"You are always on my mind!"

vendredi 11 janvier 2013

What It Is








Cette même humanité qui, aujourd’hui, étale sa boulimie et sa veulerie dans les « quartiers chauds » des villes touristiques, y a construit jadis les monuments qui traversent l’histoire et matérialisent un passé supposé grandiose. De ce contraste naît une nostalgie, un indéfinissable sentiment d’inconsistance du présent. Les personnages de légende qui déambulaient dans nos rêves d’enfants semblent alors plus présents que les noctambules vacillants dont les ombres difformes prennent plaisir à souligner les travers.
Notre regard fuit les néons des enseignes et fouille l’ombre des vieilles pierres, les reflets sur les pavés mouillés, et les ondulations de l’eau sous les ponts, comme autant d’haruspices à rebours, prévoyant le passé où se réfugient nos pensées.
Cette chanson de Mark Knopfler, servie par la formidable expressivité de sa guitare, nous accompagne dans cette visite, et le guide nous offre alors une phrase-clef qui résonnera longtemps sous les voûtes, évoquant ce « quelque chose du passé qui vient scruter notre âme ».



C’est Comme Ça

Sur la place, les bistrots vomissent
Leur flot humain titubant
Les rires des gars et filles retentissent
Dans l’air, un crépitement
Files d’attente sous les abris
Aux portes du donjon
Chacun cherche les bras qui
Pour cette nuit l’accueilleront
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

Le givre couvre tombes et monuments
Mais il faut chaud dans les auberges
On hait le gouvernement
Tandis qu’on se goberge
Les lumières sont éteintes sur fort
Citadelle et mairie
La lune seule éclaire encore
Les ivrognes endormis

Et il fait froid au péage
Les camions passent sur une voie
Très froid au péage
Que ne ferais-je avec toi
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

La garnison dort dans la citadelle
Tandis que les fantômes s’amusent.
Sur le mur d’enceinte, seul
Sonne un joueur de cornemuse.
Par le vent porté,
Lorsque les caisses claires entament
Leur roulement, vient le passé
Dévisager mon âme

Et il fait froid au péage
Je tambourine des doigts
Très froid au péage
Que ne ferais-je avec toi
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

On voit la lueur d’une flamme vaciller
C’est une lanterne dans la tour
Wee Willie Winkie sous un chandelier*
Ecrit des chansons au cœur de la nuit
Quand, rue Charlotte**, je passe
Prendre une cane à mon hôtel
Je croise Dick la crasse***
A la recherche du petit Nell***

Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant
Oui, c’est comme ça
Comme ça maintenant

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

* Wee Willie Winkie est le personnage d’un poème de William Miller publié en 1841, et sa course nocturne est décrite dans une comptine écossaise que l’on chantait aux petits enfants pour les aider à trouver le sommeil.

** MarkKnopfler fait probablement ici référence à une rue de Londres restée typique de la fin du XVIIIème siècle.

*** DirtyDick et Little Nell sont les personnages du roman de Charles Dickens « TheOld Curiosity Shop », publié aussi en 1840 et 1841.





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