puisque tu es un phare qui luit
Ils se succèderont
Je souffrirai la jalousie
Quand tu feras ton choix
De ceux qui leur fierté perdront
Pour revenir à toi

Même dans tes bras, je sais
Que ça n’ira jamais
Quand tu te penches vers moi la nuit
Pour me réconforter
Je dois te croire sur parole
Ou alors rien n’est vrai
Je n’ai fait que parler au lieu
De revenir à toi

(Traduction : Polyphrène)

vendredi 24 octobre 2008

Elle cherche des puces à son chat


"Elle cherche des puces à son chat
Qu'elle est belle quand elle fait ça
Quand ses doigts gagnent du terrain
Et qu'elle lui fait ployer les reins
Sur son poil tiède et lumineux
Sa main a des courants fiévreux
Soudain sa prunelle flamboie
Mais alors moi je sers à quoi..."



Changement de registre, ce matin : je me réveille avec ce refrain de Pierre Perret dans la tête !
Une chanson légère... en apparence.

Comme souvent, Pierre Perret, avec des mots simples mais choisis, même s'ils sont volontiers empruntés à l'argot, est capable d'exprimer les sentiments les plus délicats, de produire une profonde émotion, avec une incomparable force d'évocation.

Au premier degré, l'histoire du livreur de fleurs amoureux est banale, triste, et touchante. Au second degré, elle nous décrits tous, face à nos rêves et nos illusions. La fascination pour l'inaccessible est à la source des passions, pas seulement amoureuses.

La conscience de notre humble condition est une blessure que ravivent, trop souvent, les épisodes de la vie.

Bien sûr, notre peine est accentuée par le contraste entre ce sentiment de dévalorisation et l'idéalisation de nos rêves, mais c'est avec, parfois, un peu de complaisance que nous contemplons la souffrance qui en résulte.

Et pendant ce temps là, comme le chante Pierre Perret,

"La vie [nous] coule entre les doigts".

jeudi 23 octobre 2008

Morning has broken


"Morning has broken,
Like the first morning
Blackbird has spoken,
Like the first bird
Praise for the singing,
Praise for the morning
Praise for the springing
Fresh from the word..."

Est-ce vraiment une surprise que cette chanson sublime ait un matin surgi dans ma tête ? Depuis que Cat Stevens a fait de cette chanson "traditionnelle" d'Eleanor Farjeon un succès international, elle est devenue, à juste titre, une référence universelle. Son mysticisme préfigure bien l'évolution personnelle de Cat Stevens, et sa mélodie exhaltée exprime parfaitement les élans de son âme.

Ma tentative de traduction reste bien maladroite, tant il est difficile de respecter l'esprit et le style du texte tout en suivant le rythme imposé par la mélodie. J'ose à peine la livrer, mais j'espère pouvoir la faire par la suite bénéficier des critiques et suggestions que les lecteurs voudront bien proposer. Merci d'avance.


L’aube a éclaté

Comme au premier jour,
L’aube a éclaté

Comme au premier jour,
Le merle a chanté

Merci pour le chant,
Merci pour l’aurore

Merci pour le monde
Qui vient d’éclore


La nouvelle ondée,
Du ciel éclairée

Sur l’herbe irisée
Par la rosée

Merci pour la vie
Du jardin béni

Sous ses pieds surgi
En harmonie


Mienne est la lumière,
Mien est le matin

Né de la lumière
Du paradis

Merci avec joie,
Pour chaque matin

Encore une fois
Par Dieu produit


Comme au premier jour,
L’aube a éclaté

Comme au premier jour,
Le merle a chanté

Merci pour le chant,
Merci pour l’aurore

Merci pour le monde
Qui vient d’éclore


(Traduction : Polyphrène)

mercredi 22 octobre 2008

Bird on the Wire


"Like a bird on the wire,
Like a drunk in a midnight choir
I have tried in my way to be free.
Like a worm on a hook,
Like a knight from some old fashioned book
I have saved all my ribbons for thee..."



Cadeau du jour: ma tentative de traduction de la chanson - phare de Léonard Cohen (première tentative, certainement perfectible: merci pour votre indulgence et pour vos idées).

