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samedi 19 juillet 2014

My Year Is A Day

Really wanna change my mind
But I know it takes some time
Thoughts are boucing in my brain
Oh Lord are they gonna change?
Seems I lost her years and years ago

I need her so
How can I go on sad?
I feel so bad
I think I'm had

[Refrain]
And my year is a day
And my year is a day
My year is a day

Why I think about it all this time
It hurts just thinking 'bout the lies
I'm gonna sing a song again
But not the one that's running in my head


I've gotta learn to be a man
And help my self
I've gotta go on
I can last long, singing this song

[Refrain]
And my year is a day
And my year is a day
My year is a day

Gonna have to be a man
And help my self
I've gotta go on
I can last long, singing this song

[Refrain]
And my year is a day
And my year is a day
My year is a day
My year is a day
My year is a day
My year is a day
My year is a day.



Ce premier et grand succès du groupe de rock américain “Les Irrésistibles”, vivant à Paris à la fin des années 1960, a été écrit par William Sheller (mélodie) et Tom Arena (paroles). Hormis le titre aussi lapidaire que mystérieux, servant de refrain à cette chanson, les paroles ne brillent pas par leur originalité, mais la mélodie d’un romantisme tumultueux illustre bien l’immense talent de William Sheller, alors inconnu du grand public.
La version française « Dans la Ville Endormie », de Claude Lemesle, chantée par Dalida, est un peu plus consistante, mais très éloignée de la version anglaise, justifiant mon effort de traduction.
ALN


Mon Année dure un Jour

Pour me changer les idées
Ça prend du temps, je le sais
Je ne sais plus que penser
Quand cela va-t-il changer ?
On dirait qu’ ça fait des années
Qu’elle m’a quitté
Puis-je vivre ainsi ?
Je suis trahi
Je suis fini
Mon année dure un jour
Mon année fait un jour
Année dure un jour

Les mensonges, ça fait mal d’y penser
Pourquoi y penser sans arrêt ?
Je chant’rai encore une chanson
Mais pas celle-ci qui tourne à l’obsession
Ça n’ peut pas durer
Je dois apprendre à être un homme
Et m’en sortir
Je dois cesser
De la chanter
Mon année dure un jour
Mon année fait un jour
Année dure un jour

Je dois apprendre à être un homme
Et m’en sortir
Ça n’ peut pas durer
Je dois cesser
De la chanter
Mon année dure un jour
Mon année fait un jour
Année dure un jour

L’année dure un jour
L’année dure un jour
L’année dure un jour
L’année dure un jour

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)


vendredi 3 octobre 2008

Rosanna Banana

De ma fenêtre froide et rectangulaire
Quand la pluie fait chanter l'odeur de la pierre
J'vois rev'nir les saisons qui mangent les gouttières
Et j'te vois pas en rev'nir, et j'ai l'cœur à l'envers

Peut-être te caches-tu, dis moi, comme une brigande

Dessous les parapluies qui passent en guirlandes
Comme si j' dansaient dans la rue côté pair ou impair
Un cha-cha en file indienne, un mambo en fil de laine

Rosanna Banana
Mais qu'est-ce-que tu peux faire?
Rosanna Banana
Tu m'laisses tout seul sur la terre
Rosanna Banana
Si tu voyais ma misère
Rosanna Banana
Mais qu'est-ce-que tu peux faire?

C'est dans une île à coco comme dans les documentaires
Là où l'on voit des heureux qui n'ont que l'temps de rien faire
Que t'es partie un soir, pour un concours de béguine
Et j't'ai perdue vers le bar, tout au fond d'un vieux dancing


Rosanna Banana
Qu'est-ce-que tu peux bien faire?
Rosanna Banana
Tu m'laisses tout seul sur la terre
Rosanna Banana
Si tu voyais ma misère
Rosanna Banana
Qu'est-ce-que tu peux bien faire?

Rosanna Banana, Rosanna Banana, Rosanna Banana

Rosanna Banana
Qu'est-ce-que tu peux bien faire?
Rosanna Banana
Tu m'laisses tout seul sur la terre
Rosanna Banana
Si tu voyais ma misère
Rosanna Banana
Qu'est-ce-que tu peux bien faire?

Rosanna Banana
Qu'est-ce-que tu peux bien faire?
Rosanna Banana
Tu m'laisses tout seul sur la terre
Rosanna Banana
Si tu voyais ma misère
Rosanna Banana
Qu'est-ce-que tu peux bien faire?

Encore William Sheller ! Ce sont ce matin les cuivres éclatants du refrain qui trottent dans ma tête aussitôt que je reprends conscience après une courte nuit de sommeil. Pas vraiment étonnant que cette rengaine ait intoxiqué mon subconscient, car je l'ai écoutée hier, ainsi que quelques autres, sur le trajet de retour du travail. C'est plus la mélodie envahissante qui s'est emparée de mon cerveau que les paroles, auxquelles je n'avais pas vraiment prêté attention. Je les retrouve ce matin sur le Web, et je m'arrête sur "Tu m'laisses tout seul sur la terre" qui sonne comme un reproche à tous ceux que la vie (ou la mort) a éloignés de moi. Comment pourrais-je leur en faire le reproche. Ais-je été présent auprès d'eux, ais-je pris le temps de leur rendre visite, de les appeler, de leur écrire ? Préoccupé par le quotidien, j'ai toujours remis cela au lendemain : "Demain, on rase gratis !" On est toujours le lendemain du jour qui précède, mais est-on si sûr que l'on sera encore là pour dire "hier" ?  

