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vendredi 21 juin 2013

My uncle used to love me but she died

My uncle used to love me but she died
A chicken ain't chicken 'til he's licken good and fried
Keep on the sunny side
My uncle used to love me but she died

Who'll give me quarter, thirty cents for a ring of keys
Three sixty-five for a dollar bill of groceries
I'll have me a car of my own someday but 'til then I need me a ride
My uncle used to love me but she died

My uncle used to love me but she died
A chicken ain't chicken 'til he's licken good and fried
Keep on the sunny side
My uncle used to love me but she died

Hamburger cup of coffee lettuce and tomato
Two times a dime to see a man kiss the alligater
One more time around free on the ferris wheel ride
My uncle used to love me but she died

My uncle used to love me but she died
A chicken ain't chicken 'til he's licken good and fried
Keep on the sunny side
My uncle used to love me but she died

Apples are for eatin and snakes are for hissin
I've heard about a huggin' and I've heard about kissin'
I read about it free in a fifty cent illustrated guide
My uncle used to love me but she died

My uncle used to love me but she died
A chicken ain't chicken 'til he's licken good and fried
Keep on the sunny side
My uncle used to love me but she died

Well my uncle used to love me but she died
A chicken ain't chicken 'til he's licken good and fried
Keep on the sunny side
My uncle used to love me but she died



A première vue, cette chanson représente une autre pitrerie de Roger Miller, et le plaisir qu’il prend à prononcer « died » comme un râle éructatoire a tout de la facétie de cour de récréation. Cette chanson eut un grand succès populaire, et conforta la place de Roger Miller comme amuseur public et hôte régulier du « Muppets’ Show ». D’aucuns s’interrogèrent sur le sens du titre  comme de l’ensemble des paroles de ce texte, et le sentiment général était qu’il s’agissait d’un simple enchaînement de billevesées, sans autre but que de susciter l’hilarité : une gaminerie parmi tant d’autres.
Et pourtant…
Sans tomber dans le cliché du « clown triste », ni vouloir faire de la psychologie à un dollar, je me permets de prétendre ici que cette chanson me paraît parfaitement limpide, et profondément émouvante.
Qui n’a pas le souvenir, étant tout petit enfant, de cet oncle ou cette tante d’âge indéfinissable, aux traits ridés et cheveux clairsemés au point que toute caractéristique de genre eut quasiment disparu ? Du reste, pour un tout petit enfant, qui n’a pas encore pu voir grandir, vieillir, et mourir, les personnes ne sont que leur présent, et la notion de genre est moins pertinente que l’attention et l’affection qu’on leur porte. L’imagination n’est alors pas bridée par la connaissance, et rien n’est impossible.
Tout petit, pour ma part, du temps ou les religieux portaient soutane, je pensais que les curés n’avaient pas deux membres inférieurs articulés, mais seulement deux pieds au bout d’une sorte de pédoncule. Du reste, je n’en avais jamais vu courir : C.Q.F.D. !
Cette vieille personne, donc, originale, fantaisiste, peut-être même un peu folle, certainement non conformiste, était toujours prête à offrir aux enfants que nous étions un moment d’évasion, tolérant ou suscitant les petites transgressions de la discipline imposée par les parents, sollicitant notre aide pour avoir le prétexte de nous gratifier plus que de raison avec la monnaie des courses. C’était elle qui mettait de la moutarde sur nos steaks hachés, et du piment dans nos vies. C’était elle qui conduisait une automobile, et nous faisait découvrir les joies de la vitesse (100 à l’heure !). C’était elle qui nous emmenait au cinéma, au cirque, ou à la foire, et s’amusait avec nous des attractions les plus saugrenues sans prétention éducative. C’était elle aussi qui nous accueillait les jeudis ou les dimanches dans son logis – capharnaüm  où traînaient des romans photos « à l’eau de rose » que jamais nos parents eux-mêmes ne nous eussent laissé lire. C’était elle qui nous faisait écouter les chansons modernes que nos chastes oreilles entendaient avec enchantement et incompréhension. C’était elle qui nous donnait des leçons d’espièglerie, et qui nous montrait qu’il faut garder une âme d’enfant pour n’être pas abimé par la vie.
Et cette vieille personne – homme ou femme, qu’importe – est morte…
Et notre enfance avec elle.



