Well, when I was a young man never been kissed
I got to thinkin' it over how much I had missed
So I got me a girl and I kissed her and then, and then
Oh, lordy, well I kissed 'er again
Because she had kisses sweeter than wine
She had, mmm, mmm, kisses sweeter than wine
(Sweeter than wine)
Well I asked her to marry and to be my sweet wife
I told her we'd be so happy for the rest of our life
I begged and I pleaded like a natural man
And then, whoops oh lordy, well she gave me her hand
Because she had kisses sweeter than wine
She had, mmm, mmm, kisses sweeter than wine
(Sweeter than wine)
Well we worked very hard both me and my wife
Workin' hand-in-hand to have a good life
We had corn in the field and wheat in the bin
And then, whoops oh lord, I was the father of twins
Because she had kisses sweeter than wine
She had, mmm, mmm, kisses sweeter than wine
(Sweeter than wine)
Well our children they numbered just about four
And they all had a sweetheart a'knockin' on the door
They all got married and they wouldn't hesitate
I was, whoops oh lord, the grandfather of eight
Because she had kisses sweeter than wine
She had, mmm, mmm, kisses sweeter than wine
(Sweeter than wine)
Well now that I'm old and I'm a'ready to go
I get to thinkin' what happened a long time ago
Had a lot of kids, a lot of trouble and pain
But then, whoops oh lordy, well I'd do it all again
Because she had kisses sweeter than wine
She had, mmm…kisses…sweeter…than…wine
A partir d’une chanson traditionnelle irlandaise (« Drimmin’ Down ») Pete Seeger (pour les paroles) et Lead Belly (pour la musique), alors qu’ils appartenaient au groupe « The Weavers », ont fait cette chanson au rythme vif et enjoué (créditée officiellement aux pseudonymes « Joel Newman » pour les paroles et « Paul Campbell » pour la musique) qui fut un des grand succès de Jimmie Rodgers. Cette chanson fut reprise par plusieurs artistes, dont « Peter, Paul, and Mary » avec de superbes arrangements mais un ton plus sage que la version de Jimmie Rodgers, plus malicieuse.
Ce récit d’une vie rude et heureuse n’est pas dénué d’une certaine nostalgie qu’efface vite la vigueur réjuvénante des souvenirs heureux.
Je vis cette expérience quotidiennement, lorsque, passant devant le cadre qui affiche les photos de mes enfants, je ne peux m’empêcher de sourire malgré ma souffrance, revivant intensément les instants de bonheur familial, et remontant le temps… avant le décès de leur mère.
Baisers plus Doux que le Vin
En devenant jeune homme, j’ai réalisé
Que je n’avais encore jamais reçu de baiser
J’ai trouvé une fille et je l’ai embrassée, alors, alors
Mon Dieu, l’ai embrassée encore
Car ses baisers étaient plus doux que le vin
Baisers, mmm, mmm, plus doux que le vin
Plus doux que le vin
Voulant l’épouser, je lui déclarais mon amour
Je lui ai promis le bonheur jusqu’au bout de nos jours
J’ai plaidé, j’ai supplié, naturellement, et bien
Et bien, hop, mon Dieu, elle m’a donné sa main
Car ses baisers étaient plus doux que le vin
Baisers, mmm, mmm, plus doux que le vin
Plus doux que le vin
Ma femme autant que moi, nous travaillions fort
La main dans la main, pour un meilleur sort
Le blé vint dans les champs, le pain au fourneau
Et puis, hop, mon Dieu, je fus père de jumeaux
Car ses baisers étaient plus doux que le vin
Baisers, mmm, mmm, plus doux que le vin
Plus doux que le vin
Ainsi, des enfants, nous en avons eu quatre
Avec un grand cœur qui ne demandait qu’à battre
Tous, ils se marièrent, et jamais n’hésitèrent
Alors, hop, mon Dieu, je fus huit fois grand-père
Car ses baisers étaient plus doux que le vin
Baisers, mmm, mmm, plus doux que le vin
Plus doux que le vin
Maintenant que je suis vieux, que la fin m’attend
Je pense à ce qui s’est passé il y a si longtemps
Avec tant d’enfants, tant de soucis et misères
Oui mais, hop, mon Dieu, je suis prêt à le refaire
Car ses baisers étaient plus doux que le vin
Baisers, mmm, mmm, plus doux que le vin
Plus doux que le vin
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
Versions françaises inédites : déjà plus de 510 traductions - adaptations "chantables" des paroles de chansons de langue anglaise. L'adaptation en français impose parfois, pour respecter la rime et la métrique, de s'éloigner du texte original anglais. Mes commentaires tentent alors de fournir un éclairage plus fidèle à la pensée de l'auteur, mais vont parfois au-delà et ne reflètent alors que mes opinions et réflexions personnelles.
samedi 22 janvier 2011
dimanche 16 janvier 2011
Penny Lane
Penny Lane there is a barber showing photographs
Of every head he's had the pleasure to have known
And all the people that come and go
Stop and say hello
On the corner is a banker with a motorcar
The little children laugh at him behind his back
And the banker never wears a mac
In the pouring rain...
Very strange
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies
I sit, and meanwhile back
In Penny Lane there is a fireman with an hourglass
And in his pocket is a portrait of the Queen.
He likes to keep his fire engine clean
It's a clean machine
(Trumpet Solo)
Penny Lane is in my ears and in my eyes
Four of fish and finger pies
In summer, meanwhile back
Behind the shelter in the middle of a roundabout
A pretty nurse is selling poppies from a tray
And though she feels as if she's in a play
She is anyway
Penny Lane the barber shaves another customer
We see the banker sitting waiting for a trim
Then the fireman rushes in
From the pouring rain...
Very strange
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies
I sit, and meanwhile back
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies...
Penny Lane.
Avec « Penny Lane » (John Lennon, Paul McCartney), les Beatles chantent la nostalgie, décrivant, avec la tonalité surréaliste qu’imprime le filtre du souvenir, les scènes de la vie quotidienne dans ce quartier de Liverpool. Wikipedia nous apprend qu’il a été baptisé ainsi en référence à James Penny, trafiquant d’esclaves au 18ème siècle. Fort heureusement, c’est le souvenir des Beatles, et non de cet ignoble personnage, que viennent honorer les nombreux touristes qui déambulent aujourd’hui dans ces rues de Liverpool.
La mélodie est magnifique, ornée d’un célèbre solo de trompette, et dresse parfaitement le décor de ce retour en arrière un peu mélancolique. Cela n’empêche pas Paul McCartney de glisser dans le texte une allusion à l’argot local (Four of fish and finger pies) évoquant une spécialité « gastronomique » régionale à quatre sous (qui est un peu à Liverpool ce que les moules - frites sont à la Belgique) et une pratique tâtonnante par laquelle les « ados » s’initiaient, du bout des doigts, à la sexualité (littéralement la « tarte aux doigts »).
Il est étrange et amusant de constater comment cette chanson suscite chez ses auditeurs la nostalgie du temps où elle était quotidiennement diffusée sur les ondes, alors qu’elle-même décrit la nostalgie de ses auteurs repensant à leur ville natale. Elle se termine, du reste, sur un dernier « Penny Lane » suivi de points de suspension, comme un écho qui s’atténue mais ne s’éteint jamais.
Penny Lane
(Sur) Penny Lane, le coiffeur a toujours photographié
Toutes les têtes qu’il a eu plaisir à peigner
Et les passants s’arrêtent pour
Un petit bonjour
Le banquier du coin roule en voiture décapotable
Les enfants dans la rue trouvent inénarrable
Qu’il ne porte pas d’imperméable
Sous la pluie d’orage
Très étrange
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Là, tandis qu’assis sous le soleil
Je repense à jadis
Sur Penny Lane, il y a un pompier avec un sablier
Dans sa poche, un portrait de la reine, bien plié
Lavant son camion pour le nettoyer
C’est un laveur pompier
(Solo de trompette)
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Poissons – frites, mains qui s’essayent
En été, et jadis
Près du carrefour derrière l’abribus une jolie
Infirmière vend des pavots sur un caddie
Bien qu’elle pense jouer la comédie
Elle y réussit
(Sur) Penny Lane, le coiffeur s’occupe d’une autre cliente
Pour une coupe le banquier sagement patiente
Puis le pompier se présente
Sous la pluie battante
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Là, tandis qu’assis sous le soleil
Je repense à jadis
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Là, tandis qu’assis sous le soleil
Je repense à jadis
Penny Lane
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
Of every head he's had the pleasure to have known
And all the people that come and go
Stop and say hello
On the corner is a banker with a motorcar
The little children laugh at him behind his back
And the banker never wears a mac
In the pouring rain...
Very strange
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies
I sit, and meanwhile back
In Penny Lane there is a fireman with an hourglass
And in his pocket is a portrait of the Queen.
He likes to keep his fire engine clean
It's a clean machine
(Trumpet Solo)
Penny Lane is in my ears and in my eyes
Four of fish and finger pies
In summer, meanwhile back
Behind the shelter in the middle of a roundabout
A pretty nurse is selling poppies from a tray
And though she feels as if she's in a play
She is anyway
Penny Lane the barber shaves another customer
We see the banker sitting waiting for a trim
Then the fireman rushes in
From the pouring rain...
Very strange
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies
I sit, and meanwhile back
Penny Lane is in my ears and in my eyes
There beneath the blue suburban skies...
Penny Lane.
Avec « Penny Lane » (John Lennon, Paul McCartney), les Beatles chantent la nostalgie, décrivant, avec la tonalité surréaliste qu’imprime le filtre du souvenir, les scènes de la vie quotidienne dans ce quartier de Liverpool. Wikipedia nous apprend qu’il a été baptisé ainsi en référence à James Penny, trafiquant d’esclaves au 18ème siècle. Fort heureusement, c’est le souvenir des Beatles, et non de cet ignoble personnage, que viennent honorer les nombreux touristes qui déambulent aujourd’hui dans ces rues de Liverpool.
