"You are always on my mind!"

samedi 13 février 2010

Hallelujah




Now I've heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don't really care for music, do you?
It goes like this
The fourth, the fifth
The minor fall, the major lift
The baffled king composing Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah


Voici l'une des plus célèbres chansons de Léonard Cohen, et, paraît-il, l'une des chansons les plus souvent reprises, la reprise la plus connue étant sans doute celle de Jeff Buckley. J'ai retardé longtemps sa traduction, conscient du caractère quasi-mythique de l'œuvre, dont la mélodie est l'une des plus belles qu'ait écrites Léonard Cohen. Je me doutais aussi que d'autres s'étaient essayés à sa traduction, et je me suis soigneusement gardé de les consulter, comme à mon habitude. Je n'en ai pris connaissance qu'au moment de poster ce billet. Celle de Graeme Allwright est remarquable (comme toujours), mais "expurgée" de certains couplets, à l'instar de la version que chantent de nombreux artistes (un peu comme un cantique, avec un air inspiré, les yeux clos, ce qui pourrait devenir presque comique s'ils intégraient certains couplets !).

Je crois comprendre pourquoi, car si Léonard Cohen est ici fidèle à son style poétique hermétique, mêlant élégamment mysticisme et érotisme et suggérant ou évoquant en des mots qui restent souvent ambivalents, "Hallelujah", dans sa version complète, est un peu plus explicite, voire crue. S'il reste possible de comprendre le texte à divers niveaux, il semble tout à fait imaginable d'en rester à l'interprétation la plus directe et simple : les mots de l'ancien amant à celle qu'il venait visiter dans un "lieu de rencontre" où les pratiques relèvent plus du secret que du sacré.

Je dois avouer que réaliser cette traduction a pour moi un peu démythifié cette chanson grandiose, qu'il faut absolument écouter chantée par Léonard Cohen (les reprises sont, pour certaines, magnifiques, mais dépouillent un peu la chanson de son mystère et de son ambiguïté...).


Alléluia

Il paraît qu’un accord mystérieux
Que jouait David plaisait à Dieu
Mais la musique ne t’intéresse pas, n’est-ce pas ?
Ça fait comme ça :
La quarte, la quinte,
Le mineur tombe, le majeur monte,
Le roi surpris composant Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Tu voulais des preuves malgré ta foi.
Quand elle se baigna sur le toit
Sa beauté au clair de lune te subjugua
A un tabouret elle te lia
Ton trône brisa, tes cheveux coupa,
Et de tes lèvres tira cet Alléluia


Je suis déjà venu m’étendre
Et j’ai marché dans cette chambre.
Car je vivais seul avant de te connaître.
Sur le porche j’ai vu ton fanal.
L’amour n’est pas marche triomphale.
C’est un froid et c’est un meurtri Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Jadis, tu ne me cachais pas
Ce qui se passe ici en bas,
Mais maintenant ce n’est plus le cas, n’est-ce pas ?
Souviens toi, lorsqu’en toi j’entrais
De même la colombe sacrée
Chacun de nos râles était Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Tu dis qu'en vain j’ai pris le nom
Mais je ne connais pas le nom
Et puis, qu’est-ce que ça peut te faire, au fond ?
Dans chaque mot brille une flamme
Et qu’importe que l’on proclame
Le sacré ou le meurtri Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

A faire de mon mieux j’ai cherché
Ne pouvant sentir, j’ai touché
Je t’ai dit vrai : je n’suis pas venu tricher.
Tout est allé mal et pourtant
Je viens devant le Dieu du Chant
Sans rien d’autre à mes lèvres que Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

3 commentaires:

  1. Bonjour,

    Tout d'abord, merci pour votre passage sur mon blog et votre commentaire. Le blog n'est pas souvent mis à jour, mais il arrive de temps en temps que je dépose un nouveau texte.

    Par ailleurs, il se trouve que je suis justement traductrice de profession, votre blog a donc forcément suscité mon intérêt ! Je ne connais pas toutes les chansons que vous avez traduites (lacunes que je vais essayer de combler) mais "Hallelujah" est évidemment un incontournable (à moins d'avoir vécu dans une grotte). La traduction est un art extrêmement difficile, d'autant plus lorsqu'il s'agit de s'attaquer à des textes poétiques. Les traductions de chansons fleurissent un peu partout sur le web. Si le fait de proposer des textes traduits à des "franco-francophones" qui ne comprennent pas le sens d'une chanson est tout à fait louable, il s'agit bien souvent de traductions purement littérales, sans mise en forme, sans style et sans rime. Ce n'est pas le cas ici, et je trouve votre démarche formidable car vous effectuez un travail qui non seulement s'adresse à tout visiteur lambda non anglophone mais qui peut aussi être réutilisable par les musiciens et interprètes. D'où ma question : êtes-vous vous même traducteur ou vous adonnez-vous à cette activité par loisir ? Quoi qu'il en soit, j'approuve et encourage votre travail que je trouve remarquable. Bonne continuation dans cette entreprise. Je ne manquerai pas de revenir régulièrement m'informer sur vos nouvelles traductions qui m'amèneront certainement à de nouvelles découvertes musicales. Et il y a déjà pas mal de choses en ligne que je vais continuer à explorer. :-)

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  2. Graeme Allwright rechante actuellement sa version française de Halleluya, et c'est effectivement fabuleux. Rare. Mais, oui, expurgé !

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  3. Merci pour votre commentaire.
    En effet, Graeme Allwright continue à chanter, et sa voix garde ce timbre très particulier. Pour ma part, je n'oublie pas l'émotion qu'ont toujours suscité ses chansons, notamment par le fait qu'il y met toute son âme. Je n'oublie pas non plus que c'est lui qui m'a fait (comme à beaucoup d'autres, je présume) découvrir Léonard Cohen.

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