"You are always on my mind!"

dimanche 30 juin 2013

The Three Ravens












Cette ballade médiévale fut recensée par Thomas Ravenscroft dans son ouvrage « Melismata, Musical Phansies Fitting the Court, Citie and Countrey Humours » publié en 1611. Elle est profondément enracinée dans la culture populaire, et Peter, Paul, and Mary (photo) l’ont magnifiquement interprétée.
Sa signification fait l’objet de longues dissertations et d’hypothèses très diverses, portant en particulier sur la nature et l’identité de la biche venant lécher les plaies du chevalier décédé, puis le transportant pour l’enterrer. Les invraisemblances sont en effet nombreuses, et peuvent être en partie dues au fait que cette chanson, bien que colligée au début du dix-septième siècle, est probablement plus ancienne et a pu être transmise – et peu à peu déformée – par la tradition orale. Certains voient là une allégorie, d’autres un personnage mi-femme,mi-biche (comme un centaure), peut-être tiré de la mythologie teutonne dont pourrait provenir cette chanson. Ce pourrait être l’incarnation de l’ange-gardien » du chevalier, défendant sa dépouille mortelle des démons incarnés par les trois corbeaux. Il est vrai que les nobles et les chevaliers, à cette époque, avaient seuls le droit de chasser. L’évocation, dans les derniers vers, des éperviers et des chiens du chevalier en question, confirme son statut de chasseur, et l’on comprend mal comment une biche, gibier potentiel, pourrait développer à l’égard d’un chevalier une telle affection. A moins qu’il ne l’eut épargnée ? Et pourquoi est-elle enceinte ? La dénomination de biche pourrait n’être qu’une expression du vocabulaire amoureux (bien avant la chanson de Mort Shuman chantée Frank Alamo), et il s’agirait dès lors de la « dame » de son cœur, mais la décrire alors, au même titre que les chiens et les éperviers, parmi les attributs du preux chevalier serait pour le moins désobligeant !
De nos jours, quelques esprits facétieux pourraient suggérer que la biche et le chevalier connurent quelque aventure…  De fait, une version très ancienne de cette même ballade, intitulée « The Twa Corbies » (Les Deux Corbeaux) en constitue un véritable pastiche, avec une fin bien différente, suggérant que la dame est l'auteur ou l'instigatrice de la mort du chevalier, et a pris un autre amant.


Les Trois Corbeaux

Trois corbeaux perchés en haut d’un hêtre
Doux, tout doux, Hé, doux, tout doux
Tous aussi noir que l’on peut l’être
Doux, tout doux, Hé, doux, tout doux
Doux, tout doux

L’un d’eux dit à ses compagnons
« Pour déjeuner, que prendra-t’on ? »
Doux, tout doux, derry, derry, derry doux
Doux

Voyez là-bas sur la prairie
Doux, tout doux, Hé, doux, tout doux
Dans son armure, un chevalier gît
Doux, tout doux

Lors une biche arriva
Paraissant prête à mettre bas
Doux, tout doux, derry, derry, derry doux
Doux

Elle souleva sa tête en sang
Doux, tout doux, Hé, doux, tout doux
Embrassa ses plaies en pleurant
Doux, tout doux

Puis elle le chargea sur son dos
Le transporta au bord d’un trou d’eau
Doux, tout doux, derry, derry, derry doux
Doux

L’y enterra avant son heure
Doux, tout doux, Hé, doux, tout doux
Mourut ce soir là dans les douleurs
Doux, tout doux

Que Dieu donne aux chevaliers
Meute, faucons, et d’être ainsi aimé
Doux, tout doux, derry, derry, derry doux
Hmmm

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

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