La mélodie est magnifique, ornée d’un célèbre solo de trompette, et dresse parfaitement le décor de ce retour en arrière un peu mélancolique. Cela n’empêche pas Paul McCartney de glisser dans le texte une allusion à l’argot local (Four of fish and finger pies) évoquant une spécialité « gastronomique » régionale à quatre sous (qui est un peu à Liverpool ce que les moules - frites sont à la Belgique) et une pratique tâtonnante par laquelle les « ados » s’initiaient, du bout des doigts, à la sexualité (littéralement la « tarte aux doigts »).
Il est étrange et amusant de constater comment cette chanson suscite chez ses auditeurs la nostalgie du temps où elle était quotidiennement diffusée sur les ondes, alors qu’elle-même décrit la nostalgie de ses auteurs repensant à leur ville natale. Elle se termine, du reste, sur un dernier « Penny Lane » suivi de points de suspension, comme un écho qui s’atténue mais ne s’éteint jamais.
Penny Lane
(Sur) Penny Lane, le coiffeur a toujours photographié
Toutes les têtes qu’il a eu plaisir à peigner
Et les passants s’arrêtent pour
Un petit bonjour
Le banquier du coin roule en voiture décapotable
Les enfants dans la rue trouvent inénarrable
Qu’il ne porte pas d’imperméable
Sous la pluie d’orage
Très étrange
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Là, tandis qu’assis sous le soleil
Je repense à jadis
Sur Penny Lane, il y a un pompier avec un sablier
Dans sa poche, un portrait de la reine, bien plié
Lavant son camion pour le nettoyer
C’est un laveur pompier
(Solo de trompette)
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Poissons – frites, mains qui s’essayent
En été, et jadis
Près du carrefour derrière l’abribus une jolie
Infirmière vend des pavots sur un caddie
Bien qu’elle pense jouer la comédie
Elle y réussit
(Sur) Penny Lane, le coiffeur s’occupe d’une autre cliente
Pour une coupe le banquier sagement patiente
Puis le pompier se présente
Sous la pluie battante
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Là, tandis qu’assis sous le soleil
Je repense à jadis
Penny Lane est dans mes yeux et mes oreilles
Là, tandis qu’assis sous le soleil
Je repense à jadis
Penny Lane
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
samedi 15 janvier 2011
San Francisco Bay Blues
I got the blues from my baby left me
By the San Francisco Bay,
The ocean liner's gone so far away.
Didn't mean to treat her so bad,
She was the best girl I ever have had,
She said goodbye, I can take a cry,
I want to lay down and die.
I ain't got a nickel
And I ain't got a lousy dime.
She don't come back,
Think I'm going to lose my mind.
If she ever gets back to stay,
It's going to be another brand new day,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay.
Sitting down looking from my back door,
Wondering which way to go,
The woman I'm so crazy about,
She don't love me no more.
Think I'll catch me a freight train,
'Cause I'm feeling blue,
And ride all the way to the end of the line,
Thinking only of you.
Meanwhile, in another city,
Just about to go insane,
Thought I heard my baby, Lord,
The way she used to call my name.
If I ever get her back to stay,
It's going to be another brand new day,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay.
Le Blues de la Baie de San Francisco
J’ai le cafard : ma chérie m’a quitté
En baie de San Francisco
Aussi loin que s’en vont les paquebots
Je n’ voulais pas mal la traiter
La meilleure des filles, en vérité
M’a dit adieu, et je sens venir
Mes pleurs ; je voudrais mourir
Plus un sou en poche et
Bien évidemment fauché
Sans elle, je crains
De perdre la tête en chemin
Si elle revenait pour rester
Le soleil se lèverait à nouveau
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
Assis sur le seuil, le regard troublé
Je ne sais où aller
Car la femme dont je suis vraiment fou
Ne m’aime plus du tout
Je vais, pour fuir mon chagrin
Sauter dans un train
Et rouler aussi loin que mènent les voies
En ne pensant qu’à toi
Dans une ville, loin de chez moi
J’ai cru perdre la raison
En reconnaissant sa voix
Lorsqu’elle m’appelait par mon nom
Si je la ramenais pour rester
Le soleil se lèverait à nouveau
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
By the San Francisco Bay,
The ocean liner's gone so far away.
Didn't mean to treat her so bad,
She was the best girl I ever have had,
She said goodbye, I can take a cry,
I want to lay down and die.
I ain't got a nickel
And I ain't got a lousy dime.
She don't come back,
Think I'm going to lose my mind.
If she ever gets back to stay,
It's going to be another brand new day,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay.
Sitting down looking from my back door,
Wondering which way to go,
The woman I'm so crazy about,
She don't love me no more.
Think I'll catch me a freight train,
'Cause I'm feeling blue,
And ride all the way to the end of the line,
Thinking only of you.
Meanwhile, in another city,
Just about to go insane,
Thought I heard my baby, Lord,
The way she used to call my name.
If I ever get her back to stay,
It's going to be another brand new day,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay,
Walking with my baby
Down by the San Francisco Bay.
Sans doute la chanson la plus célèbre et la plus souvent reprise de Jesse Fuller. Bien que le thème en soit le « cafard » consécutif à une séparation, c’est un véritable bonheur d’observer, sur les nombreuses vidéos disponibles sur « la Toile », la manifeste jubilation des artistes, musiciens autant que chanteurs, notamment lorsqu’ils jouent avec leurs mirlitons. La mélodie est particulièrement alerte, et les artistes s’en donnent à cœur joie. Regardez, par exemple, Eric Clapton ou Peter, Paul, and Mary, pour ne citer qu’eux.
J’ai le cafard : ma chérie m’a quitté
En baie de San Francisco
Aussi loin que s’en vont les paquebots
Je n’ voulais pas mal la traiter
La meilleure des filles, en vérité
M’a dit adieu, et je sens venir
Mes pleurs ; je voudrais mourir
Plus un sou en poche et
Bien évidemment fauché
Sans elle, je crains
De perdre la tête en chemin
Si elle revenait pour rester
Le soleil se lèverait à nouveau
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
Assis sur le seuil, le regard troublé
Je ne sais où aller
Car la femme dont je suis vraiment fou
Ne m’aime plus du tout
Je vais, pour fuir mon chagrin
Sauter dans un train
Et rouler aussi loin que mènent les voies
En ne pensant qu’à toi
Dans une ville, loin de chez moi
J’ai cru perdre la raison
En reconnaissant sa voix
Lorsqu’elle m’appelait par mon nom
Si je la ramenais pour rester
Le soleil se lèverait à nouveau
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
J’irais à ses côtés
Vers la baie de San Francisco
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
samedi 1 janvier 2011
The Night Comes On
Est-ce un hasard si la nouvelle année commence avec une chanson majeure de Léonard Cohen ? Il la décrit lui-même comme une sorte de cheminement autobiographique, évoquant les personnes qui ont marqué sa vie, par leur absence autant que par leur présence :
- Sa mère (décédée quand il avait 34 ans), représentant la protection toujours présente au-delà de la mort, et qui, par son insistance, le maintient en vie.
- Son père (décédé alors qu’il n’avait que neuf ans), représentant le combat sans répit de la vie.
- Le mariage et la responsabilité des enfants, y compris lorsqu’ils « volent de leurs propres ailes ».
- La « muse » qui inspire le poète et le chanteur, et représente l’essence même de la féminité, sous ses différentes formes et avec ses différents visages.
- L’entourage et les amis, qui forment notre « monde » et nous y retiennent, mais ne peuvent nous faire oublier que ce qui est passé et passé, ce qui est perdu est perdu.
Et le poète, le chanteur, à sa façon, tente de revenir en arrière ou de « passer de l’autre côté », mais l’image maternelle, patiemment, résolument, le renvoie vers « le monde » et, ainsi, continue de le protéger (y compris de lui-même).
Au premier jour d’une nouvelle année, il n’est pas inutile de repenser ainsi à ceux qui nous ont quittés (ou devancés), mais dont la pensée continue de nous protéger et nous guider.
Je suis descendu où
Je savais que, sous la pierre
Et la neige, elle attendait
J’ai dit "Mère, j’ai peur de tout
Des éclairs et du tonnerre
Seul, je n’en sortirai jamais"
Elle dit "Je serai là
Mon châle autour de toi
Ma main sur ta tête te suivra"
Et la nuit survint
Tout était très calme
J’aurais voulu que la nuit soit sans fin
Mais elle dit "Va, retourne au Monde"
En Égypte, nous combattions
Quand ils promirent par traité
Que nul ne serait plus tué
Puis ce fut cette explosion
Et mon père est tombé
Une terrible plaie à son côté
Il dit "Mon fils, vas y
Prends mes livres, mon fusil
Souviens-toi comme ils ont menti"
Et la nuit survient
Tout est très calme
J’aurai bien voulu qu’il ait tort, néanmoins
On ne mentirait pas à un gamin
Dans cette cuisine, nous restions
J’entrais en religion
Ne sachant jusqu’à quand elle rest(e)rait
Tant il me fallait
N’avoir rien à toucher
C’est c’ que j’ai toujours désiré
Mais mon fils et puis ma fille
Sortant de l’eau s’égosillent
"Papa, tu as promis de jouer"
Et ils m’entraînent et disent
"C’est la grande surprise
Ne regarde pas, papa, les yeux fermés"
Et ils se cachent, se cachent dans le Monde
Et je la cherche sans cesse
Pris par cette attirance
Comme à un chapelet de prières
Disant "Quand m’appellera-t-elle ?
Quand me reviendra-t-elle ?
Pour être prêt, que dois-je faire
Quand sur mon vœu elle s’incline
Tout comme un saule, comme une fontaine ?"