Mon Oncle M’Aimait Bien Mais Elle Est Morte

Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte
Un poulet n’est un poulet que frit à la sauce forte
Chantons, la vie est courte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

Qui donc va me donner deux dollars pour trouver ses clefs
Et trois pour des courses à un dollar chez l’épicier ?
J’aurai une voiture à moi un jour ; pour l’heure il faut qu’on me transporte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte
Un poulet n’est un poulet que frit à la sauce forte
Chantons, la vie est courte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

Café, hamburger, et laitue pour la chlorophylle
Vingt centimes pour voir un gars embrasser le crocodile
Trois tours sur la grande roue et une place est offerte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte
Un poulet n’est un poulet que frit à la sauce forte
Chantons, la vie est courte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

Les pommes, c’est pour manger, les serpents pour siffler
Je sais comment caresser, je sais comment embrasser
J’ai lu ça dans un roman-photo écrit par une experte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte
Un poulet n’est un poulet que frit à la sauce forte
Chantons, la vie est courte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

Bon, mon oncle m’aimait bien mais elle est morte
Un poulet n’est un poulet que frit à la sauce forte
Chantons, la vie est courte
Mon oncle m’aimait bien mais elle est morte

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 8 octobre 2011

In the Summertime (You Don’t Want My Love)

In the summertime,
When all the trees and leaves are green
And the redbird sings, I’ll be blue
’Cause you don’t want my love ...

Some other time,
That’s what you say, when I want you
Then you laugh at me and make me cry
’Cause you don’t want my love.

You don’t seem to care a thing about me
You’d rather live without me,
Than to have my arms around you
When the nights are cold and you’re so all alone

In the summertime,
When all the trees and leaves are green
And the redbird sings, I’ll be blue
’Cause you don’t want my love.

Once upon a time,
You used to smile and wave to me
And walk with me, but now you don’t
’Cause you don’t want my love ...

Some other guy
Is takin’ up all your time
Now you don’t have time for me
’Cause you don’t want my love.

You don’t seem to care a thing about me
You’d rather live without me,
Than to have my arms around you
When the nights are cold and you’re so all alone

In the summertime,
When all the trees and leaves are green
And the redbird sings, I’ll be blue
’Cause you don’t want my love.



Une chanson tout à fait typique de Roger Miller : sur un rythme très alerte, un ton enjoué, et dans une cascade d’onomatopées quasi acrobatiques, il chante des paroles sombres et amères, créant un contraste saisissant.  L’auditeur non anglophone peut écouter (ou voir) cette chanson et se réjouir des pitreries de Roger Miller. De nombreuses versions circulent, toutes plus savoureuses les unes que les autres, notamment lorsqu’il chante en duo avec Andy Williams, improvise avec Johny Cash, ou apparaît au milieu des marionnettes du « Muppets-Show ».
Il n’est pourtant pas inutile de se pencher sur les paroles de cette chanson et de quelques autres du même Roger Miller pour imaginer comment cette gaieté apparente, sans prétendre dissimuler une peine ou une souffrance, constitue une réaction, et non une négation. Le registre n’est pas celui de l’humour grinçant, comme dans « Flowers on the Wall ». Il s’agit en fait d’un parti pris : celui de l’autodérision et d’une forme de détachement assez élégant, plutôt que de tomber dans la mélancolie ténébreuse et culpabilisante, plutôt que de formuler des reproches en tentant d’apitoyer, plutôt que de dramatiser et revendiquer.
Ce n’est pas si facile, comme en témoigne Charles Aznavour quand il chante « Il Faut Savoir… »



Au Ciel Bleu d’Eté (Tu n’veux pas d’mon amour)

Au ciel bleu d’été
Quand, aux arbres, les feuilles sont vertes
Chantent les rouges-gorges, j’ broie du noir
Tu n’ veux pas d’mon amour

« Une autre fois »
C’est c’ que tu dis quand je te veux
Tu ris de moi et me fais pleurer
Tu n’ veux pas d’mon amour

Tu ne te fais guère de souci pour moi
Tu te trouv’rais mieux sans moi
Qu’avec mes bras autour de toi
Quand les nuits sont fraîches et tu te sens si seule

Au ciel bleu d’été
Quand, aux arbres, les feuilles sont vertes
Chantent les rouges-gorges, j’ broie du noir
Tu n’ veux pas d’mon amour