Comme un oiseau sur un toit

Comme un oiseau sur un toit
Comme dans un chœur de chanteurs ivres
J’ai tenté à mon idée d’être libre
Comme un ver sur l’hameçon
Comme le chevalier des chansons
J’ai gardé tous mes rubans pour Toi

Si parfois j’ai pu t’offenser,
J’espère que tu pourras me pardonner
Si parfois, si parfois j’ai trahi,
Tu sais qu’à Toi je n’ai jamais menti

Comme un bébé mourant
Comme la licorne de la légende
J’ai frappé tous ceux qui ont voulu m’atteindre
Mais je jure par ce chant
Et par les Lois que j’ai pu enfreindre
Que pour Toi j’en ferai une offrande

J’ai vu sur ses béquilles s’appuyer un mendiant
Il m’a dit « Tu ne dois pas en vouloir tant»
A l’ombre de son porche, une jolie femme m’a crié
« Pourquoi pas plus ? Il suffit de prier »

Oh, Comme un oiseau sur un toit
Comme dans un chœur de chanteurs ivres
J’ai tenté à mon idée d’être libre

(Traduction : Polyphrène)

Like a Soldier


"With the twilight colors falling
And the evening laying shadows
Hidden memories come stealing from my mind
As I feel my own heart beating out
The simple joy of living
I wonder how I ever was that kind
[...]
I'm like a soldier getting over the war
Like a young man getting over his crazy days
Like a bandit getting over his lawless ways
I don't have to do that anymore
I'm like a soldier getting over the war..."




Retour en force de Johnny Cash, ce matin, avec cette chanson caractéristique de ce que j'appelle "son troisième âge": celui des souvenirs, des regrets ou des remords, mais aussi de la sérénité (re)trouvée. De nombreuses chansons de Johnny Cash, dans cette période, traduisent cette évolution, et comportent des évocations mystiques propres à rassurer "l'Amérique profonde" sur le parcours de cette enfant prodigue, qui rentre dans le rang pour aborder le dernier épisode de sa vie, avec le soulagement d'avoir pu surmonter les épreuves, et l'espoir de la rédemption.

Si je ne veux ni ne peux suivre Johnny Cash dans ses élans mystiques et religieux, ses paroles me touchent profondément. Son évocation de la vie comme une guerre, un parcours semé de pièges et de dangers, un temps de folie et de turbulences, correspond bien à mon sentiment, lorsque je regarde en arrière et considère la succession d'épreuves, de coups durs, de déchirements et d'angoisses...

Lorsque l'on observe un paysage avec un télescope ou des jumelles, les plans successifs semblent se rapprocher, et les distances qui les séparent sont comme abolies. Il en est de même de nos souvenirs. Notre mémoire ne met en exergue que les plus forts, et, souvent, les plus frappants ou les plus durs, et les épisodes intermédiaires de calme relatif ou de bonheur tranquille disparaissent dans la perspective ainsi écrasée.

Nous comprenons alors la nécessité de vivre intensément les moments les plus simples de la vie.

Lorsque je tiens sa main, sait-elle tout ce que signifie pour moi ce geste ? Imagine-t-elle à quel point j'ai peur d'un lendemain sans elle ? Sent-elle mon cœur battre et mon esprit vibrer, tentant de retenir le temps pour prolonger notre communion ?

En écoutant ces paroles de Johnny Cash, je le sens prêt à chanter (comme il l'a fait, du reste, magnifiquement, et comme tant d'autres l'ont fait avant et après lui)

"There will be peace in the valley, for me, some day"

mais l'au-delà qu'évoque ce texte (de Thomas A. Dorsey) n'est pas pour moi. Je voudrais simplement un peu de paix ici, maintenant.


Comme un soldat

Au soir, quand le soleil plonge
Tandis que les ombres s’allongent
De mon âme s’évadent des souvenirs cachés
Et je sens mon propre cœur qui vibre
A la simple joie de vivre
Comment ais-je bien pu être celui que j’étais ?

La route folle que je parcourais
Toujours au loin m’attirait
Cent fois tu as dit que j’aurais pu me tuer
Puis tu es venu(e)* me toucher
Et m’élever avec toi
Je crois donc que cette vie était faite pour moi

Comme un soldat survivant à la guerre
Comme un jeune homme après des années agitées
Comme un bandit qui retrouve son honnêteté
Je n’ai plus à vivre comme hier
Comme un soldat qui survit à la guerre

Les jours et les nuits à jamais oubliés
Et les peines sans souvenirs
Autant de choses que je préfère oublier
Des visages peuvent resurgir
Des plus sombres secrets de ma mémoire
Visages que j’espérais ne plus jamais revoir

Du défilé des amours d’antan
En d’autres lieux et d’autres temps
Maintenant plus un n’a pour moi d’importance
Je dis juste ma reconnaissance
D’avoir pu tenir la distance
Et du combat tu sois la récompense

Comme un soldat survivant à la guerre
Comme un jeune homme après des années agitées
Comme un bandit qui retrouve son honnêteté
Chaque jour apport une progrès
Comme un soldat qui survit à la guerre

(Traduction : Polyphrène)

* Ce texte peut être compris dans son sens mystique originel ou faire l'objet, par le simple ajout de la lettre "e", d'une interprétation plus libre et personnelle. A chacun de choisir.

mardi 21 octobre 2008

Sad Lisa


"She hangs her head and cries on my shirt.
She must be hurt very badly.
Tell me whats making you sadly?
Open your door, dont hide in the dark.
You' re lost in the dark, you can trust me.
cause you know that's how it must be.

