samedi 13 février 2010

Hallelujah

Now I've heard there was a secret chord
That David played, and it pleased the Lord
But you don't really care for music, do you?
It goes like this
The fourth, the fifth
The minor fall, the major lift
The baffled king composing Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

Your faith was strong but you needed proof
You saw her bathing on the roof
Her beauty and the moonlight overthrew you
She tied you
To a kitchen chair
She broke your throne, and she cut your hair
And from your lips she drew the Hallelujah

Baby I have been here before
I know this room, I've walked this floor
I used to live alone before I knew you.
I've seen your flag on the marble arch
Love is not a victory march
It's a cold and it's a broken Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

There was a time you let me know
What's really going on below
But now you never show it to me, do you?
And remember when I moved in you
The holy dove was moving too
And every breath we drew was Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

You say I took the name in vain
I don't even know the name
But if I did, well really, what's it to you?
There's a blaze of light in every word
It doesn't matter which you heard
The holy or the broken Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah

I did my best, it wasn't much
I couldn't feel, so I tried to touch
I've told the truth, I didn't come to fool you
And even though
It all went wrong
I'll stand before the Lord of Song
With nothing on my tongue but Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah
Hallelujah, Hallelujah


Voici l'une des plus célèbres chansons de Léonard Cohen, et, paraît-il, l'une des chansons les plus souvent reprises, la reprise la plus connue étant sans doute celle de Jeff Buckley. J'ai retardé longtemps sa traduction, conscient du caractère quasi-mythique de l'œuvre, dont la mélodie est l'une des plus belles qu'ait écrites Léonard Cohen. Je me doutais aussi que d'autres s'étaient essayés à sa traduction, et je me suis soigneusement gardé de les consulter, comme à mon habitude. Je n'en ai pris connaissance qu'au moment de poster ce billet. Celle de Graeme Allwright est remarquable (comme toujours), mais "expurgée" de certains couplets, à l'instar de la version que chantent de nombreux artistes (un peu comme un cantique, avec un air inspiré, les yeux clos, ce qui pourrait devenir presque comique s'ils intégraient certains couplets !).

Je crois comprendre pourquoi, car si Léonard Cohen est ici fidèle à son style poétique hermétique, mêlant élégamment mysticisme et érotisme et suggérant ou évoquant en des mots qui restent souvent ambivalents, "Hallelujah", dans sa version complète, est un peu plus explicite, voire crue. S'il reste possible de comprendre le texte à divers niveaux, il semble tout à fait imaginable d'en rester à l'interprétation la plus directe et simple : les mots de l'ancien amant à celle qu'il venait visiter dans un "lieu de rencontre" où les pratiques relèvent plus du secret que du sacré.

Je dois avouer que réaliser cette traduction a pour moi un peu démythifié cette chanson grandiose, qu'il faut absolument écouter chantée par Léonard Cohen (les reprises sont, pour certaines, magnifiques, mais dépouillent un peu la chanson de son mystère et de son ambiguïté...).


Alléluia

Il paraît qu’un accord mystérieux
Que jouait David plaisait à Dieu
Mais la musique ne t’intéresse pas, n’est-ce pas ?
Ça fait comme ça :
La quarte, la quinte,
Le mineur tombe, le majeur monte,
Le roi surpris composant Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Tu voulais des preuves malgré ta foi.
Quand elle se baigna sur le toit
Sa beauté au clair de lune te subjugua
A un tabouret elle te lia
Ton trône brisa, tes cheveux coupa,
Et de tes lèvres tira cet Alléluia


Je suis déjà venu m’étendre
Et j’ai marché dans cette chambre.
Car je vivais seul avant de te connaître.
Sur le porche j’ai vu ton fanal.
L’amour n’est pas marche triomphale.
C’est un froid et c’est un meurtri Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Jadis, tu ne me cachais pas
Ce qui se passe ici en bas,
Mais maintenant ce n’est plus le cas, n’est-ce pas ?
Souviens toi, lorsqu’en toi j’entrais
De même la colombe sacrée
Chacun de nos râles était Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Tu dis qu'en vain j’ai pris le nom
Mais je ne connais pas le nom
Et puis, qu’est-ce que ça peut te faire, au fond ?
Dans chaque mot brille une flamme
Et qu’importe que l’on proclame
Le sacré ou le meurtri Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

A faire de mon mieux j’ai cherché
Ne pouvant sentir, j’ai touché
Je t’ai dit vrai : je n’suis pas venu tricher.
Tout est allé mal et pourtant
Je viens devant le Dieu du Chant
Sans rien d’autre à mes lèvres que Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 6 février 2010

Where are all the flowers gone?

Where have all the flowers gone?
Long time passing
Where have all the flowers gone?
Long time ago
Where have all the flowers gone?
Girls have picked them every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Where have all the young girls gone?
Long time passing
Where have all the young girls gone?
Long time ago
Where have all the young girls gone?
Taken husbands every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Where have all the young men gone?
Long time passing
Where have all the young men gone?
Long time ago
Where have all the young men gone?
Gone for soldiers every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Where have all the soldiers gone?
Long time passing
Where have all the soldiers gone?
Long time ago
Where have all the soldiers gone?
Gone to graveyards every one
When will they ever learn?
When will they ever learn?

Where have all the graveyards gone?
Long time passing
Where have all the graveyards gone?
Long time ago
Where have all the graveyards gone?
Covered with flowers every one
When will we ever learn?
When will we ever learn?