Elle se tient dans l’air de lumière
Et la nuit survient
Et tout est très calme
Je suis dans ses bras, elle dit "Quand je s(e)rai,
Partie, je s(e)rai à toi pour chanter"
Pour les vêpres, les grillons
Répondent au carillon
Le chat, sur sa chaise, assoupi
J’irai au bar du coin
Je n’ peux aller plus loin
Voir s’il y a toujours mes amis
C’est au peu de gens qui
Vous pardonnent ou pour qui
Ce que vous faites n’est pas un souci
Et la nuit survient
Tout est très calme
Je veux la rejoindre de l’autre côté
Mais elle dit "Allez, va, retourne au Monde"
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
vendredi 31 décembre 2010
Jimmy Whalen
All alone as I walked by the banks of the river
Watching the moonbeams as evening drew nigh.
All alone as I rambled I spied a fair damsel
Weepin' and wailin' with many a sigh.
Weepin' for one who is now lyin' lonely
Mournin' for one who no mortal can save.
As the foaming dark waters flowed sadly about him
Onward they speed over young Jimmy's grave.
[...]
Watching the moonbeams as evening drew nigh.
All alone as I rambled I spied a fair damsel
Weepin' and wailin' with many a sigh.
Weepin' for one who is now lyin' lonely
Mournin' for one who no mortal can save.
As the foaming dark waters flowed sadly about him
Onward they speed over young Jimmy's grave.
[...]
Voici une chanson populaire canadienne racontant l’histoire d’un bûcheron (ou d’un « draveur », accompagnant les « trains de bois » descendant au fil du courant) tué au bord d’une rivière. C’est ici la version chantée par Peter, Paul, and Mary (Adaptation et arrangements par Peter Yarrow, Noel Paul Stookey, Mary Travers, et Milton T Okun) dont je propose la traduction. L’histoire de cette chanson remonte au 19ème siècle, et l’auteur en reste inconnu. Le texte est chanté sur différentes mélodies, mais la version de Peter, Paul, and Mary est tout simplement sublime dans sa simplicité.
Jimmy Whalen
Seul, un soir, alors que je marchais au bord de l’onde
De la rivière que la lune éclairait
Seul, un soir, me promenant, je vis une jeune fille blonde
Qui pleurait, qui geignait, qui soupirait
Pleurant celui qui seul désormais gît
Celui qui est à jamais endormi
Tandis qu’autour de lui le flot écumant mugit
Recouvrant la tombe du pauvre Jimmy
Jimmy, ne me laisse pas, de douleur égarée
Pourquoi ne restes-tu pas près de moi ?
Mais si la mort est le glaive qui doit nous séparer
L’océan s’étend entre toi et moi
Seul, un soir, me promenant, je vis une jeune fille blonde
Qui pleurait, qui geignait, qui soupirait
(Traduction - Adaptation :Polyphrène)
Seul, un soir, alors que je marchais au bord de l’onde
De la rivière que la lune éclairait
Seul, un soir, me promenant, je vis une jeune fille blonde
Qui pleurait, qui geignait, qui soupirait
Pleurant celui qui seul désormais gît
Celui qui est à jamais endormi
Tandis qu’autour de lui le flot écumant mugit
Recouvrant la tombe du pauvre Jimmy
Jimmy, ne me laisse pas, de douleur égarée
Pourquoi ne restes-tu pas près de moi ?
Mais si la mort est le glaive qui doit nous séparer
L’océan s’étend entre toi et moi
Seul, un soir, me promenant, je vis une jeune fille blonde
Qui pleurait, qui geignait, qui soupirait
(Traduction - Adaptation :Polyphrène)
jeudi 30 décembre 2010
That's what you get for lovin' me
That's what you get for lovin' me
That's what you get for lovin' me
Everything you had is gone, as you can see
That's what you get for lovin' me.
I ain't the kind to hang around
With any new love that I've found
Movin' is my stock in trade
I'm movin on
I won't think of you when I'm gone.
[...]
That's what you get for lovin' me
Everything you had is gone, as you can see
That's what you get for lovin' me.
I ain't the kind to hang around
With any new love that I've found
Movin' is my stock in trade
I'm movin on
I won't think of you when I'm gone.
[...]
Cette chanson de Gordon Lightfoot a été reprise avec un grand success par Elvis Presley, mais fut chantée aussi par Waylon Jennings et par Peter, Paul, and Mary. On y retrouve le thème ultra-classique de l’aventurier séducteur et destructeur des cœurs, pour qui l’appel de l’horizon est plus fort que la raison : un mythe très « masculin » de polygamie sérielle qui, à défaut de faire progresser les relations homme – femme, a servi de trame à quelques chansons célèbres. C’est l’occasion de citer encore la magistrale « Je ne crois pas… » de Charles Aznavour.
Voilà ce que tu gagnes à m’aimer !
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Tu as tout perdu, vois-tu, car désormais
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Je n’ suis pas du genre à toujours
Rester avec le même amour
Partir est mon fonds de commerce
Je partirai
Sitôt parti, je t’oublierai
Pour moi, ne verse pas de pleurs
Je ne suis pas fait pour ton cœur
J’en ai eu plus de cent comm’ toi
Ne t’en fais pas
J’en aurai plus d’ mille après toi
Voilà : tu vas encore pleurer
Voilà : tu vas encore pleurer
Si un jour l’état de ton cœur est
Amélioré
Peut-être que je repasserai
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Tu as tout perdu, vois-tu, car désormais
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Tu as tout perdu, vois-tu, car désormais
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Je n’ suis pas du genre à toujours
Rester avec le même amour
Partir est mon fonds de commerce
Je partirai
Sitôt parti, je t’oublierai
Pour moi, ne verse pas de pleurs
Je ne suis pas fait pour ton cœur
J’en ai eu plus de cent comm’ toi
Ne t’en fais pas
J’en aurai plus d’ mille après toi
Voilà : tu vas encore pleurer
Voilà : tu vas encore pleurer
Si un jour l’état de ton cœur est
Amélioré
Peut-être que je repasserai
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
Tu as tout perdu, vois-tu, car désormais
Voilà c’ que tu gagnes à m’aimer
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
mercredi 29 décembre 2010
The Last Thing on my Mind
It's a lesson too late for the learnin'
Made of sand, made of sand
In the wink of an eye my soul is turnin'
In your hand, in your hand.
[Chorus:]
Are you going away with no word of farewell?
Will there be not a trace left behind?
Well, I could have loved you better,
Didn't mean to be unkind.
You know that was the last thing on my mind.
[…]
Made of sand, made of sand
In the wink of an eye my soul is turnin'
In your hand, in your hand.
[Chorus:]
Are you going away with no word of farewell?
Will there be not a trace left behind?
Well, I could have loved you better,
Didn't mean to be unkind.
You know that was the last thing on my mind.
[…]
Chanson de Tom Paxton, sur une mélodie proche de celle de la ballade traditionnelle des îles britanniques "Leaving of Liverpool", "The Last Thing on my Mind" a été chantée magnifiquement par Peter, Paul, and Mary, par Dolly Parton, par Joan Baez, Johnny Cash, Neil Diamond, Hank Locklin, Anne Muray, Willie Nelson… pour ne citer que les plus célèbres – mais aussi par Nana Mouskouri, et par Joe Dassin. Si « Leaving of Liverpool » est un standard de « Line Dance » bien connu de tous les clubs et groupes de « Country », « The Last Thing on my Mind » donne à la mélodie plus de solennité, et en fait un véritable «classique», intemporel et universel.
Le thème est encore celui du départ, de la séparation, de l’incompréhension, comme un écho à « Always on my Mind », sur fond du temps qui s’écoule, comme le sable fin dans un sablier…
Quand on retourne le sablier, on ne remonte pas le temps, malheureusement !
La Dernière de mes Pensées
Cette leçon vient trop tard pour l’apprendre
Sable fin, Sable fin
En un clin d’œil, mon âme vire et s’effondre
Dans ta main, dans ta main
[Refrain :]
Vas-tu vraiment partir sans me dire un mot d’adieu ?
Sans un souvenir à me laisser ?
C’est vrai, j’aurais pu t’aimer mieux
Oui, mais vouloir te blesser
C’était bien la dernière de mes pensées
Tu as tant de bonnes raisons pour partir
Je sais ça, je sais ça
Car l’ivraie n’a cessé de tout envahir
Ne pars pas, ne pars pas
[Refrain]
En marchant, mes pensées, en ribambelle
Font la ronde, font la ronde
Sous nos pas, le métro dans son tunnel
Vibre et gronde, vibre et gronde
[Refrain]
A mon réveil dans mon lit, le matin
Seul sans toi, seul sans toi
Chaque chanson dans ma gorge s’éteint
Seul sans toi, seul sans toi
[Refrain]
Traduction – Adaptation : Polyphrène
samedi 18 décembre 2010
Leaving Green Sleeves
Alas, my love, you did me wrong,
To cast me out discourteously,
For I have loved you so long,
Delighting in your very company.
Now if you intend to show me disdain,
Don't you know it all the more enraptures me,
For even so I still remain
Your lover in captivity.
Green sleeves, you're all alone,
The leaves have fallen, the men have gone.
Green sleeves, there's no one home,
Not even the Lady Green Sleeves
[…]
To cast me out discourteously,
For I have loved you so long,
Delighting in your very company.
Now if you intend to show me disdain,
Don't you know it all the more enraptures me,
For even so I still remain
Your lover in captivity.
Green sleeves, you're all alone,
The leaves have fallen, the men have gone.
Green sleeves, there's no one home,
Not even the Lady Green Sleeves
[…]
Léonard Cohen reprend ici le thème de la célébrissime chanson”Greensleeves”, ballade datant apparemment du XVIème siècle, et que la légende attribue à tort au roi Henri VIII. Si l’on se perd en conjectures et hypothèses sur le sens profond du texte et sur l’identité de la dame « aux manches vertes » (comme sur la signification de ce détail vestimentaire), la mélodie traditionnelle a traversé les siècles et continuera probablement son chemin au-delà du millénaire.
