dimanche 16 juin 2013

Go-Go Round

Alone upon the sidewalks of despair
'Twas there she wandered
With her suitcase in her hand
Her fate she pondered
Only a go-go girl in love with someone who didn't care 
She met him on a night so rare when her friends were there and the band was groovin' 
When he gave a glance that said how much he would like to meet her
How was she to know at the time
He would mistreat her 

In her cage she danced for him although a hundred eyes were turned her way
And before the set was through he knew
She would be his loved one 

Only a go-go girl in love with someone who didn't care
Only twenty-one, she was a young girl just in from somewhere 


He's playin' up in Michigan with a group they call The Intended
With a kiss, and a promise, he was gone
The song was ended 

But as she walks, she waits for him the pavement is a shoulder for her tears
But in her heart she knows there is no way
She can hope to change him 

Only a go-go girl in love with someone who didn't care
Only twenty-one, she was a young girl just in from somewhere 


Only a go-go girl in love with someone who didn't care 
A go-go girl in love



En toutes choses et toutes circonstances, les situations asymétriques sont délétères, et toutes les théories sur « l’amour libre » relèvent du fantasme ou ne parlent pas d’amour. Tel est le thème la triste aventure que chante Gordon Lightfoot avec compassion pour cette jeune fille, romantique en dépit (ou à cause) de sa situation, et de ce jeune homme qui ne pensait qu’à… une aventure. Dans ce contexte, la jeunesse et la beauté de la pauvre danseuse ne sont plus des atouts mais des proies, et sa naïveté n’égale que sa souffrance.
Tout en arpentant le trottoir du désespoir, elle, qui se bat pour survivre,  entrevoit son avenir de marchandise périssable, mais continue d’aimer, en vain.



Ronde à Go-Go

Sur le trottoir du désespoir
La voilà qui erre
Sa valise à la main
Ne sachant que faire
Une Go-Go girl amoureuse d’un gars qui la laisse tomber
Elle l’avait vu avec ses amis le soir où les musiciens s’éclataient
Son regard disait combien il désirait la rencontrer
Comment pouvait-elle deviner
Qu’il la délaisserait ?

Dans sa cage, elle dansait pour lui bien que sur elle des centaines d’yeux soient braqués
Il savait avant qu’elle ait fini
Qu’elle serait dans son lit

Une Go-Go girl amoureuse d’un gars qui la laisse tomber
A vingt-et-un ans, ce n’était qu’une gamine qui débarquait

A Detroit, il joue dans un groupe qu’ils appellent «  Les Intentions »
Un baiser, une promesse, et voilà : fin de la chanson !

Tout en marchant, elle l’attend sans épaule pour pleurer que le pavé
Mais, dans son cœur, elle sait qu’il n’y a pas d’espoir de le changer

Une Go-Go girl amoureuse d’un gars qui la laisse tomber
A vingt-et-un ans, ce n’était qu’une gamine qui débarquait

Une Go-Go girl amoureuse d’un gars qui la laisse tomber
Go-Go girl amoureuse…


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 8 juin 2013

Steel Rail Blues

Well I got my mail late last night
A letter from a girl who found the time to write
To her lonesome boy somewhere in the night
She sent me a railroad ticket too
To take me to her lovin' arms
And the big steel rail
Gonna carry me home
To the one I love

Well I bin out here many long days
I haven't found a place that I could call my own
Not a two-bit bed to lay my body on
I’ve been stood up, I’ve been shook down
I’ve been dragged into the sand
And the big steel rail
Gonna carry me home
To the one I love

Ooooh oooo oo whu hu hoo
Ooo ooo ooo ooo ooo ooo oo

Well I’ve been up tight most every night
Walkin' along the streets of this old town
Not a friend around to tell my troubles to
My good old car she done broke down
'Cause I drove it into the ground
And the big steel rail
Gonna carry me home
To the one I love

Well I look over yonder across the plain
The big drive wheels are poundin' along the ground
Gonna get on board and I'll be homeward bound
Now I ain't had a home cooked meal
And Lord I need one now
And the big steel rail
Gonna carry me home
To the one I love

Ooooh oooo oo whu hu hoo
Ooo ooo ooo ooo ooo ooo oo

Now here I am with my hat in hand
Standin' on the broad highway. Will you give a ride
To a lonesome boy who missed the train last night?
I went in town for one last round
And I gambled my ticket away
And the big steel rail
Won't carry me home
To the one I love

Ooooh oooo oo whu hu hoo
Ooo ooo ooo ooo ooo ooo oo




L’aventurier solitaire, errant jusqu’au bout de la terre…
La galère, la misère, prix de la liberté…
Un monde hostile où survivre est un exploit…
Et le souvenir d’un amour, ou simplement d’un rêve ?
Et le chemin de fer qui transporte ce rêve entre ailleurs et partout, entre passé et futur, entre jamais et toujours…
Et puis les vieux démons aux voix contradictoires, du jeu et de l’alcool, et des fausses passions.
La fuite du bonheur, poursuivi par la peur de se voir tel qu’on est, de devoir assumer.
Et l’on préfère le rêve à la réalité, poursuivant ses chimères, fuyant par lâcheté, confondant solitude avec liberté, et préférant souffrir plutôt que partager.
Ce sont les fondements même de la « Country » que chante avec brio Gordon Lightfoot : une vision sombre, presque désespérée, de tout ce qui fait l’homme, et de sa destinée. Des clichés ? Sans doute. Des thèmes mille fois repris, des sujets ressassés.
Mais c’est un vrai roman qu’il nous raconte ici, décrivant une scène quasi cinématographique, jusqu’au dernier tableau avec, à l’arrière-plan, le train qui s’éloigne, laissant l’aventurier à ses rêves, et emportant l’espoir.