Pete Seeger a écrit là, à partir d'une chanson populaire ukrainienne, un véritable "classique", aussi beau et simple qu'intemporel : une chanson qui s'insinue entre nos oreilles, et que nous retrouvons un jour, à partir d'un mot ou d'une note, comme si elle était là depuis toujours, et avec la conviction qu'elle sera toujours là. Les années, les siècles passeront, en effet, sans que nous comprenions que l'homme est le pire ennemi de l'humanité...
Cette merveille de chanson a été chantée par les plus grands artistes, parmi lesquels Joan Baez, Peter Paul & Mary, Harry Belafonte, mais aussi, en français, par Marlène Dietrich, Dalida, Francis Lemarque, et Guy Béart (dont l'adaptation est parfaite). 
Je présume que les adaptations françaises sont magnifiques, mais j'avoue ne pas les avoir consultées, pour éviter d'être influencé et pour rendre un hommage personnel à l'auteur, au risque de produire un piètre résultat. A vous de juger.



Toutes les fleurs, où sont-elles ?

Toutes les fleurs, où sont-elles ?
Du temps passé
Toutes les fleurs, où sont-elles ?
Du temps jadis
Toutes les fleurs, où sont-elles ?
Cueillies par les demoiselles !
Mais quand comprendront-elles ?
Mais quand comprendront-elles ?

Où sont les demoiselles parties ?
Du temps passé
Où sont les demoiselles parties ?
Du temps jadis
Où sont les demoiselles parties ?
Chacune a pris un mari !
Mais quand comprendront-elles ?
Mais quand comprendront-elles ?

Que sont les garçons allés faire ?
Du temps passé
Que sont les garçons allés faire ?
Du temps jadis
Que sont les garçons allés faire ?
Ils sont allés faire la guerre !
Mais quand comprendront-ils ?
Mais quand comprendront-ils ?

Où sont donc les militaires ?
Du temps passé
Où sont donc les militaires ?
Du temps jadis
Où sont donc les militaires ?
Tous ont rejoint les cimetières !
Mais quand comprendront-ils ?
Mais quand comprendront-ils ?

Où sont passés les cimetières
Du temps passé
Où sont passés les cimetières
Du temps jadis
Où sont passés les cimetières
De fleurs ils sont recouverts !
Mais quand comprendrons nous ?
Mais quand comprendrons nous ?

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 30 janvier 2010

Leaving on a Jet Plane

All my bags are packed I'm ready to go
I'm standin' here outside your door
I hate to wake you up to say goodbye
But the dawn is breakin' it's early morn
The taxi's waitin' he's blowin' his horn
Already I'm so lonesome I could die

So kiss me and smile for me
Tell me that you'll wait for me
Hold me like you'll never let me go
Cause I'm leavin' on a jet plane
Don't know when I'll be back again
Oh babe, I hate to go

There's so many times I've let you down
So many times I've played around
I tell you now, they don't mean a thing
Every place I go, I'll think of you
Every song I sing, I'll sing for you
When I come back, I'll bring your wedding ring

So kiss me and smile for me
Tell me that you'll wait for me
Hold me like you'll never let me go
Cause I'm leavin' on a jet plane
Don't know when I'll be back again
Oh babe, I hate to go

Now the time has come to leave you
One more time let me kiss you
Close your eyes I'll be on my way
Dream about the days to come
When I won't have to leave alone
About the times, I won't have to say

So kiss me and smile for me
Tell me that you'll wait for me
Hold me like you'll never let me go
Cause I'm leavin' on a jet plane
Don't know when I'll be back again
Oh baby, I hate to go

Cause I'm leavin' on a jet plane
Don't know when I'll be back again
Oh babe, I hate to go



Chanson écrite en 1966 par John Denver, et chantée par lui mais aussi par d'autres et non des moindres, comme Peter, Paul, and Mary. On retrouve le thème très classique du départ, sur le même registre que "Homeward Bound" et que "L'idole des jeunes". Le chanteur part en tournée, et la séparation de son foyer et/ou de celle qu'il aime lui est de plus en plus pénible.
Lorsque la vie nous a si souvent éloignés de ceux que l'on aime, "aux soirs de lassitude, tout en peuplant sa solitude des fantômes du souvenir", notre mémoire associe le déchirement de la séparation et le bonheur des retrouvailles en un mélange indissociable qui génère une profonde nostalgie.


Je m’en vais en avion

Mes bagages sont faits, je suis prêt à partir
A ta porte, je dois m’enhardir
Pour te réveiller, te dire au revoir
Mais le jour se lève, je suis en retard
Le taxi m’attend pour l’aérogare
Déjà je sens venir le désespoir

Embrasse-moi et souris-moi
Dis moi que tu m’attendras
Enlace-moi pour me retenir
Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

J’ai si souvent délaissé ton cœur
Et si souvent flirté ailleurs
Je te le dis : toi seule comptes pour moi
Partout mes pensées iront vers toi
Toutes mes chansons seront pour toi
Au retour j’ te passerai la bague au doigt

Embrasse-moi et souris-moi
Dis moi que tu m’attendras
Enlace-moi pour me retenir
Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

Je dois maintenant te laisser
Une dernière fois t’embrasser
Ferme les yeux : je disparais
Rêve que quand je reviendrai
Plus jamais je n’ t’abandonnerai
Et plus jamais je ne dirai