En respectant, voire en épaississant, le mystère, Léonard Cohen en accentue l’érotisme et le désespoir, dans un mélange – aussi subtil et magique que celui des philtres d’amour de la légende - dont il a le secret. La fuite du temps entraînant celle des amants ou des courtisans, la vieillesse, la désertion des cœurs, l'étiolement de la passion, l'oubli... font partie des ingrédients.
La mélodie de Léonard Cohen conserve aussi une forme de solennité, mais sa voix prend des accents déchirants et troublants qui font de cette chanson le complément indissociable de la ballade traditionnelle.
Quittant “Manches-Vertes”
Hélas, amour, me fîtes tort
En m’écartant avec violence
Car je vous aimais si fort
Faisant mes délices de votre présence
Si vous voulez me montrer du mépris
Voyez, mon désir n’est que plus excité
Car je demeure, même ainsi
Votre amant en captivité
Manches-Vertes, vous êtes seule ici
Les feuilles sont mortes, les hommes partis
Manches-Vertes, car tous désertent
Même la gente Dame Manches-Vertes
J’ai chanté, j’ai bonimenté
Pour vos cuisses de toute beauté
Et n’est-ce pas fou, n’est-ce pas bien
Que nos ébats s’achèvent enfin ?
Puis, je vous vis nue quand l’aube s’enflamme
J’espérais que ce soit une nouvelle femme
J’appelais mais vous étiez partie
Lors, ma Dame, je pars aussi
Manches-Vertes, vous êtes seule ici…
Manches-Vertes, vous êtes seule ici
Les feuilles sont mortes, les hommes partis
Manches-Vertes, c’est si facile ainsi
De quitter la Dame Manches-Vertes
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
En m’écartant avec violence
Car je vous aimais si fort
Faisant mes délices de votre présence
Si vous voulez me montrer du mépris
Voyez, mon désir n’est que plus excité
Car je demeure, même ainsi
Votre amant en captivité
Manches-Vertes, vous êtes seule ici
Les feuilles sont mortes, les hommes partis
Manches-Vertes, car tous désertent
Même la gente Dame Manches-Vertes
J’ai chanté, j’ai bonimenté
Pour vos cuisses de toute beauté
Et n’est-ce pas fou, n’est-ce pas bien
Que nos ébats s’achèvent enfin ?
Puis, je vous vis nue quand l’aube s’enflamme
J’espérais que ce soit une nouvelle femme
J’appelais mais vous étiez partie
Lors, ma Dame, je pars aussi
Manches-Vertes, vous êtes seule ici…
Manches-Vertes, vous êtes seule ici
Les feuilles sont mortes, les hommes partis
Manches-Vertes, c’est si facile ainsi
De quitter la Dame Manches-Vertes
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
samedi 11 décembre 2010
Memories
Frankie Lane, he was singing Jezebel
I pinned an Iron Cross to my lapel
I walked up to the tallest and the blondest girl
I said, Look, you don't know me now but very soon you will
So won't you let me see
I said "won't you let me see"
I said "won't you let me see
Your naked body?"
[…]
Sur un rythme très dansant et un peu inattendu de la part de Léonard Cohen, cette chanson (paroles et musique de Léonard Cohen, arrangements de Phil Spector) raconte un souvenir de « drague » d’adolescent dans une boîte alors que passait la chanson de Wayne Shanklin « Jezebel », popularisée en anglais par Frankie Laine, et en France par Charles Aznavour et par Edith Piaf. S’inspirant du personnage biblique, la chanson « Jezebel » évoque la passion dévorante pour une femme dont l’irrésistible attrait cache une âme diabolique. Léonard Cohen décrit sa chanson comme une « capsule temporelle » dans laquelle il a placé les souvenirs de l’épisode le plus banal et le plus insignifiant de son adolescence boutonneuse… en rajoutant avec humour que c’est probablement pour cette forme de banalité que cette chanson sera éternelle. La « Croix de Fer », décoration militaire allemande, dite aussi « Croix de Prusse », était alors un symbole arboré par « les durs » ou ceux qui voulaient se faire passer pour tels. Il se souvient aussi de cette fascination et ce véritable culte qu’il vouait alors (déjà) à la Féminité, « ce papillon insaisissable ».
Souvenirs
On jouait « Jezabel » de Frankie Laine
A mon revers, j’ai mis une Croix Prussienne
La plus grande et plus blonde des filles j’ai abordé
J’ai dit « Tu n’ me connais pas mais ça n’ va pas tarder »
Me laisseras-tu donc voir »
J’ai dit « Me laisseras-tu donc voir »
J’ai dit « Me laisseras-tu donc voir
Ton corps dénudé ? »
« Vers un coin de pénombre danse avec moi
Je t’y laisserai peut-être faire n’importe quoi
Je te sais avide ; je l’entends dans ta voix
Et il y a tant à toucher sur mon corps : tu as le choix
Mais tu ne peux pas voir »
Elle dit « Tu ne peux pas voir »
Elle dit « Tu ne peux pas voir
Mon corps dénudé »
Nous dansons, serrés, sur Stardust l’orchestre joue
Ballons et serpentins flottent au dessus de nous
Elle dit « Plus qu’une minute pour tomber amoureux »
« Ce sont de tels instants que j’appelle de tous mes vœux
Et toute ma foi pour voir »
J’ai dit « Toute ma foi pour voir »
J’ai dit « Toute ma foi pour voir
Son corps dénudé »
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
I pinned an Iron Cross to my lapel
I walked up to the tallest and the blondest girl
I said, Look, you don't know me now but very soon you will
So won't you let me see
I said "won't you let me see"
I said "won't you let me see
Your naked body?"
[…]
Sur un rythme très dansant et un peu inattendu de la part de Léonard Cohen, cette chanson (paroles et musique de Léonard Cohen, arrangements de Phil Spector) raconte un souvenir de « drague » d’adolescent dans une boîte alors que passait la chanson de Wayne Shanklin « Jezebel », popularisée en anglais par Frankie Laine, et en France par Charles Aznavour et par Edith Piaf. S’inspirant du personnage biblique, la chanson « Jezebel » évoque la passion dévorante pour une femme dont l’irrésistible attrait cache une âme diabolique. Léonard Cohen décrit sa chanson comme une « capsule temporelle » dans laquelle il a placé les souvenirs de l’épisode le plus banal et le plus insignifiant de son adolescence boutonneuse… en rajoutant avec humour que c’est probablement pour cette forme de banalité que cette chanson sera éternelle. La « Croix de Fer », décoration militaire allemande, dite aussi « Croix de Prusse », était alors un symbole arboré par « les durs » ou ceux qui voulaient se faire passer pour tels. Il se souvient aussi de cette fascination et ce véritable culte qu’il vouait alors (déjà) à la Féminité, « ce papillon insaisissable ».
Souvenirs
On jouait « Jezabel » de Frankie Laine
A mon revers, j’ai mis une Croix Prussienne
La plus grande et plus blonde des filles j’ai abordé
J’ai dit « Tu n’ me connais pas mais ça n’ va pas tarder »
Me laisseras-tu donc voir »
J’ai dit « Me laisseras-tu donc voir »
J’ai dit « Me laisseras-tu donc voir
Ton corps dénudé ? »
« Vers un coin de pénombre danse avec moi
Je t’y laisserai peut-être faire n’importe quoi
Je te sais avide ; je l’entends dans ta voix
Et il y a tant à toucher sur mon corps : tu as le choix
Mais tu ne peux pas voir »
Elle dit « Tu ne peux pas voir »
Elle dit « Tu ne peux pas voir
Mon corps dénudé »
Nous dansons, serrés, sur Stardust l’orchestre joue
Ballons et serpentins flottent au dessus de nous
Elle dit « Plus qu’une minute pour tomber amoureux »
« Ce sont de tels instants que j’appelle de tous mes vœux
Et toute ma foi pour voir »
J’ai dit « Toute ma foi pour voir »
J’ai dit « Toute ma foi pour voir
Son corps dénudé »
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
vendredi 3 décembre 2010
A Poem on the Underground Wall
The last train is nearly due,
The underground is closing soon,
And in the dark deserted station,
Restless in anticipation,
A man waits in the shadows.
His restless eyes leap and snatch,
At all that they can touch or catch,
And hidden deep within his pocket,
Safe within its silent socket,
He holds a coloured crayon. […]
Art Garfunkel raconte comment, à la fin d’une séance de photos dans les métro de New York pour illustrer la couverture de l’album “Wednesday Morning 3 AM”, il a aperçu, sur le mur du métro face auquel avaient été effectuées les prises de vue, un graffiti directement suggestif, dans le pur style des tagueurs new-yorkais, comportant un mot de 4 lettres (F…) très explicitement illustré. Naturellement, la « Columbia » qui produisait cet album a fait en sorte que le graffiti n’apparaisse pas sur la couverture, mais l’incident à inspiré à Paul Simon cette chanson, que l’on retrouve sur plusieurs albums (notamment « Simon & Garfunkel – Parsley, Sage, Rosemary and Thyme », et « The very best of Art Garfunkel across America »).
Le rythme accéléré de cette chanson restitue bien l’excitation et la peur qui animent l’esprit du « graffeur » s’apprêtant apposer sa marque sur les affiches publicitaires du métro. Le texte joue sur une part de mystère et d’anticipation, mais aussi sur une allégorie « matricielle », comparant l’arrivée de la rame du métro à un accouchement, le métro lui-même à l’enfant qui apparaît ainsi à l’époux assistant au travail, puis la fuite du « graffeur » comme « tété » par la nuit qui l’aspire vers le « sein » de la pénombre.
