"You are always on my mind!"

samedi 3 juin 2017

Calling Me













La noyade que relate Charlie Winston est la métaphore de tout départ accidentel, lorsque, tandis que l’on est inconscient du danger et que l’on savoure un instant de liberté ou d’exaltation, un mauvais sort s’invite sournoisement pour y mettre fin. L’auteur donne d’abord la parole à la personne qui est partie et qui, dans les derniers instants, voyait défiler toute sa vie tout en percevant encore l’appel de son amour. Il transcrit de façon poignante ce sentiment d’éloignement inéluctable, ces mains qui se tendent l’une vers l’autre mais ne peuvent plus se saisir. Il imagine ensuite les pensées de la personne qui reste seule sur terre et voudrait, ne serait-ce que pour un instant et un dernier adieu, renouer le contact. Charlie Winston évoque alors le spiritisme, qui a connu une grande vogue en Europe à partir du milieu du dix-neuvième siècle, et reste encore vivace en Amérique du Sud. La mode en est largement passée en France, et le principal souvenir que beaucoup en gardent est la délicieuse chanson des Frères Jacques, « Le p’tit bout de la queue du chat » ! Mais, hélas, que l’on croie ou non à un « Au-delà », il faut admettre que l’attente d’une réponse est illusoire. S’il l’on veut rejoindre la personne aimée disparue, c’est en soi-même, dans les souvenirs et les exemples de vie qu’elle a laissés que l’on peut la retrouver.
Pour Françoise (Des Mots, Des Pensées)


Ton Appel

J’entendais ton appel
Tandis que la mer m’entraînait au loin en elle
En amour, naïf, je nageais librement
En un souffle, le sort tourna traitreusement
Et Mère Nature me prit
J’ai su que c’était la fin quand elle m’engloutit
Ma vie défila devant moi, subitement
En coulant, je pouvais encore entendre tes cris

J’entends ton appel
Mais je ne peux rien faire
J’entends ton appel
Sans pouvoir te répondre

Tu ne peux plus dormir
De la nuit quand jouent à cache-cache tous tes souvenirs
Revivant ce qui aurait pu ou dû survenir
Les présages, si tu avais pu les voir venir

De retour dans cett’ chambre
Par un médium, tu espères me joindre
Mais à quoi bon : à ce cri d’amour, je ne peux répondre
Oh, je voudrais tant pouvoir t’étreindre
Pour un dernier adieu tendre

J’entends ton appel
Mais je ne peux rien faire
J’entends ton appel
Sans pouvoir te répondre

J’entends ton appel
Mais je ne peux rien faire
J’entends ton appel
Sans pouvoir te répondre

J’entends ton appel
Mais je ne peux rien faire
J’entends ton appel
Sans pouvoir te répondre

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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