"You are always on my mind!"

dimanche 15 mars 2009

Sentimental Journey


"I'm gonna take a Sentimental Journey,
Gonna set my heart at ease.
Gonna make a Sentimental Journey,
to renew old memories."
[...]





Cette chanson "universelle" écrite par Bud Green, Les Brown et Ben Homer, propulsa l'actrice et chanteuse Doris Day sur le devant de la scène.

Partir à la rencontre des souvenirs heureux...
Régénérer, par cette visite, les sentiments estompés par le temps...
S'attendrir de revoir, sur une photo jaunie, les bourgeons d'hier des fleurs d'aujourd'hui...
Se tenir par la main pour une balade amoureuse dans un passé merveilleux...
Savourer au présent les bonheurs du passé...

Premiers mots,
Premiers sourires,
Premier baiser,

Premier enfant,
Premiers pas,
Premiers mots,

Premier envol,
Premières lettres,
Premier retour...


Voyage sentimental

Je vais faire un voyage sentimental,
Laisser mon cœur s’épanouir.
Je pars pour un voyage sentimental,
Retrouver mes souvenirs.

J’ai fait mes bagages, j’ai pris mes billets,
Pour partir, coûte que coûte,
Et, comme un enfant, je vais trépigner,
Impatient d’entendre « En Route ».

Sept heures… C’est l’heure du départ, à sept heures.
J’attends ce retour au bonheur,
Comptant les kilomètres du rail
Des retrouvailles.

C’est étonnant qu’à ce point mon cœur s’emballe.
Pourquoi ais-je voulu partir ?
Je vais faire ce voyage sentimental,
Voyage vers mes souvenirs,
Voyage sentimental.

(Traduction : Polyphrène)

Depuis quelque temps, je sentais confusément la souffrance de mon âme. Je fouillais mes sentiments, comme on fouille du bout de la langue à la recherche de la dent douloureuse.
La douleur était là, toujours là !
J'aurais pu la laisser là, éviter de la réveiller encore et encore.
Pourquoi toujours la rechercher ?
Était-ce pour la défier ?
Était-ce pour la repousser ?
Était-ce pour me rassurer ?
Ce n'était qu'une dent, après tout !

Henri Salvador chantait "Le Blues du Dentiste".
Voilà mon mal aux dents à moi : j'ai mal au temps !

Au temps qui passe,
Au temps qui emmène mes souvenirs, toujours plus loin en arrière.
Au temps que l'on ne peut remonter, et qui nous entraîne, inexorablement.

N'osant plus regarder devant moi, je garde le regard tourné en arrière.
Je devrais savourer les moments de bonheur qui parsèment mes souvenirs.
Je devrais sourire de voir resurgir de ma mémoire les grands et petits bonheur de la vie.

Oh, je ne me complais pas dans l'évocation des mauvais souvenirs !
Je les assume et les enterre dans les strates de ma mémoire.
Une pierre noire marque leur emplacement, et je la contourne soigneusement.

Pourquoi donc ais-je mal au temps ?

Ais-je peur des nuages qui obscurcissent l'horizon ?
Le bonheur devient-il douleur parce qu'il est passé ?

Une petite douleur vive.
L'aiguille pénètre, et une étrange sensation envahit la gencive, la mâchoire, les joues...
L'anesthésie s'installe, s'étend.

Je ne ressens plus, ni ma dent, ni le temps.
Les instruments, les bruits, le sang... Tout cela m'est indifférent.
J'agis, je pense, je vais, machinalement, mécaniquement, efficacement.

La douleur ne me tracasse plus.
Serais-je libéré ?
Quelle sera la douleur quand l'anesthésie va s'estomper ?

Une dent partie,
Du temps passé,
Passé.

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