"You are always on my mind!"

samedi 1 janvier 2011

The Night Comes On



Est-ce un hasard si la nouvelle année commence avec une chanson majeure de Léonard Cohen ?  Il la décrit lui-même comme une sorte de cheminement autobiographique, évoquant les personnes qui ont marqué sa vie, par leur absence autant que par leur présence :
-    Sa mère (décédée quand il avait 34 ans), représentant la protection toujours présente au-delà de la mort, et qui, par son insistance, le maintient en vie.
-    Son père (décédé alors qu’il n’avait que neuf ans), représentant le combat sans répit de la vie.
-    Le mariage et la responsabilité des enfants, y compris lorsqu’ils « volent de leurs propres ailes ».
-    La « muse » qui inspire le poète et le chanteur, et représente l’essence même de la féminité, sous ses différentes formes et avec ses différents visages.
-    L’entourage et les amis, qui forment notre « monde » et nous y retiennent, mais ne peuvent nous faire oublier que ce qui est passé et passé, ce qui est perdu est perdu.
-    Et le poète, le chanteur, à sa façon, tente de revenir en arrière ou de « passer de l’autre côté », mais l’image maternelle, patiemment, résolument, le renvoie vers « le monde » et, ainsi, continue de le protéger (y compris de lui-même).
Au premier jour d’une nouvelle année, il n’est pas inutile de repenser ainsi à ceux qui nous ont quittés (ou devancés), mais dont la pensée continue de nous protéger et nous guider.


La Nuit Survient
Je suis descendu où
Je savais que, sous la pierre
Et la neige, elle attendait
J’ai dit « Mère, j’ai peur de tout
Des éclairs et du tonnerre
Seul, je n’en sortirai jamais
Elle dit « Je serai là
Mon châle autour de toi
Ma main sur ta tête te suivra »
Et la nuit survint
Tout était très calme
J’aurais voulu que la nuit soit sans fin
Mais elle dit « Va, retourne au Monde »

En Egypte, nous combattions
Quand ils promirent par traité
Que nul ne serait plus tué
Puis ce fut cette explosion
Et mon père est tombé
Une terrible plaie à son côté
Il dit « Mon fils, vas y
Prends mes livres, mon fusil
Souvient toi comme ils ont menti »
Et la nuit survient
Tout est très calme
J’aurai bien voulu qu’il ait tort, néanmoins
On ne mentirait pas à un gamin

Dans cette cuisine, nous restions
J’entrais en religion
Ne sachant jusqu’à quand elle rest(e)rait
Tant il me fallait
N’avoir rien à toucher
C’est c’ que j’ai toujours désiré
Mais mon fils et puis ma fille
Sortant de l’eau s’égosillent
« Papa, tu as promis de jouer »
Et ils m’entraînent et disent
« C’est la grande surprise
Ne regarde pas, papa, les yeux fermés »
Et ils se cachent, se cachent dans le Monde

Et je la cherche sans cesse
Pris par cette attirance
Comme à un chapelet de prières
Disant « Quand m’appellera-t-elle ?
Quand me reviendra-t-elle ?
Pour être prêt, que dois-je faire
Quand sur mon vœu elle s’incline
Tout comme un saule, comme une fontaine ?
Elle se tient dans l’air de lumière
Et la nuit survient
Et tout est très calme
Je suis dans ses bras, elle dit « Quand je s(e)rai,
Partie, je s(e)rai à toi pour chanter »

Pour les vêpres, les grillons
Répondent au carillon
Le chat, sur sa chaise, assoupi
J’irai au bar du coin
Je n’ peux aller plus loin
Voir s’il y a toujours mes amis
C’est au peu de gens qui
Vous pardonnent ou pour qui
Ce que vous faites n’est pas un souci
Et la nuit survient
Tout est très calme
Je veux la rejoindre de l’autre côté
Mais elle dit « Allez, va, retourne au Monde »

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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