"You are always on my mind!"

samedi 26 novembre 2011

Your Cheating Heart






 "Your Cheatin' Heart" est une chanson du véritable pilier de la “Country” que fut Hank Wiliams. C’est aussi l’une des dernières chansons qu’il écrivit et enregistra, et elle ne fut diffusée qu’après sa mort en 1953. Elle connut alors un très grand succès, et fut reprise par les plus grands artistes, dont
Le thème de la trahison et de l’infidélité est l’un des sujets récurrents de la “Country”, avec de multiples variations qui ont presque toutes en commun une vision très univoque de la question, au point que certaines chansons comme « Wild Side of Life » ont suscité, en leur temps, une vive polémique et donné lieu a des réponses sous forme de chansons assez bien tournées.
« Your Cheating Heart » présente au moins la singularité de pouvoir être chantée indifféremment au masculin ou au féminin, pour rétablir l’égalité, sinon la justice.


Ton Cœur Menteur

Ton cœur menteur te f’ra souffrir
Tu pleureras, voulant dormir
Mais le sommeil ne viendra pas
Ton cœur menteur te trahira
Comme la pluie tu pleureras

En vain mon nom tu appeleras
Ce sera ton tour de faire les cent pas
Ton cœur menteur te trahira
Ton cœur menteur se morfondra

Cet amour que tu as gâché
Un jour tu le regretteras
Ton cœur menteur te trahira
Comme la pluie tu pleureras

En vain mon nom tu appeleras
Ce sera ton tour de faire les cent pas
Ton cœur menteur te trahira
Ton cœur menteur te trahira

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

vendredi 25 novembre 2011

That Don't Make It Junk







Leonard Cohen, a sa manière, évoque l’une des questions essentielles (sinon l’un des principaux mystères) de la vie. Que l’être humain soit capable du meilleur comme du pire a été maintes fois démontré. Que le “bien” qu’un homme peut faire au cours de sa vie soit l’image de son “être profond” (“l’homme intrinsèquement bon”) ou la réalisation d’un “plan” divin est une question largement débattue, et qui nous confronte aux paradoxes et contradictions des religions. Sans trancher le débat, Léonard Cohen projette sur le sujet une lumière crue : « Inner feelings come and go ». Nos sentiments « profonds », impressions, perceptions et intuitions, sont, quoi qu’on puisse en dire, superficiels et changeants. Dans une interview, il va plus loin et précise : « De nos jours, la sagesse populaire prétend que l’on doit rester fidèle à ses sentiments les plus profonds, comme s’il y avait d’un côté un « moi » mineur et contingent, et de l’autre un « moi » authentique. Mon expérience personnelle m’apprend que ces prétendus sentiments profonds, auxquels nous nous imaginons être fidèles, sont tout aussi fluctuants que les sentiments dits superficiels. En fait, toutes nos idées sont superficielles ».

En un sens, cela se comprend : notre cerveau dispose d’informations incomplètes et limitées sur notre environnement et son évolution. Devant prendre des décisions d’action ou réaction, il procède à des déductions et extrapolations plus ou moins rigoureuses, en se fondant sur le bilan des expériences passées, pour imaginer et prévoir. L’ensemble de ces expériences et leurs interprétations, teintées du « ressenti » résultant de la charge affective positive ou négative qui leur a été attribuée, constitue un « fatras » dont la complexité croît au cours de la vie, de sorte qu’il est difficile (même avec l’aide d’un psychologue) de démêler l’écheveau et remonter à la source. Dans la vie courante, c’est donc sur la résultante de ces multiples souvenirs, affects, déductions et suppositions enchevêtrées que nous devons nous fonder pour agir ou réagir à notre environnement.

Parfois, cependant, à la faveur d’un souvenir particulier, nous avons l’impression d’entrevoir – ou de percevoir – de façon souvent partielle et fugitive, “les profondeurs de notre âme”. Par la résonance de ce pouvoir évocateur, resurgissent ainsi des idées, des impressions et des sentiments depuis longtemps enfouis, et nous avons alors la surprise de constater (ou “dérouler”) le lien qui les rattache à nos perceptions actuelles. Ce n’est pas vraiment l’effet qui évoque la cause ; c’est la guirlande des souvenirs enchaînés les uns aux autres qui s’illumine tout à coup et en retrace le parcours.

Néanmoins, ce que l’on aperçoit ainsi dans un bref éclair n’est qu’un aspect de la réalité. Une seule perspective, si unique soit-elle, ne permet pas d’appréhender le relief, et la complexité des mécanismes intimes qui sous-tendent nos sentiments est telle que nous n’en pouvons entrevoir que la surface, dont la couleur et l’aspect changent avec l’éclairage.