Un Poème sur les Murs du Métro
Voilà l’ultime rame, et
Le métro va bientôt fermer
Et dans la station désertée
D’anticipation agité
Il attend dans la pénombre
Son regard vif se pose sur
Tout ce qu’il saisit ou capture
Et dans la poche de son manteau
Cachée au fond de son fourreau
Il tient une craie de couleur
Maintenant le tunnel accouche
Et la rame promise approche
Les portes accueillantes l’aspirent
Mais il hésite, et se retire
Plus loin dans la pénombre
Soudain, voilà le train parti
Dans un gentil cliquetis
Bien scandé comme une litanie
Il serre comme un chapelet béni
Sa craie dans sa main
Puis, de sa poche, la craie surgit
Sur le mur trace avec énergie
En plein sur la publicité
Un poème d’un seul mot, limité
A cinq lettres
Son cœur rit, son cœur crie, son cœur bondit
Et son poème, sur les voies, retentit
Sous le signal d’exit qui luit
Ses jambes l’emportent et il fuit
Vers le sein des ténèbres, comme tété par la nuit.
(Traduction – Adaptation :Polyphrène)
The underground is closing soon,
And in the dark deserted station,
Restless in anticipation,
A man waits in the shadows.
His restless eyes leap and snatch,
At all that they can touch or catch,
And hidden deep within his pocket,
Safe within its silent socket,
He holds a coloured crayon. […]
Art Garfunkel raconte comment, à la fin d’une séance de photos dans les métro de New York pour illustrer la couverture de l’album “Wednesday Morning 3 AM”, il a aperçu, sur le mur du métro face auquel avaient été effectuées les prises de vue, un graffiti directement suggestif, dans le pur style des tagueurs new-yorkais, comportant un mot de 4 lettres (F…) très explicitement illustré. Naturellement, la « Columbia » qui produisait cet album a fait en sorte que le graffiti n’apparaisse pas sur la couverture, mais l’incident à inspiré à Paul Simon cette chanson, que l’on retrouve sur plusieurs albums (notamment « Simon & Garfunkel – Parsley, Sage, Rosemary and Thyme », et « The very best of Art Garfunkel across America »).
Le rythme accéléré de cette chanson restitue bien l’excitation et la peur qui animent l’esprit du « graffeur » s’apprêtant apposer sa marque sur les affiches publicitaires du métro. Le texte joue sur une part de mystère et d’anticipation, mais aussi sur une allégorie « matricielle », comparant l’arrivée de la rame du métro à un accouchement, le métro lui-même à l’enfant qui apparaît ainsi à l’époux assistant au travail, puis la fuite du « graffeur » comme « tété » par la nuit qui l’aspire vers le « sein » de la pénombre.
Un Poème sur les Murs du Métro
Voilà l’ultime rame, et
Le métro va bientôt fermer
Et dans la station désertée
D’anticipation agité
Il attend dans la pénombre
Son regard vif se pose sur
Tout ce qu’il saisit ou capture
Et dans la poche de son manteau
Cachée au fond de son fourreau
Il tient une craie de couleur
Maintenant le tunnel accouche
Et la rame promise approche
Les portes accueillantes l’aspirent
Mais il hésite, et se retire
Plus loin dans la pénombre
Soudain, voilà le train parti
Dans un gentil cliquetis
Bien scandé comme une litanie
Il serre comme un chapelet béni
Sa craie dans sa main
Puis, de sa poche, la craie surgit
Sur le mur trace avec énergie
En plein sur la publicité
Un poème d’un seul mot, limité
A cinq lettres
Son cœur rit, son cœur crie, son cœur bondit
Et son poème, sur les voies, retentit
Sous le signal d’exit qui luit
Ses jambes l’emportent et il fuit
Vers le sein des ténèbres, comme tété par la nuit.
(Traduction – Adaptation :Polyphrène)
dimanche 28 novembre 2010
America
Let us be lovers, we'll marry our fortunes together
I've got some real estate here in my bag
So we bought a pack of cigarettes and Mrs. Wagner's pies
And we walked off to look for America
[...]
Parmi les chansons chantées par Paul Simon et Art Garfunkel, « America » n’est pas la plus célèbre ni celle qui a connu le plus grand succès, alors qu’elle est des plus remarquables par la force poétique, le pouvoir évocateur, et la qualité mélodique. On perçoit, dans les mots qu’échangent les voyageurs en route vers New York, toute l’émotion, la pudeur et l’angoisse des jeunes amants. Timidement, ils miment les enfants qu’ils croient ne plus être, et leurs mains se tiennent quand leurs âmes se cherchent. Partis « découvrir » l’Amérique, ils rencontrent leur double solitude et la fragilité de leurs espoirs.
Il se dégage de cette chanson (inspirée, paraît-il, par la propre biographie de Paul Simon) une tendresse infinie pour cette étape de la vie où les cœurs font leur premiers pas, et une grande nostalgie, alimentée par les évocations précises d’une certaine « Amérique » (les tartelettes de Mrs Wagner, Saginaw, le Michigan, l’autoroute vers New York, les bus de la « Greyhound »…).
L’Amérique
Soyons amants et nos deux fortunes seront mariées
J’ai dans mon sac des titres immobiliers
Nous avons ach’té des cigarettes
Et quelques tartelettes
Et sommes sortis pour découvrir l’Amérique
Tout en montant dans un bus à Pittsburgh, j’ai dit « Cathy
Le Michigan semble un rêve vu d’ici
Quatre jours en stop de Saginaw ça m’a pris
Je viens pour découvrir l’Amérique »
Pour rire, en voyage,
Plaisantant sur les visages
Elle dit que l’homme en manteau noir était un espion
J’ai dit « Il cache une caméra sous son nœud papillon »
« Passe-moi une cigarette, je pense qu’il y en a une dans l’imper »
« On a fumé tout à l’heure la dernière »
J’ai regardé le paysage, elle a lu une revue
Sous la lune des champs à perte de vue
« Je suis paumé », dis-je à Cathy qui dormait près de moi
« Je suis vidé, j’ai mal sans savoir pourquoi »
Sur la route de New Jersey comptant le trafic
Ils sont tous là pour découvrir l’Amérique
Tous là pour découvrir l’Amérique
Sur la route de New Jersey, comptant le trafic
Ils sont tous là pour découvrir l’Amérique
Tous là pour découvrir l’Amérique
I've got some real estate here in my bag
So we bought a pack of cigarettes and Mrs. Wagner's pies
And we walked off to look for America
[...]
Parmi les chansons chantées par Paul Simon et Art Garfunkel, « America » n’est pas la plus célèbre ni celle qui a connu le plus grand succès, alors qu’elle est des plus remarquables par la force poétique, le pouvoir évocateur, et la qualité mélodique. On perçoit, dans les mots qu’échangent les voyageurs en route vers New York, toute l’émotion, la pudeur et l’angoisse des jeunes amants. Timidement, ils miment les enfants qu’ils croient ne plus être, et leurs mains se tiennent quand leurs âmes se cherchent. Partis « découvrir » l’Amérique, ils rencontrent leur double solitude et la fragilité de leurs espoirs.
Il se dégage de cette chanson (inspirée, paraît-il, par la propre biographie de Paul Simon) une tendresse infinie pour cette étape de la vie où les cœurs font leur premiers pas, et une grande nostalgie, alimentée par les évocations précises d’une certaine « Amérique » (les tartelettes de Mrs Wagner, Saginaw, le Michigan, l’autoroute vers New York, les bus de la « Greyhound »…).
L’Amérique
Soyons amants et nos deux fortunes seront mariées
J’ai dans mon sac des titres immobiliers
Nous avons ach’té des cigarettes
Et quelques tartelettes
Et sommes sortis pour découvrir l’Amérique
Tout en montant dans un bus à Pittsburgh, j’ai dit « Cathy
Le Michigan semble un rêve vu d’ici
Quatre jours en stop de Saginaw ça m’a pris
Je viens pour découvrir l’Amérique »
Pour rire, en voyage,
Plaisantant sur les visages
Elle dit que l’homme en manteau noir était un espion
J’ai dit « Il cache une caméra sous son nœud papillon »
« Passe-moi une cigarette, je pense qu’il y en a une dans l’imper »
« On a fumé tout à l’heure la dernière »
J’ai regardé le paysage, elle a lu une revue
Sous la lune des champs à perte de vue
« Je suis paumé », dis-je à Cathy qui dormait près de moi
« Je suis vidé, j’ai mal sans savoir pourquoi »
Sur la route de New Jersey comptant le trafic
Ils sont tous là pour découvrir l’Amérique
Tous là pour découvrir l’Amérique
Sur la route de New Jersey, comptant le trafic
Ils sont tous là pour découvrir l’Amérique
Tous là pour découvrir l’Amérique
samedi 20 novembre 2010
No Other Name
Know me by the light of a fire shinin' bright,
Know me by your bed where I've lain
Know me, and you might,
If just for a night
You'll know me by no other name.
[…]
Chanson sombre et mystérieuse, de Noël Paul Stookey, merveilleusement chantée par « Peter, Paul, and Mary », sur le thème de la solitude et l’anonymat de celle qui « n’a pas d’autre nom » que la misère, pas d’autre pays que l’errance, pas d’autre destin que l’abandon.
Pas d’autre nom
Vois-moi à la lumière d’un foyer qui luit
Vois-moi au lit où nous dormions
Vois-moi comme je suis
Juste pour une nuit
Tu ne connaîtras pas mon nom
D’autres filles t’offrent un diadème
D’autres offrent de précieux ouvrages
D’autres disent « Je t’aime »
D’autres ont mon visage
D’autres offrent de l’or
(Un) bébé qui dort
Je n’offre qu’affliction
Tu me verras, tu devines,
Dans le vent des collines
Tu ne connaîtras pas mon nom
D’autres meurent pour d’ la monnaie
D’autres meurent par amour
D’autres meurent comme elles sont nées
D’autres meurent chaque jour
Seule, je mourrai
Loin de mon foyer
Sans réponses à tes questions
La pierre sur ma tête
Ne dira qu’une date
Elle ne connaîtra pas mon nom
Elle ne connaîtra pas mon nom
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
Know me by your bed where I've lain
Know me, and you might,
If just for a night
You'll know me by no other name.