Embrasse-moi et souris-moi
Dis moi que tu m’attendras
Enlace-moi pour me retenir
Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

Car je m’en vais sur un avion
Je n’ sais quand nous nous reverrons
Comme j’ai horreur de partir.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

mercredi 27 janvier 2010

Everybody Knows

Everybody knows that the dice are loaded
Everybody rolls with their fingers crossed
Everybody knows that the war is over
Everybody knows the good guys lost
Everybody knows the fight was fixed
The poor stay poor, the rich get rich
That's how it goes
Everybody knows

Everybody knows that the boat is leaking
Everybody knows that the captain lied
Everybody got this broken feeling
Like their father or their dog just died
Everybody talking to their pockets
Everybody wants a box of chocolates
And a long stem rose
Everybody knows

Everybody knows that you love me baby
Everybody knows that you really do
Everybody knows that you've been faithful
Ah give or take a night or two
Everybody knows you've been discreet
But there were so many people you just had to meet
Without your clothes
And everybody knows

Everybody knows, everybody knows
That's how it goes
Everybody knows
Everybody knows, everybody knows
That's how it goes
Everybody knows

And everybody knows that it's now or never
Everybody knows that it's me or you
And everybody knows that you live forever
Ah when you've done a line or two
Everybody knows the deal is rotten
Old Black Joe's still pickin' cotton
For your ribbons and bows
And everybody knows

And everybody knows that the Plague is coming
Everybody knows that it's moving fast
Everybody knows that the naked man and woman
Are just a shining artifact of the past
Everybody knows the scene is dead
But there's gonna be a meter on your bed
That will disclose
What everybody knows

And everybody knows that you're in trouble
Everybody knows what you've been through
From the bloody cross on top of Calvary
To the beach of Malibu
Everybody knows it's coming apart
Take one last look at this Sacred Heart
Before it blows
And everybody knows
Everybody knows, everybody knows
That's how it goes
Everybody knows
Oh everybody knows, everybody knows
That's how it goes
Everybody knows
Everybody knows




Voici encore Léonard Cohen, qui énumère de sa voix grave et sur un ton presque monocorde ce que "tout le monde sait" et que personne ne croit.
Une fois n'est pas coutume (encore que...), le sens de ce texte est relativement limpide, tout au moins à un premier degré : l'amant trompé commence par des généralités sur les grands et petits mensonges ordinaires, puis en vient au fait, à savoir l'infidélité de sa compagne, avant de conclure à mots à peine couverts que sa patience a des limites et qu'elle verra ce qu'elle verra !

Un thème pas vraiment original, donc, et déjà traité, sur un ton plus amer encore, par Willie Nelson (Funny how time slips away).
Pourtant, la mélodie répétitive et la voix de Léonard Cohen donnent à cette chanson une dimension incantatoire et magique, de sorte que l'on pourrait aussi bien se passer des paroles, au fond !



Tout le monde le sait

Tout le monde le sait : les dés sont truqués
Tout le monde les lance les doigts croisés
Tout le monde le sait : la guerre est finie
Tout le monde le sait : les bons sont punis
Tout le monde le sait : les vainqueurs trichent
Le pauvre rest’ pauvre, le riche rest’ riche
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait

Tout le monde le sait : le bateau va sombrer
Tout le monde le sait : le pacha a tort
Tout le monde a cette envie de pleurer
Comme si son père ou son chien était mort
Tout le monde veut gagner au loto
Tout le monde veut sa part du gâteau
Et une rose avec ça
Tout le monde sait ça

Tout le monde le sait : tu m’aimes, ma belle
Tout le monde le sait : tu es un modèle
Tout le monde le sait : tu es si fidèle
Sauf quelques nuits occasionnelles
Tout le monde le sait : tu es discrète
Mais tu as tant de gens à voir en tête-à-tête
Nue, n’est-ce pas
Tout le monde sait ça

Tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait
Tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait

Et tout le monde le sait : c’est maint’nant ou jamais
Tout le monde le sait : c’est toi ou moi
Et tout le monde le sait : tu es éternelle mais
Seulement après deux lignes ou trois
Tout le monde le sait : quel marché de dupes
Qui cueille le coton pour tes jupes ?
Le nègre, voilà qui c’est !
Et tout le monde le sait

Et tout le monde le sait : la peste est revenue
Tout le monde le sait : vite, elle se propage
Tout le monde le sait : cette histoire d’homme et de femme nus
N’est que la brillante illusion d’un autre âge
Tout le monde le sait : la scène est morte
Mais un compteur sous ton lit et sur ta porte
Va dénoncer
Ce que tout le monde sait

Et tout le monde le sait : tu es dans la misère
Tout le monde le sait : tu es à bout
De la croix sanglante au sommet du Calvaire
Jusqu’aux plages de Malibu
Tout le monde sent venir le malheur
Vois une dernière fois ce Sacré Cœur
Qui va s’casser
Et tout le monde le sait
Tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait
Oh, tout le monde le sait, tout le monde le sait
Voilà comme c’est
Tout le monde le sait
Tout le monde le sait

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

dimanche 24 janvier 2010

Take This Waltz


Now in Vienna there's ten pretty women
There's a shoulder where Death comes to cry
There's a lobby with nine hundred windows
There's a tree where the doves go to die
There's a piece that was torn from the morning
And it hangs in the Gallery of Frost
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz with the clamp on its jaws

