"You are always on my mind!"

dimanche 6 octobre 2013

Barstool











C’est ce que l’on appelle la « misère affective » : la solitude entretenue par la pauvreté, la vacuité du cœur que tente de combler la boisson, la dissolution de l’esprit dans l’alcool, et la fuite de l’âme dans les recoins de l’être où sa présence n’est trahie que par l’angoisse que l’on peut lire dans le regard. Ces yeux rougis de larmes depuis longtemps taries, ce visage au teint blafard, ravagé de rides, ces mains qui ne peuvent cacher leur tremblement, ce pas mal assuré, et ces phrases sentencieuses qui proclament ce l’on voudrait croire plutôt que de mesurer la profondeur de l’abîme que creuse la fuite des sentiments…
Toute la misère du monde vient échouer sur le zinc des bistrots, aux heures improbables où l’absence de foyer vient broyer le cœur, quand on cherche une illusion d’amitié dans la misère partagée de la même addiction à l’alcool qui atténue la souffrance tout en détruisant l’espoir.
Gary Jules chante avec une douceur presque résignée la misère ordinaire, banale, familière, qui dévore les êtres avec la complicité de l’alcool, dans l’indifférence générale.


Pilier de Bistrot

Un vieux, dans un bar, devant la télé
S’est levé pour venir s’asseoir à mes côtés
Il dit : « Tu ressembles à un vieil ami à moi,
Mais, à ton âge, nous étions plus vieux que toi.
Moi, j’avais dix-sept ans et Jimmy vingt
Et nous ne pensions qu’aux filles et à nos engins.
Jimmy s’est marié, et moi, j’ai fait la guerre.
Je n’ sais plus pourquoi il fallait la faire.
Buvons donc – Wisky glaçons – et si tu payes
Je te donnerai un bon conseil. »

« Le plus longtemps possible, tu restes assis au bar
Le monde est dans ta main tant que tu ne cesses de boire
N’aies pas honte que ton monde ne tienne qu’à un fil
Et, tu sais, ne penser à rien, c’est très facile,
Mais tenter de se faire une place dans ce monde cruel
C’est comme vouloir faire d’une américaine une épouse fidèle.
Tu sauras comment faire si tu me paies à boire
Je te conterai mon histoire. »

« Le plus longtemps possible, tu restes assis au bar.
L’amour, c’est pour les tapettes. Est un homme celui qui sait boire. »

Il se leva, sortit en titubant dans la rue
En me laissant à payer tout ce qu’il avait bu
Mais je n’avais pas de quoi payer, alors
A un gars qui me ressemblait, plus jeune encore
J’ai dit : « Paie-moi à boire et je te conterai
L’histoire du vieil homme qui m’a enseigné. »

« Tu restes assis au bar aussi longtemps possible.
Je vois qu’on est amis
Parce que tes mains tremblent aussi.
Tu restes assis au bar
Reste toujours plus tard
Tant que tu paies à boire
Tu trouves des amis quelque part. »

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)


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