"You are always on my mind!"

mercredi 18 mars 2009

We'll Meet Again


"We'll meet again
Don't know where
Don't know when
But I know we'll meet again some sunny day"
[...]




Voici une chanson poignante, emblématique de la deuxième guerre mondiale, écrite par Hughie Charles sur une musique de Ross Parker, et chantée alors par Vera Lynn, avant d'être reprise par de nombreux artistes parmi les plus grands.
Elle évoque le départ pour la guerre, et montre l'optimisme de commande et la sérénité courageuse de ceux que le destin sépare, et qui savent, au fond d'eux-mêmes, qu'ils ne se reverront sans doute pas avant longtemps, et peut-être pas sur cette terre.


On se reverra

On s’ reverra
Je n’ sais où
Je n’ sais quand,
Mais on s’ reverra
Un jour resplendissant

Garde le sourire
Car tu dois réagir
Jusqu’à c’ que s’éloignent les nuages menaçants

S’il te plait, dis « Au Revoir »
Au amis de ma part
Dis que ce n’ s’ra pas long

Ils aimeront savoir
Que je pars plein d’espoir
En chantant cette chanson

On s’ reverra
Je n’ sais où
Je n’ sais quand,
Mais on s’ reverra
Un jour resplendissant

(Traduction : Polyphrène)


PS : 10 mois après avoir présenté cette traduction, 7 mois après son départ, je reviens sur mes pas et mes pensées s'égarent...

Ah, te voilà, toi !
Depuis le temps que je m’attends à ta visite…
Cela fait des mois, des années, que tu rodes alentour.
J’avais aperçu ta silhouette, au fond du cimetière, dans l’ombre de ces deux grands séquoias improbables qui enserraient de leurs racines ces tombes multiséculaires au point d’en dissocier les pierres et laisser voir un abîme.
Déjà, depuis des semaines, je trouvais ça et là les traces de ton passage. Car tu n’es pas discrète : tu sèmes le désordre dans mes idées, tu souilles mes souvenirs, tu détournes mes pensées.
Combien de fois, le soir, lorsque l’étau de l’obscurité se refermait sur nous, et que nous devions affronter, seuls, la nuit si longue, ta main sortait subitement de l’ombre, sans même que je puisse la voir, pour serrer ma gorge jusqu’à ce qu’aucun mot ne puisse plus en sortir… et je devais me détourner, faire mine de tousser, aller chercher un objet ou en ranger un autre, jusqu’à ce que tu veuilles bien relâcher ton étreinte.
Oh, je n’avais jamais entendu ta voix, ni vu ton visage, mais je savais que c’était toi. Qui d’autre aurait pu produire un tel effet ?
N’était-ce pas toi, des années plus tôt, alors que les petites victoires du quotidien nous laissaient croire que son combat contre la maladie pouvait encore être gagné, qui me rendait visite secrètement pour me faire entrevoir des bribes d’un futur vide et glacé comme l’espace grandissant qui sépare les étoiles ?
Qui d’autre que toi aurait pu provoquer en moi ces moments de panique, lorsque les enfants, dispersés ici et là pour des vacances formidables, n’étaient, pour quelques jours, plus à portée de téléphone ? Qui donc m’aurait fait verser des larmes en s’insinuant dans mon âme pour lui faire savoir que s’éteindraient, une à une, les flammes qui l’éclairaient.
Te voilà donc.
Depuis le cimetière, tu t’étais faite plus légère. Tes visites étaient plus nombreuses, mais plus brèves, et les traces que tu laissais auraient pu me faire croire que tu devenais plus délicate, plus prudente, moins obscène.
C’est vrai, je pensais moins à toi : pris dans un tourbillon, évoluant dans un décor inchangé auquel je ne reconnaissais plus rien, je pensais comme dans un rêve.
En fait, je ne ressentais plus vraiment, et tes assauts ne m’auraient pas troublé. J’étais comme anesthésié.
Je savais encore où se trouvait ma douleur, mais je restais prudemment à distance. Comme par réflexe, mes pensées s’en détournaient, mes pas m’en éloignaient, mes yeux croyaient voir au-delà, et je ne souffrais pas, ou pas trop.
Te voilà.
L’anesthésie s’estompe, peu à peu. Mes yeux s’ouvrent ; mon regard se focalise, et je vois où le temps, mes pas, et mes pensées m’ont conduit : au bord d‘un gouffre sombre et glacé, d’où monte un grondement sourd, un tumulte sans mot ni son.
Et je suis seul.
Je ne la vois plus, ne l’entends plus.
Je ne sens plus sa main dans la mienne, sa joue contre la mienne.
Je ne perçois plus son odeur ; je ne ressens plus sa chaleur.
Je suis seul.
Pourtant, elle est présente dans mes rêves, et je crois alors que nous pouvons être, et vivre, comme avant.
J’ouvre les yeux, et l’ombre m’éblouit.
Je la cherche en vain, et je pleure.
Mon cœur se serre.
Ma gorge se noue.
Mes larmes coulent.
Et tu m’envahis, toi, ma souffrance, ma peine, mon âme.

Polyphrène - 01/02/2010




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