Oh I want you, I want you, I want you
On a chair with a dead magazine
In the cave at the tip of the lily
In some hallways where love's never been
On a bed where the moon has been sweating
In a cry filled with footsteps and sand
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take its broken waist in your hand

This waltz, this waltz, this waltz, this waltz
With its very own breath of brandy and Death
Dragging its tail in the sea

There's a concert hall in Vienna
Where your mouth had a thousand reviews
There's a bar where the boys have stopped talking
They've been sentenced to death by the blues
Ah, but who is it climbs to your picture
With a garland of freshly cut tears?
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
Take this waltz it's been dying for years

There's an attic where children are playing
Where I've got to lie down with you soon
In a dream of Hungarian lanterns
In the mist of some sweet afternoon
And I'll see what you've chained to your sorrow
All your sheep and your lilies of snow
Ay, Ay, Ay, Ay
Take this waltz, take this waltz
With its "I'll never forget you, you know!"

This waltz, this waltz, this waltz, this waltz ...
And I'll dance with you in Vienna
I'll be wearing a river's disguise
The hyacinth wild on my shoulder,
My mouth on the dew of your thighs
And I'll bury my soul in a scrapbook,
With the photographs there, and the moss
And I'll yield to the flood of your beauty
My cheap violin and my cross
And you'll carry me down on your dancing
To the pools that you lift on your wrist
Oh my love, Oh my love
Take this waltz, take this waltz
It's yours now. It's all that there is



Une grande surprise (pour moi tout au moins) :
Qu'est ce qui peut être plus Léonard Cohen que Léonard Cohen ?
Federico Garcia Lorca !

Le texte de cette chanson, formidablement chantée par Léonard Cohen, n'est autre que la traduction anglaise du poème de Federico Garcia Lorca : "Pequeño vals vienés".
Ma tentative de traduction à partir de l'anglais est donc un peu incongrue, mais la chanson elle-même, chantée avec la voix gutturale et sur un ton lancinant par Léonard Cohen, a un véritable effet hypnotique.



Prends cette valse

A Vienne, il y a dix belles femmes qui se montrent
Il y a une épaule où la mort pleure
Il y a un hall avec neuf cent fenêtres
Il y a l’arbre où les colombes meurent
Il y a un bout de matin déchiré
Et il flotte dans la galerie de glace
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Prends cette valse aux mâchoires serrées.

Oh, je te veux, je te veux, je te veux
Sur une chaise avec un journal mort
A l’extrémité d’un lys dans un creux
Dans un couloir que l’amour ignore
Dans un cri de pas et sable fin
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Prends sa taille brisée dans ta main.

Cette valse, cette valse, cette valse, cette valse
Et sa propre haleine de mort et d’eau-de-vie
En mer, par sa queue suivie.

A Vienne, il y a une salle de concert
Où ta bouche a eu mille critiques
Et un bar où les gars ont dû se taire
Punis de mort car mélancoliques
Ah, mais qui donc escalade ton portrait
Avec une guirlande de larmes fraîchement glanées ?
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Prends cette valse qui meurt depuis des années

Il y a des enfants qui jouent sous le toit
Où j’ai dû m’étendre avec toi tandis
Que, dans un rêve de lampions hongrois,
Tombait la brume de l’après-midi
Et je verrai de ton chagrin le cortège
Tous tes moutons et tes lys des neiges
Aïe, Aïe, Aïe, Aïe
Prends cette valse, prends cette valse
Et ses « Je n’ t’oublierai jamais, disais-je ».

A Vienne, avec toi, je danserai
En rivière, je me déguiserai
Une jacinthe à l’épaule porterai
Sur tes cuisses, la rosée boirai
Dans un album je m’ensevelirai
Sous les photos et la mousse séchée
Au flot de ta beauté, je cèderai
Ma croix, mon violon bon marché
Tu m’emmèneras sur la piste de danse
Aux fontaines qu’à ton poignet tu lances
Mon amour, mon amour
Prends cette valse, prends cette valse
Elle est tienne. Il n’y a rien autour.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

lundi 18 janvier 2010

The Long Black Veil

Ten years ago on a cold dark night,
there was someone killed beneath the town hall lights.
There were people at the scene and they all agreed,
that the slayer who ran looked a lot like me.

She walks these hills, in a long black veil.
When the cold winds blow, and the night winds wail.
Nobody knows, no body sees.
Nobody knows, but me.

The Judge said son, what is your aliby,
if you were somewhere else, then you won't have to die.
I spoke not a word, though it ment my life,
cause I was in the arms, of my best friends wife.

She walks these hills, in a long black veil.
When the cold winds blow, and the night winds wail.
No body knows, no body sees.
No body knows, but me.

The schaffold was high, and eternity near.
She stood in the crowd, and shed not a tear.
But some dark nights, when the cold winds wail.
She walks these hills, in a long black veil.

She walks these hills, in a long black veil.
When the cold winds blow, and the night winds wail.
No body knows, nobody sees.
Nobody knows, but me.
(Fades out with repetitive) Nobody knows, but me....




