"You are always on my mind!"

mercredi 29 septembre 2010

In a mansion stands my love

On a mountain stands a mansion so fine
And it looks down on this cabin of mine
I had a love and I loved her true
But along came a rich man and he loved her to
Now on the mountain in a mansion stands my love
[…]



Voici une variation sur le thème de l’amant dont la belle a été séduite par (ou « offerte à ») un riche bourgeois, et qui attend patiemment son retour, comme Georges Brassens le chantait si délicatement (« Comme une sœur… ») :
« Quand elle sera veuve éplorée, veuve éplorée,
Après l'avoir bien enterré, bien enterré,
J'ai l'espérance qu'elle viendra
Faire sa niche entre mes bras, entre mes bras. »

C’est ici Jim Reeves qui interprète, avec toutes les inflexions de sa voix de baryton, cette chanson de Johnny Russell : encore un grand « standard » du Country !


Dans un manoir vit mon amour

Sur la montagne, un grand manoir bourgeois
De haut regarde ma p’tite cabane en bois
J’aimais une fille de tout mon cœur, mais
Vint un riche patron jurant qu’aussi il l’aimait
Sur la montagne, dans un manoir, vit mon amour

Alors, il lui a promis des diamants
Oui, et promis les plus beaux vêtements
Promis toujours le meilleur,
Mais on n’achète pas l’amour de son pauvre cœur
Sur la montagne, dans un manoir, vit mon amour

Mais je la sais malheureuse là haut
Où elle doit supporter ses défauts
Mon seul rêve est qu’un prochain jour
Elle revienne avec moi pour toujours
Dans ma cabane, au fond de la vallée

Sur la montagne, un grand manoir bourgeois
Sur la montagne, dans un manoir, vit mon amour
Sur la montagne, dans un manoir, vit mon amour

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 26 septembre 2010

Undertow

I set out one night
When the tide was low
There were signs in the sky
But I did not know
I’d be caught in the grip
Of the undertow
[…]




Sur les longues plages des Landes, la mer s’approche au pied des dunes, puis s’enfuit au loin, découvrant d’immenses étendues de sable semées de larges bassin, ou baïnes, qui tentent de retenir l’eau, et parcourues de longues stries par lesquelles elle s’enfuit. Lorsque la marée monte ou descend, l’ouverture des baïnes vers la pleine mer est le siège de courants violents qui peuvent entraîner les baigneurs au loin. Il est alors recommandé de ne pas lutter contre le courant, mais de se laisser emporter tout en tentant d’attirer l’attention d’éventuels sauveteurs.
Léonard Cohen évoque ce courant irrésistible de la vie qui nous entraîne au loin, puis nous rejette en un lieu délaissé, où la mer elle-même « déteste aller ». Le froid de la solitude nous envahit alors, et notre cœur vide attend l’aumône d’un sentiment.
Récemment, à Marseille (cf. « Le Canard Enchaîné » du mercredi 22 septembre 2010, page 5 : « Où est ma femme gitane ? »), raconte que le public s’est enflammé lorsque Léonard Cohen, devant plus de 4000 personnes, a entonné sa chanson « Where is my Gypsy Wife tonight », et qu’une « ovation est montée de la foule » à chacune des trois fois où Léonard Cohen a prononcé le mot « Gypsy ». Une immense clameur s’est fait entendre lors qu’il a chanté les derniers mots « But you who come between them will be judged ». Cette réaction spontanée à l’ignoble « Chasse aux Roms » qui fait actuellement la honte de la France est frappante et rassurante. Elle apporte aussi un éclairage nouveau sur les mots qu’utilise Léonard Cohen pour les derniers vers de « Undertow », lorsqu’il évoque son cœur en forme de sébile de mendiant (« my heart the shape of a begging bowl »). On voit alors apparaître l’image familière de ces femmes Roms, accroupies sous le proche d’un édifice public, un enfant dans les bras (« With a child in my arms ») et une sébile posée à terre, attendant humblement l’aumône d’un passant.
Ce n’est pas, sans doute, ce qu’avait en tête Léonard Cohen en écrivant cette chanson, mais l’événement rapporté par le Canard Enchaîné montre que la force évocatrice de ses chansons peut en faire des armes politiques. Le Canard Enchaîné cite, du reste, en exemple, « Le Partisan » dont l’interprétation de Léonard Cohen a manifestement bouleversé la salle.
Le public de Léonard Cohen est décidément bien sympathique !