[…]
Chanson sombre et mystérieuse, de Noël Paul Stookey, merveilleusement chantée par « Peter, Paul, and Mary », sur le thème de la solitude et l’anonymat de celle qui « n’a pas d’autre nom » que la misère, pas d’autre pays que l’errance, pas d’autre destin que l’abandon.
Pas d’autre nom
Vois-moi à la lumière d’un foyer qui luit
Vois-moi au lit où nous dormions
Vois-moi comme je suis
Juste pour une nuit
Tu ne connaîtras pas mon nom
D’autres filles t’offrent un diadème
D’autres offrent de précieux ouvrages
D’autres disent « Je t’aime »
D’autres ont mon visage
D’autres offrent de l’or
(Un) bébé qui dort
Je n’offre qu’affliction
Tu me verras, tu devines,
Dans le vent des collines
Tu ne connaîtras pas mon nom
D’autres meurent pour d’ la monnaie
D’autres meurent par amour
D’autres meurent comme elles sont nées
D’autres meurent chaque jour
Seule, je mourrai
Loin de mon foyer
Sans réponses à tes questions
La pierre sur ma tête
Ne dira qu’une date
Elle ne connaîtra pas mon nom
Elle ne connaîtra pas mon nom
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
dimanche 14 novembre 2010
Sparrow
Who will love a little sparrow,
Who's travelled far, and cries for rest?
"Not I," said the oak tree.
"I won't share my branches with no sparrow's nest;
And my blanket of leaves won't warm her cold breast."
On pourrait croire qu’il s’agit là d’une chanson traditionnelle, qui aurait traverse les siècles pour arriver jusqu’à nous, sur une mélodie que l’âge aurait acheminé vers la perfection. C’est en fait une œuvre de Paul Simon, chantée en duo sublime avec Art Garfunkel. Bien sûr, le thème du « monde cruel » est classique, mais ce poème va plus loin, en énumérant les prétextes futiles de l’indifférence à la souffrance d’autrui, et le cynisme de ce que certains appellent « La Loi Naturelle ». Le dernier vers est une citation des mots de la Genèse (3.19), prononcés lors de la cérémonie des rameaux : « Tu es poussière et tu retourneras en poussière ». Il s’agit de l’une des conséquences du « Péché originel » : l’homme devra « gagner son pain à la sueur de son front », la femme « enfantera dans la douleur », etc. Tout cela pour avoir « écouté la voix de (la) femme ». On ne mesurera jamais assez à quel point cette vision a imprégné ce que l’on appelle notre « culture » et nos « valeurs ». La religion chrétienne n’est, du reste, pas la seule à véhiculer de telles idées, sur lesquelles sont fondés tant de préjugés et d’injustices.
Le monde irait pourtant mieux si nous oeuvrions tous ensemble pour faire face aux fléaux auxquels nous sommes confrontés, qu’ils soient naturels (les « catastrophes naturelles » !) ou créés par l’homme lui-même. Cela irait sans doute mieux aussi si nous écoutions plus souvent la voix des femmes :
Par exemple, celle de Aung Sann Suu Kyi, qui vient enfin d’être libérée !
Le Moineau
Qui aimera un petit moineau
Epuisé par son long voyage ?
« Pas moi » dit le grand chêne,
« Pas de nid d’oiseau dans mon beau branchage.
Il ne se réchauffera pas sous mon feuillage »
Qui aimera un petit moineau
Et lui parlera gentiment ?
« Pas moi » dit le cygne.
« Y penser seulement est extravagant.
Les autres cygnes se riraient de moi, méprisants »
Et qui voudra bien prendre en pitié
Et nourrir un moineau affamé ?
« Pas moi » dit le blé doré
« Je voudrais bien, mais je ne pourrai jamais.
Tout mon grain doit être semé pour germer »
Qui aimera un petit moineau
Et son épitaphe écrira ?
« C’est moi » dit la Terre
« Car tout ce que j’ai créé revient à moi.
De poussière tu es fait, poussière tu seras »
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
Who's travelled far, and cries for rest?
"Not I," said the oak tree.
"I won't share my branches with no sparrow's nest;
And my blanket of leaves won't warm her cold breast."
On pourrait croire qu’il s’agit là d’une chanson traditionnelle, qui aurait traverse les siècles pour arriver jusqu’à nous, sur une mélodie que l’âge aurait acheminé vers la perfection. C’est en fait une œuvre de Paul Simon, chantée en duo sublime avec Art Garfunkel. Bien sûr, le thème du « monde cruel » est classique, mais ce poème va plus loin, en énumérant les prétextes futiles de l’indifférence à la souffrance d’autrui, et le cynisme de ce que certains appellent « La Loi Naturelle ». Le dernier vers est une citation des mots de la Genèse (3.19), prononcés lors de la cérémonie des rameaux : « Tu es poussière et tu retourneras en poussière ». Il s’agit de l’une des conséquences du « Péché originel » : l’homme devra « gagner son pain à la sueur de son front », la femme « enfantera dans la douleur », etc. Tout cela pour avoir « écouté la voix de (la) femme ». On ne mesurera jamais assez à quel point cette vision a imprégné ce que l’on appelle notre « culture » et nos « valeurs ». La religion chrétienne n’est, du reste, pas la seule à véhiculer de telles idées, sur lesquelles sont fondés tant de préjugés et d’injustices.
Le monde irait pourtant mieux si nous oeuvrions tous ensemble pour faire face aux fléaux auxquels nous sommes confrontés, qu’ils soient naturels (les « catastrophes naturelles » !) ou créés par l’homme lui-même. Cela irait sans doute mieux aussi si nous écoutions plus souvent la voix des femmes :
Par exemple, celle de Aung Sann Suu Kyi, qui vient enfin d’être libérée !
Le Moineau
Qui aimera un petit moineau
Epuisé par son long voyage ?
« Pas moi » dit le grand chêne,
« Pas de nid d’oiseau dans mon beau branchage.
Il ne se réchauffera pas sous mon feuillage »
Qui aimera un petit moineau
Et lui parlera gentiment ?
« Pas moi » dit le cygne.
« Y penser seulement est extravagant.
Les autres cygnes se riraient de moi, méprisants »
Et qui voudra bien prendre en pitié
Et nourrir un moineau affamé ?
« Pas moi » dit le blé doré
« Je voudrais bien, mais je ne pourrai jamais.
Tout mon grain doit être semé pour germer »
Qui aimera un petit moineau
Et son épitaphe écrira ?
« C’est moi » dit la Terre
« Car tout ce que j’ai créé revient à moi.
De poussière tu es fait, poussière tu seras »
(Traduction - Adaptation : Polyphrène)
jeudi 11 novembre 2010
The Guests
One by one, the guests arrive
The guests are coming through
The open-hearted many
The broken-hearted few
And no one knows where the night is going
And no one knows why the wine is flowing
Oh love, I need you
I need you
I need you
I need you
Oh, I need you now
Bien que dominée par une forme d’onirisme mystique et eschatologique, cette chanson, est, selon Léonard Cohen lui-même, inspirée des écrits d’un poète persan du 13ème siècle. Elle exprime le sentiment, enfoui au fond de notre âme, d’une attente, d’une aspiration dont nous ne pouvons discerner l’objet. Parfois – rarement – une porte s’entrouvre un instant et notre esprit croit apercevoir, dans un flot de lumière, l'objet même de cette attente. Dans les œuvres de ce poète, il est symbolisé par un grand banquet qui réunirait les âmes à la table de leur maître (ou leur créateur ?). Les mots qu’emploie ici Léonard Cohen permettent aux mystiques d’y voir le « jugement dernier » par lequel les « élus » pourront aller s’asseoir à la droite du maître, en écho d’une évocation de la Cène. Les autres pourront en rester à une interprétation plus littérale, retenant ce besoin d’amour fusionnel que proclame et martèle Léonard Cohen (Oh Love, I need you…). Tous, cependant, reconnaîtront la fulgurance de ce sentiment étrange et transcendant qui, de temps à autre, transperce notre cœur.
Les Hôtes
Un à un, les hôtes s’avancent
Les hôtes font leur entrée
De nombreux cœurs en confiance
Quelques cœurs sinistrés
Et nul ne sait où la nuit s’écoule
Et nul ne sait pourquoi le vin coule
Amour, je te veux
Je te veux
Je te veux
Je te veux
Oh, je te veux, là
Et ceux qui dansent entre en danse
Ceux qui pleurent implorent
« Entrez, mes hôtes », une voix lance,
« Ne restez pas dehors »
Et nul ne sait…
Et tous vont, chancelants, partout
En secret confinés
Disant « Révèle-toi », ou
« Pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Et nul ne sait…
Puis les torches resplendissent
S’ouvre la porte du fond
Un à un, ils la franchissent
En toutes formes de passion
Et nul ne sait…
Et tandis qu’ils prennent leur festin
Les murs fondent soudain
Les hôtes sont jetés, un par un
Au dehors du jardin
Et nul ne sait…
Ceux qui dansent entrent en danse
Ceux qui pleurent implorent
Ceux qui sont perdus d’avance
Se perdent et perdent encore
Et nul ne sait…
Un à un, les hôtes s’avancent
Les hôtes font leur entrée
De nombreux cœurs en confiance
Quelques cœurs sinistrés
Et nul ne sait…
The guests are coming through
The open-hearted many
The broken-hearted few
And no one knows where the night is going
And no one knows why the wine is flowing
Oh love, I need you
I need you
I need you
I need you
Oh, I need you now
Bien que dominée par une forme d’onirisme mystique et eschatologique, cette chanson, est, selon Léonard Cohen lui-même, inspirée des écrits d’un poète persan du 13ème siècle. Elle exprime le sentiment, enfoui au fond de notre âme, d’une attente, d’une aspiration dont nous ne pouvons discerner l’objet. Parfois – rarement – une porte s’entrouvre un instant et notre esprit croit apercevoir, dans un flot de lumière, l'objet même de cette attente. Dans les œuvres de ce poète, il est symbolisé par un grand banquet qui réunirait les âmes à la table de leur maître (ou leur créateur ?). Les mots qu’emploie ici Léonard Cohen permettent aux mystiques d’y voir le « jugement dernier » par lequel les « élus » pourront aller s’asseoir à la droite du maître, en écho d’une évocation de la Cène. Les autres pourront en rester à une interprétation plus littérale, retenant ce besoin d’amour fusionnel que proclame et martèle Léonard Cohen (Oh Love, I need you…). Tous, cependant, reconnaîtront la fulgurance de ce sentiment étrange et transcendant qui, de temps à autre, transperce notre cœur.