Autrefois, pourtant
Tu souriais, me faisant signe
M’accompagnais ; plus maintenant
Tu n’ veux pas d’mon amour

Un autre gars
Accapare tout ton temps
Tu n’as plus de temps pour mois
Tu n’ veux pas d’mon amour

Tu ne te fais guère de souci pour moi
Tu te trouv’rais mieux sans moi
Qu’avec mes bras autour de toi
Quand les nuits sont fraîches et tu te sens si seule

Au ciel bleu d’été
Quand, aux arbres, les feuilles sont vertes
Chantent les rouges-gorges, j’ broie du noir
Tu n’ veux pas d’mon amour

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 19 mars 2011

Do Wacka Do

I hear tell you’re doin’ well,
Good thing have come to you.
I wish I had your happiness
And you had a do-wacka-do,
Wacka do, wacka-do, wacka-do.

They tell me you’re runnin’ free,
Your days are never blue.
I wish I had your good-luck charm
And you had a do-wacka-do,
Wacka do, wacka-do, wacka-do.

Yeah, I see you’re goin’ down the street in your big Cadillac,
You got girls in the front, you got girls in the back,
Yeah, way in back, you got money in a sack,
Both hands on the wheel and your shoulders rared back
Root-doot-doot-doot-doot, do-wah

I hear tell you’re doin’ well,
Good things have come to you.
I wish I had your happiness
And you had a do-wacka-do,
Wacka do, wacka-do, wacka-do.

(Nonsense syllable interlude)

Yeah, I see you’re goin’ down the street in your big Cadillac,
You got girls in the front, you got girls in the back,
Yeah, way in back, you got money in a sack,
Both hands on the wheel and your shoulders rared back
root-doot-doot-doot-doot, do-wah,

I hear tell you’re doin’ well,
Good things have come to you.
I wish I had your good-luck charm
And you had a do-wacka-do,
Wacka do, wacka-do, wacka-do.
 


Une espièglerie typique de Roger Miller, « Do Wacka Do » (littéralement : « faire ce que je fais ») est un réjouissant intermède sur le thème de la jalousie ou de l’envie. A chacun d’imaginer le scénario : deux anciens camarades, frères, amis… ou complices – l’un a réussi et mène la grande vie, tandis que l’autre vit la galère. Pourquoi pas l’un au bagne et l’autre parti avec le magot ? Qu’importe, en vérité. Il suffit de se laisser prendre par le rythme et les onomatopées hilarantes : effet garanti !
Ah ! Une fois de plus, après avoir rédigé ma traduction, j’ai fureté sur le « Web » et découvert que Hughes Aufray en a chanté une adaptation assez surprenante, où « Do-Wacka-do » est devenu « un dou Wakadou », un don, un truc, un charme magique par lequel l’ancien copain fait « tomber les filles comme des quilles ». J’avoue que je n’y aurais pas pensé ! J’ai honte de mon incompétence, mais je crois quand même utile de livrer une traduction maladroite, certes, mais plus littérale.


Dans Ma Peau

On dit qu’ tu vis dans l’opulence
La vie t’ fait des cadeaux
J’aimerais bien avoir ta chance
Et que toi, tu sois dans ma peau
Dans ma peau, dans ma peau, dans ma peau

On dit que tu as mis les voiles
Tes jours sont toujours beaux
J’aimerais avoir ta bonne étoile
Et que toi, tu sois dans ma peau
Dans ma peau, dans ma peau, dans ma peau

Je te vois d’ici, sur l’avenue, dans ta Cadillac
Et des filles à l’avant, et des filles à l’arrière
Et dans le coffre plein d’argent dans ton sac
Mains sur le volant, et un bronzage d’enfer
Root-doot-doot-doot-doot, do-wah

On dit qu’ tu vis dans l’opulence
La vie t’ fait des cadeaux
J’aimerais bien avoir ta chance
Et que toi, tu sois dans ma peau
Dans ma peau, dans ma peau, dans ma peau

(Onomatopées)

Je te vois d’ici, sur l’avenue, dans ta Cadillac
Et des filles à l’avant, et des filles à l’arrière
Et dans le coffre plein d’argent dans ton sac
Mains sur le volant, et un bronzage d’enfer
Root-doot-doot-doot-doot, do-wah

