"You are always on my mind!"

samedi 24 avril 2010

Love's Been Good To Me

I have been a rover
I have walked alone
Hiked a hundred highways
Never found a home
Still in all I'm happy
The reason is, you see
Once in a while along the way
Love's been good to me
[...]




Paroles et musique de Rod McKuen, cette chanson, superbement chantée par Johnny Cash, a été aussi reprise aussi par Frank Sinatra et Nina Simone (dans une version 'au féminin'), entre autres. On y retrouve le thème très classique du vagabond, épris de liberté, qui va de port en port et de cœur en cœur, comme tant d'autres l'ont chanté. La première comparaison qui me vient à l'esprit est "Le Métèque" (Georges Moustaki), "avec (son) coeur qui a su faire souffrir autant qu'il a souffert sans pour cela faire d'histoire" - la quintessence de la poésie de Moustaki, avec une allitération proprement géniale.
Le souvenir d'un mot affectueux, d'un regard, du contact d'une main... peut en effet nous aider à faire la route. Surmonter les écueils, traverser les épreuves, affronter la nuit... est plus facile lorsque l'on peut se dire qu'un jour, une fois, quelqu'un nous a aimé - ou, du moins, nous l'a laissé penser.
Et voilà que reviennent les paroles d'André Pol, si merveilleusement mises en musique et chantées par Georges Brassens, dans "Les Passantes":
"Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin...
Mais...
Alors, aux soirs de lassitude,
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir..."



L’Amour m’a fait du Bien

Toujours solitaire
Comme un vagabond
J’ai parcouru la terre
Sans trouver d’ maison
Mais suis heureux au fond
En sais-tu la raison ?
De temps à autre, sur mon chemin
L’amour m’a fait du bien

Ce fut une fille, à Denver
Sous l’orage du mois d’août
Tendres étaient ses yeux verts
Et ses bras si doux
D’un sourire elle chassait le tonerre
D’un baiser la pluie
Bien que je reste solitaire
Je n’ me plains plus depuis.

Toujours solitaire
Comme un vagabond
J’ai parcouru la terre
Sans trouver d’ maison
Mais suis heureux au fond
En sais-tu la raison ?
De temps à autre, sur mon chemin
L’amour m’a fait du bien

Et puis cette fille, à Portland
A l’approche de l’hiver
Nous prom’nions sur la lande
Nos deux cœurs solidaires
Elle chassait d’un rire les noirs nuages
Et d’un cri la neige
Je m’en souviens comme d’hier
Quand, sur la route, j’erre

Toujours solitaire
Comme un vagabond
J’ai parcouru la terre
Sans trouver d’ maison
Mais suis heureux au fond
En sais-tu la raison ?
De temps à autre, sur mon chemin
L’amour m’a fait du bien

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 17 avril 2010

Further on up the road


Voici une chanson un peu énigmatique et sombre, écrite et chantée par Bruce Springsteen, puis reprise par d'autres comme Johnny Cash.




Plus loin en chemin

Où la route est sombre, et le grain semé,
Où la balle est froide, le fusil armé,
Où de sang et d’or les jalons sont teints,
Je vous rejoindrai plus loin en chemin

Ma bague à tête de mort, mon costume mortuaire,
Et mon refrain, et mes bottes de cimetière,
Pour me protéger du froid, je chante mon refrain
Je vous rejoindrai plus loin en chemin

Plus loin en chemin
Plus loin en chemin
Lassés des jours gris, nuits froides et sans fin
Nous nous dresserons un beau matin
Et je vous rejoindrai plus loin en chemin

Car j’étais dans le désert, purgeant ma peine,
Fouillant la poussière, recherchant un signe,
Je n’ sais pas si nous verrons devant nous la lueur
Mais je sens cette fièvre qui brûle dans mon cœur.

Plus loin en chemin
Plus loin en chemin
Plus loin en chemin
Plus loin en chemin

Nous nous dresserons un beau matin
Et je vous rejoindrai plus loin en chemin
Nous nous dresserons un beau matin
Et je vous rejoindrai plus loin en chemin

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 10 avril 2010

I'm Your Man

I'll do anything you ask me to 
And if you want another kind of love 
I'll wear a mask for you 
If you want a partner 
Take my hand 
Or if you want to strike me down in anger 
Here I stand 
I'm your man 
[...]



Pour sa 150ème traduction, Polyphrène revient vers Léonard Cohen, pour un titre de chanson, mais aussi le titre de l'album sur lequel elle apparaît, I'm Your Man, publiée en 1988, associée à d'autres titres caractéristiques comme "First We Take Manhattan", "Ain't No Cure for Love", et "Everybody Knows", déjà présentés et traduits sur ce blog.
On est très loin du ton pathétique du "Ne Me Quitte Pas", de Jacques Brel, mais le thème est cependant voisin.