Véritable roman en raccourci, cette chanson écrite par Danny Dill et Marijohn Wilkin, fut d'abord enregistrée, en 1959, par Lefty Frizzell, puis reprise, quelques années plus tard, par de nombreux artistes dont Joan Baez et Johnny Cash. L'interprétation de ce dernier est absolument remarquable, avec sa voix gutturale dont la modulation (lorsqu'il chante "Nobody Knows") évoque un hululement et siérait tout à fait à un fantôme.
Dans cette forme de romantisme noir, l'amant se laisse condamner et pendre pour un meurtre qu'il n'a pas commis plutôt que de révéler qu'il était, le soir du crime, dans les bras de la femme de son meilleur ami... et sa maîtresse le laisse pendre sans verser une larme !
Elle lui rend ensuite, secrètement, visite sur la tombe, les soirs de nuit sans lune, lorsque souffle un vent glacial.
Le décor est dressé, et c'est le fantôme qui raconte (en voix "off", naturellement).


Voilée de Noir

Il y a dix ans, une nuit d’hiver
Quelqu’un fut tué à la lueur des réverbères
Les témoins de la scène derrière leurs fenêtres
Virent l’assassin s’enfuir et dirent me reconnaître.

Elle monte me voir, toute voilée de noir
Quand mugit le vent au plus froid du soir
Nul ne le sait, nul ne la voit
Nul ne le sait, sauf moi.

Le juge me dit : « Qu’as-tu pour te défendre ? »
« Si tu étais ailleurs, je n’ te ferais pas pendre »
Au prix de ma vie, je ne répondis rien,
Car j’étreignais la femme de mon meilleur copain.

Elle monte me voir, toute voilée de noir
Quand mugit le vent au plus froid du soir
Nul ne le sait, nul ne la voit
Nul ne le sait, sauf moi.

Au pied du gibet, durant ma dernière heure,
Dans la foule, elle ne versa aucun pleur
Mais quand le vent mugit par nuit noire,
Elle monte me voir, toute voilée de noir.

Elle monte me voir, toute voilée de noir
Quand mugit le vent au plus froid du soir
Nul ne le sait, nul ne la voit
Nul ne le sait, sauf moi.
Nul ne le sait, sauf moi.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 16 janvier 2010

Sealed with a Kiss

Une de ces chansons simples et belles, dont la mélodie ne s'oublie pas, "Sealed with a kiss" a été écrite par Peter Udell and Gary Geld, en 1960, mais ne connut le succès qu'en 1962, grâce à l'interprétation de Brian Hyland. De nombreux interprètes s'en emparèrent ensuite, et "Les Chats Sauvages" furent les premiers, semble-t-il, à présenter une version française sous le titre "Derniers Baisers", dont Laurent Voulzy "refit" un succès estival très récemment.
Il est, à ce propos, amusant de constater que le sens de la version française est "inversé" par rapport à l'original. Celui-ci évoque en effet la séparation qui vient clore un amour d'été (un peu comme le "Salut les Amoureux" que chante Joe Dassin, ou "Une Belle Histoire" de Pierre Delanoe que chante Michel Fugain). Dans la chanson originale, tout au contraire, les deux amants vont être séparés par la durée d'un été, comme peuvent l'être deux jeunes étudiants qui, la fin de l'année universitaire venue, rejoignent chacun leur lointaine contrée...
Une telle inversion n'est pas rare, quand on passe de l'anglais au français (en matière de chanson, tout au moins) : souvenez-vous de "Five Hundred Miles Away From Home" avec Bobby Bare, devenant "J'entends siffler le train" avec Richard Anthony : d'un côté le routard qui tente de rentrer chez lui, de l'autre le déchirement d'une séparation sans adieu.
Il est très courant d'observer de telles différences entre version originale et version française, au point que l'on peut se demander si la principale raison n'en est pas d'éviter d'avoir à s'acquitter des droits d'auteurs sur le texte. Ce ne sont pas, en effet, les problèmes de rime et de versification qui peuvent justifier de tels écarts, si l'on en juge par la qualité littéraire de certaines adaptations... mais je m'égare !

Nous avons tous connu, un jour ou l'autre, le départ de l'être aimé, que ce soit pour des vacances, un retour en famille, ou des obligations professionnelles...
Les adieux sont alors déchirants, mais l'espoir du retour anime chacune de nos pensées.


Scellée d’un Baiser


Puisqu’il faut nous séparer
Durant l’été
Je promets de déposer
Chaque jour mon amour
Dans un’ lettre que je scell’rai
Par un baiser.

Seul tout au long de l’été, je souffrirai
Alors je m’occuperai
Mes rêves t’enverrai
Dans un’ lettr’ que je scell’rai
Par un baiser.

Au soleil, je te verrai,
Partout ta voix j’entendrai,
Pour t’embrasser je courrai
Mais jamais ne te tiendrai.