Le Blues du Chemin de Fer

Hier soir, au courrier, j’ai pu lire
La lettre d’une fille qui a pris le temps d’écrire
Pour dire à son chéri de revenir
Grâce au ticket de train qu’elle m’envoie
Elle veut me serrer dans ses bras
Le chemin de fer
Va me ramener vers
L’amour de ma vie

Ça fait longtemps que je suis là
Sans pouvoir trouver d’endroit qui soit chez moi
Sans un vrai lit pour coucher sous un vrai toit
On m’a lâché, on m’a braqué
Dans la boue, on m’a trainé
Le chemin de fer
Va me ramener vers
L’amour de ma vie

Ooooh oooo oo whu hu hoo
Ooo ooo ooo ooo ooo ooo oo

Le soir venu, seul et mortifié
J’ai parcouru les rues des vieux quartiers
Et pas un seul ami à qui me confier
Même ma vieille bagnole rouillée
M’a lâché, donc je vais à pied
Le chemin de fer
Va me ramener vers
L’amour de ma vie

Je vois, au delà des plaines, à l’horizon
Ramper la locomotive et ses wagons
J’y monterai pour rentrer à la maison
Ça fait longtemps que je n’ai pas
Partagé un repas
Le chemin de fer
Va me ramener vers
L’amour de ma vie

Ooooh oooo oo whu hu hoo
Ooo ooo ooo ooo ooo ooo oo

Et me voilà, mon chapeau à la main
A jouer l’auto-stoppeur. Prendrez-vous enfin
Ce pauvre garçon qui a manqué son train ?
En ville, pour une dernière tournée
Au poker j’ai perdu mon ticket
Le chemin de fer
Ne me ramèn’ pas vers
L’amour de ma vie

Ooooh oooo oo whu hu hoo
Ooo ooo ooo ooo ooo ooo oo

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 1 juin 2013

Rainy Day People


Rainy day people
Always seem to know when it's time to call
Rainy day people
Don't talk, they just listen till they've heard it all
Rainy day lovers
Don't lie when they tell 'ya they've been down like you
Rainy day people
Don't mind if you're cryin' a tear or two

If you get lonely,
All you really need is that rainy day love
Rainy day people
All know there's no sorrow they can't rise above
Rainy day lovers
Don't love any others, that would not be kind
Rainy day people
All know how it hangs on a piece of mind

Rainy day lovers don't lie when they tell you, they've been down there too
Rainy day people
Don't mind if you're cryin' a tear or two.

Rainy day people
Always seem to know when you're feeling blue
High stepping strutters who land in the gutters sometimes need one too
Take it or leave it,
Or try to believe it
If you've been down too long

Rainy day lovers don't hide love inside they just pass it on
Rainy day lovers don't hide love inside they just pass it on



Quand il pleut dans le cœur,
Quand la moiteur envahit l’âme,
Quand, les yeux fermés, on combat la douleur,
Quand la gorge se noue et quand viennent les larmes,
Un geste, un mot, un regard
Nous ramènent à la vie.
A ce qu’il nous reste d’espoir
Répond la voix d’un ami.
Comme un simple sourire illumine le jour
Une main sur l’épaule soulage le cœur lourd.
On appelle cela l’empathie, mais ce n’est pas une science, pas une technique, ni une thérapie : Ce n’est que la vérité nue, sans fard ni malice. 
C’est une main tendue au bord du précipice. 
Ce n’est que la sincérité, l’aveu d’une faiblesse qui fait l’humanité. 
Ce n’est qu’un appel dont l’écho se renforce, 
Un cri qui va au cœur, transperçant son écorce. 
C’est le fruit du malheur 
Quand on n’en a plus peur, 
Quand enfin l’on comprend qu’il n’est d’autre bonheur que de lutter ensemble contre l’inexorable…
 
Et nous chantons alors, avec Gordon Lightfoot, notre reconnaissance envers ceux qui ont le courage de voir la souffrance.


Les Gens des Jours Gris

Les gens des jours gris
Semblent savoir quand il faut t’appeler
Les gens des jours gris,
Jusqu’au bout, sans rien dire, te laissent parler
Amants des jours gris
Ils disent sans mentir qu’ils ont connu ça
Les gens des jours gris
S’ils te voient pleurer ne se moquent pas

Si tu est tout seul,
Ce qu’il te faut, c’est un amour de jour gris
Les gens des jours gris
Savent qu’il y a toujours un espoir qui luit
Les gens des jours gris
Ne te trompent pas : ce n’ serait pas gentil
Les gens des jours gris
Savent que tout dépend de l’état d’esprit

Amants des jours gris,
Disent sans mentir qu’il sont passés par là
Les gens des jours gris
S’ils te voient pleurer ne se moquent pas

Les gens des jours gris
Semblent savoir quand tu as le cafard
Même un m’as-tu-vu, s’il est déchu, en a besoin tôt ou tard
Crois le si tu veux
Ou crois le si tu peux
Si tu est déprimé

Amants des jours gris
Partagent l’amour sans l’accaparer
Amants des jours gris
Partagent l’amour sans l’accaparer

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)