"You are always on my mind!"

vendredi 23 décembre 2011

Alexandra Leaving






Résigné, sincère, lucide,  humble et réaliste, Léonard Cohen, lorsqu’il chante le départ d’Alexandra ? La situation qu’il décrit peut éveiller bien des échos au fond du puits de la mémoire, et faire revivre des épisodes vécus ou imaginés,  dont chacun a pu être acteur ou témoin.
Résigné ? Ou plutôt respectueux de la liberté de ne pas (ou plus) aimer, sans laquelle ce sentiment perdrait toute sa valeur ?
Sincère ? Certainement, lorsqu’il reconnaît le trouble et la souffrance qu’occasionne ce départ.
Lucide ? Sans doute, dès lors qu’il admet qu’il savait, dès le début, ce qu’il ne pouvait attendre ni espérer.
Humble ? Ou défaitiste, s’il pense ne pas être à la hauteur de celle qu’il considère comme étant d’une autre essence, supérieure par l’affirmation-même de sa liberté ? D’autres ne se poseraient pas de telles questions, et ne s’imagineraient pas indignes d’un avenir.
Réaliste ? Peut-être même pragmatique, ou sachant par expérience  ce qu’il faut savoir faire ou dire, ne pas faire ou ne pas dire en la circonstance (« Il faut savoir », chantait Charles Aznavour).
Fort, aussi, du plus grand amour : celui qui respecte et s’efface, ne cherche pas de prétexte et ne se réfugie pas dans de faux-semblants, ; celui qui se garde de manœuvres dilatoires, et ne tombe pas dans le piège du ressentiment (« Retenir les cris de haine qui sont les derniers mots d’amour »  dit Aznavour ).
« Fifty ways to leave your lover », dit Paul Simon… et mille façons de rester fidèle à ses sentiments.
Les sentiments les plus forts ne sont pas les plus violents, mais cela, c’est le temps qui nous l’apprend !



Alexandra s’en va

Soudain, la nuit devient plus fraîche, et
Le dieu de l’amour va partir sur l’heure
Alexandra, sur son épaule, juchée
Ils filent entre les sentinelles du cœur

Portés par les simplicités du plaisir
Ils s’illuminent, intimement étreints,
Et, rayonnants plus qu’on ne peut le dire,
Ils tombent au milieu des voix et du vin

Ce n’est pas une farce, ni tes sens qui s’égarent
Un rêve agité que l’aube évacue
Dis adieu à Alexandra qui part
Puis adieu à Alexandra perdue

Même si elle dort sur tes draps satinés
Même si elle te réveille par un baiser
Ne dis pas que tu l’as imaginée
Ne tire pas sur ces ficelles usées

Comme quelqu’un qui s’y tient prêt depuis longtemps
Résolument, à la fenêtre, inspire
Exquise musique, Alexandra riant
Tes promesses, tu peux enfin les tenir

Toi à qui elle a fait l’honneur de son soir
Te rendant par là même ton propre honneur
Dis adieu à Alexandra qui part
Puis adieu à Alexandra perdue

Même si elle dort sur tes draps satinés
Même si elle te réveille par un baiser
Ne dis pas que tu l’as imaginée
Ne tire pas sur ces ficelles usées

Comme quelqu’un qui se tient prêt pour l’occasion
Maîtrisant les plans que tu as gâchés
Ne cherche pas lâchement d’explication
De la cause et de l’effet pour t’y cacher

Et toi qu’une intention a laissé hagard
Ton code violé, ton crucifix déchu
Dis adieu à Alexandra qui part
Puis adieu à Alexandra perdue

Dis adieu à Alexandra perdue

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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