Je n’veux pas dire au revoir
Pour cet été
Car mon cœur est brisé
Mais garde l’espoir
Qu’ la rentrée soit fêtée
Et scellée d’un baiser.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

 

Son premier départ... fut un faux départ. Notre amour avait à peine éclos qu'elle partait au bout du monde, pour un mois, peut-être plus ! Deux jours après son "départ", téléphonant dans sa famille, que je ne connais pas encore, pour prendre de ses nouvelles, c'est sa voix qui me parvient : au dernier moment, elle a changé d'avis, et, quelques jours après, elle est auprès de moi.
L'été venu, elle part vraiment, cette fois, "pouponner" son neveu, âgé de quelques mois seulement. La mer nous sépare, et pas de téléphone. Nous échangeons alors quelques lettres, toutes scellées d'un baiser. Ce sont là mes premières vraies lettres d'amour, et, trente ans plus tard, je les retrouve avec une douloureuse nostalgie.
Des années plus tard, nous sommes, elle et nos trois enfants, de l'autre côté de l'atlantique depuis presque un an, et elle doit rentrer en France avec les enfants avant la rentrée scolaire, me laissant seul pour un mois et demi. Comme jamais auparavant, mon cœur se serre et je dois me détourner lorsque l'on me parle d'elle, pour cacher mes pleurs. Nos communications téléphoniques sont rares et difficiles, compliquées par le décalage horaire, et laissent une épaisse brume dans mon âme.
Par la suite, nos séparations sont toujours brèves, ne dépassant pas deux semaines (en général pour des vacances), et le téléphone nous permet des appels quotidiens, rendant la distance virtuelle.
Et puis nous ne nous quittons pratiquement plus. Lorsque le travail m'éloigne d'elle une journée entière, le téléphone nous rapproche, rituellement, à l'heure du repas.

Jusqu'au jour où la maladie l'emporte loin,
si loin que me lettres scellées d'un baiser ne peuvent plus l'atteindre,
si loin que mes appels téléphoniques restent sans réponse,
si loin qu'aucun écho ne renvoie les hurlements de mon cœur,
si loin que je ne la retrouve qu'en moi même.

vendredi 8 janvier 2010

The Silver Tongued Devil and I

I took myself down to the Tally Ho Tavern,
To buy me a bottle of beer.
And I sat me down by a tender young maiden,
Who's eyes were as dark as her hair.
And as I was searching from bottle to bottle,
For something un-foolish to say.
That silver tongued devil just slipped from the shadows,
And smilingly stole her away.

I said: "Hey, little girl, don't you know he's the devil.
"He's everything that I ain't.
"Hiding intentions of evil,
"Under the smile of a saint.
"All he's good for is getting in trouble,
"And shiftin' his share of the blame.
"And some people swear he's my double:
"And some even say we're the same.
"But the silver-tongued devil's got nothing to lose,
"I'll only live 'til I die.
"We take our own chances and pay our own dues,
"The silver tongued devil and I."

Like all the fair maidens who've laid down beside him,
She knew in her heart that he'd lied.
Nothin' that I could have said could have saved her,
No matter how hard that she tried.
'Cos she'll offer her charms to the darkness and danger,
Of somethin' that she's never known.
And open her arms at the smile of a stranger,
Who'll love her and leave her alone.

And you know, he's the devil.
He's everything that I ain't.
Hiding intentions of evil,
Under the smile of a saint.
All he's good for is getting in trouble,
And shiftin' his share of the blame.
And some people swear he's my double:
And some even say we're the same.
But the silver-tongued devil's got nothing to lose,
I'll only live 'til I die.
We take our own chances and pay our own dues,
Ah ha ha ha.

 

Cette chanson de Kris Kristofferson, sur le thème de "C'est pas moi ; c'est l'autre !", évoque le (ou les) démon(s) qui sommeille(nt) en chacun de nous, et que les psychologues appellent prosaïquement les "pulsions". Le narrateur se place ici dans une position d'observateur, et décrit comment se déroule, sous ses yeux, la scène prévisible de la séduction hypocrite, qui se terminera inexorablement par l'abandon, dès lors que le démon séducteur sera parvenu à ses fins. Il peut paraître un peu "facile" de prendre ainsi de la distance par rapport à soi-même et accuser ce double sournois, cet alter ego égoïste, ce traître intime, des pires vicissitudes. C'est néanmoins un certain progrès en comparaison de l'attitude plus classique (et très largement chantée : Don't think twice etc.) du mâle épris de liberté qui abandonne son amour d'un temps pour reprendre la route, en grand incompris et insatisfait (You just kind'a wasted my precious time...). A ce sujet, connaissez-vous la très belle chanson "Je ne crois pas" que chante formidablement Aznavour ? Beaucoup moins connue que le "Don't think twice" de Bob Dylan, elle n'a rien à lui envier sur le plan musical ou de l'interprétation. Pour en revenir à la souffrance que peut engendrer l'asymétrie des relations amoureuses, le fait est qu'il est possible d'être sincère, mais beaucoup plus difficile d'être lucide, et l'on peut faire souffrir en s'engageant dans une relation alors que l'on n'est pas à même de voir clair dans la complexité des sentiments qui nous animent, obscurcie par le fardeau de notre passé. 

 

Le Démon à Bouche d’Or et Moi

Je suis descendu à l’auberge des chasseurs
Pour y boire une bière ou deux,
Me suis assis auprès d’une jeune fille en fleurs
Aux yeux aussi noirs que les ch’veux.
Tandis que, verre après verre, je cherchais encore
Comment briser la glace, voilà
Que, sortant de l’ombre, le démon à bouche d’or
Dans un sourire me la vola.


Je dis "Hé, petite, c’est le démon ; je vois-tu pas
Qu’il dissimule ses noirs desseins,
Tout au contraire de moi,
Derrière le sourire d’un saint ?
Il n’est bon qu’à provoquer des problèmes
Et faire accuser son prochain,
Et certains jurent qu’il est en moi-même
Ou pensent que nous ne faisons qu’un,
Mais le démon à bouche d’or n’a plus rien à perdre ;
On ne vit qu’une fois ;
Nous tentons note chance, et tout est bon à prendre,
Le démon à bouche d’or et moi.

