Sur son nouvel album, Yusuf Islam
a.k.a. Cat Stevens propose sa version de la chanson éponyme « Tell’Em
I’m Gone », adaptation de « Take
This Hammer », datant
probablement des années 1870. Cette chanson était chantée, pour rythmer
leur effort, par les prisonniers, le plus souvent noirs, condamnés au travail
forcé dans les mines, sur les routes ou les voies ferrées, ou dans les
champs… pendant près d’un siècle encore après l’abolition de l’esclavage.
L’interprétation de Huddie
Ledbetter (« Lead Belly ») lui donne toute sa force, joignant le
geste d’abattre le marteau à un ahanement rauque. La dernière strophe évoque
l’alimentation usuelle de ces forçats, faite d’un peu de viande séchée, de pain
de maïs, et de mélasse (résidu de raffinage du sucre de canne), en particulier
dans le sud des Etats-Unis. Ce régime alimentaire fut responsable, à cette
époque, de très nombreux cas de pellagre dont il fallut des années pour
comprendre qu’il s’agissait non
pas d’une maladie infectieuse contagieuse, mais d’une carence vitaminique.
Ce sont en particulier les travaux de Joseph Goldberger qui
ont permis de comprendre la cause et de traiter cette grave maladie. En
particulier, Goldberger
testa, sur lui-même, ses proches et des membres du service public de santé,
l’ingestion de gélules contenant des excréments, sécrétion nasales, et squames
de malades atteints de pellagre, et démontra ainsi l’absence de contagion. Il
montra ensuite qu’une alimentation diversifiée permettait la guérison.
C’est donc l’histoire de l’esclavage sous toutes ses formes et
conséquences, même au delà de son abolition, qu’évoque Cat
Stevens. Son choix n’est pas simplement une évocation historique : il
résonne comme un cri d’alarme à notre époque, où la pauvreté conduit des
populations entières vers de nouvelles formes d’esclavage, tandis que des
fanatiques, fous-furieux et forcenés, font revivre l’esclavage dans sa forme la
plus horrible en invoquant un Dieu que leur comportement insulte !
ALN
Dis qu’ j’ suis parti
Prends ce marteau, porte le au capitaine
Prends ce marteau, porte le au capitaine
Prends ce marteau, porte le au capitaine
Dis qu’ j’suis parti
Dis qu’ j’suis parti
S’il te demande si je courais
S’il te demande si je courais
S’il te demande si je courais
Dis que je volais
Dis que je volais
S’il te demande si je riais
S’il te demande si je riais
S’il te demande si je riais
Dis que je pleurais
Dis que je pleurais
Je n’veux ni pain d’ maïs ni molasse
Je n’veux ni pain d’ maïs ni molasse
Je n’veux ni pain d’ maïs ni molasse
Ça m’ fait honte
Ça m’ fait honte
Prends ce marteau, porte le au capitaine
Prends ce marteau, porte le au capitaine
Prends ce marteau, porte le au capitaine
Dis qu’ j’suis parti
Dis bien qu’ j’suis parti
(Traduction –
Adaptation : Polyphrène)
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