On dit qu’ tu vis dans l’opulence
La vie t’ fait des cadeaux
J’aimerais bien avoir ta chance
Et que toi, tu sois dans ma peau
Dans ma peau, dans ma peau, dans ma peau

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

mardi 21 septembre 2010

Home

Well, I've been a traveler most of my life
Never took a home, never took a wife
Ran away young and decided to roam
Wanna see my mama and my daddy back home

Home, where the river runs cold
The water tastes good, the winters ain't cold
Home, where the trees grow tall
The home fires burn, the whippoorwills call
[…]




Cette chanson, écrite par Roger Miller et chantée avec beaucoup d’entrain et d’élégance par Jim Reeves, reprend le thème très classique de l’aventurier solitaire qui rêve de retourner dans son foyer (on repense au légendaire « Emmène-moi ; mon cœur est triste et j’ai mal aux pieds. Emmène-moi, je ne veux plus voyager » de Graeme Allwright).
J’ignore combien de chansons ont été écrites sur ce thème (j’allais écrire « ce mythe ») mais celle-ci n’est pas la plus mauvaise, et le ton alerte de Jim Reeves crée un contraste subtil avec la mélancolie du propos.
Un bon moment et une référence du Country…



Là bas

J’ai roulé ma bosse dans le monde entier
Jamais de foyer, jamais marié
Parti jeune pour voir où iraient mes pas
Je veux rentrer pour revoir maman et papa

Là, où coule un frais torrent
Où l’eau est si bonne, et l’hiver clément
Où les arbres sont grands
La cheminée fume, et crie l’engoulevent

Je me souviens des histoires que mon père racontait
J’ouvrais grand les yeux, et il soupirait
Je n’ me lassais pas d’entendre avec joie
Le récit de sa vie de petit garçon comme moi

Maman chérie, Maman, peux-tu encore m’aimer ?
J’ai tant vagabondé, puis-je encore te combler ?
Maman m’a écrit, il n’y a pas si longtemps
Elle dit « Reviens, tu me manques tant ! »

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

vendredi 5 décembre 2008

Queen of the House

Up every day at six
Bacon and Eggs to fix
Four kids from 1 to 4
Pretty soon there'll be one more.
I got… four floors to wax and scrub
And there's… a dirty old ring in the tub
I'll get…  a maid some day but, til then, I'm
Queen of the House

No time to fix my hair
Need a new dress to wear
Old clothes will have to do
'Cause the kids all need new shoes.
I got bridge club each Tuesday night
He's goes out with the boys and gets tight
But when the evenin's through
He comes a-home to the
Queen of the House.

I know the milkman, the iceman, they come every day
They give me tips on the horses to play
And when I've got the time to spare
I sit and wish that I'd picked a rich millionaire.

I sing:
Up every day at six
Bacon and Eggs to fix
Four kids from 1 to 4
Pretty soon there'll be one more.
I got four floors to wax and scrub
And there's a dirty old ring in the tub
I'll get a maid some day but, til then, I'm
Queen of the House

 

Voici la réponse de la bergère au berger : en écho au succès de "King of the Road", de Roger Miller, Jody Miller (même patronyme, mais sans lien que je connaisse) réutilisa la mélodie originale mais en détourna les paroles pour retracer la vie de galère de la femme au foyer . Cet humour fut très apprécié et propulsa la carrière de Jody Miller. Il faut reconnaître que le thème est intemporel et universel. La répartition des rôles dans nos sociétés évolue peu, et lentement, alors que, de plus en plus nombreuses, les femmes doivent travailler en plus des charges de ménage qui reposent encore, en très large part, sur leurs épaules. Les péroraisons des mâles ont donc de quoi les agacer légitimement, notamment quand ils disposent de leur "liberté", leur "créativité", leur "originalité" au détriment de leurs épouses, confinées, tout au plus, dans un rôle de soutien logistique et de faire-valoir.  

 

Reine du Foyer

Dès six heures se lever,
Préparer l’ déjeuner,
Quatre enfants à élever,
Et bientôt un nouveau-né.
J’ai quatre… étages à balayer
Et il y a… une trace de crasse dans l’évier.
Il me… faudrait de l’aide mais pour l’instant je suis
Reine du foyer.