Les Hôtes
Un à un, les hôtes s’avancent
Les hôtes font leur entrée
De nombreux cœurs en confiance
Quelques cœurs sinistrés
Et nul ne sait où la nuit s’écoule
Et nul ne sait pourquoi le vin coule
Amour, je te veux
Je te veux
Je te veux
Je te veux
Oh, je te veux, là
Et ceux qui dansent entre en danse
Ceux qui pleurent implorent
« Entrez, mes hôtes », une voix lance,
« Ne restez pas dehors »
Et nul ne sait…
Et tous vont, chancelants, partout
En secret confinés
Disant « Révèle-toi », ou
« Pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Et nul ne sait…
Puis les torches resplendissent
S’ouvre la porte du fond
Un à un, ils la franchissent
En toutes formes de passion
Et nul ne sait…
Et tandis qu’ils prennent leur festin
Les murs fondent soudain
Les hôtes sont jetés, un par un
Au dehors du jardin
Et nul ne sait…
Ceux qui dansent entrent en danse
Ceux qui pleurent implorent
Ceux qui sont perdus d’avance
Se perdent et perdent encore
Et nul ne sait…
Un à un, les hôtes s’avancent
Les hôtes font leur entrée
De nombreux cœurs en confiance
Quelques cœurs sinistrés
Et nul ne sait…
samedi 6 novembre 2010
Patterns
The night sets softly
With the hush of falling leaves,
Casting shivering shadows
On the houses through the trees,
And the light from a street lamp
Paints a pattern on my wall,
Like the pieces of a puzzle
Or a child's uneven scrawl
[…]
Un texte troublant, presque dérangeant, de Paul Simon, évoquant le peu de contrôle que nous pouvons avoir sur le déroulement de notre vie. Il ne s’agit pas d’une vision simpliste ou fataliste du « destin », mais des « ingrédients » dont nous sommes faits et du contexte dans lequel nous évoluons. Paul Simon compare la voie que nous suivons au labyrinthe dans lequel on fait courir les rats (pour l’étude de l’apprentissage, de la mémoire, et du conditionnement). Nos désirs, nos peurs, nos réactions, sont prévisibles et, s’il nous arrive de corriger notre comportement, c’est, comme le rat de laboratoire, par « conditionnement négatif », lorsque la même erreur nous a, plusieurs fois, confrontés à la même sanction. Des choix libres et conscients nous sont possibles, certes, lorsque par exemple, au restaurant, nous avons à choisir entre dessert et fromage… mais cela ne va pas beaucoup plus loin. Oscar Wilde disait « Je peux résister à tout… sauf à la tentation », et la vertu n’est parfois que l’issue d’une confrontation entre peur et désir, lorsque la première l’emporte ou que le second s’estompe. Bien souvent, le nombre et la complexité des influences plus ou moins contradictoires qui s’exercent sur nous peut faire passer l’imprévisible pour l’expression d’une liberté quand il ne s’agit que d’un « chaos déterministe ». Certains en sont arrivés à se donner pour but une forme de sérénité obtenue par l’abrogation des désirs. Ceux-ci sont pourtant le principal moteur de nos actions – les meilleures comme les pires. Rechercher le bonheur, c’est accepter la possibilité de la souffrance. Renoncer à l’un par peur de l’autre est une façon de se retirer de la vie. Courir dans le labyrinthe n’est pas vraiment la solution. Que faire ? Il n’y a pas de solution – miracle… mais quand le rat parvient à sortir du labyrinthe, c’est que sa mémoire lui a permis de reconnaître les voies qu’il a déjà parcourues, et de leur préférer les autres pour courir vers de nouvelles erreurs – et une issue.
Schémas
Quand la nuit tombante
Sans bruit comme une feuille morte
Projette l’ombre tremblante
Des grands arbres sur ma porte
La lumière d’un lampadaire
Trace un schéma au mur blanc
Comme un puzzle de mystère
Ou l’ gribouillis d’un enfant
En haut d’un p’tit escalier
Dans ma chambre minuscule
Je gis sur mon lit, et
A la lueur du crépuscule
Sur le mur blanc s’inscrit
Ce que mon regard suit :
Le schéma de ma vie
Et le puzzle que je suis
Je dois, dès que je suis né
Jusqu’au jour où je mourrai
Sur ce schéma cheminer
Comme je dois respirer
Comme le dédale du rat
Ma voie est devant moi
Et le schéma ne changera
Qu’à la mort du rat
Dans l’ombre qui s’épaissit
Le schéma que je dois suivre
Reste et c’est très bien ainsi
Car dans l’ombre je dois vivre
Comme la couleur de ma peau
Ou le jour de mon trépas
Ma vie est faite de schémas
Que je ne contrôle pas
(Traduction – Adaptation :Polyphrène)
PS : Je me suis heurté à de grandes difficultés pour traduire cette chanson. « Schéma » n’est pas la meilleur traduction de « Pattern » mais, outre les contraintes de la rime, j’ai préféré éviter d’autres termes (comme « Patron ») dont les connotations sont différentes. Il faut comprendre ici « Schéma » comme une série de cheminements prédéterminés, et souvent répétitifs.
With the hush of falling leaves,
Casting shivering shadows
On the houses through the trees,
And the light from a street lamp
Paints a pattern on my wall,
Like the pieces of a puzzle
Or a child's uneven scrawl
[…]
Un texte troublant, presque dérangeant, de Paul Simon, évoquant le peu de contrôle que nous pouvons avoir sur le déroulement de notre vie. Il ne s’agit pas d’une vision simpliste ou fataliste du « destin », mais des « ingrédients » dont nous sommes faits et du contexte dans lequel nous évoluons. Paul Simon compare la voie que nous suivons au labyrinthe dans lequel on fait courir les rats (pour l’étude de l’apprentissage, de la mémoire, et du conditionnement). Nos désirs, nos peurs, nos réactions, sont prévisibles et, s’il nous arrive de corriger notre comportement, c’est, comme le rat de laboratoire, par « conditionnement négatif », lorsque la même erreur nous a, plusieurs fois, confrontés à la même sanction. Des choix libres et conscients nous sont possibles, certes, lorsque par exemple, au restaurant, nous avons à choisir entre dessert et fromage… mais cela ne va pas beaucoup plus loin. Oscar Wilde disait « Je peux résister à tout… sauf à la tentation », et la vertu n’est parfois que l’issue d’une confrontation entre peur et désir, lorsque la première l’emporte ou que le second s’estompe. Bien souvent, le nombre et la complexité des influences plus ou moins contradictoires qui s’exercent sur nous peut faire passer l’imprévisible pour l’expression d’une liberté quand il ne s’agit que d’un « chaos déterministe ». Certains en sont arrivés à se donner pour but une forme de sérénité obtenue par l’abrogation des désirs. Ceux-ci sont pourtant le principal moteur de nos actions – les meilleures comme les pires. Rechercher le bonheur, c’est accepter la possibilité de la souffrance. Renoncer à l’un par peur de l’autre est une façon de se retirer de la vie. Courir dans le labyrinthe n’est pas vraiment la solution. Que faire ? Il n’y a pas de solution – miracle… mais quand le rat parvient à sortir du labyrinthe, c’est que sa mémoire lui a permis de reconnaître les voies qu’il a déjà parcourues, et de leur préférer les autres pour courir vers de nouvelles erreurs – et une issue.
Schémas
Quand la nuit tombante
Sans bruit comme une feuille morte
Projette l’ombre tremblante
Des grands arbres sur ma porte
La lumière d’un lampadaire
Trace un schéma au mur blanc
Comme un puzzle de mystère
Ou l’ gribouillis d’un enfant
En haut d’un p’tit escalier
Dans ma chambre minuscule
Je gis sur mon lit, et
A la lueur du crépuscule
Sur le mur blanc s’inscrit
Ce que mon regard suit :
Le schéma de ma vie
Et le puzzle que je suis
Je dois, dès que je suis né
Jusqu’au jour où je mourrai
Sur ce schéma cheminer
Comme je dois respirer
Comme le dédale du rat
Ma voie est devant moi
Et le schéma ne changera
Qu’à la mort du rat
Dans l’ombre qui s’épaissit
Le schéma que je dois suivre
Reste et c’est très bien ainsi
Car dans l’ombre je dois vivre
Comme la couleur de ma peau
Ou le jour de mon trépas
Ma vie est faite de schémas
Que je ne contrôle pas
(Traduction – Adaptation :Polyphrène)
PS : Je me suis heurté à de grandes difficultés pour traduire cette chanson. « Schéma » n’est pas la meilleur traduction de « Pattern » mais, outre les contraintes de la rime, j’ai préféré éviter d’autres termes (comme « Patron ») dont les connotations sont différentes. Il faut comprendre ici « Schéma » comme une série de cheminements prédéterminés, et souvent répétitifs.
lundi 1 novembre 2010
The Land of Plenty
Don't really have the courage
To stand where I must stand.
Don't really have the temperament
To lend a helping hand.
Don't really know who sent me
To raise my voice and say:
May the lights in The Land of Plenty
Shine on the truth some day.
[…]
Chanson fractale !
