"You are always on my mind!"

dimanche 24 avril 2016

If I had a Hammer






Contrairement à ce que peut laisser croire la version française de cette chanson (adaptation de Vline Buggy et Claude François), il ne s’agit pas d’une gentillette louange de la famille et du travail, mais une chanson contestataire, écrite par Pete Seeger et Lee Hays, et chantée pour la première fois lors d’un gala de soutien aux dirigeants du parti communiste des Etats-Unis d’Amérique, en juin 1949, en procès pour sédition. Pete Seeger l’a chantée aussi en première partie du second concert de Paul Robeson (la tenue du premier ayant été empêchée par une violente manifestation anti-communiste principalement animée par des membres du Ku-Klux-Klan). « My brothers and my sisters » est la terminologie employée à cette époque aux Etats-Unis pour désigner les camarades syndicalistes, de même que le marteau symbolise le pouvoir. On est loin de la mièvrerie sautillante…

C’est donc le modèle de la chanson engagée, qui valut même à Pete Seeger une condamnation (annulée plus tard) et une longue période d’exclusion des ondes. Cette chanson connut plus tard un immense succès lorsqu’elle fut reprise par Peter Paul & Mary en 1962, puis par Trini Lopez en 1963. De nombreux artistes l’inscrivirent ensuite à leur répertoire, dont Harry Belafonte, Frank Alamo, Johnny CashJune Carter, Aretha Franklin
A Hélène.


Si j’avais un marteau…

Si j’avais un marteau
A l’aube, je martèlerais
Le soir je martèlerais
Dans tout ce pays
Martèlerais le danger
Martèlerais un signal
Martèlerais l’amour entre
Toutes et tous mes camarades
Dans tout ce pays

Si j’avais une cloche
A l’aube, je sonnerais
Le soir je sonnerais
Dans tout ce pays
Je sonnerais le danger
Je sonnerais un signal
Je sonnerais l’amour entre
Toutes et tous mes camarades
Dans tout ce pays

Si j’avais un’ chanson
A l’aube, je chanterais
Le soir je chanterais
Dans tout ce pays
Je chanterais le danger
Je chanterais un signal
Je chanterais l’amour entre
Toutes et tous mes camarades
Dans tout ce pays

Eh bien, j’ai un marteau
Et j’ai une cloche
Et une chanson à chanter
Dans tout ce pays
Le marteau de la justice
La cloche de liberté
La chanson de l’amour entre
Toutes et tous mes camarades
Dans tout ce pays

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)



dimanche 10 avril 2016

Piano Man













Billy Joel, pianiste, auteur, compositeur et interprète est l’un des plus éminents chanteurs américains, et sa chanson-signature, « Piano man », a récemment été retenue par le registre national des enregistrements sonores de la Librairie du Congrès des USA comme étant culturellement, historiquement, et artistiquement représentative. Cette chanson autobiographique retrace l’expérience de Billy Joel dans un piano-bar où il jouait par nécessité, dans une passe financièrement difficile, et où ses talents furent remarqués. Il décrit avec empathie les habitués du lieu, qui venaient, anesthésiés par l’alcool et bercés par la musique, oublier leur vie ratée et tromper un moment leur solitude. Il la chante encore à la fin de chacun de ses concerts, pour le plus grand plaisir de l’auditoire qui en reprend les couplets. En quelques mots tout simples et une formule lapidaire (sharing a drink they call loneliness” : partageant une boisson qu’ils appellent solitude), il décrit en effet mieux qu’en de longs développements la dissolution des rêves dans l’alcool.
ALN


Le Pianiste

C’est un samedi à neuf heures du soir
La foule habituelle rapplique
Le vieux assis à côté de moi
Il fait l’amour à son gin-tonic

Il dit « Peux-tu me jouer un souvenir
Je n’ sais plus comment ça se nomme
Mais c’est triste et c’est doux
Je l’ savais jusqu’au bout
Quand j’étais dans la peau d’un jeune homme »

« Toi, le pianiste, chante-nous une chanson
Ce soir, chant’ quelque chose
Nous avons tous bien besoin de mélodie
Et tu nous fais voir la vie en rose »

Au bar, John est un de mes bons amis
Il me paie souvent à boire
Prompt à offrir ses jeux
De mots ou bien du feu
Mais il voudrait tant être autre part

Il dit « Bill, je crois que tout cela me tue »
Tandis que son visage s’assombrit
« Je pourrais être un acteur de cinéma
Si je pouvais sortir d’ici »

Paul est un romancier de l’immobilier
Qui n’a pas eu d’ temps pour l’amour
Discute avec Martin
Qui est encore marin
Et, sûrement, le restera toujours

Et la serveuse s’essaie à la politique
Les hommes d’affaires se saoulent la gueule
Ils partagent un verre qu’ils appellent solitude
Mais c’est mieux que de boire tout seul

« Toi, le pianiste, chante-nous une chanson
Ce soir, chant’ quelque chose
Nous avons tous bien besoin de mélodie
Et tu nous fais voir la vie en rose »

Ça fait beaucoup de monde pour un samedi
C’est pourquoi le gérant me sourit
Il sait que c’est pour moi
Que tous ces gens sont là
Pour oublier un peu leur vie

Et le piano sonne comme une vieille guimbarde
Et le micro empeste la bière
Ils sont assis au bar
Et m’envoient des pourboires
Ils disent « Que fais-tu là, pauvre hère »

« Toi, le pianiste, chante-nous une chanson
Ce soir, chant’ quelque chose
Nous avons tous bien besoin de mélodie
Et tu nous fais voir la vie en rose »


Traduction – Adaptation : Polyphrène