Pas d’ temps pour me coiffer,
Pas d’ sous pour m’attifer,
Je gard’ mes vieux habits
‘Faut des souliers pour les p’tits.
Je vais… au bridge le mardi soir ;
Il va… au bar et rentre noir ;
Mais quand il a cuvé son vin il revient vers la
Reine du foyer.

Je connais le laitier, le postier, ils viennent chaque matin,
Ils m’ donnent des tuyaux sur l’ tiercé quotidien,
Et quand j’ai un peu de temps, je m’assieds
Et rêve au millionnaire que j’aurais dû épouser.

Je chante :
Dès six heures se lever,
Préparer l’ déjeuner,
Quatre enfants à élever,
Et bientôt un nouveau-né.
J’ai quatre… étages à balayer
Et il y a… une trace de crasse dans l’évier.
Il me… faudrait de l’aide mais pour l’instant je suis
Reine du foyer.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

jeudi 4 décembre 2008

King of the Road

Trailers for sale or rent
Rooms to let...fifty cents.
No phone, no pool, no pets
I ain't got no cigarettes
Ah, but…two hours of pushin' broom
Buys an… Eight by twelve four-bit room
I'm a… man of means by no means
King of the road.

Third boxcar, midnight train
Destination...Bangor, Maine.
Old worn out suits and shoes,
I don't pay no union dues,
I smoke… old stogies I have found
Short, but not too big around
I'm a… man of means by no means
King of the road.

I know every engineer on every train
All of their children, and all of their names
And every handout in every town
And every lock that ain't locked
When no one's around.

I sing
Trailers for sale or rent
Rooms to let, fifty cents
No phone, no pool, no pets
I ain't got no cigarettes
Ah, but… two hours of pushin' broom
Buys an…eight by twelve four-bit room
I'm a… man of means by no means
King of the road.



Hymne à la liberté et à la pauvreté voulue, cette chanson de Roger Miller connut en grand succès, en illustrant un mythe coriace : vivre d'expédients, au jour le jour, se contenter de peu, et jouir en retour de "la" liberté.
Ce mythe resurgit régulièrement sous différentes formes, plus ou moins élaborées. certaines philosophies ou religions le présentent comme une forme d'idéal de détachement, dont les adeptes sont, semble-t-il, de plus en plus nombreux.
Remettre en question ce qui n'est pas essentiel me paraît salutaire et, pour tout dire, nécessaire, tant la consommation pour la consommation est un esclavage qui ruine la société.
Faire ce "ménage" en soi même, et regagner sa liberté à l'égard de ses sentiments et ses émotions peut être utile, mais je reste, pour ma part, sceptique face à toute pensée systématique (ou système de pensée, si vous préférez).
Quand au "joyeux clochard", héros d'innombrables ballades et chansons, on en voit plus souvent mourir de froid sous les ponts et dans les friches urbaines que chanter dans les rues...


Roi du bitume

En camping ou meublé
Chambres à louer sans télé,
Téléphone ni toilettes.
J’ n’ai plus de cigarettes !
Oh, mais… deux heures à balayer
Me paient… une nuit de nid douillet.
Je ne… suis pas une grosse légume,
Roi du bitume

Train de nuit, vieux wagon,
Destination… l’horizon.
Vieux costume en haillons,
Je n’paie pas d’ taxation.
Je fume… de vieux mégots usés
Courts, mais pas trop écrasés
Je ne… suis pas une grosse légume,
Roi du bitume

J’ connais tous les cheminots sur tous les trains
Le nom de leurs enfants, celui d’ leur parrain
Et tous les abris dans tous les bourgs
Que je déverrouille
Quand y a personne autour.

Je chante :
En camping ou meublé
Chambres à louer sans télé,
Téléphone ni toilettes.
J’ n’ai plus de cigarettes !
Oh, mais… deux heures à balayer
Me paient… une nuit de nid douillet.
Je ne… suis pas une grosse légume,
Roi du bitume

(Traduction : Polyphrène)

mardi 14 octobre 2008

Me and Bobby McGee

Busted flat in Baton Rouge, waiting for the train
Feelin’ bad as faded as my jeans.
Bobby thumbed a diesel down just before it rained,
Took us all the way to New Orleans.

Then I pulled my harpoon of my dirty red bandanna,
I was blowing sad while Bobby sang the blues.
With the windshield wipers slapping time, and Bobby clasping hands,
We finally sang up every song that driver knew.

