"You are always on my mind!"

mardi 8 avril 2014

Angel From Montgomery











Cette chanson de John Prine, rendue célèbre par l’interprétation de Bonnie Raitt, a été chantée aussi par de nombreux artistes, dont Carly Simon, Bonnie Koloc, et Tanya Tucker. Elle illustre la désillusion, la mélancolie et l’amertume que suscite, quand les années supposées belles sont passées et que la descente inexorable est entamée, un coup d’œil en arrière sur les rêves perdus et les espoirs déçus. L’amour, la gloire et l’aventure dont rêve la jeunesse ont fait place au triste quotidien, et, faute de souvenirs merveilleux et d’avenir radieux, l’âme se morfond dans un morne présent.
Georges Brassens, avec une poésie merveilleusement tendre et délicate, évoque dans « Pénélope » les sentiments de « l’épouse modèle », aux « soirs de vague à l’âme et de mélancolie ». Revenir en arrière, effacer des ans l’irréparable outrage, et vivre, ne serait-ce qu’un instant, la passion qui donne un aperçu de l’infini et de l’éternité ! Seul un miracle pourrait faire cela, et c’est le sens de l’appel à un « Ange de Montgomery » (ville d’où était originaire le chanteur de Country Hank Williams, dont John Prine était un admirateur).
ALN




Ange de Montgomery

La vieille femme que je suis
Se nomme comme sa maman
Mon vieux mari est aussi
Un vieil enfant

Si rêves tonnaient
Et désir foudroyait
Cette vieille baraque aurait brûlé
Depuis des années

Faites-moi venir
Un ange de Montgomery
Faites-moi un poster
De rodéo jadis
Donnez-moi une chose
A quoi me tenir
Croire en cette vie morose
Ne vaut guère mieux que mourir

Quand j’étais jeune fille
J’avais pris un cowboy
Un pauv’ gars sans allure
Qui cherchait l’aventure
Ça fait bien longtemps
Et, quoi que j’aie pu faire
Les années, en dansant
La ronde me brisèrent

Faites-moi venir
Un ange de Montgomery
Faites-moi un poster
De rodéo jadis
Donnez-moi une chose
A quoi me tenir
Croire en cette vie morose
Ne vaut guère mieux que mourir

Dans la cuisine, j’entends
Des mouches le vrombissement
Je n’ai rien fait depuis
Mon réveil aujourd’hui
Mais comment peut-on s’en aller
Tous les matins pour travailler
Et revenir sans avoir
Rien à se dire tous les soirs

Faites-moi venir
Un ange de Montgomery
Faites-moi un poster
De rodéo jadis
Donnez-moi une chose
A quoi me tenir
Croire en cette vie morose
Ne vaut guère mieux que mourir

(Traduction – Adaptation : Polyphrène, en collaboration avec Céline Coppin)



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