Comme toutes celles qui se sont couchées à ses côtés,
Elle savait très bien qu’il mentait ;
Quoi que je dise, elle ne m’aurait pas écouté,
Car, quelle que soit sa volonté,
Elle offrirait ses charmes à la noirceur du danger
Pour quelque chose qu’elle ignorait
En ouvrant ses bras au sourire d’un étranger
Qui l’aimerait puis l’abandonnerait.


C’est le démon ; comme tu vois,
Il dissimule ses noirs desseins,
Tout au contraire de moi,
Derrière le sourire d’un saint ?
Il n’est bon qu’à provoquer des problèmes
Et faire accuser son prochain,
Et certains jurent qu’il est en moi-même
Ou pensent que nous ne faisons qu’un,
Mais le démon à bouche d’or n’a plus rien à perdre ;
On ne vit qu’une fois ;
Nous tentons note chance, et tout est bon à prendre,
Ah ha ha ha.


(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 19 décembre 2009

Weave me the sunshine

chorus:
Weave, weave, weave me the sunshine out of the falling rain,
Weave me the hope of a new tomorrow and fill my cup again (sing it again)
Weave, weave, weave me the sunshine out of the falling, out of the falling
Weave me the hope of a new tomorrow and fill my cup again
(Weave, weave, weave me the sunshine out of the falling, out of the falling
Weave me the hope of a new tomorrow and fill my cup again)

Well I've seen the steel and the concrete crumble
Shine on me again
The proud and the mighty all have stumbled
Shine on me again

(chorus)

They say that the tree of loving
Shine on me again
Grows on the bank of the river of suffering
Shine on me again,

(chorus)

If only I could heal your sorrow
Shine on me again
I'd help you to find your new tomorrow
Shine on me again

(chorus)

I've seen the steel and the concrete crumble
Shine on me again
The proud and the mighty all have stumbled
Shine on me again

(chorus)

Only you can climb that mountain
Shine on me again
If you want a drink from the golden fountain
Shine on me again

(chorus repeats fading)

 

Cette chanson de Peter, Paul, and Mary, écrite par Peter Yarrow, est une véritable exultation de joie et d'espoir, proposant de construire le bonheur à partir des pleurs, des malheurs, et des échecs. Il est impossible de ne pas se laisser entraîner par le rythme et chanter ensemble. Nous avons tous notre lot de peines, de douleurs, et de tristesse pour ne jamais manquer de matière première dans cette construction volontariste d'un nouveau lendemain. Il faut "positiver", nous dit-on ! Chaque épreuve, chaque revers, chaque drame de notre vie peut - doit - nous aider à progresser. Voir le bon côté des choses, tirer de nos expériences des conclusions constructives, accepter nos souffrances pour mieux nous ouvrir aux autres... 

 Je veux bien comprendre tout cela. 

Je sais que l'Amour grandit lorsque deux être traversent ensemble, main dans la main, épreuves et tourments. 

Je sais très bien ce que cela veut dire lorsque la maladie déforme le corps, distord l'esprit, torture l'âme. 

Je sais que l'espoir et la vie sont indissociables. 

Je sais que l'Amour peut tout endurer, et peut porter l'espoir jusqu'à la dernière seconde. 

Mais comment accepter l'inacceptable, l'inconcevable, l'intolérable ?

Comment admettre l'injustice de la mort ? 

Comment vivre après la mort de l'autre ? 

Quel espoir nourrir ? 

Quel lendemain attendre ? 

Que construire avec les pleurs que l'on verse ? 

Ne pas s'apitoyer sur soi-même. 

Attendre de son entourage autre chose que de la compassion ? 

Ne pas croire que l'on peut simplement oublier... 

Ne pas attendre que le temps fasse son effet supposé. Avec le temps, va, tout s'en va... 

Qu'est-il de plus désespérant que la mort de l'amour ? Doit-on, pour préserver son amour, laisser son cœur sécher comme ces fleurs coupées qu'on appelle "éternelles" ? 

Ou garder les yeux grands ouverts... 

Et rêver !

 

Tisse-moi le soleil

Refrain :
Tisse, tisse, tisse-moi le soleil avec les pleurs de pluie
Tisse-moi l’espoir de nouveaux lendemains
Et garde mon verre rempli.
Tisse, tisse, tisse-moi le soleil avec les pleurs, avec les pleurs
Tisse-moi l’espoir de nouveaux lendemains
Et garde mon verre rempli.
Tisse, tisse, tisse-moi le soleil avec les pleurs, avec les pleurs
Tisse-moi l’espoir de nouveaux lendemains
Et garde mon verre rempli.


J’ai vu le béton et l’acier s’écrouler
Illumine-moi
Et les fiers et les puissants chanceler
Illumine-moi

(refrain)

L’arbre de l’amour est immense
Illumine-moi
Qui pousse au bord de la rivière de la souffrance
Illumine-moi

(refrain)

Si je pouvais guérir ton chagrin
Illumine-moi
Je t’offrirais un nouveau lendemain
Illumine-moi

(refrain)

J’ai vu le béton et l’acier s’écrouler
Illumine-moi
Et les fiers et les puissants chanceler
Illumine-moi

(refrain)

Toi seul peux gravir la montagne
Illumine-moi
Si tu veux boire l’eau de la source qui soigne
Illumine-moi

(refrain répété)

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

lundi 14 décembre 2009

Buttons and Bows

East is east and west is west
And the wrong one I have chose
Let's go where they keep on wearin'
Those frills and flowers and buttons and bows
Rings and things and buttons and bows.

