"You are always on my mind!"

dimanche 3 novembre 2013

St John The Gambler







Cette magnifique chanson de Townes Van Zandt est un remarquable exemple des thèmes préférés de la musique Country, mettant en scène la passion qu’inspirerait, dans le cœur des jeunes filles pures, le « mauvais garçon » épris de liberté mais prisonnier de ses démons. Combien de poètes, combien de chanteurs, ont célébré ce mythe de l’aventurier parcourant le monde et laissant dans son sillage les cœurs meurtris de ses conquêtes (Go-go Round, The Silver-TonguedDevil and I, For Loving Me, Je change un peu de vent, Ma Liberté…) ?  Peut-être pas autant que ceux (parfois les mêmes) qui ont cultivé le mythe de la femme fatale , inconstante et cruelle (Devil Woman, Jezebel, Farewell My Love, Flowers On The Wall, Funny How Time Slips Away, There You Go, Wild Side of Life, Your Cheating Heart, pour ne citer que quelques chansons traduites sur ce blog…).
Townes Van Zandt est particulièrement convainquant lorsqu’il décrit les derniers instants de la pauvre jeune fille amoureuse, vaincue par le froid, l’esprit égaré par les  hallucinations créées par l’hypothermie.
Mais quelle étrange force pousserait-elle les cœurs à s’éprendre ainsi ce l’inaccessible, à rêver de l’impossible, à risquer sa propre perte ? Est-ce une foi irrationnelle en la force de l’amour, au point de vouloir changer les êtres et les défendre contre eux-mêmes ? Est-ce la fascination de la liberté ou un désir trouble de transgression ? Ne serait-ce pas, en fin de compte, qu’un fantasme masculin ?

A Hélène



St John Le Joueur

Le jour de ses vingt ans, devant sa mère en pleurs
Elle dit « Ma mère, je vais vous faire pleurer
Mais j’ai donné mon cœur à St John le joueur
Et, demain, je m’en irai
Mon chagrin ne peut rester prisonnier des hauteurs
Les seuls hommes, ici, sont sous terre
Ces morts sont le seul secours qui m’est offert
Alors, oubliez-moi, ma mère ».

Dans les monts par l’hiver assiégés
Les neiges s’entassaient par milliers
Couvrant les feuilles de la forêt
Mais vêtue d’un calicot,
Car les joueurs aiment les femmes séduisantes
Elle était confiante
Pensant que le feu de son désir lui tiendrait chaud
Et puis, sa robe était voyante

Mais la route était longue et, en pleurs
Suivant son haleine givrante
En cherchant un certain St John le joueur
S’effondra, mourante
Elle entendit son rire porté par l’écho
Dansa dans les larmes de sa mère
Vers une sépulture de calicot
Sous la croix de ses vingt ans

Vers une sépulture de calicot
Sous la croix de ses vingt ans


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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