Courant de Marée

Sortant un soir, quand
La mer s’ retirait
Des signes au ciel montraient,
Mais je les ignorais,
Qu’au loin m’emporterait
Un courant d’ marée

Échoué sur une plage
Que la mer met au ban
Dans mon âme un grand froid
Dans mes bras un enfant
Et mon cœur vide comme
Sébile de mendiant

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

mardi 21 septembre 2010

Home

Well, I've been a traveler most of my life
Never took a home, never took a wife
Ran away young and decided to roam
Wanna see my mama and my daddy back home

Home, where the river runs cold
The water tastes good, the winters ain't cold
Home, where the trees grow tall
The home fires burn, the whippoorwills call
[…]




Cette chanson, écrite par Roger Miller et chantée avec beaucoup d’entrain et d’élégance par Jim Reeves, reprend le thème très classique de l’aventurier solitaire qui rêve de retourner dans son foyer (on repense au légendaire « Emmène-moi ; mon cœur est triste et j’ai mal aux pieds. Emmène-moi, je ne veux plus voyager » de Graeme Allwright).
J’ignore combien de chansons ont été écrites sur ce thème (j’allais écrire « ce mythe ») mais celle-ci n’est pas la plus mauvaise, et le ton alerte de Jim Reeves crée un contraste subtil avec la mélancolie du propos.
Un bon moment et une référence du Country…



Là bas

J’ai roulé ma bosse dans le monde entier
Jamais de foyer, jamais marié
Parti jeune pour voir où iraient mes pas
Je veux rentrer pour revoir maman et papa

Là, où coule un frais torrent
Où l’eau est si bonne, et l’hiver clément
Où les arbres sont grands
La cheminée fume, et crie l’engoulevent

Je me souviens des histoires que mon père racontait
J’ouvrais grand les yeux, et il soupirait
Je n’ me lassais pas d’entendre avec joie
Le récit de sa vie de petit garçon comme moi

Maman chérie, Maman, peux-tu encore m’aimer ?
J’ai tant vagabondé, puis-je encore te combler ?
Maman m’a écrit, il n’y a pas si longtemps
Elle dit « Reviens, tu me manques tant ! »

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

vendredi 17 septembre 2010

Heart Of Gold

I want to live,
I want to give
I've been a miner for a heart of gold.
It's these expressions I never give
That keep me searching for a heart of gold
And I'm getting old.
Keeps me searching for a heart of gold
And I'm getting old.
[…]



Voici la plus célèbre chanson de Neil Young, reprise par plusieurs grands artistes, dont Johnny Cash et Willie Nelson, sur un filon très exploité dans la chanson. On pense, par exemple, à « Hard Headed Woman », de Cat Stevens - mais sa recherche est plus celle d’une « forte tête » que d’un cœur en or – ou à « I Dug Up a Diamond », de Mark Knoeppfler, qui reprend l’allégorie de la mine, et dont le diamant pourrait être « le Grand Amour », que l’on ne trouve qu’une fois dans sa vie…
Sur un autre registre, mais toujours à propos de recherche, c’est « L’étranger » de Léonard Cohen, « … watching for the card that is so high and wild he'll never need to deal another”…
Confusément, obstinément, mais plus ou moins vainement, nous recherchons, toute notre vie durant, la réponse aux aspirations les plus profondes et mystérieuses de notre âme et de notre cœur. Les psychologues ne manquent pas d’explications à cette recherche d’une situation à nouveau fusionnelle, mais les tours et les détours de la vie peuvent conformer l’objet de notre quête et peuvent même lui donner un visage. Parfois, dans la solitude du soir, face à l’immensité des ténèbres, nous sommes pris d’un grand vertige (le « blues », dont la traduction française – le « cafard » - est plus noire encore que la désignation anglaise). Reviennent alors tournoyer dans notre esprit les visages de « tous ceux dont la vie, un jour ou l’autre ravie, [a emporté] une part de nous ». S’impose soudain, comme à la lueur d’un éclair, la vision fugitive du but de notre quête sans fin : ni or, ni carte, ni diamant, mais tout simplement les instants pendant lesquels, au long de notre vie, deux cœurs ont battu, ensemble, la mesure du temps qui passe.


Cœur en Or

Je veux vivre, et
Je veux donner
Dans la mine, j’ai cherché un cœur en or
Ces sentiments que j’ n’ai pas éprouvés
Me font chercher toujours un cœur en or
Et, plus vieux encore,
Toujours en recherche d’un cœur en or
Et, plus vieux encore

J’ai été à Hollywood,
J’ai été à Redwood
J’ai traversé les mers pour un cœur d’or
Et dans mon esprit,
Il était écrit
Que je cherch’rais toujours un cœur en or
Et, plus vieux encore,
Toujours en recherche d’un cœur en or
Et, plus vieux encore

Toujours en recherche d’un cœur en or
Tu m’ fais chercher toujours un cœur en or
Et, plus vieux encore
Dans la mine, j’ai cherché un cœur en or

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 12 septembre 2010

Never Any Good

I was never any good at loving you 
I was never any good at coming through for you 
You're going to feel much better 
When you cut me loose forever 
I was never any good Never any good 
I was never any good at loving you 
[…]