C’est à Léonard Cohen que revient ma 200ème traduction, en gage de reconnaissance pour ses mélodies qui m’ont entraîné sur le chemin de ses textes où, guidé par les amis du Forum, sur le « Site Français de Léonard Cohen », je découvre les images fractales de l’âme, de la société, et du monde.
« Land of Plenty » signifie en fait « Pays de Cocagne », mais la connotation de rêve et d’illusion n’est peut-être appropriée ici, car le rêve des uns est la réalité des autres, dans ce monde où les richesses sont si mal partagées.
Comme toujours, les chansons de Léonard Cohen se prêtent à de multiples lectures, et l’actualité peut en donner un éclairage politique, lorsque la lutte contre l’immigration refoule les « ressortissants » des pays « en voie de développement » vers la prison de leur pauvreté.
A l’échelle de l’individu aussi, l’opposition que souligne Léonard Cohen entre l’abondance et la vérité trouve aussi tout son sens, dans la faille qui sépare nos actes de nos promesses lorsque toute chose a un prix, comme dans le fossé qui sépare nos mots de nos pensées.
Le Pays d’Abondance
J(e)’ n’ai pas vraiment le courage
Du rôle qui est le mien
J(e)’ n’ai pas vraiment le sens du partage
Et de tendre la main
(Je) n’ sais pas vraiment qui m’envoie
Ici pour proclamer
Qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
(Je) n’ sais pas pourquoi je suis là
Sachant comme moi
C’ que tu penses vraiment de moi
C’ que je pense vraiment de toi
Pour les millions dans une prison
Que la richesse chasse ailleurs
Pour le Christ que son ascension
N’élève pas du creux du cœur
Pour l’obligatoire décision
La plus intime qui soit
Pour nos restes de religion
Je prie à haute voix
Pour qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
Je devais te retrouver,
Je sais, au magasin
Mais je n’ peux pas l’acheter
Je n’en ai plus les moyens
Et je n’ sais pas vraiment qui m’envoie
Ici pour proclamer
Qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
Pour l’obligatoire décision
La plus intime qui soit
Pour nos restes de religion
Je prie à haute voix
Pour qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
(Traduction – Adaptation :Polyphrène)
To stand where I must stand.
Don't really have the temperament
To lend a helping hand.
Don't really know who sent me
To raise my voice and say:
May the lights in The Land of Plenty
Shine on the truth some day.
[…]
Chanson fractale !
C’est à Léonard Cohen que revient ma 200ème traduction, en gage de reconnaissance pour ses mélodies qui m’ont entraîné sur le chemin de ses textes où, guidé par les amis du Forum, sur le « Site Français de Léonard Cohen », je découvre les images fractales de l’âme, de la société, et du monde.
« Land of Plenty » signifie en fait « Pays de Cocagne », mais la connotation de rêve et d’illusion n’est peut-être appropriée ici, car le rêve des uns est la réalité des autres, dans ce monde où les richesses sont si mal partagées.
Comme toujours, les chansons de Léonard Cohen se prêtent à de multiples lectures, et l’actualité peut en donner un éclairage politique, lorsque la lutte contre l’immigration refoule les « ressortissants » des pays « en voie de développement » vers la prison de leur pauvreté.
A l’échelle de l’individu aussi, l’opposition que souligne Léonard Cohen entre l’abondance et la vérité trouve aussi tout son sens, dans la faille qui sépare nos actes de nos promesses lorsque toute chose a un prix, comme dans le fossé qui sépare nos mots de nos pensées.
Le Pays d’Abondance
J(e)’ n’ai pas vraiment le courage
Du rôle qui est le mien
J(e)’ n’ai pas vraiment le sens du partage
Et de tendre la main
(Je) n’ sais pas vraiment qui m’envoie
Ici pour proclamer
Qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
(Je) n’ sais pas pourquoi je suis là
Sachant comme moi
C’ que tu penses vraiment de moi
C’ que je pense vraiment de toi
Pour les millions dans une prison
Que la richesse chasse ailleurs
Pour le Christ que son ascension
N’élève pas du creux du cœur
Pour l’obligatoire décision
La plus intime qui soit
Pour nos restes de religion
Je prie à haute voix
Pour qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
Je devais te retrouver,
Je sais, au magasin
Mais je n’ peux pas l’acheter
Je n’en ai plus les moyens
Et je n’ sais pas vraiment qui m’envoie
Ici pour proclamer
Qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
Pour l’obligatoire décision
La plus intime qui soit
Pour nos restes de religion
Je prie à haute voix
Pour qu’aux feux du pays d’abondance
Brille la vérité
(Traduction – Adaptation :Polyphrène)
samedi 30 octobre 2010
In My Secret Life
I saw you this morning.
You were moving so fast.
Can't seem to loosen my grip
On the past.
And I miss you so much.
There's no one in sight.
And we're still making love
In My Secret Life.
[…]
La vie secrète ? Plusieurs auteurs ont utilisé ce terme comme titre de leur biographie pour attirer le lecteur vers des révélations plus ou moins torrides ou croustillantes.
Ce n’est pas du tout ainsi que l’entend Léonard Cohen, qui évoque l’être fidèle, sincère, pur et bon que nous voudrions trouver au fond de nous-même. Léonard Cohen a souvent mis en scène la dure confrontation entre nos aspirations et la réalité de notre être, avec ses peurs, ses compromissions, et ses bassesses. Ici, il souligne notre idéal intérieur, que la vie en société nous force peu ou prou à cacher : il faut hurler avec les loups, tourner avec le vent, dissimuler ses sentiments, faire allégeance aux puissants, et faire mine de croire ce qu’impose la pensée unique ou dominante.
Cette chanson (de Léonard Cohen et Sharon Robinson) fait l’objet d’une analyse très systématique et pertinente par Anja Emmerson, et mes bavardages sont donc superflus. Je me contenterai de souligner la façon dont la mélodie lancinante et la voix très grave de Léonard Cohen mettent en exergue la profonde sincérité du texte. D’autres chanteurs ou chanteuses dont Katie Melua, ont repris cette chanson, en fonction de leur propre personnalité, mais l’effet est toujours remarquable.
Dans ma Vie Secrète
Je t’ai vue ce matin,
Tu étais si pressée
Malgré moi, je me retiens
Au passé
Tu me manques toujours
J(e)' n’ai personne en tête
Nous f(ai)'sons toujours l’amour
Dans ma vie secrète
Sourire bien qu’en colère
Tricher et mentir
Je fais tout ce qu’il faut faire
Pour tenir
Mais je sais distinguer
Bien et mal dans ma tête
Dans ma vie secrète
Tiens bon, tiens bon, toi, mon frère
Toi ma sœur, tiens-toi prête
J’ai enfin reçu mes ordres, hier
D(e)’ marcher la matinée entière
Et la nuit complète
Et franchir les frontières
De ma vie secrète
Lire les informations
Te tirerait des pleurs
Les gens se moquent bien que l’on
Vive ou meure
Et le vendeur veut que tu penses
Que c’est blanc ou noir. En fait,
Dieu merci, il y a des nuances
Dans ma vie secrète
Je serre les dents
J’achète ce qu’on veut
Du dernier tube dans l’ vent
A la sagesse des vieux
Mais je reste isolé
De froid, mon cœur s’arrête
C’est bondé, c’est gelé
Dans ma vie secrète
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
You were moving so fast.
Can't seem to loosen my grip
On the past.
And I miss you so much.
There's no one in sight.
And we're still making love
In My Secret Life.
[…]
La vie secrète ? Plusieurs auteurs ont utilisé ce terme comme titre de leur biographie pour attirer le lecteur vers des révélations plus ou moins torrides ou croustillantes.
Ce n’est pas du tout ainsi que l’entend Léonard Cohen, qui évoque l’être fidèle, sincère, pur et bon que nous voudrions trouver au fond de nous-même. Léonard Cohen a souvent mis en scène la dure confrontation entre nos aspirations et la réalité de notre être, avec ses peurs, ses compromissions, et ses bassesses. Ici, il souligne notre idéal intérieur, que la vie en société nous force peu ou prou à cacher : il faut hurler avec les loups, tourner avec le vent, dissimuler ses sentiments, faire allégeance aux puissants, et faire mine de croire ce qu’impose la pensée unique ou dominante.
Cette chanson (de Léonard Cohen et Sharon Robinson) fait l’objet d’une analyse très systématique et pertinente par Anja Emmerson, et mes bavardages sont donc superflus. Je me contenterai de souligner la façon dont la mélodie lancinante et la voix très grave de Léonard Cohen mettent en exergue la profonde sincérité du texte. D’autres chanteurs ou chanteuses dont Katie Melua, ont repris cette chanson, en fonction de leur propre personnalité, mais l’effet est toujours remarquable.
Dans ma Vie Secrète
Je t’ai vue ce matin,
Tu étais si pressée
Malgré moi, je me retiens
Au passé
Tu me manques toujours
J(e)' n’ai personne en tête
Nous f(ai)'sons toujours l’amour
Dans ma vie secrète
Sourire bien qu’en colère
Tricher et mentir
Je fais tout ce qu’il faut faire
Pour tenir
Mais je sais distinguer
Bien et mal dans ma tête
Dans ma vie secrète
Tiens bon, tiens bon, toi, mon frère
Toi ma sœur, tiens-toi prête
J’ai enfin reçu mes ordres, hier
D(e)’ marcher la matinée entière
Et la nuit complète
Et franchir les frontières
De ma vie secrète
Lire les informations
Te tirerait des pleurs
Les gens se moquent bien que l’on
Vive ou meure
Et le vendeur veut que tu penses
Que c’est blanc ou noir. En fait,
Dieu merci, il y a des nuances
Dans ma vie secrète
Je serre les dents
J’achète ce qu’on veut
Du dernier tube dans l’ vent
A la sagesse des vieux
Mais je reste isolé
De froid, mon cœur s’arrête
C’est bondé, c’est gelé
Dans ma vie secrète
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)
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