"You are always on my mind!"

dimanche 2 août 2015

Paper Thin Hotel










Est-elle si étrange, cette chanson de Léonard Cohen, qu’elle puisse donner lieu aux interprétations les plus diverses, voire opposées ? N’est-ce pas l’essence même de la poésie de Léonard Cohen que de mêler érotisme et mysticisme, péché et salut, amour et haine, peur et désir… comme pour souligner l’unicité de l’être, l’indissociabilité de l’âme et du corps ? Lorsque, si souvent, il emprunte les mots et les symboles de la religion pour évoquer les choses les plus triviales, est-ce pour les transcender ?  S’il prétend ne ressentir aucune jalousie, est-ce pour en souligner la force ? Les détails les plus sordides sont-ils de nature à éteindre l’amour ou à éveiller un désir trouble ? Chacun peut suivre, au long de cette chanson, le cours de ses propres sentiments et trouver le reflet de ses souvenirs. Faut-il pour autant aller jusqu’à admettre, comme il l’affirme, que l’amour est hors de notre contrôle, et en éprouver un soulagement ?
Comme un certain philosophe de l’antiquité, maître en maïeutique, Léonard Cohen nous achemine vers de nouvelles questions plutôt que de nous asséner des réponses fatalement incomplètes ou inappropriées.
ALN



Hôtel - Carton

Les murs de cet hôtel sont si fins que
Je vous entendais faire l’amour tous deux
La lutte bouche-à-bouche et corps-à-corps
Le râle fusionnel quand il jouit encore

Je restais là, l’oreille collée au mur
Sans aucune jalousie, je t’assure
Mais mon âme était soulagée d’un poids
J’entendais l’amour hors de mon contrôle
Mon âme était soulagée d’un grand poids
J’entendais l’amour hors de mon contrôle

A la porte, j’écoutais tous tes baisers
J’entendais le monde plus clair que jamais
Quand tu t’es mise à chanter dans ton bain
J’étais si bien que je ne sentais rien

Je restais là, l’oreille collée au mur…

Et j’ai bien hâte de te dire en face
Et j’ai bien hâte que tu prennes ma place
Tu es l’Ange Nu dans mon cœur logé
Tu es la Femme aux Jambes Ecartées
C’est écrit sur les murs de cet hôtel
Ce n’est qu’après l’enfer qu’on va au ciel

Mon âme était soulagée d’un grand poids
J’entendais l’amour hors de mon contrôle


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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