Portrait Intime”, le film – documentaire d’Armelle Brusq consacré à Léonard Cohen (LC) lors de son long séjour dans un monastère Zen de Mount Baldy – s’ouvre sur LC expliquant que seul l’Amour peut expliquer – justifier – les contraintes consenties de la vie monacale qu’il mène alors (en 1996). En écho, la dernière scène du film montre LC amenant Armelle Brusq vers sa voiture, non pas pour une balade, mais pour lui faire écouter sur une cassette : « Never Any Good », une chanson qu’il avait écrite mais fait chanter par un autre. Cette chanson, mais aussi, ou surtout, la façon dont LC la présente, en disent plus sur lui que tous ses commentaires ou réponses aux questions de la cinéaste. « Never Any Good » est à rapprocher de « Tower Of Song » pour dresser le tableau d’un LC littéralement « condamné » à la chanson, vivant par et pour l’Amour, mais incapable (ou se considérant comme incapable) de vivre une relation amoureuse ou familiale « conventionnelle ». On entrevoit alors la souffrance qui peut en résulter, tant pour lui-même que pour ses proches, et on pense même pouvoir comprendre pourquoi la discipline Zen était utile pour lui permettre de trouver une sérénité apaisée. On ressent aussi à quel point sa souffrance rejaillissait dans certaines de ses chansons, dont il dit lui-même qu’il peut lui être très pénible de les chanter à nouveau. Cependant, tout cela est à peine suggéré, et cette dernière scène du film peut faire l’objet de multiples lectures, diverses voire contradictoires, mais ne s’excluant pas mutuellement. On pourrait, par exemple, interpréter le geste de LC comme une sorte de déclaration d'amour, sur le mode "Je t'aime, et je ne peux pas t'aimer". LC, fidèle à lui-même, offre des images, des mots, des idées, que chacun peut s’approprier. A chacun son Léonard Cohen, en quelque sorte… La complexité, les contradictions, les ambivalences, les mystères et les paradoxes de l’âme humaine forment la matière dans laquelle LC pétrit ses chansons, et cela explique leur universalité.

* Avec un grand merci à Lesperluette pour sa contribution


Jamais été bon

Je n’ai jamais été bon en amour pour toi
Je n’ai jamais été bon à réussir pour toi
Tu iras beaucoup mieux le jour
Où tu m’auras largué pour toujours
Je n’ai jamais été bon
Jamais été bon
Je n’ai jamais été bon en amour pour toi

Je crevais quand on s’est vus
Misant sur toi ma vie
Quand tu m’as appelé, j’ai perdu
Comme tu avais prédit
Tu as mis mon cœur, mon roi, mon jeu (bluff) au défi
C’est bon, tu as gagné, ça suffit
Je n’ai jamais été bon
Jamais été bon
Je n’ai jamais été bon en amour pour toi

J’étais plutôt bon pour sortir les poubelles
Tenir les murs, grimper à l’échelle
Aux feux et catastrophes naturelles
Mais ça ne compte pas

Ça ne compte pas
Ça ne compte pas même pour une bagatelle

Je n’ai jamais été bon en amour pour toi
Je n'étais qu’un touriste dans ton lit, filmant ce qu’il voit
Mais je n’oublie pas où mes lèvres furent
Collines sacrées, ravin obscur
Je n’ai jamais été bon
Jamais été bon
Je n’ai jamais été bon en amour pour toi

J’étais plutôt bon pour sortir les poubelles
Tenir les murs, grimper à l’échelle
Désolé pour mes crimes contre le clair de lune
Je ne pensais pas
Je ne pensais pas
Je ne pensais pas que ça f’rait problème pour elle

Je n’ai jamais été bon en amour pour toi
A faire ce qu’une femme attend vraiment d’un homme comme moi
Tu iras beaucoup mieux le jour
Où tu m’auras largué pour toujours
Je n’ai jamais été bon
Jamais été bon
Je n’ai jamais été bon en amour pour toi

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

vendredi 10 septembre 2010

Bleecker Street

Fogs rollin' in off the East River
Like a shroud it covers Bleecker Street
Fills the alleys where men sleep
Hides the shepherd from the sheep

Voices leaking from a sad café
Smiling faces trying to understand
I say a shadow touch a shadow's hand
On Bleecker Street
[...]



Paul Simon et Art Garfunkel chantent, sur une mélodie délicate et suave, la célèbre rue Bleecker, au cœur de Manhattan. Très souvent évoquée dans des romans, des films, ou des chansons, la rue Bleecker comporte, notamment, le ‘Café Wha ?’ ou de nombreux chanteurs firent leurs débuts avant de connaître la célébrité.


Rue Bleecker
 
A l’est, la brume monte de la rivière
Comme un voile, elle couvre la rue Bleecker
Entoure les gens endormis
Cache le berger aux brebis

Des voix montent d’un café sombre
Souriants visages qui essaient de comprendre
J’ai vu une ombre serrer la main d’une ombre
Sur la rue Bleecker

Le poète lit ses pauvres vers
Sacré, sacré, est son ministère
Pour trente dollars, locataire
Sur la rue Bleecker

Un carillon sonne doucement
Sa mélodie reste en suspens
La route est longue vers Canaan
Sur la rue Bleecker
Rue Bleecker

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)