Je Suis Ton Homme
 
Si tu veux un amant
Tout ce que tu veux, je le ferai
Et si tu veux être aimée autrement
Un masque je mettrai
Si tu veux un partenaire
Prends ma main
Si, de colère, tu veux me jeter à terre
Tu me tiens
J’ suis ton homme

Si tu veux un boxeur
Pour toi, je suis prêt à me battre
Et si tu veux un docteur
Je scruterai ta peau d’albâtre
Si tu veux un chauffeur
En voiture
Ou si tu veux partir à l’aventure
On part sur l’heure
J’ suis ton homme

La lune est trop claire
La chaîne serre
La bête ne peut dormir
Je repense à toutes les promesses qu’en mon âme
Je t’ai faites et n’ai pu tenir
Jamais un homme n’a pu retenir une femme
En l’implorant à genou
Sinon je serais prêt à tout
A tes pieds me jetterais
A ta beauté hurlerais
Comme un chien en chaleur
Je mordrais à ton cœur
Tes draps je déchirerais
Te supplierais
J’ suis ton homme

Si tu dois somnoler
Sur la route quelque temps
Je prendrais le volant
Si tu veux prendre la route seule et rouler
Je serais transparent
Si tu veux un père pour ton enfant
Ou marcher sur le sable en discutant
Un moment
J’ suis ton homme

Si  tu veux un amant
Tout ce que tu veux, je le ferai
Et si tu veux être aimée autrement
Un masque je mettrai

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 3 avril 2010

The Auctioneer

There was a boy in Arkansas 
Who wouldn't listen to his ma 
When she told him he should go to school 
He'd sneak away in the afternoon 
Take a little walk and pretty soon 
You'd find him at the local auction barn.
[...] 
Twenty-five dollar bid it now, thirty dollar, thirty 
Will you gimmie thirty, make it thirty 
Bid it on a thirty dollar, will you gimmie thirty 
Who'll-ll bid it at a thirty dollar bid? 
Thirty dollar bid it now, thirty-five 
Will you gimmie thirty-five, 
To make it thirty-five, to bid it a thirty-five 
Who woulda bid it at a thirty-five dollar bid ? 
[...]



Un moment de pure jubilation, cette chanson de LeRoy Van Dyke et Buddy Black, chantée par LeRoy Van Dyke, puis par Chuck Miller, Lynn Anderson, Gordon Lightfoot, Charlie Roi...
Il s'agit d'un véritable concours de diction (au même titre que "The Devil went down to Georgia" est un concours de virtuosité au violon). Le débit verbal extraordinairement rapide du commissaire priseur en est le prétexte, avec un effet réjouissant.
Chacun peut s'y essayer, mais rares sont ceux qui parviendront à égaler les performances de l'auteur, que ce soit en anglais ou en français !
 


Le Commissaire Priseur

Il était un petit Texan
Qui n’écoutait pas sa maman
Qui lui disait d’aller à l’école
Car du lundi jusqu’au vendredi
Il s’éclipsait dans l’après-midi
Et vers la salle des ventes prenait son envol.

Il écoutait attentivement
Et put bientôt deviner comment
L’ commisaire priseur parlait si rapidement
Il se dit « Mon Dieu, que je meure
Si je ne deviens pas le meilleur
En diction de tous les commissaires priseurs ».

Enchère à vingt-cinq dollars là, à trente dollars, trente
Qui fait une offre à trente ? Mettons à trente
On enchérit à trente dollars. Qui fait une offre à trente ?
Qui porte les enchères à trente dollars ?
On offre trente dollars ici, trente-cinq
Qui veut monter à trente-cinq ?
Pour monter à trente-cinq ? Les enchères sont à trente-cinq
Qui portera les enchères jusqu’à trente-cinq dollars ?

Le temps passant, il fit d’ son mieux
On voyait qu’il était sérieux
Il s’entraînait aux enchères nuit et jour
Son père le trouvait dans la basse-cour
Où il s’acharnait plein d’ardeur
A bien imiter le commissaire priseur

Son père dit : « Nous n’ pouvons accepter
Pour toi la médiocrité
Qu’en salle des ventes notre nom soit respecté
Pour être commissaire priseur
Je t’envoie à l’école sur l’heure
Et tu seras bientôt le meilleur

Enchère à trente-cinq dollars là, quarante dollars, quarante
Qui fait en offre quarante ? Mettons quarante
On monte à quarante dollars. Qui en offre quarante ?
Qui porte l’enchère à quarante dollars ?
On offre quarante dollars là, quarante cinq
Qui monte à quarante-cinq ?
On monte à quarante-cinq. L’enchère est à quarante-cinq
Qui portera l’enchère jusqu’à quarante-cinq dollars ?

Et l’école fit de ce garçon
Un adulte qui, plein d’aplomb
Revint chez lui en vrai commissaire priseur
Et les gens venaient des environs
Pour admirer sa diction
Vive et scandée qui réjouissaient leur cœur

Son renom courait d’est en ouest
Bientôt n’eut plus de temps de reste
Dut acheter un avion bimoteur
Dans tout l’pays, c’est le champion
Arrêtons-nous et saluons
Le plus grand des commissaires priseurs

On offre quarante-cinq dollars là, cinquante dollars, cinquante
Qui fait en offre cinquante ? Mettons cinquante
On monte à cinquante dollars. Qui en offre cinquante ?
Qui porte l’enchère à cinquante dollars ?
On offre cinquante dollars là, cinquante-cinq
Qui monte à cinquante-cinq ?
On monte à cinquante-cinq. L’enchère est à cinquante-cinq
On vend ce cheval pour cinquante-cinq dollars ?

Bon : Adjugé ! Ouvrez le porche et faites le sortir. En avant, les gars. On continue et on passe au lot vingt-neuf. Quelle est votre offre ?

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)