Don't bury me
In this prairie
Take me where the cement grows
Let's move down to some big town
Where they love a gal by the cut o' her clothes
And you'll stand out, in buttons and bows.

I'll love you in buckskin
Or skirts that you've homespun
But I'll love ya' longer, stronger
Where yer friends don't tote a gun

My bones denounce
The buckboard bounce
And the cactus hurts my toes
Let's vamoose where gals keep a-usin'
Those silks and satins and linen that shows
And I'm all yours in buttons and bows.

Gimme eastern trimmin'
Where women are women
In high silk hose and peek-a-boo clothes
And French perfume that rocks the room
And I'm all yours in buttons and bows.

Buttons and bows, buttons and bows....

 

Cette chanson (texte de Ray Evans, musique de Jay Livingston) figurait sur la bande sonore du film "The Paleface" (1948). Elle a connu son premier grand succès grâce à Dinah Shore en 1948. Elle souligne le contraste entre la vie rude de l'Ouest américain à l'époque des cow-boys et le confort des villes où la vie était sans doute plus frivole et moins méritante, mais tellement plus confortable.  

(A Anne-Marie)  


Nœuds et Rubans

L’Est est l’Est
Et l’Ouest est l’Ouest
Retournons où l’on voit les gens
En chapeaux à fleurs, et nœuds, et rubans,
Et bijoux, et nœuds, et rubans.

Je dépéris
Sur cette prairie.
Emmène-moi sur le ciment
De ces villes où tout est grand,
Où l’on apprécie un costume élégant,
Et l’on t’admire en nœuds et rubans.

Je t’aime en peau d’ mouton,
Pantalons faits maison,
Mais mon amour est trop précaire
Avec tous ces revolvers.

Mes os se démettent
Dans cette charrette ;
Les cactus piquent mes pieds.
Partons où l’on s’habille comme il sied
En soie, et lin, et satin froufroutant,
Je suis à toi en nœuds et rubans.

A l’est, je s’rai une dame
Où les femmes sont des femmes
En bas de soie et bijoux clinquants,
Et parfum de France envoûtant,
Je suis à toi en nœuds et rubans.

Nœuds et rubans, nœuds et rubans…

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 5 décembre 2009

Swing low, sweet chariot

Swing low, sweet chariot
Coming for to carry me home
Swing low, sweet chariot
Coming for to carry me home

I looked over Jordan and what did I see
Coming for to carry me home
A band of angels coming after me
Coming for to carry me home
(chorus)

Sometimes I'm up and sometimes I'm down
Coming for to carry me home
But still my soul feels heavenly bound
Coming for to carry me home
(chorus)

The brightest day that I can say
Coming for to carry me home
When Jesus washed my sins away,
Coming for to carry me home.
(chorus)

If I get there before you do
Coming for to carry me home
I'll cut a hole and pull you through
Coming for to carry me home
(chorus)

If you get there before I do
Coming for to carry me home
Tell all my friends I'm coming too
Coming for to carry me home
(chorus)

 

Cette chanson très représentative du "Negro Spiritual", a été écrite par un esclave noir américain, Wallace (Wallis) Willis, probablement au milieu du 19ème siècle, et a été chantée par les plus grands artistes (dont Louis Armstrong, Joan Baez, The Golden Gate Quartet...). Elle est devenue aussi l'emblème de l'équipe de rugby britannique, à la suite d'une victoire inespérée contre l'Irlande, en grande partie due à un joueur noir, Chris Oti. Le thème est celui du paradis, considéré comme la "maison", le véritable "foyer" vers lequel les anges devraient nous ramener après la mort, si nous l'avons mérité. La mélodie lente et répétitive évoque le balancement du chariot. Le ton est celui de l'espoir d'une liberté et d'un bonheur inaccessibles sur cette terre, mais promis dans l'autre monde. La croyance religieuse incitait-elle les esclaves à se résigner et accepter leur sort, ou à mieux le supporter ? N'est-ce pas étrange que ceux-là mêmes qui exploitaient ces esclaves s'accommodaient fort bien des mêmes croyances religieuses ?

 

Berce-moi, gentil chariot

Berce-moi, gentil chariot
Venant me ramener au ciel,
Berce-moi, gentil chariot
Venant me ramener au ciel,

Par-dessus le Jourdain, qu’ai-je vu approcher ?
Venant me ramener au ciel,
Une compagnie d’anges venant me chercher
Venant me ramener au ciel.

Malgré les hauts et les bas cruels,
Venant me ramener au ciel,
Mon âme reste tournée vers le ciel,
Venant me ramener au ciel,

La clarté du jour m’a touché,
Venant me ramener au ciel,
Quand Jésus lava mes péchés,
Venant me ramener au ciel,

Si j’arrive là-haut avant vous,
Venant me ramener au ciel,
Je vous hisserai par un trou,
Venant me ramener au ciel,

Mais s’il fallait que je vous suive,
Venant me ramener au ciel,
Dites à mes amis que j’arrive,
Venant me ramener au ciel,



(Traduction – Adaptation : Polyphrène)