Affichage des articles dont le libellé est Andrew Sisters. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Andrew Sisters. Afficher tous les articles

samedi 3 mars 2012

Rum and Coca-Cola

Since the Yankee came to Trinidad
They have the young girls going mad
The young girls say they treat them well
And they give them a better price
They buy rum and coca-cola
Go down Point Cumana
Both mother and daughter
Working for the Yankee dollar

I had a little mopsy the other day
Her mother came and took her away
Then her mother and her sisters
Went in a car with some soldiers
They buy rum and coca-cola
Go down Point Cumana
Both mother and daughter
Working for the Yankee dollar

There are some aristos in Port of Spain
I known them well but I won’t call names
In the day ther would’nt give you a right
But you can see them with the foreigners late at night
They buy rum and coca-cola
Go down Point Cumana
Both mother and daughter
Working for the Yankee dollar

A couple get married one afternoon
A was to go Mayaro on a honeymoon
The very night the wife went with a Yankee lad
And the stupid husband went staring mad
They buy rum and coca-cola
Go down Point Cumana
Both mother and daughter
Working for the Yankee dollar

Inspector Jory did a good job
At St. James he raid a recreation club
They were carrying the club as a brothel
The condition in which he found the girls I cannot tel
They buy rum and coca-cola
Go down Point Cumana
Both mother and daughter
Working for the Yankee dollar




 A partir d’une chanson populaire de la Martinique, Lionel Belasco (à Trinidad) avait écrit sur un « Calypso » (style musical des Antilles) une chanson intitulée “L’Année Passée”. Les paroles de la chanson « Rum & Coca-Cola » furent ensuite écrites par Rupert Grant (aussi à Trinidad) sous son « nom de scène » de « Lord Invader ». Aux Etats Unis, Moorey Amsterdam s’en empara et, mentionnant Jeri Sullavan et Paul Baron comme compositeurs, s’en adjugea les droits d’auteurs. La chanson fut chantée par les Andrew Sisters et connut un succès considérable en 1945. Ce n’est que trois ans plus tard que les véritables auteurs purent faire reconnaître leurs droits devant les tribunaux, et obtinrent partiellement réparation.
Au delà de cette histoire un peu sordide de plagiat et de spoliation, il est intéressant de noter que la version chantée par les Andrew Sisters avait été discrètement débarrassée de l’essentiel de son contenu de critique sociale. En effet, Lord Invader avait rédigé des paroles (présentées et traduites ici) critiquant explicitement l’effet corrupteur et moralement dégradant de la présence des GI américains sur les îles des Caraïbes où ils trouvaient « le repos du guerrier ». Le texte de la version « américaine » ne comportait plus que de vagues allusions, et pouvait être écouté d’une oreille distraite comme une célébration semi-commerciale de l’Amérique au sommet de sa gloire et de sa puissance. Les Andrew Sisters elles-mêmes ne prêtèrent guère attention aux paroles. En dépit de son immense succès, cette chanson fut longtemps bannie des ondes car elle mentionnait d’une part une boisson alcoolisée, et d’autre part une appellation commerciale
Notons enfin une brève « citation » de cette chanson (« Working for the Yankee Dollar ») par Léonard Cohen dans « Field Commander Cohen ».


Rhum et Coca-Cola

Avec les ricains à Trinité
Les jeunes filles sont tout excitées
Elles disent qu’elles sont bien traitées
Et aussi qu’elles sont mieux payées
Ils boivent du rhum et du cola
Descendent à Cumana
La fille et la mère aussi bien
Travaillent pour le dollar ricain

J’avais l’autre jour une pépé dans les bras
Sa mère survint et me l’arracha
Puis avec ses sœurs la voilà
En voiture avec des soldats
Ils boivent du rhum et du cola
Descendent à Cumana
La fille et la mère aussi bien
Travaillent pour le dollar ricain

A Port d’Espagne, il y a des aristos
Que je connais, des gens comme il faut
Le jour, ne vous jettent pas un regard
Mais sortent avec des étrangers le soir
Ils boivent du rhum et du cola
Descendent à Cumana
La fille et la mère aussi bien
Travaillent pour le dollar ricain

Un couple s’est marié l’après-midi
En lune de miel à Mayaro, ils sont partis
Mais, pour un ricain le soir, elle a quitté
Son mari qui regardait, stupéfait
Ils boivent du rhum et du cola
Descendent à Cumana
La fille et la mère aussi bien
Travaillent pour le dollar ricain

L’inspecteur Jori avait bien vu
Dans un club à St. James il est descendu
Le club était un bordel en réalité
Les filles, je ne vous dis pas dans quel état elles étaient
Ils boivent du rhum et du cola
Descendent à Cumana
La fille et la mère aussi bien
Travaillent pour le dollar ricain

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 20 septembre 2009

In The Mood (for Love)

