"You are always on my mind!"

dimanche 30 octobre 2011

In the Summertime







Avec cette chanson de Ray Dorsetson « leader » (photo), en 1970, le groupe Mungo Jerry connut quasi immédiatement un succès mondial, en illustrant la « liberté » nouvellement gagnée et exhibée (notamment par les tenues vestimentaires et les fantaisies capillaires) d’une jeunesse exubérante.
De ce « grand mouvement » dont les acteurs atteignent aujourd’hui l’âge de la retraite, on sait ce qu’il est resté, et ce qui n’a été que la répétition du cycle habituel de la vie que chante avec courage et humilité Georges Brassens dans « Le Boulevard du Temps qui Passe ».
A certains égards, tout au moins, les idées ont fait leur chemin, et l’évolution engagée alors s’est poursuivie au point que certains passages de cette chanson feraient aujourd’hui froncer les sourcils, par leur « machisme » évident (« You got women on your mind »), leur traitement différentiel des classes sociales (« If her daddy's rich, take her out for a meal »), ou leur inconséquence (« Have a drink, have a drive »).
Malgré tout, la bonne humeur du groupe est communicative, et cette chanson est bien venue à l’approche de l’hiver.


Au Cœur de l’Eté

Au cœur de l’été, quand le temps est parfait
Pour toucher le ciel, tu peux t’étirer
Quand le temps est beau
Ce sont des femmes, ce sont des femmes qu’il te faut
Prends un verre, pique une tête
Sors voir ce que tu trouves de beau

Si son père est riche, allez au restaurant
Si son père est pauvre, fais comme tu le sens
Fonce sur l’autoroute
Fais-en une tonne, ou même une tonne et quart
Au crépuscule, conclus coute que coute
Sur un chemin à l’écart

On n’ vous veut pas d’ mal ; on n’est pas sales, pas mauvais
On aime tout le monde, mais on fait ce qui nous plait
Quand le temps est clair
On va nager ou pêcher en mer
Toujours contents, oui
Vivre sa vie, c’est notre philosophie

Chantez avec nous : dee-dee-dee-dee-dee
Da-da-da-da-da, yeah, we're hap-happy
Da-da-da-da-dah....

Quand l’hiver arrive, on fait des soirées
Porte une bouteille
Mets des couleurs vives ; bientôt, c’est l’été
On rechantera
On circulera ou on s’installera
Est-elle riche et sympa ?
Amène tes copains ; en ville, on descendra

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 29 octobre 2011

It Never Rains In Southern California







 Chanson autobiographique d’Albert Hammond (écrite par Albert Hammond et Mike Hazlewood, reprise par Art Garfunkel, Johnny Cash, Olivia Newton-John…), « It Never Rains in Southern California » évoque les années de misère qui mettent à l’épreuve les artistes attendant, souvent vainement, le succès. A ses débuts, Albert Hammond avait en effet été surpris par un cousin en voyage de noces alors qu’il faisait la manche dans la rue, en Espagne. Le cousin l’avait alors aidé, mais avait quand même tout raconté à ses parents…
Sur le même sujet, Charles Aznavour a chanté « Je me voyais déjà… », mais aussi « La Bohème », et Lacy J Dalton a chanté « 16th Avenue » : tous gardent le souvenir indélébile de ce mélange de rêve, d’espoir, et de doute, qui a marqué les débuts de leur carrière… et de cette souffrance qui nourrissait leur créativité. Leur évocation est empreinte de nostalgie, et n’est pas dénuée de regret, car ils perçoivent que, malgré toutes les difficultés, les échecs, les humiliations, cette époque de leur vie fut aussi la plus « forte », car ils n’avaient encore rien abdiqué.