Lisa Lisa, sad Lisa Lisa..."


De nouveau "Sea of Heartbreak" dans ma tête, ce matin. Je ne vais donc pas "bisser" cette chanson, et je propose plutôt une tentative de traduction d'une chanson de Cat Stevens qui, pour moi, est l'expression du romantisme le plus pur: "Sad Lisa".
Toute la force poétique de Cat Stevens s'y trouve concentrée, l'envie d'aimer, de consoler, de guider une personne dont on devine, dans les derniers mots, qu'elle n'existe peut-être que dans son coeur.


Triste Lisa


Sur mon épaule elle vient pour pleurer
Elle doit vraiment avoir très mal
Dis-moi pourquoi es-tu si pâle ?
Ouvre ta porte, ne reste pas cloîtrée
Perdue dans le noir, fais-moi confiance
Tu sais que c’est ta dernière chance

Lisa, Lisa, Oh Triste Lisa

Les larmes inondent ses yeux comme un orage
Sur sa douleur que je vois croître
Je veux que mon amour la soulage
Mais elle marche seule d’un mur à l’autre
Et perdue dans ses rêves ne m’entend pas
Mais je sais qu’elle aime être avec moi

Lisa, Lisa, Oh Triste Lisa

Assise dans un coin près de l’entrée
Je devrais pouvoir mieux lui parler
Si elle comptait sur moi pour l’aider
Je ferais de mon mieux pour lui montrer la voie
Et peut-être un jour la libérer
Mais je sais que moi seul la vois

Lisa, Lisa, Oh Triste Lisa

(Traduction: Polyphrène)

lundi 20 octobre 2008

The Boxer

"I am just a poor boy though my story's seldom told
I have squandered my resistance
For a pocketful of mumbles, such are promises
All lies in jest still a man hears what he wants to hear
And disregards the rest..."



Allez, un petit bonus pour ce lundi matin : la formidable chanson de Paul Simon, (une des préférées de ma fille) et une tentative de traduction. Bonne journée !


Le Boxeur

Je ne suis qu’un pauv’ gars, dont on n' raconte pas l'histoire
Mais j’ai gaspillé ma jeunesse
Pour quelques bouchées de pain noir et pour des promesses
Que des sornettes, mais on croît ce que l’on veut croire
Et l’on méconnaît le reste.

Je n'étais encore qu'un garçon quand j'ai quitté mon foyer
En compagnie des étrangers à la gare attendant le train, j'étais effrayé
Baissant le nez, dans les quartiers les plus pauvres, où vont les gens en haillons,
Je cherchais les taudis qu’ils prennent pour maison
Lie la lie...

Même pour un salaire de misère je n’ai pu trouver ni job,
ni proposition

Sinon celle des prostituées d' la rue de la Nation
Je me sentais parfois si seul que dans leur corps
J’ai pris du réconfort
La la la la...

Lie la lie...

Je ressors mes vêtements d’hiver et je voudrais retrouver
Mon foyer
Où je ne serai pas saigné par les vents glacés
Me chassant vers mon foyer

Dans la clairière marche un boxeur, avec une âme de lutteur
Portant les traces de tous les coups
Des poings qui l’ont atteint et l’ont abattu jusqu’à ce qu’il crie
Dans sa colère et sa honte, j’abandonne, j’abandonne
Mais il demeure un lutteur
Lie la lie...

Garde le Souvenir


"Quand les ondes sur l'étang
Réveillées par le vent
Semblent bouger dans ton cœur
Tu ne crois pas tes yeux
En regardant le jeu
De la lumière qui danse sur une fleur
N'essaie pas mon amour de le saisir
Mais garde toujours le souvenir..."




Graeme Allwright, à nouveau, ce lundi matin !
Sa chanson, que je trouve dans ma tête en me réveillant, fait écho à mon humeur nostalgique à l'issue d'un dimanche pluvieux d'automne. Les deux derniers vers résonnent encore à mes oreilles:

Ne retourne pas dans le passé
Mais essaie, mon amour, de ne pas l'oublier.