Elle sera de retour dimanche. Au téléphone, elle commençait déjà à évoquer le retour, avec son cortège de corvées, d'épreuves: bientôt la nouvelle "chimio", les prises de sang, les consultations... Son moral est bon: elle a profité du soleil, marché, s'est baignée un peu dans l'eau tiède d'un septembre finissant. Elle a surtout le sentiment d'avoir gagné un peu de liberté, d'avoir à nouveau vécu "comme avant". 

Le refrain entêtant de "Rosanna" continue à tourner en rond dans ma tête. Il faudra bien qu'il en sorte, pour laisser entrer une autre mélodie, d'autres paroles, d''autres idées. Répéterai-je longtemps comme lui : "Si tu voyais ma misère" ? C'est vrai: devant la douleur des autres, je cherche toujours à me convaincre que c'est moi qui suis à plaindre.

mercredi 1 octobre 2008

"Elle dit soleil, elle dit..."

Je n'ai pas tellement de reproche à faire dans la vie
Ça n'empêche pas certains de dire
Que j'perds mon temps à écouter la pluie.
Ils ne savent pas entendre au travers de leur propre bruit
Comme une chanson qui va toute seule
Sans qu'on l'apprenne et sans qu'on l'ait choisie.

Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".
Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".

Tous les gens dans la ville se cachent chez eux et s'ennuient.
Ils grognent du fond d'un pull-over
Qui leur va mal, mais ils sont à l'abri.
Moi, j'ai des billes au bout des baleines de mon parapluie.
J'ai une chanson qui va toute seule
Sans qu'on l'apprenne et sans qu'on l'ait choisie.

Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".
Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".
Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".
Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".
Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".
Elle dit "soleil", elle dit "prête-moi ton arc-en-ciel", elle dit "merci".

  Ce matin, c’est encore une mélodie de William Sheller qui me trotte dans la tête : je n’ai pas encore changé le CD sur l’auto-radio ! Je n’en connais pas les paroles, hormis le refrain. C’est donc l’occasion de les découvrir par une petite recherche sur le Web. Surprise : les couplets se terminent par « une chanson qui va toute seule sans qu'on l'apprenne et sans qu'on l'ait choisie. ». C’est tout à fait ça. Chaque matin, une chanson est là, dans ma tête, et va toute seule sans que je l’aie choisie. Elle est probablement entrée dans mon sommeil, comme pour préparer et faciliter mon retour à la réalité tandis que mon esprit se laissait entraîner par des rêves absurdes.

"Genève"

Juste un concert au bord de l'ile Rousseau
Et le hasard de se voir à nouveau
Tu viens vers moi et tu me dis bonjour
Le temps sur Genève est bien lourd

Et l'on échange là quelques nouvelles
Les Berlinois ont quitté leur hôtel

Monsieur Wagner est mort hier au soir
Le temps sur Genève est bien noir

Mais je m'attarde en d'inutiles verbes
Je perds un jeu que je croyais superbe
Entre nous il n'est plus question d'amour
Le temps sur Genève est trop court

 

Ce matin, ce sont ces notes de William Sheller qui s’égrènent dans ma tête au réveil. Pas vraiment étonnant, car je repasse inlassablement ses chansons dès que je monte en voiture, depuis que mon fils m’a offert un coffret avec ses « 100 meilleures chansons ». Je n’en connaissais jusque là que quelques unes, celles que les média avaient, en leur temps, largement diffusées. Je me souvenais aussi l’avoir aperçu un soir à la télévision, alors que je n’avais pas vingt ans. Je ne me souviens plus de ce qu’il chantait alors, mais j’ai gardé le souvenir d’un poète doux et délicat, d’une mélodie simple et immense, d’un texte original et profond. 

Et puis, il y a peut être deux ans, je suis tombé par hasard, en roulant, sur une émission de radio consacrée à sa discographie, avec quelques extraits de chansons. Je me suis alors arrêté sur le bas côté de la route, en rase campagne, pour écouter… quelques instants seulement, car l’émission touchait à sa fin, mais ce que j’avais entendu m’avait subjugué, et je n’ai cessé depuis, à l’approche de Noël et de mon anniversaire, de glisser subtilement dans la conversation mon souhait de découvrir l’œuvre de ce chanteur hors catégorie. Mon fils cadet a bien capté le message. Merci Il avait du reste attisé mon intérêt en jouant superbement, au piano, « Les miroirs dans la boue ». 

Ma curiosité est maintenant comblée, au-delà de mes espérances. Outre les mélodies sublimes et les textes subtils, j’ai retrouvé mon impression initiale : un romantique du quotidien, illuminant la nostalgie, éclairant l’âme de l’intérieur. Simple, sincère, discret, tendre et modeste : l’anti-macho parfait. « Genève » évoque avec des accidents délicatement nostalgiques le décours solitaire de nos vies, qui se rapprochent ou se croisent sans jamais vraiment se rencontrer, les sentiments qui auraient pu naître, ceux qui restent enfouis comme des fleurs sous la neige, les petits riens qui pourraient changer une vie… et ne la changent pas. 

 PS : je viens d’apprendre que William Sheller était aussi l’auteur de « My Year is a Day ». Fichtre !