Il ne Pleut Jamais en Californie

Vers l’ouest, en 747, je suis parti
Sans y avoir auparavant réfléchi
Toutes ces histoires d’opportunités
Annonces à la télé
Sonnent vrai
Oui, sonnent vrai

Comme s’il ne pleuvait jamais en Californie
Comme j’ai souvent entendu cette ineptie
Il ne pleut pas en Californie
Il tombe, ne t’a-t-on pas dit
Des cordes, mec, des cordes

Sans travail, je perds mes moyens
Sans estime de moi, j’ n’ai plus de pain
Suis mal-aimé, mal nourri, je voudrais rentrer

Il ne pleut pas en Californie
Il tombe, ne t’a-t-on pas dit
Des cordes, mec, des cordes

Dites au gens, chez moi, que j’ai failli réussir
Que j’ai eu des offres mais pas su choisir
Mais pas comment vous m’avez vu
Pas comment vous m’avez vu

Comme s’il ne pleuvait jamais en Californie
Comme j’ai souvent entendu cette ineptie
Il ne pleut pas en Californie
Il tombe, ne t’a-t-on pas dit
Des cordes, mec, des cordes

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 23 octobre 2011

A Whiter Shade of Pale








La plus célèbre des chansons du groupe Procol Harum, « A Whiter Shade of Pale » (paroles de Keith Reid, musique de Gary Brooker et Matthew Fisher) serait la chanson la plus diffusée en public des 75 dernières années, et a fait l’objet de près de 100 reprises par les artistes les plus divers (dont Annie Lennox et Willie Nelson). Si la musique est inspirée (mais non copiée) d’œuvres classiques (notamment de JS Bach), les paroles restent hermétiques, créant une ambiance onirique, voire psychédélique tout à fait dans le style des « sixties ». Elles vont l’objet d’innombrables interprétations, suggestions et supputations. Le plus souvent, les commentateurs y trouvent la métaphore d’un voyage représentant l’évolution d’une relation amoureuse et/ou sexuelle, quand d’autres considèrent qu’il s’agit – tout simplement – de la relation d’un « trip » consécutif à l’utilisation d’une substance psychotrope largement usitée à cette époque (et ma traduction est compatible avec cette interprétation). L’auteur lui-même reste évasif à ce sujet, précisant cependant qu’il était, à cette époque, fortement influencé par Bob Dylan, d’une part, et par les œuvres artistiques françaises, depuis les peintres surréalistes jusqu’au cinéma, d’autre part. Il affirme même que, s’il est possible qu’il ait « fumé » lors de la conception de cette chanson, ce n’était pas le cas lorsqu’il l’écrivit et qu’il faut y voir l’influence de ses lectures et non de la drogue.
Il reste que cette chanson véritablement mythique a fait danser, rêver - et plus si affinité – des générations, et qu’elle reste emblématique de cette époque fabuleuse de foisonnement artistique que furent les « sixties ».



Un Teint Encore Plus Blafard

Faisant tournoyer nos corps
Je sentais comme un mal de mer
La foule en voulait encore
La salle bourdonnait plus fort
Le plafond volait plus haut
On fit signe au serveur pour un verre
Il porta un plateau

Et c’est ainsi, que, plus tard
(Quand) Le meunier dit son histoire
Son teint si pâle malgré le fard
Devient encore plus blafard

Elle dit « Je n’vois pas pourquoi,
Et la vérité se voit »
Mais sur mon jeu, promenant mes doigts
Je n’ voulais pas qu’elle soit
L’une des seize vestales emmenées
Sur la côte vers leur destinée
Et mes yeux étaient ouverts mais
Ils auraient pu être fermés

« (Je) Suis en permission à terre »
Me dit-elle en pleine mer
Alors je la pris par le miroir
Jusqu’à ce qu’elle obtempère
Disant « Tu es la sirène qui
Promena Neptune en mer »
Mais, si tristement elle sourit
Qu’aussitôt mourut ma colère

Si la musique nourrit l’amour
Sa reine est donc l’humour
Et si, de même, l’envers est en face
Alors, propre est la crasse
Ma bouche, comme en carton
Fit dans ma tête un trou béant
Alors, en plongée vers le fond
Nous attaquâmes l’océan