Comment oublier le passé ? Le temps de l'espoir, de temps de la sécurité, de temps de l'enfance... Le temps aussi des questions, des mystères, des désirs...
Tout cela me paraît si loin, aujourd'hui. Les enfants sont partis, aux quatre coins du monde. Mon enfance est partie, et avec elle les illusions et les folles espérances.
Mon amour est là, qui grandit, s'approfondit, et souffre.
L'inquiétude du lendemain, la nostalgie des instants passés, l'angoisse et la souffrance de la maladie... tout cela tourne dans mon esprit et s'emmêle. Je voudrais retenir le temps, entendre encore le rire des enfants, la voir sourire, l'entendre chanter, tenir sa main et marcher.
Comment exprimer mon amour sans manifester mon angoisse ?
Comment ouvrir mon cœur sans laisser couler les larmes ?
Comment construire un bonheur aujourd'hui sans rêver au bonheur passé ?

Et ces vers d'André Pol, magnifiquement chantés par Brassens, me reviennent en mémoire :

... Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin"...

dimanche 19 octobre 2008

The Sounds of Silence


"Hello, Darkness, my old friend
I came to talk to you again
Because a vision softly creeping
Left its seeds while I was sleeping
And the vision that was planted in my brain
Still remains
Within the sounds of silence..."



Une des plus belles chansons que je connaisse, écrite par Paul Simon, formidablement chantée avec Art Garfunkel. Je me souviens encore précisément du jour où je l'ai entendue, pour la première fois, à la radio. Le jour même, lors d'une soirée avec des amis, je la fredonnais encore et l'une des invitées m'a alors dit: "Ah! Toi aussi ?".

Je ne suis certainement pas le premier a avoir tenté de la traduire en français, mais j'aime tant cette chanson que je me devais de m'y essayer.


Les Sons du Silence
(Paul Simon)

Ténèbre, ma confidente
Entend la vision qui me hante
Dans mon cerveau elle a dû germer
Lentement pendant que je dormais
Et la vision étend avec insistance
Son influence
Au sein des sons du silence

Dans mon rêve, je me trouvais
Marchant seul sur le pavé
Sous le halo d’un réverbère
Je frissonnais sous la pluie d’hiver
Quand yeux furent frappés par l’éclair d’un grand néon blanc
Aveuglant
Touchant les sons du silence

Et dans la lumière crue j’ai vu
Dix mille personnes, peut-être plus
Des gens qui discutaient sans parler
Qui entendaient sans même écouter
Des gens écrivant des chansons silencieuses
Et nul n’ose
Briser le son du silence

« Fous » leur dis-je, « Ecoutez-moi,
Le silence comme un cancer croît
Entendez ce que je peux vous dire
Serrez mes mains pour vous retenir »
Comme la pluie, mes mots tombaient sans bruit
Résonnant dans les puits du silence

Et ils priaient, prosternés
Leur dieu de néon orné
Et le signal de l’enseigne brillait
Sur le message qu’elle écrivait
Qui disait « Les paroles des prophètes sont inscrites sur les murs et les trains
Des souterrains
Et murmurés dans les sons du silence

(Traduction: Polyphrène)

samedi 18 octobre 2008

Ol' Man River


"Old man river, that old man river,
He don't say nothin', but he must know somethin'
That old man river, he just keeps rolling along.

He don't plant tater's,
and we all know he don't pick cotton.
But them that plant 'em, are soon forgotten, that
Old man river, he just keeps rolling along, oh yes he does..."




Voilà la mélodie lancinante que j'ai trouvée ce matin dans ma tête, avec les échos de la voix grave de Paul Robeson, sur cette mélodie de Jerome Kern, et les paroles d'Oscar Hammerstein II.
Cette chanson hante ma mémoire depuis ma petite enfance. Elle tournait, de temps à autre, sur le vieux "pick-up" familial, et je n'en ai découvert les paroles et le sens que beaucoup plus tard.

Pourquoi resurgit-elle aujourd'hui ?

