"You are always on my mind!"

mercredi 27 novembre 2019

The night of Santiago





































































  








Une simple aventure, que l’on dirait aujourd’hui consensuelle, engagée sur de « pieux mensonges » dont nul n’est dupe, juste pour échapper un instant à la solitude à deux, céder à l’appel de la chair, sans lendemain, sans illusion. C’est ce que confesse Leonard Cohen dans ce récit, inspiré de « La Casada Infiel » de Frederico Garcia Lorca, qui figure sur son album posthume « Thanks for the dance », comme pour illustrer ce qui a jalonné sa vie et laissé, ici et là, des souvenirs en demi-teinte : L’idée d’un possible, le sentiment confus d’une faute inéluctable, la nécessaire indulgence réciproque, l’enivrante nostalgie du trouble… Mais qui êtes-vous pour juger, conclut Leonard. Si les circonstances vous ont épargnés, en pouvez-vous tirer fierté ?

Et l’on pense à la Pénélope de Georges Brassens















La Nuit de Santiago



Elle se disait demoiselle

Ce n’est pas c’qu’on m’avait dit

Sur un mode confidentiel

J’l’ai prise au mot, pardi

Derrière nous, tout s’est éteint

Les lucioles comme les bougies

Le trottoir brisé a pris fin

J’ai touché ses seins assoupis

Ils ont aussitôt fleuri

Comme des lis funéraires

Sous une fine broderie

Ses tétons comm’ pain levèrent

J’ai enlevé ma cravate

Elle ôta sa robe d’un geste

J’ai déposé mon arme en hâte

Nous déchirâmes le reste



La nuit de Santiago

Et j’étais de passage

Alors j’l’ai menée en bateau

Des hommes, c’est l’usage

Comme un banc de poissons surpris

Ses cuisses m’échappaient des mains

Bien qu’j’oublie la moitié d’ma vie

Encore, je m’en souviens

Comme un homme, je n’répéterai pas

Ce qu’elle m’a dit tout haut

Hormis cela, mes lèvres ne s’ouvriront pas

Et pour l’heure

Bientôt les baisers sont de sable

Et Bientôt l’aube est probable

Et Bientôt la nuit vacille

Face à une machette-jonquille

Je lui’ai donné du bon temps

Et j’ai attendu qu’elle rie

Je ne suis pas né gitan

Pour rendre une femme triste



La nuit de Santiago

Et j’étais de passage

Je l’ai menée en bateau

Des hommes, c’est l’usage



La nuit de Santiago

Et j’étais de passage

Je l’ai menée en bateau

Des hommes, c’est l’usage



J’n’étais pas amoureux, je gage

Ça n’se commande pas

Mais j’étais de passage

Et elle f’sait les cent pas

Quand je l’ai menée en bateau

Dans son appareil virginal

Quand je l’ai menée en bateau

Cette nuit de Santiago

Et, oui, bien sûr elle me mentait

Sur ses enfants, son mari

Vous pensez pouvoir juger

Moi pas, désolé, tant pis



La nuit de Santiago

Et j’étais de passage

Je l’ai menée en bateau

Des hommes, c’est l’usage



(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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