Que nos idées et sentiments soient, ainsi, « superficiels » ne signifie pas pour autant que nous puissions changer fondamentalement aussi facilement. Cela veut dire simplement que nos perceptions et nos sentiments, comme notre comportement, sont le résultat d’interactions si complexes que nous ne pouvons généralement en faire qu’une analyse superficielle. Sans atteindre, peut-être, l’imprévisibilité logique du chaos déterministe, la variabilité de nos impressions et de nos réactions reflète la multiplicité des causes et des influences, et la complexité des relations, avec des résultats qui peuvent changer selon le contexte et donner un impression d’inconsistance.
Pourtant, si les circonstances nous confrontent à nos faiblesses et exposent nos échecs, cela n’altère pas fondamentalement notre être : cela « n’en fait pas du « toc », de la pacotille sans valeur ni intérêt.

Reste à savoir pourquoi nous sommes toujours placés dans des situations telles que nous ne pouvons qu’échouer… si tant est qu’il y ait un « pourquoi » ?
Léonard Cohen pose la question, mais sa formulation porte en elle une réponse, que l’on peut interpréter en termes religieux ou théologiques, ou laisser en suspens si l’on se méfie des réponses toutes faites et des « logiques aspirantes » qui prétendent donner un sens à la vie en nous dictant une conduite et nous dispensant de réfléchir.

Comme toujours avec LC, chacun reste libre de choisir à quel niveau il souhaite interpréter ce texte, selon son humeur et selon sa croyance, pour ébaucher une réponse : Dieu, le destin, l’amour, ou tout simplement la vie…

Libres aussi de le suivre ou non sur le chemin d’une sagesse bouddhiste, et de refermer le « livre du désir ».

Mais son message peut signifier aussi que, quelles que soient les motivations, les causes et les raisons complexes qui peuvent susciter ou expliquer nos actions, quelles que soient même nos intentions, cela n’en fait pas du « toc » (ou de la boue, pour garder la rime) si ces actions soutiennent et renforcent la vie et l’amour.


Ça n’en fait pas du toc

J’ai combattu la bouteille
Fallait-il que je sois saoul
Mais mettre mon diamant au clou
Ça n’en fait pas d' la boue

J’ignore comment je le sais
Mais j’en ai reçu pardon
Je doute de mes sentiments
Les sentiments viennent et vont

Pourquoi m’as-tu appelé
Pourquoi te soucier
De mon cœur ce soir
Tu m’élèves en grâce, et
En ce lieu viens me placer
D’où je dois choir

Trop tard pour prendre un autre verre
Les lumières cessent de luire
J’écout’rai le chant des ténèbres
Je sais c’ que ça veut dire

J’ai tenté à ma manière
De t’aimer sans réussir
J’ai donc clos le livre du désir
Et me contente d’obéir

Pourquoi m’as-tu appelé
Pourquoi te soucier
De mon cœur ce soir
Tu m’élèves en grâce, et
En ce lieu viens me placer
D’où je dois choir

J’ai combattu la bouteille
Fallait-il que je sois saoul
Mais mettre mon diamant au clou
Ça n’en fait pas d’ la boue

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 12 novembre 2011

That’s How I Got To Memphis








 Ce monument de la Country Music a été écrit par Tom T Hall en 1968, puis repris par de très nombreux artistes, dont Bobby Bare. Tom T Hall, auteur et conteur de premier plan, a écrit de nombreuses chansons “majeures” qui sont restées malheureusement peu connues du public francophone, à l’exception de “That’s How I Got to Memphis”, popularisée par Eddy Mitchell sous le titre “Sur la Route de Memphis”, avec un texte excellent mais très différent de l’original. Dans la version française (paroles de Claude Moine), Eddy Mitchell se met dans la peau d’un homme qui, menottes aux poignets, rend une dernière visite à sa bien-aimée sur la route qui l’emmène en prison, alors que Tom T Hall raconte l’errance d’un amant à la recherche de celle qui l’a quitté (un peu comme Johnny Cash dans « Big River »).
L’atmosphère « Country » est bien présente dans les deux cas, mais la version originale méritait néanmoins une tentative de traduction.


C’est c’qui m’amène à Memphis

Si tu aimes une femme assez fort
En enfer tu la suivrais encore
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis

Si tu aimes une femme assez fort
Tu vas où veut aller ton cœur
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis

Tu es mon ami ; si tu l’as vue, tu me le diras
Je dois la trouver pour savoir ce qui ne va pas

Si tu m’ dis qu’elle s’en est allée
J’irais où ses larmes ont coulé
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis

Dans ses colères, elle disait toujours
Qu’elle rentrerait à Memphis un jour
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis

J’ n’ai ni mangé ni dormi
Depuis trois jours et trois nuits
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis

Je dois la trouver, lui dire mon amour infini
Je dois découvrir enfin pourquoi elle est partie

Merci de m’avoir écouté
Pardonne-moi si j’ me mets à pleurer
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis
C’est c’ qui m’amène à Memphis

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 6 novembre 2011

For Emily, Whenever I May Find Her






 Du plus beau et plus pur romantisme, cette magnifique chanson de Paul Simon, chantée de façon sublime par Art Garfunkel, est d’un pouvoir évocateur quasi cinématographique. Elle nous transporte dans une époque lointaine, quelque part en Europe, et les images défilent au ralenti, au travers d’une brume légère qui laisse entrevoir le scintillement du givre.