Quelques chansons se glissent nuitamment dans ma tête, tout simplement, parce que je les ai récemment écoutées, ou qu'elles appartiennent à mon répertoire préféré. D'autres font manifestement partie des souvenirs les plus profondément enfouis, et leur évocation soudaine ramène avec elle des bribes de mon enfance.
Ce matin, je revois le petit appartement où nous nous entassions, ma mère et les 6 enfants (il y en a eu 5 autres depuis). Je revois ces après-midi de dimanches pluvieux, où elle tentait de nous distraire (et de nous calmer) en repassant les quelques rares disques dont elle disposait. Si les chansons enfantines nous occupaient quelques instants, nous avions une préférence marquée pour ces chansons "de grands", en particulier lorsque, chantées dans une langue étrangère, leur sens nous échappait totalement, et leur mystère envoûtant restait entier.

La mélodie sous-tendait alors nos rêves, et nous avions l'impression étrange d'appartenir à un monde plus grand, plus ouvert, moins froid... pour quelques instants.

vendredi 17 octobre 2008

I Came to Believe


"I couldn’t manage the problems I laid on myself
And it just made it worse when I laid them on somebody else
So I finally surrendered it all, brought down in despair
I cried out for help and I felt a warm conforter there

And I came to believe in a power much higher than I
I came to believe that I needed help to get by
In childlike faith I gave in and gave him a try
And I came to believe in a power much higher than I..."



Encore Johnny Cash, ce matin ! Je l'ai déjà dit: je ne choisis pas les chansons qui font l'objet de ce Blog. Elles surgissent au réveil dans mon cerveau embrumé, comme si elles s'étaient préparées, subrepticement, durant la nuit, pour s'en emparer dès le petit matin.
Du fait de mon agnostisme chèrement acquis (je n'irai peut-être pas jusqu'à l'agnosticisme), le thème de cette chanson, qui caractérise le "troisième âge" de Johnny Cash, n'est pas celui que j'aurai spontanément choisi. Une fois de plus, c'est la mélodie qui s'est imposée. Une mélodie simple, répétitive, insistante, comme si l'auteur se répétait à lui même ces quelques phrases pour parvenir à s'en convaincre.
Le doute est certainement la position la plus inconfortable. Dans les périodes de douleur et de solitude (et l'on est toujours seul devant la douleur), il est naturel de rechercher sinon une certitude, du moins un espoir.

Des réponses toutes faites, prêtes à consommer, sont disponibles, en particulier auprès des églises et des sectes.

La situation morale que décrit Johnny Cash ("Je ne parvenais pas à m'extraire des problèmes dans lesquels je m'étais moi-même plongé, et cela devenait pire lorsque je tentais de les partager avec quelqu'un d'autre") est presque banale. Qui ne l'a pas éprouvée ?

C'est désormais, bien souvent, la mienne, lorsque je pense à l'avenir, incertain et, à "long terme", bien sombre. Elle se trouve, évidemment, du fait de son état de santé, au centre de mes inquiétudes et de mon trouble... et, bien sûr, ce n'est pas avec elle que je pourrais partager mes angoisses Que faire alors ? (écrire un blog ?).

Les réponses toutes faites, les dogmes, les croyances, le prêt-à-penser...

Tout cela me remet en mémoire les mots de Graeme Allwright dans "Johnny":

"...On t'a dit que là-bas la cause était juste
Qu'il fallait vaincre à tout prix

Puis c'est facile de laisser les autres penser pour soi

Alors sans savoir pourquoi tu es parti..."


Ma mère, aussi, dans son grand âge, sentant ses forces et ses facultés faiblir, se cramponne à sa Foi comme à une bouée, mais ses paroles, jadis marquées d'une certitude inébranlable, me semblent maintenant empreintes d'un doute, d'une question... Ou bien ne les entends-je plus comme jadis ?


jeudi 16 octobre 2008

Le Jour de Clarté


"...On peut chanter tous les poèmes des sages
Et on peut parler de l'humilité
Mais il faut s'unir pour abolir injustice et pauvreté
Les hommes sont tous pareils
Ils ont tous le même soleil
Il faut, mes frères, préparer
Le jour de clarté

Quand tous les affamés
Et tous les opprimés
Entendront tous l'appel
Le cri de liberté
Toutes les chaînes brisées
Tomberont pour l'éternité..."

