"You are always on my mind!"

dimanche 5 février 2012

A Bunch Of Lonesome Heroes






Au moment de la parution d’un nouvel album de Léonard Cohen, pourquoi ne pas se pencher sur les chansons qu’il a publiées il y a quatre décennies, et vérifier, avec intérêt et émotion, ce que chantait de façon si poignante Paul Simon :
La voix de Léonard Cohen n’a pas changé ; ce n’est que son registre qui est descendu jusqu’aux caves de la « tour de chanson » où elle résonne sous les voûtes quand il explore les abîmes de l’âme. Les accents sont les mêmes, et les mots gardent la même force et le même éclat, comme ces pierres noires dont chaque facette renvoie une couleur différente, une lumière étrange qui change les choses et nous les fait redécouvrir.
C’est en héros (en jouant sur la consonance héros / héroïne) qu’il décrit ici les victimes de l’addiction , et souffre pour eux de la solitude qui les a conduits, puis enfermés, dans la dépendance. Il veut entendre ce qu’ils ont à dire, et comprendre leur histoire, suggérant qu’elle ne peut se résumer à la notion de faute ou de destin. Dans la nuit qui les enveloppe, certains ne font heureusement que passer, mais d’autres sont enfouis à jamais, avec leur histoire, comme un précieux minéral que nul ne vient chercher.



Une bande de héros solitaires

Toute une bande de héros solitaires et hargneux
Le long de la grand-route, s’enfumaient
La nuit était très noire et dense autour d’eux
Chaque homme chargé comme à l’accoutumée
“Je voudrais dire mon histoire”
Dit l’un d’entre eux, jeune matamore
“Je voudrais dire mon histoire,
Avant d’ me changer en or”

Mais nul n’entendait bien sa voix
La nuit si noire, dense, et chargée
Je suppose que ces héros vivent toujours là-bas
Où vous et moi n’avons qu’été
Jette cette cigarette, amour
Tu es trop resté(e) seul(e)
Et certains d’entre nous se pressent pour
Entendre ce que tu as fait de si mal

Je chante ça pour les grillons,
Je chante cela pour l’armée
Je chante ça pour vos enfants
Et ceux qui de moi se pass(e)’raient
“Je voudrais dire mon histoire”
Dit l’un d’entre eux, jeune matamore
“Je voudrais dire mon histoire,
Car, vous savez, je me sens changer en or”.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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