Freedom's just another word for nothing left to lose,
Nothing ain't worth nothing but it’s free.
Feeling good was easy, while Bobby sang the blues,
Feeling good was good enough for me,
Good enough for me and Bobby McGee.

From the coal mines of Kentucky to the California sun,
Bobby shared the secrets of my soul.
Standing right beside me, Lord, through everything I’ve done,
And every night she kept me from the cold.

And then one day near Salinas, I let her slip away,
Looking for the home I hope she’ll find,
And I'd trade all my tomorrows for one single yesterday
Holding Bobby's body close to mine.

Freedom’s just another word for nothing left to lose,
Nothing ain't worth nothing but it’s free.
Feeling good was easy, while Bobby sang the blues,
Feeling good was good enough for me,
Good enough for me and Bobby McGee.




Quatre heures, ce matin, et déjà ce refrain dans ma tête. Quelques notes, et cette phrase, que se sont sans doute appropriée des millions de personnes, depuis que cette chanson, écrite par Kris Kristofferson , a été popularisée par Roger Miller, puis Janis Joplin, et de nombreux autres artistes.

"Liberté" est juste un autre mot pour "plus rien à perdre"

Tout un programme, déclinable à l'infini, sur un fond de Bouddhisme essoré et un peu rétréci !
Renoncer à tous les liens, toutes les attaches, pour (re)trouver la liberté (autre nom pour le bonheur ?).
En un sens, je comprends et je ressens la nécessité de nous libérer de contraintes matérielles qui compliquent et surchargent notre vie. Sans aller chercher jusqu'aux fables de La Fontaine qui illustrent comment la richesse fait perdre le sommeil, il est évident que nous pourrions vivre beaucoup plus simplement, en nous concentrant sur l'essentiel, plutôt que d'être l'esclave de nos biens. Je pense parfois à ce que peut être la vie des personnes célèbres et très riches (et vice-versa) dont se (nous) repaissent les médias : pas d'intimité, pas de simplicité, de multiples contraintes matérielles, en contrepartie d'une vie exposée, dont ils sont en partie dépossédés.
Sont-ils pour autant capable d'éprouver un amour plus fort, de connaître de plus grandes extases, de surmonter la mort ?
A l'inverse, renoncer à tout ce qui nous retient sur terre ne m'enchante guère. J'ai souvent le sentiment diffus de n'exister que par les liens qui m'attachent aux autres, et je ressens un étrange besoin d'être ainsi relié à l'ensemble de l'humanité. J'imagine alors aisément que l'absence de liens humains peut être vécue comme la non-existence, préambule de la mort. C'est peut-être ce que ressentent confusément les exclus de notre société.
Quand nous n'avons plus rien à perdre, c'est que nous avons tout à gagner.
Alléger notre fardeau de l'inutile, rechercher l'essentiel : être ensemble !


Bobby McGee et Moi
(d'après la version chantée par Johnny Cash)

Sur le quai à Bâton-Rouge, fauché et meurtri
Fatigué, usé autant que mes jeans
Bobby faisait du stop, un routier nous a pris
Et on a roulé jusqu’à New Orleans

Sur mon harmonica tiré de mon vieux sac à dos
J’ai joué du blues et Bobby a chanté
Tandis que les essuie-glaces nous donnaient le tempo
Avec le chauffeur on a chanté tout c’qu’on savait

Plus rien à perdre, ça s’appelle aussi la Liberté
Plus rien c’est bien peu mais c’est donné
Je me sentais si bien quand Bobby chantonnait
Je n’aurais pas pu espérer mieux
Mieux pour moi et mieux pour nous deux


Depuis les mines du Kentucky aux plages de Californie,
Bobby a partagé les secrets de ma vie
Toujours à mes côtés, elle a tout enduré
Et chaque nuit son corps me réchauffait


Puis un jour près de Salinas je l’ai laissée filer,
J’espère qu’elle trouvera ce qu’elle cherchait
Mais contre un seul jour passé je donnerais tous mes lendemains
Pour tenir le corps de Bobby près du mien

Plus rien à perdre, ça s’appelle aussi la Liberté
Plus rien c’est bien peu mais c’est donné
Je me sentais si bien quand Bobby chantonnait
Je n’aurais pas pu espérer mieux
Mieux pour moi et mieux pour nous deux

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)