C'est la voix de Graeme Allwright qui a résonné dans ma tête, ce matin. Cette adaptation du titre de Peter, Paul, & Mary (1963), sur une musique de Paul Stookey, a donné son titre à l'un des meilleurs albums de ce chanteur. Le thème est très classique, et, 40 ans après sa parution, plus que jamais d'actualité.
Alors que les média, depuis deux jours, consacrent leur "une", une fois de plus, à la malheureuse affaire de la "Marseillaise" sifflée dans un stade, je découvre que Graeme Allwright et Sylvie Dien ont écrit une autre "Marseillaise", aux paroles simples et fortes, généreuses et passionnées, propres à illustrer et rénover l'idéal de paix, justice et liberté de la France.
Il est certes regrettable que l'hymne national français soit hué en public, mais il est sans doute utile de replacer un peu tout cela dans son contexte:
1 - Comme le souligne très bien Graeme Allwright, dont la France est le pays d'adoption, les paroles guerrières et stupides de la "Marseillaise" sont effarantes, et d'une autre époque, en contradiction évidente avec les "valeurs" que l'on voudrait aujourd'hui enseigner à la jeunesse, et faire prévaloir partout, y compris sur les stades.
2 - Un match de football n'est pas un défilé du 14 juillet. L'hymne national est-il vraiment à sa place dans de telles occasions (faut-il rappeler que l'on "joue" au football ?).
3 - Faut-il faire systématiquement un procès d'intention, lorsque des spectateurs expriment leur mécontentement vis-à-vis d'une équipe sportive ? Inversement, il ne faut jamais sous-estimer la bêtise, décuplée par le comportement de groupe. Diaboliser le comportement imbécile de quelques "supporters" éméchés ne peut que fausser et déplacer le débat. Faire accroire que ces huées signifient un rejet global de la France et ses institutions serait simpliste et injuste, alors que la réalité est aussi que la France elle-même rejette certains de ses propres enfants.
La « Marseillaise ne doit pas être le « chiffon rouge » que l’on agite pour exciter les foules et les pousser à la faute. Par contre, il est grand temps de la rénover, et je souscris sans réserve à l’initiative de Graeme Allwright.

Voici les paroles proposées par Graeme Allwright et Sylvie Dien:

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix.
Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos coeurs
L’amitié la joie et le partage.
La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière.

Texte libre de droit, offert par les auteurs, à distribuer sans modération.

mardi 14 octobre 2008

Me and Bobby McGee


"[...] One day up near Salinas, Lord, I let him slip away,
He's looking for that home and I hope he finds it,
But I'd trade all of my tomorrows for one single yesterday
To be holding Bobby's body next to mine.

Freedom is just another word for nothing left to lose,
Nothing, that's all that Bobby left me, yeah,
But feeling good was easy, Lord, when he sang the blues,
Hey, feeling good was good enough for me, hmm hmm,
Good enough for me and my Bobby McGee."




Quatre heures, ce matin, et déjà ce refrain dans ma tête. Quelques notes, et cette phrase, que se sont sans doute appropriée des millions de personnes, depuis que cette chanson, écrite par Kris Kristofferson , a été popularisée par Roger Miller, puis Janis Joplin, et de nombreux autres artistes.

"Liberté" est juste un autre mot pour "plus rien à perdre"

Tout un programme, déclinable à l'infini, sur un fond de Bouddhisme essoré et un peu rétréci !
Renoncer à tous les liens, toutes les attaches, pour (re)trouver la liberté (autre nom pour le bonheur ?).
En un sens, je comprends et je ressens la nécessité de nous libérer de contraintes matérielles qui compliquent et surchargent notre vie. Sans aller chercher jusqu'aux fables de La Fontaine qui illustrent comment la richesse fait perdre le sommeil, il est évident que nous pourrions vivre beaucoup plus simplement, en nous concentrant sur l'essentiel, plutôt que d'être l'esclave de nos biens. Je pense parfois à ce que peut être la vie des personnes célèbres et très riches (et vice-versa) dont se (nous) repaissent les médias : pas d'intimité, pas de simplicité, de multiples contraintes matérielles, en contrepartie d'une vie exposée, dont ils sont en partie dépossédés.
Sont-ils pour autant capable d'éprouver un amour plus fort, de connaître de plus grandes extases, de surmonter la mort ?
A l'inverse, renoncer à tout ce qui nous retient sur terre ne m'enchante guère. J'ai souvent le sentiment diffus de n'exister que par les liens qui m'attachent aux autres, et je ressens un étrange besoin d'être ainsi relié à l'ensemble de l'humanité. J'imagine alors aisément que l'absence de liens humains peut être vécue comme la non-existence, préambule de la mort. C'est peut-être ce que ressentent confusément les exclus de notre société.
Quand nous n'avons plus rien à perdre, c'est que nous avons tout à gagner.
Alléger notre fardeau de l'inutile, rechercher l'essentiel : être ensemble !


