"You are always on my mind!"

lundi 25 avril 2011

The Man comes around

And I heard as it were the noise of thunder





Voici l’une des toutes dernières chansons écrites et chantées par Johnny Cash, dans cette période de sa vie où foi et religion avaient pris à nouveau une part majeure. Le texte est introduit par une citation (parlée) de l’Apocalypse et se poursuit par de nombreuses allusions et évocations bibliques, pour se terminer par la suite, parlée, de la citation, un peu comme si la lecture de ce passage avait lancé l’imagination du chanteur dans une rêverie eschatologique.
Tout petit, à l’école, lors des longues études surveillées du soir, je n’avais, pour alimenter mes rêveries à moi, que deux livres à ma disposition dans mon petit pupitre en bois : le dictionnaire français, et la bible. Le dictionnaire était généralement bon gagnant, mais je trouvais l’Apocalypse assez divertissante en somme, et mon esprit y trouvait un terrain de vagabondage ébaubi sans jamais, cependant, pouvoir le prendre au sérieux. Tout cela me paraissait gentiment extravagant, et il me semblait que l’auteur « en faisait un peu trop » dans la mise en scène. Au fond de moi-même, je ressentais en outre une gêne confuse. Bien qu’étant alors imprégné de religion, j’étais troublé par le caractère trop éminemment humain de ce grand scénario de damnation / salvation, et la notion très choquante de prédestination que j’y lisais en filigrane. Les explications de ma mère, qui me disaient qu’il ne fallait pas faire une interprétation littérale de ces textes, me rassuraient à moitié, et mes doutes et questions venaient se ranger sagement dans un coin de mon inconscient, pour resurgir bien des années plus tard.
Manifestement, chez Johnny Cash, le cheminement fut différent : fils de pasteur, puis plus ou moins « mauvais garçon », avant de finir sa vie dans le « droit chemin » en s’appuyant sur la religion.
Qu’importe, cela vaut bien une belle chanson !



Quand l’Homme reviendra

Et j’entendis alors comme un bruit de tonnerre
Et l’une des quatre bêtes dit « Viens et regarde » et je vis un cheval blanc

Un homme appell’ra chacun par son nom
Et décidera rédemption ou damnation
Tous ne s’ront pas traités de la même façon
Du ciel une échelle d’or descendra
Quand l’Homme reviendra

Les poils se dresseront sur tes bras
De terreur à chaque gorgée que tu boira
La dernière coupe offerte partageras
Où en terre de potier disparaîtras
Quand l’Homme reviendra

Entends trompettes, flûtes, et clameur
De millions d’anges qui chantent en chœur
Des foules marchent au pas rythmé par le tambour
Des voix appellent, et des voix pleurent
Les uns naissent, et les autres meurent
D’Alpha et Oméga est venue l’heure

Et la tornade tord l’arbre épineux
Et les vierges émèchent leur lampe à huile
La tornade tord l’arbre épineux
Regimber et lutter t’est difficile

Ni shalam ni shalom vers Armageddon
Et le berger rappelera ses moutons
Devant le trône, le sage agenouillé
Déposera ses couronnes d’or à ses pieds
Quand l’Homme reviendra

Que quiconque est injuste soit injuste à jamais
Que quiconque est honnête soit honnête à jamais
Que quiconque est crasseux soit crasseux à jamais
Ce qui est écrit tu entendras
Quand l’Homme reviendra

Entends trompettes, flûtes, et clameur
De millions d’anges qui chantent en chœur
Des foules marchent au pas rythmé par le tambour
Des voix appellent, et des voix pleurent
Les uns naissent, et les autres meurent
D’Alpha et Oméga est venue l’heure

Et la tornade tord l’arbre épineux
Et les vierges émèchent leur lampe à huile
La tornade tord l’arbre épineux
Regimber et lutter t’est difficile

La mesure de blé un denier paieras
Quand l’Homme reviendra

Et j’entendis une voix parmi les quatre bêtes
Regardant, je vis un cheval blanc
Et sur son dos, son nom était la Mort, et l’enfer le suivait.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

2 commentaires:

  1. Merci pour cette traduction. La chanson de Johnny Cash est vraiment magistrale. Je l'ai découverte durant le générique du film "dawn of the dead". Une chanson appropriée pour un film de fin du monde, de fin d'Humanité...

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  2. Brillante traduction en effet !

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