samedi 22 septembre 2012

I Was Born Under A Wandrin' Star



I was born under a wandrin' star
I was born under a wandrin' star
Wheels are made for rolling, mules are made to pack
I've never seen a sight that didn't look better looking back
I was born under a wandrin' star

Mud can make you prisoner and the plains can bake you dry
Snow can burn your eyes, but only people make you cry
Home is made for coming from, for dreams of going to
Which with any luck will never come true
I was born under a wandrin' star
I was born under a wandrin' star

Do I know where hell is, hell is in hello
Heaven is goodbye forever, its time for me to go
I was born under a wandrin' star
A wandrin' wandrin' star

Mud can make you prisoner and the plains can bake you dry
Snow can burn your eyes, but only people make you cry
Home is made for coming from, for dreams of going to
Which with any luck will never come true
I was born under a wandrin' star
I was born under a wandrin' star

When I get to heaven, tie me to a tree
For I'll begin to roam and soon you'll know where I will be
I was born under a wandrin' star
A wandrin' wandrin' star



Une somptueuse chanson écrite par Alan Jay Lerner et André Previn, et chantée par Lee Marvin, et une adaptation française (paroles de M Vidalin, chantée par Gilles Marchal) très réussie quant à  l’ambiance générale, mais s’éloignant suffisamment du texte original pour que ma traduction ne soit pas superflue.
L’histoire de Lee Marvin est elle-même est extraordinaire : plombier amené à remplacer au pied-levé un acteur de théâtre malade, il devint un célébrissime acteur de cinéma, où il interprétait lui-même les chansons de ses films. « I was born under and wandrin’ star » est tirée de « Paint your wagon », Western où Lee Marvin et Clint Eastwood occupent les premiers rôles.
Le grand mythe sur lequel est fondée cette chanson est commun à beaucoup d’autres, sous différentes formes : le goût de la liberté incompatible avec un quelconque attachement aux lieux ou aux personnes, un destin d’errance plus fort que l’amour, une nostalgie dans laquelle on se complait et que l’on cultive par l’éloignement, un romantisme de la solitude voulue, le bonheur dans le dénuement, un cynisme indissociable du fatalisme, ou la recherche éternelle d’un rêve dont on sait par avance qu’il ne peut s’incarner. Autant de déclinaisons superbes sur le même thème, et de chansons inoubliables, mais toujours le même héros solitaire… que l’on admire plus qu’on ne le plaint, et que l’on envie même un peu pour avoir su déguiser sa fuite en un destin romantique.



Je Suis Né Sous Une Étoile Errante

Je suis né sous une étoile errante
Je suis né sous une étoile errante
Les roues sont faites pour tourner, les mules pour le bât
La vue paraît plus belle quand on l’a laissée derrière soi
Je suis né sous une étoile errante

La boue peut t’emprisonner, le désert te brûler
La neige pique les yeux mais seuls les gens te font pleurer
Chez soi c’est pour en partir, et rêver d’y rentrer
Ce qui, par chance, ne se fera jamais
Je suis né sous une étoile errante
Je suis né sous une étoile errante

Je sais ce qu’est l’enfer ; l’enfer c’est « bonjour »
Le ciel c’est « Adieu » ; je dois repartir pour toujours
Je suis né sous une étoile errante
Sous une étoile errante

La boue peut t’emprisonner, le désert te brûler
La neige pique les yeux mais seuls les gens te font pleurer
Chez soi c’est pour en partir, et rêver d’y rentrer
Ce qui, par chance, ne se fera jamais
Je suis né sous une étoile errante
Je suis né sous une étoile errante

Si j’arrive au ciel, ligotez-moi bien
Sans quoi vous me verrez encore errer sur les chemins
Je suis né sous une étoile errante
Sous une étoile errante

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)


samedi 15 septembre 2012

On That Day

Some people say
It’s what we deserve
For sins against g-d
For crimes in the world

I wouldn’t know
I’m just holding the fort
Since that day
They wounded New York

Some people say
They hate us of old
Our women unveiled
Our slaves and our gold

I wouldn’t know
I’m just holding the fort
But answer me this
I won’t take you to court

Did you go crazy
Or did you report
On that day
On that day
They wounded New York



Sur l’album “Dear Heather”, paru en 2004, figure “On That Day".                          

Léonard Cohen, d’une voix grave et sombre, y évoque ce jour de septembre 2001 – il y a onze ans -  où le monde, horrifié et fasciné, vit s’effondrer le symbole d’une certaine Amérique.
Ce jour là, des milliers de personnes furent sacrifiées au nom d’un Dieu que les terroristes prétendaient ainsi honorer.
Mais quel est ce Dieu qui réclame des sacrifices humains ?
Et quels sont ces hommes d’un tel orgueil qu’ils se croient le bras armé de leur Dieu ?
Si ce Dieu est grand et tout puissant, ne faut-il pas s’en remettre à son jugement et sa justice ?
S’il y a un Dieu, un seul,
Pourquoi ses fidèles s’entretuent-ils ?
S’il est bon, juste et miséricordieux
Pourquoi la foi suscite-t-elle la haine ?
S’il a « créé les hommes à son image »,
Pourquoi le défigurent-ils ?
Ou n’est-ce pas là, comme le dirait Brassens, la « preuve, peut-être bien, de (son) inexistence » ?
Léonard Cohen ne pose pas ici ces questions. Il souligne simplement, dans de telles circonstances, que chacun doit, à sa place, à sa mesure, « faire son devoir ».

Le problème est que chacun a une notion particulière de son « devoir ». Le terrible attentat du 11 septembre a « blessé New York », l’Amérique, et le monde. Il a provoqué les réactions que tout acte terroriste cherche à provoquer : l’horreur, et sa fille : la haine. Comment, en effet, rallier les foules à la cause d’une minorité : frapper les esprits si fortement qu’ils en perdent le discernement, et considèrent comme ennemis tous ceux qui ont avec les terroriste quelque point commun : la couleur de la peau, la tenue vestimentaire, la religion, la langue ou les coutumes…
Dès lors la haine répond à la haine.
Et les haïs haïssent.
Et la mort triomphe.
Et leur Dieu est la première victime.

Pour ma part, je ne veux garder qu’une image de ce terrible événement : tout en haut de l’immeuble en flammes, poussées par l’incendie qui faisait rage, deux personnes sautant dans le vide en se tenant par la main.
Seul l’amour qui les accompagnait dans leur chute a survécu.



Ce Jour Là

Certains disent même
Que nos maux répondent
A tous nos blasphèmes
Nos crimes dans le monde

J’en ignore tout
Je tiens juste le fort
Du jour où
Ils blessèrent New York

Ils disent « Ça fait
Des siècles qu’on abhorre
Vos femmes dévoilées
Vos esclaves, votre or »

J’en ignore tout
Je tiens juste le fort
Mais dis, entre nous
J’ n’en f(e)rai pas une affaire

As-tu craqué ou
Fis-tu ton devoir
Ce jour où
Ce jour où
Ils blessèrent New York

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)