Bobby McGee et Moi
(d'après la version chantée par Johnny Cash)

Sur le quai à Bâton-Rouge, fauché et meurtri
Fatigué, usé autant que mes jeans
Bobby faisait du stop, un routier nous a pris
Et on a roulé jusqu’à New Orleans

Sur mon harmonica tiré de mon vieux sac à dos
J’ai joué du blues et Bobby a chanté
Tandis que les essuie-glaces nous donnaient le tempo
Avec le chauffeur on a chanté tout c’qu’on savait

Plus rien à perdre, ça s’appelle aussi la Liberté
Plus rien c’est bien peu mais c’est donné
Je me sentais si bien quand Bobby chantonnait
Je n’aurais pas pu espérer mieux
Mieux pour moi et mieux pour nous deux


Depuis les mines du Kentucky aux plages de Californie,
Bobby a partagé les secrets de ma vie
Toujours à mes côtés, elle a tout enduré
Et chaque nuit son corps me réchauffait


Puis un jour près de Salinas je l’ai laissée filer,
J’espère qu’elle trouvera ce qu’elle cherchait
Mais contre un seul jour passé je donnerais tous mes lendemains
Pour tenir le corps de Bobby près du mien

Plus rien à perdre, ça s’appelle aussi la Liberté
Plus rien c’est bien peu mais c’est donné
Je me sentais si bien quand Bobby chantonnait
Je n’aurais pas pu espérer mieux
Mieux pour moi et mieux pour nous deux

(Traduction: Polyphrène)


lundi 13 octobre 2008

Wild World


"Now that I've lost everything to you!
You say you wanna start something new
and it's breakin' my heart you're leavin'
baby, I'm grievin'!
[...]
Oh, baby, baby, it's a wild world!
It's hard to get by just upon a smile!
Oh, baby, baby, it's a wild world!
I'll always remember you like a child, girl!"



A ma fille, partie au bout du monde...

Terrible nuit, du dimanche au lundi: toujours morcelée, découpée, hachée, par le retour des soucis et des problèmes de la semaine de travail qui va commencer...
Premier réveil - Première chanson dans ma tête : "Wild World" de Cat Stevens.
Une chanson que j'adore, mais aussi l'une des chansons préférées de ma fille, partie, pour la deuxième année, à l'autre bout du monde pour étudier. Des milliers de kilomètres nous séparent, et, pourtant, je me sens plus proche d'elle que jamais. J'admire son courage et je m'étonne de sa ténacité. J'observe avec une curiosité attendrie son parcours vers la maturité, et je suis toujours surpris mais ravi de voir jusqu'où elle a progressé.
J'ai confiance en elle, mais je ne peux m'empêcher de m'inquiéter.
La chanson de Cat Stevens met des mots sur mes idées. En l'écoutant, je pense à elle, et je la revois bébé, aux cheveux frisés, au pied mal assuré mais au regard déjà bien décidé...

Quand à Yusuf Islam, je ne voudrais pas le blesser, mais
I'll always remember him as Cat Stevens !


Un Monde Sauvage

Je t’ai donné tout ce que je pouvais
Mais maintenant tu veux t’en aller
Pour commencer une nouvelle vie
Petite, je suis triste


Mais fais attention, si tu veux partir
Au moins emportes-tu de quoi te vêtir
Mais tu sais, là bas, le meilleur peut tourner au pire
Ne soit pas vilaine

Tu sais, j’ai vu le mal que ce monde peut faire
Et mon cœur est dans la misère
Car je ne voudrais jamais te savoir triste

Oh, Petite, c’est un monde sauvage
Juste un sourire, c’est peu pour se quitter
Oh, petite, c’est un monde sauvage
Je n’me souviens de toi que comme un bébé

Et si tu veux partir, sois prudente,
Fais toi de bons amis et des confidentes
Pense à tous les dangers, attention, sois méfiante.

Tu sais, j’ai vu le mal que ce monde peut faire
Et mon cœur est dans la misère
Car je ne voudrais jamais te savoir triste

Oh, Petite, c’est un monde sauvage
Juste un sourire, c’est peu pour se quitter
Oh, petite, c’est un monde sauvage
Je n’me souviens de toi que comme un bébé

dimanche 12 octobre 2008

Back in the Saddle Again


"I'm back in the saddle again
Out where a friend is a friend
Where the longhorn cattle feed
On the lowly gypsum weed
Back in the saddle again
[...]
Whoopi-ty-aye-oh
Rockin' to and fro
Back in the saddle again
Whoopi-ty-aye-yay
I go my way
Back in the saddle again..."