Jeune interne dans une douce ville de l’ouest, je louais une chambre dans une très vielle demeure, au coin d’une ruelle pavée dont le décor n’avait pas changé depuis des siècles, à quelques mètres d’un château médiéval campé au sommet d’une falaise surplombant la rivière. Rentrant chez moi, tard dans la nuit, alors que seul le bruit de mes pas résonnait sur le pavé mouillé luisant sous les rayons blafards de la lune, je pouvais m’imaginer quelques siècles plus tôt et rêver…
Rêver d’une vie hors du temps.
Rêver d’un amour romantique, tendre et pur.
Rêver d’une rencontre, sortant de l’ombre au détour d’une ruelle : une svelte silhouette, des cheveux flottant dans le vent, les fins contours d’un visage, puis des yeux brillants d’amour et d’intelligence, et puis…
Mais il est plus facile de chanter l’espoir que le regret.
La vie, depuis, s’est écoulée, charriant comme un fleuve l’amour, les succès, les échecs, les combats menés main dans la main, les épreuves et les victoires, les fautes et les pardons, et puis la maladie, la mort, parfois même l’oubli…
Peut-on encore rêver lorsqu’on a vu ainsi les eaux noires du temps emporter les débris notre vie ?
On peut néanmoins tenter de remonter le cours du fleuve, et chanter les chansons éternelles du romantisme : « For Emily », « Les Passantes », « Sad Lisa »… Leur beauté est autant un hommage au passé qu’un message d’espoir.



Pour Emilie, A Quelque Epoque Qu’elle se Trouve

Quel rêve ai-je fait !
Dans une crinoline
Bordeaux éthérée
Garnie de mousseline
Plus douce que la pluie
Dans des rues vides, errant
Par delà les étals
J’entendais en marchant
Les cloches de la cathédrale
Carillonner

E tu vins à moi en courant
Rouge d’émotion
Foulant le givre des champs
De cades et lampions
Je pris ta main
Quand je m’éveillais
Je sentis ta présence
Tes cheveux j’embrassais
Plein de reconnaissance
Oh, oui, que je t’aime
Oh, que je t’aime


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 5 novembre 2011

Belle, Belle, My Liberty Belle






 Cette chanson de Guy Mitchell (en 1951 : un bonne année !), écrite par Bob Merrill, est imprégnée de l’optimisme  et de la gaité de la période d’après guerre, lorsque les soldats américains parcouraient le monde et envoyaient à leur « belle » restée au pays des lettres enflammées jurant fidélité. Elle est donc bien représentative d’une époque d’espoir, de gaité et d’exubérance… dont on ne retrouve guère la trace aujourd’hui, où les crises succèdent aux crises.
Cette vision de la « vie en rose » n’est certes pas exemple de naïveté, et le temps nous révèle combien d’espoirs sont déçus et combien de serments reniés, mais, dans le marasme général, le « parti-pris de la vie » n’est-il pas préférable au fatalisme et au renoncement ?


Belle, Belle, Ma Liberté-Belle

Oh, ma Liberté-Belle, ma jolie petite Belle
Tu savais bien qu’à ton premier baiser
Tu savais fort bien, ma Liberté-Belle
Que c’est toi seule que j’aim’rais

A Singapour, aux Philippines, les filles sont belles
Atour de Killarney, les blondes demoiselles
Il y a Fifi du gai Paris, et Wilhelmine, quel choix !
Mais, Belle, Belle, ma Liberté-Belle, mon seul amour c’est toi

Quand les étoiles, en couronne, brillent sur la lagune
Les filles de Bali dansent au clair de lune
Tandis qu’elles dansent, si j’ai la chance, j’admire ce que je vois
Mais, Belle, Belle, ma Liberté-Belle, mon seul amour c’est toi

Je marche, marche, marche tout autour du monde
Je vogue, vogue, vogue sur les océans
C’est ainsi que mon cœur vagabonde
Mais sans jamais s’éloigner de toi pour autant

Les filles, de Singapour aux Philippines, ont tant de grâce
Mais tu es celle que j’adore et qu’en rêve j’embrasse
Bientôt, je vais te retrouver ; sagement, attends moi
Car Belle, Belle, ma Liberté-Belle, mon seul amour c’est toi

(Belle, Belle, Belle)

Les filles, de Singapour aux Philippines, ont tant de grâce
Mais tu es celle que j’adore et qu’en rêve j’embrasse
Bientôt, je vais te retrouver ; sagement, attends moi
Car Belle, Belle, ma Liberté-Belle, mon seul amour c’est toi

Oh, ma Liberté-Belle, ma jolie petite Belle
Tu savais bien qu’à ton premier baiser
Tu savais fort bien, ma Liberté-Belle
Que c’est toi seule que j’aim’rais

C’est toi seule que j’aim’rai

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)