Et c’est ainsi, que, plus tard
(Quand) Le meunier dit son histoire
Son teint si pâle malgré le fard
Devient encore plus blafard

Encore plus blafard
Devient encore plus blafard
Encore plus blafard

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)


samedi 22 octobre 2011

A Taste Of Honey







Sur le thème musical célébrissime de Bobby Scott (en 1960), Ric Marlow a rédigé, deux ans plus tard, des paroles et créé une chanson reprise par plus de 250 chanteurs, parmi lesquels Tony Bennett (photo) et les Beatles. Les paroles de la version française (de E. Marnay), chantée, notamment, par Nana Mouskouri, n’ont plus rien à voir avec l’original, ce qui pourrait suffire à justifier ma tentative de traduction.
Bien évidemment, les paroles évoquent la chanson de Peete Seeger et Lead Belly « Kisses sweeter than wine », et l’idée générale est la même : l’ivresse du premier baiser et ce souvenir qui demeure, comme un goût sur les lèvres, faisant resurgir l’émotion… intacte.


Une Saveur de Miel

Une saveur de miel
Beaucoup plus douce que le vin

Je rêve à ton premier
Baiser dont sur mes lèvres encore revient
Une saveur de miel
Beaucoup plus douce que le vin

Je reviendrai, oui, je reviendrai
Je reviendrai pour le miel et pour toi

Mon cœur, par ton baiser, réveillé
Je garde, bien qu’étant éloigné
Cette saveur de miel
Beaucoup plus douce que le vin

Je reviendrai, oui, je reviendrai
Je reviendrai (Il reviendra)
Pour le miel et (Pour le miel et)
Pour toi

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 16 octobre 2011

Mad World






Chanson du groupe « Tears for Fears » (écrite par Roland Orzabal et chantée par Curt Smith), reprise, quelques années plus tard, par Michael Andrews & Gary Jules avec un succès considérable.

Le regard d’un enfant sur l’hostilité du monde, l’ignorance et l’indifférence telles qu’il peut les découvrir lorsque se déchire le cocon d’insouciance et de sécurité dans lequel il a vécu ses premières années, et qu’il doit affronter l’école, avec ses contraintes, ses règles incompréhensibles, ses codes et son cynisme.

Le regard que jette un adolescent sur le monde, lorsqu’il comprend qu’il doit entrer dans l’arène, rejoindre les « adultes » dans leur course sans issue, et partager leur folie.

Le regard de l’adulte qui, après avoir longtemps tourné en rond comme les autres sans savoir vraiment pourquoi, constate qu’il n’est pas plus avancé et comprend la vanité de sa course.


Le regard du vieillard qui, voyant les rangs s’éclaircir autour de lui, comprend qu’il n’a poursuivi qu’un rêve collectif, et n’a pas donné suite à ses rêves d’enfant…


Monde Cinglé

Autour de moi des visages bien communs
Des lieux battus, visages éteints
Pour leur course quotidienne, de bon matin
Menant à rien, menant à rien
De larmes leurs lorgnons sont presque pleins
N’exprimant rien, n’exprimant rien
Cache ma tête ; je veux noyer mon chagrin
Sans lendemain, sans lendemain

Refrain :
Je trouve un peu déconcertant
Et je trouve attristant
(Que) Les rêves dans lesquels je meurs
Soient de tous mes rêves les meilleurs
C’est dur de te le dire
C’est dur d’en convenir
Quand les gens tournent en rond, le monde est tout à fait
Cinglé, cinglé

Enfants attendant leur jour de bien être
Anniversaire, anniversaire
Pour se sentir ce qu’un enfant doit être
Assis, écoute, assis, écoute
A l’école je ne me sentais pas bien
On m’ignorait, on m’ignorait
Maîtresse, quelle est ma leçon pour demain
Regardez-moi, regardez-moi

(Refrain)

Cinglé, cinglé, cinglé

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)