Un grand classique du Country : cette chanson de Gene Autry a été reprise par tant d'artistes qu'on oublie parfois son auteur. Avec son rythme lent, ses onomatopées, et sa mélodie simple et limpide, cette chanson évoque mieux que toute autre le mythe du cowboy, rude et sauvage, libre et loyal (et donc probablement assez loin de la réalité, mais les mythes sont les mythes !).
Son titre est même devenu une phrase - clef, pour dire "Je suis de retour".

S'il s'agit de retourner au travail, je ne partage pas, ce dimanche matin, l'enthousiasme du chanteur. S'il s'agit de retrouver la liberté de rêver, la liberté d'espérer, la liberté d'aimer, alors, je chante avec lui !


Sur mon cheval à nouveau

Sur mon cheval à nouveau
Je fais paître mon troupeau
Sur l'herbe verte des prés
Là où l'amitié est vraie
Sur mon cheval à nouveau

Sur la piste avec mes potes,
Mon vieux fusil et mes bottes
On dort à la belle étoile,
On est rude mais loyal
Sur mon cheval à nouveau

Whooopy-ty-aye-Oh
Je m'avance au trot,
Sur mon cheval à nouveau
Whoopy-ty-aye-Yay
Vers ma liberté
Sur mon cheval à nouveau

Sur mon cheval à nouveau
Je fais paître mon troupeau
Sur l'herbe verte des prés
Là où l'amitié est vraie
Sur mon cheval à nouveau

Sur la piste avec mes potes,
Mon vieux fusil et mes bottes
On dort à la belle étoile,
On est rude mais loyal
Sur mon cheval à nouveau

Whooopy-ty-aye-Oh
Je m'avance au trot,
Sur mon cheval à nouveau
Whoopy-ty-aye-Yay
Vers ma liberté
Sur mon cheval à nouveau

(Traduction : Polyphrène)

samedi 11 octobre 2008

Sea of Heartbreak



"The lights in the harbor,
Don't shine for me.
I'm like a lost ship,
Adrift on the sea.

Sea of heartbreak, lost love an' loneliness;
Memories of your caress, so divine.
I wish you were mine again, my dear.
I am on this sea of tears:
Sea of heartbreak..."



C'est sur cette chanson de Don Gibson, reprise par Johnny Cash, que je suis sorti de mon sommeil troublé. A vrai dire, j'ignorais que cette chanson n'avait pas été écrite par Johnny Cash, tant son interprétation est percutante et tant le texte illustre bien les péripéties et les tumultes de sa vie amoureuse (encore que ces paroles eussent pu être chantées à plus juste titre par sa première épouse).

L'image du bâteau à la dérive, sur un océan de larmes, cherchant en vain la lumière du phare, est tout à fait appropriée. Le thème du "Que serais-je sans toi" est un grand classique, dont la version la plus sublime est peut-être le poème de Louis Aragon, chanté par Jean Ferrat.

"Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?"

Une fois de plus, c'est la mélodie qui s'empare de moi et me conduit à découvrir les paroles, qui s'insinuent alors dans mes pensées.

Battus par les vents, secoués par la tempête, fouettés par les embruns, il nous est parfois difficile d'oublier nos angoisses, nos frustrations, nos rancœurs, pour garder le cap et continuer ensemble notre voyage. Distrait par d'autres lueurs, je perds parfois de vue la lumière du phare, et mon voyage n'a plus de sens...
J'aimerais parfois pouvoir lui dire que je l'aime, qu'elle est le phare qui guide ma vie, mais les tracas de la vie quotidienne autant que les problèmes de sa maladie laissent bien peu de place aux mots.



Brise – larmes

Où est la lueur du phare ?
Je n’peux plus la voir !
Je suis comme un bateau
Perdu sur les flots

Océan de larmes, solitude, amour perdu,
Souvenir des tes caresses éperdues
Je voudrais m'enivrer de tes baisers
Sur cet océan de larmes
Des cœurs brisés

Comment t’ais-je perdue ?
En quoi t’ais-je déçue ?
Pourquoi m’as-tu laissé
Seul et désemparé

Océan de larmes, solitude, amour perdu,
Souvenir des tes caresses éperdues
Je voudrais m'enivrer de tes baisers
Sur cet océan de larmes
Des cœurs brisés

Je voudrais tant naviguer jusqu’au port
Pour t’enlacer encore

Voudrais-tu me guider ?
Revenir vers moi ?
Prend moi, et garde moi
Je n’veux plus naviguer

Océan de larmes, solitude, amour perdu,
Souvenir des tes caresses éperdues
Je voudrais m'enivrer de tes baisers
Sur cet océan de larmes
Des cœurs brisés

(Traduction : Polyphrène)