"You are always on my mind!"

jeudi 13 mai 2010

Thirteen

Bad luck wind been blowing at my back
I was born to bring trouble to wherever I'm at
Got the number thirteen tattooed on my neck
When the ink starts to itch, then the black will turn to red

I was born in the soul of misery
Never had me a name
They just gave me the number when I was young
[...]




Chanson très noire, de Glenn Danzig, reprise par Johnny Cash.
Une atmosphère sombre et opaque, un mélange de désespoir et de résignation, toutes les raisons d'une révolte, et toutes les formes de l'auto-destruction...
Pas vraiment réjouissant, mais très efficace pour "plomber" l'ambiance !
Cette chanson illustre parfaitement la mélancolie - non pas le "spleen" des poètes, mais la mélancolie au sens nosologique de la psychopathologie, lorsque la noirceur envahit l'esprit et obscurcit le jugement. A divers degrés, nous avons tous ressenti, une fois ou l'autre, cette impression d'échec, de malheur inévitable, de destin funeste.
Dans ces sombres recoins de la pensée où nous pousse la douleur, nous ne voyons alors que nous-même, de si près que notre vue se brouille et que nous louchons sur nos tares et nos drames.
Notre vision dédoublée nous sépare de la réalité, nous éloigne de nos proches, et, de polyphrène (personnalité aux multiples facettes) nous devenons simplement schizophrène (autre psychopathologie, pas plus gaie), avec la conviction de n'être capable que de souffrir et faire souffrir : "The list of lives I've broken reach from here to hell" chante Glenn Danzig.
Faute d'avoir le regard des autres pour nous voir sous plusieurs angles, avec le recul nécessaire pour une vue d'ensemble, nous érigeons notre point de vue en description, et nous concluons, comme le dit la chanson, que nous ne sommes bon qu'à semer le trouble : "I was born to bring trouble to wherever I am".
Seul le sentiment de pouvoir aider, secourir, écouter, comprendre, aimer... les autres peut nous tirer de ce marasme. Pourrions-nous, voudrions-nous vivre si nous n'avions à nous soucier de personne ? Si nous avions le sentiment d'être inutile ? Si nul ne nous donnait jamais l'impression que nous lui apportons quelque chose ?

Une chanson en appelle une autre, et ce sont les mots de Francis Jammes, chantés par Georges Brassens, qui évoquent le sort du "malheureux dont les bras ne purent s'appuyer sur une amour humaine".

"Vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas..." chantait Bourvil. 
Pourtant, la tendresse, c'est si peu de choses, au fond !



Treize

Au gré d’un vent de mauvais présage,
Né pour semer le trouble partout sur mon passage
J’ai dans mon cou le chiffre treize en tatouage
Il devient cramoisi lorsque l’encre démange.

Je suis né dans l’esprit de la misère
N’ai jamais eu de nom
On n’ m’a donné qu’un numéro quand j’étais jeune.

J’enchaîne chagrin sur chagrin et je persévère
Ma liste de vies brisées va jusqu’en enfer
Au gré d’un vent de mauvais présage,
Si nos regards se croisent, attention au carnage !

Je suis né dans l'esprit de la misère
N’ai jamais eu de nom
On n’ m’a donné qu’un numéro quand j’étais jeune.

Soit avec un curé, confessant mes péchés
Soit avec le démon, jouant mon âme aux dés
Et poussé par un vent de mauvais présage
Né pour semer le trouble partout sur mon passage*

Je suis né dans l’esprit de la misère
N’ai jamais eu de nom
On n’ m’a donné qu’un numéro quand j’étais jeune.
On n’ m’a donné qu’un numéro quand j’étais jeune.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)


* Couplet généralement omis par Johnny Cash

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