"You are always on my mind!"

dimanche 1 décembre 2013

Our Mother the Mountain
















Le cauchemar que raconte ici Townes Van Zandt est inspiré de la légende de la Loreley*, elle même reprenant le mythe des sirènes, responsables de la perte de tant de marins séduits par leur chant au point de mésestimer les dangers de la navigation et de faire naufrage. Cette chanson se prête à des interprétations très diverses, selon lesquelles une femme incarne la tentation, qu’elle soit celle de la féminité (et cela renvoie à Eve et la pomme) ou celle des « paradis artificiels » (illustrant, encore, les mythes fondateurs).
Fables, mythes, ou croyances transmettent le même message : la femme, tentatrice, est un danger et l’homme est sa victime !
Mais qui donc assigne à la femme ce rôle ? Qui lui assigne une position sociale subalterne ? Qui ne valorise que sa beauté physique ? Qui veut la cantonner dans la tenue du ménage, laissant aux hommes « les affaires sérieuses » ? Qui oppose, dans des archétypes de caricature, le garçon et la fille ? Qui la prive et se prive de la liberté d’être soi-même ?
Si la culture s’enracine dans les mythes obscurs, la civilisation doit chercher la lumière au soleil de la connaissance, en se libérant des entraves de la tradition.
Si la nature est responsable de différences anatomiques et physiologiques entre hommes et femmes, et si ces différences ont joué un rôle dans la capacité d’adaptation qui a permis à l’espèce humaine de prospérer, cette même capacité doit lui permettre aujourd’hui d’évoluer et de ne plus réduire les genres à leurs différences, pour extraire enfin l’amour du carcan des idées reçues.

* Ce qui explique le refrain, "A lure, a lie" (un leurre, un mensonge), qui s'entend presque "Lorelei", et que je n'ai pu traduire en respectant aussi bien la consonance.

ALN



Notre Mère La Montagne

Mon amante s’avance, une rose sur le cœur
Sur ses cheveux danse une lune empourprée
Elle se tient sous ma fenêtre comme une dame d’honneur
Le soleil va bientôt éclairer faux et vrai

Sur l’air de « Un leurre à l’œil, Oh »

Elle me dit qu’elle descend de ma mère la montagne
Sa peau est ajustée, ses lèvres disent vrai
En silence, elle sort de sa gorge un médaillon
Et le tourne pour me le faire voir de près

Sur l’air de « Un leurre à l’œil, Oh »

Je l’observe, et je l’aime ; je voudrais la toucher
Son habit de soie est bleu chatoyant
Dehors, ses dames de compagnie sont couchées
Mes chiens de chasse ont cessé leurs aboiements

Sur l’air de « Un leurre à l’œil, Oh »

Je veux prendre sa main, mais ses yeux tournent en venin
Ses cheveux en échardes, et sa chair en saumure
Bondissant vers la fenêtre, elle crie soudain
Que mon ainé sera aveugle, c’est sûr

Sur l’air de « Un leurre à l’œil, Oh »

Elle se jette dans les ténèbres de la nuit
De ses lèvres ouvertes aucun son ne parvient
Dévalant l’escalier, au jardin, je la poursuis
Mais, de mon bel amour, il ne reste rien

Sur l’air de « Un leurre à l’œil, Oh »

Passez vite, et prenez garde à qui vous séduit
Par ma mère la montagne, je jure que c’est vrai
N’aimez pas une femme aux cheveux noirs de nuit
Dans sa robe de satin bleu sombre et mordoré

Sur l’air de « Un leurre à l’œil, Oh »



Traduction – Adaptation : Polyphrène


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