"You are always on my mind!"

samedi 19 janvier 2013

It’s Raining

















 Comme dans “ASoalin’”, Peter, Paul, and Mary mêlent dans cette chanson (de Noel Paul Stookey et Len Hunt Chandler) plusieurs comptines et chansons enfantines, entrecoupées des étapes d’une partie de cache-cache dans la maison, un jour de pluie. L’arrangement est, comme toujours, magnifique, et les trois voix, merveilleusement accordées, forment un ensemble particulièrement mélodieux. Face à cette perfection, les paroles semblent un peu étranges, voire incongrues. Il est vrai que, en Français comme en Anglais, de nombreuses chansons enfantines, dont l’origine se perd dans la nuit des temps, semblent n’avoir « ni queue ni tête ». J’ai le souvenir, enfant, d’être resté souvent étonné et frustré à l’écoute de telles chansons, qui semblaient annoncer un brillant épisode d’aventure épique ou romantique, et s’avéraient en fait tronquées, aberrantes, ou absurdes. Je ne pense pas avoir été le seul à ressentir cette frustration, mais j’ai ensuite imaginé que ces chansons, transmises de bouche à oreille dans les cours de récréation, avaient sans doute, au fil des ans (ou des siècles), été quelque peu distordues tout en perdant leurs racines.
Tel est sans doute le cas de « It’s Raining, It’s Pouring », bien que cette chanson ne date probablement que de la première moitié du vingtième siècle.
« Lady Bug,Lady Bug » (initialement « Lady Bird ») est plus ancienne, déjà publiée en 1744, et sa signification est plus claire : les coccinelles, grands prédateurs de pucerons, étaient considérées comme utiles, et la tradition voulait que, lorsqu’une coccinelle venait à se poser sur un enfant, celui-ci se garde de la blesser ou de la chasser (ce qui aurait porté malheur !) mais lui chante cette comptine jusqu’à ce qu’elle prenne, d’elle-même, son envol.
Les vers évoquant « Jack and Jill » font référence aux personnages d’une comptine du dix-huitième siècle, dont il existe de nombreuses versions relatant avec des variantes les mésaventures d’un petit garçon et d’une petite fille qui, revenant d’aller chercher de l’eau, « débaroulent » à flanc de colline et rentrent à la maison couverts de bleus et de bosses.
Enfin, « Star Light, Star Bright », chanson traditionnelle figurant, notamment, au répertoire de Pete Seeger, est recensée depuis la fin du dix-neuvième siècle, et repose sur la superstition datant de l’antiquité selon laquelle un vœu exprimé à la vue d’une étoile filante sera exaucé.
Un autre aspect de cette chanson de Peter, Paul, and Mary, me frappe : il s’agit du contraste entre la légèreté des chants et des jeux enfantins et la gravité de la situation évoquée (le vieil homme qui s’est cogné la tête et ne peut se lever le lendemain matin, probablement comateux). Dans la brume de mes plus anciens souvenirs, je redécouvre ces moments de la vie familiale où, enfants, nous percevions l’angoisse ou le désarroi de nos parents, et continuions à jouer, comme par devoir de gaité, avec le sentiment, tout à la fois, de conjurer le malheur que nous présentions et de rassurer nos parents en leur démontrant « que la vie continue ». Je pense alors à « La Prière » de Francis Jammes, chantée par Georges Brassens :
… et j’y trouve, résumée en quelques mots, la Vie entière.



Et Il Pleut

Et il pleut
Tant qu’il peut
Le vieil homme ronfle un peu
S’est cogné
La tête et couché
Ce matin n’a pas pu se lever
La pluie
Retire-toi
Passe ici une autre fois

Hé, j’ai une idée : nous pourrions jouer à cache-cache dans la maison. Là, tout le monde se cache ; c’est moi qui y suis !

Etoile du soir
La première qu’on peut voir
J’ai un vœu et l’espoir
Qu’il soit exaucé ce soir

Et il pleut
Tant qu’il peut
Le vieil homme ronfle un peu
S’est cogné
La tête et couché
Ce matin n’a pas pu se lever
La pluie
Retire-toi
Passe ici une autre fois

Cinq, dix, quinze, vingt
Vingt-cinq, trente, trente-cinq, quarante

Demoiselle Coccinelle, rentre chez toi
Ta maison est en feu, et, sur le toit
Tes bébés vont brûler

Et il pleut
Tant qu’il peut
Le vieil homme ronfle un peu
S’est cogné
La tête et couché
Ce matin n’a pas pu se lever
La pluie
Retire-toi
Passe ici une autre fois

Quarante-cinq, cinquante, cinquante-cinq, soixante
Soixante-cinq, soixante-dix, soixante-quinze, quatre-vingts

Ni le Jack de mon père
Non, ni la Jill de ma mère
Mais femme de violoneux
Qui jouera quand je veux

Et il pleut
Tant qu’il peut
Le vieil homme ronfle un peu
S’est cogné
La tête et couché
Ce matin n’a pas pu se lever
La pluie
Retire-toi
Passe ici une autre fois

Quatre-vingt-cinq, quatre-vingt-dix, quatre-vingt-quinze, cent !
Attention, je sors de mon camp ! Cachés ou pas, j’arrive !
Tous vus ! Allez, nouvelle partie !

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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