Who's the lovin' daddy with the beautiful eyes
What a pair o' lips, I'd like to try 'em for size
I'll just tell him, "Baby, won't you swing it with me"
Hope he tells me maybe, what a wing it will be
So, I said politely "Darlin' may I intrude"
He said "Don't keep me waitin' when I'm in the mood"

First I held him lightly and we started to dance
Then I held him tightly what a dreamy romance
And I said "Hey, baby, it's a quarter to three
There's a mess of moonlight, won't-cha share it with me"
"Well" he answered "Baby, don't-cha know that it's rude
To keep my two lips waitin' when they're in the mood"

In the mood, that's what he told me
In the mood, and when he told me
In the mood, my heart was skippin'
It didn't take me long to say "I'm in the mood now"

In the mood for all his kissin'
In the mood his crazy lovin'
In the mood what I was missin'
It didn't take me long to say "I'm in the mood now"

So, I said politely "Darlin' may I intrude"
He said "Don't keep me waitin' when I'm in the mood"

"Well" he answered "Baby, don't-cha know that it's rude
To keep my two lips waitin' when they're in the mood"

Who's the lovin' daddy with the beautiful eyes
What a pair o' lips, I'd like to try 'em for size
I'll just tell him, "Baby, won't you swing it with me"
Hope he tells me maybe, what a wing it will be
So, I said politely "Darlin' may I intrude"
He said "Don't keep me waitin' when I'm in the mood"

First I held him lightly and we started to dance
Then I held him tightly what a dreamy romance
And I said "Hey, baby, it's a quarter to three
It's a mess of moonlight, won't-cha share it with me"
"Well" he answered "Baby, don't-cha know that it's rude
To keep my two lips waitin' when they're in the mood"

 

 Sur une musique de Joe Garland, avec des paroles de Andy Razaf, ce thème emblématique du Jazz a été enregistré avec un immense succès par Glenn Miller en 1940. Les versions chantées sont nombreuses, probablement dominées par celle des Andrew Sisters. De fait, le thème musical est universellement connu, et fait partie des références majeures, de sorte que la découverte des paroles associées, à vrai dire un peu triviales, peut être déconcertante, alors que la célébrissime version de Glenn Miller n'est apparue qu'une décennie après les premières interprétations. La version des Andrew Sisters, chantée sur un tempo plus lent, et sur un ton léger, "colle" parfaitement au texte, alors que la version orchestrale de Glenn Miller, plus rapide, mais aussi, paradoxalement, plus mélancolique, crée une ambiance bien différente, plus "universelle", dans laquelle les paroles pourraient paraître incongrues. Certaines chansons représentent d'abord la mise en musique d'un poème. Georges Brassens a ainsi donné à des œuvres poétiques une nouvelle dimension en leur associant une mélodie parfaitement adaptée (par exemple "Les Passantes", d'André Pol, ou "Pensées des Morts", de Lamartine). Dans d'autres cas, des paroles sont "collées" à la mélodie qui pourrait aussi bien s'en passer... 

 

Disposée (à Aimer)

Qui est ce charmant petit père, aux yeux merveilleux,
Et de si belles lèvres que j’essaierais bien, mon Dieu ?
Je lui dirais bien "M’offririez-vous cette danse ?"
En espérant qu’il réponde "Pourquoi pas ? Quelle chance !"
Je lui dis poliment "voudrais-tu m’excuser".
Il dit "Ne m’fais pas attendre quand je suis disposé".

Je le serrais doucement pendant la première danse,
Puis j’ai serré plus fort en rêvant de romance.
"Il est bientôt trois heures", ai-je dit d’un ton léger.
"Un si beau clair de lune – Veux-tu le partager ?"
Il répondit "Poupée, c’est me brutaliser
De faire attendre mes lèvres quand elles sont disposées".

Disposé, c’est ce qu’il me dit
Disposé, et quand il le dit
Disposé, mon cœur explosait
Je pus dire bientôt : "Je suis aussi disposée".

Disposée pour tous ses baisers
Disposée, son cœur embrasé
Disposée, désir attisé
Je pus dire bientôt : "Je suis aussi disposée".

Je lui dis poliment "voudrais-tu m’excuser".
Il dit "Ne m’fais pas attendre quand je suis disposé".

Il répondit "Poupée, c’est me brutaliser
De faire attendre mes lèvres quand elles sont disposées".

Qui est ce charmant petit père, aux yeux merveilleux,
Et de si belles lèvres que j’essaierais bien, mon Dieu ?
Je lui dirais bien "M’offririez-vous cette danse ?"
En espérant qu’il réponde "Pourquoi pas ? Quelle chance !"
Je lui dis poliment "voudrais-tu m’excuser".
Il dit "Ne m’fais pas attendre quand je suis disposé".

Je le serrais doucement pendant la première danse,
Puis j’ai serré plus fort en rêvant de romance.
"Il est bientôt trois heures", ai-je dit d’un ton léger.
"Un si beau clair de lune – Veux-tu le partager ?"
Il répondit "Poupée, c’est me brutaliser
De faire attendre mes lèvres quand elles sont disposées".

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)