lundi 13 juin 2011

Hello, Goodbye

You say yes, I say no
You say stop and I say go, go, go
Oh, no
You say goodbye and I say hello
Hello, hello
I don't know why you say goodbye, I say hello
Hello, hello
I don't know why you say goodbye, I say hello

I say high, you say low
You say why, and I say I don't know
Oh, no
You say goodbye and I say hello
Hello, hello
I don't know why you say goodbye, I say hello
Hello, hello
I don't know why you say goodbye, I say hello

Why, why, why, why, why, why
Do you say good bye
Goodbye, bye, bye, bye, bye

Oh, no
You say goodbye and I say hello
Hello, hello
I don't know why you say goodbye, I say hello
Hello, hello
I don't know why you say goodbye, I say hello
Hello, hello
I don't know why you say goodbye I say hello
Hello
Hela, heba helloa
Hela, heba helloa




Il n’a fallu guère plus de trois ou quatre mots aux Beatles pour faire cette chanson sur les difficultés de communication lorsque le choix des termes devient une manifestation de différence ou d’opposition. La balance de l’ambivalence des sentiments penche parfois du mauvais côté, et chacun, inconsciemment, cherche à prendre l’autre en défaut et à paraître en victime. Pourtant, il suffirait de retourner les mots comme les pierres au bord du chemin pour découvrir ce qu’ils cachent : un enchevêtrement de sentiments en apparence contradictoires (« Je t’aime – Je me déteste – Je te déteste – Je m’aime… ») et qui pourtant cohabitent en nous depuis toujours. Et nous savons bien que ce n’est pas facile, que rien n’est parfait, que rien n’est jamais acquis, et qu’il faut reconstruire jour après jour, mais nous sommes tentés de provoquer chez l’autre la réaction excessive qui donnerait raison à notre lâcheté. L’agressivité envers les autres est souvent proportionnelle à la haine de soi.
Pourquoi ne pas s’arrêter un moment au bord du chemin pour retourner les pierres ?


Adieu, Bonjour

Tu es contre, je suis pour
Tu dis « stop », et je dis « cours, cours, cours »
Oh, Non
Tu dis « Adieu », et je dis « Bonjour »
Bonjour, bonjour
Je n’ sais pourquoi tu dis « Adieu », je dis « Bonjour »
Bonjour, bonjour
Je n’ sais pourquoi tu dis « Adieu », je dis « Bonjour »

Je dis « long », tu dis « court »
Toi « Pourquoi ? », je réponds « Je l’ignore »
Oh, Non
Tu dis « Adieu », et je dis « Bonjour »
Bonjour, bonjour
Je n’ sais pourquoi tu dis « Adieu », je dis « Bonjour »
Bonjour, bonjour
Je n’ sais pourquoi tu dis « Adieu », je dis « Bonjour »

Pourquoi, pourquoi, pourquoi
Donc dis-tu « Adieu » ?
Adieu, adieu, adieu

Oh, Non
Tu dis « Adieu », et je dis « Bonjour »
Bonjour, bonjour
Je n’ sais pourquoi tu dis « Adieu », je dis « Bonjour »
Bonjour, bonjour
Je n’ sais pourquoi tu dis « Adieu », je dis « Bonjour »
Bonjour, bonjour
Je n’ sais pourquoi tu dis « Adieu », je dis « Bonjour »

Adieu, adieu, adieu
Adieu, adieu, adieu

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 12 juin 2011

Blackbird

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise

Blackbird singing in the dead of night
Take these sunken eyes and learn to see
All your life
You were only waiting for this moment to be free

Blackbird fly, blackbird fly
Into the light of the dark black night

Blackbird fly, blackbird fly
Into the light of the dark black night

Blackbird singing in the dead of night
Take these broken wings and learn to fly
All your life
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise
You were only waiting for this moment to arise



Très belle chanson des Beatles (John Lennon, Paul McCartney), dont je dédie la traduction à ma fille.
Quelle étrange beauté est celle du chant solitaire du rossignol au printemps ! Au plus noir de la nuit, il égrène ses notes avec insistance, répétant sans fin son message. Il module en vain sa lancinante mélodie, et son chant sans écho résonne dans l’âme de celui qui n’a pas pu trouver le sommeil.
L’air est immobile et les étoiles sont impassibles.
Inlassablement, l’oiseau invisible lance son appel, et attend la réponse que l’auditeur noctambule n’entendra jamais.
Dans le silence et l’obscurité de la nuit, sa chanson obstinée est une leçon d’espoir.


Merle Noir

Merle chantant par nuit étoilée
Aux ailes brisées apprends à voler
Toute ta vie
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi

Merle chantant dans la nuit si noire
A ces yeux crevés apprends à voir
Toute ta vie
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi

Merle vole, merle vole
Vers la lumière d’une nuit sans étoile

Merle vole, merle vole
Vers la lumière d’une nuit sans étoile

Merle chantant par nuit étoilée
Aux ailes brisées apprends à voler
Toute ta vie
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi
C’est ce seul rêve que tu as toujours poursuivi

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 11 juin 2011

It’s Five O’Clock

It's five o'clock
And I walk
Through the empty streets
Thoughts fill my head
But then still
No one speaks to me
My mind takes me back
To the years that have passed me by
[interlude]

It is so hard to believe
That it's me
That I see
In the window pane
It it so hard to believe
That all this is the way
That it has to be

It's five o'clock
And I walk
Through the empty streets
The night is my friend
And in him
I find sympathy

Thus so
And so I go back
To the years that have past me by
[interlude]

It is so hard to believe
That it's me
That I see
In the window pane
It it so hard to believe
That all this is the way
That it has to be

It's five o'clock
And I walk
Through the empty streets
The night is my friend
And in him I find sympathy
He gives me day
Gives me hope
And a little dream too



Des pas qui résonnent sur le pavé dans le silence de la nuit, des ombres qui s’allongent et se déforment sous les réverbères, et ces reflets mouvants, trompeurs et inquiétants dans les flaques d’eau où la lune se mire… La solitude tout autour, et le tumulte des souvenirs et des regrets au fond de l’âme. Il est cinq heures. Ce n’est pas Paris qui s’éveille, mais la déambulation nocturne chantée par les Aphrodite’s Child. Lorsque la solitude pèse sur notre âme comme un manteau de plomb, lorsque notre pensée s’égare dans le dédale du passé et s’arrête sur la tombe de nos espoirs et de nos amours, vient cette irrésistible envie  de partir, de marcher, d’errer pour prolonger la nuit qui nous cache le monde et anéantit le temps.
(Aux marcheurs de la nuit qui espèrent l'aube, je suggère une visite à Jean Lapierre)


Il Est Cinq Heures

Il est cinq heures
Promeneur
Dans les rues désertes
Seul, dans ma tête
La tempête
Nul à qui parler
Je pense à ces
Années que je n’ai pas vu passer

C’est dur de croire
Que c’est moi
Que je vois
En reflet
Dans cette vitrine
C’est dur de croire
Que ce soit
Comme cela que tout doit
Passer dans la vie

Il est cinq heures
Promeneur
Dans les rues désertes
La nuit
Est pour moi
Un ami
Plein de sympathie

C’est dur de croire
Que c’est moi
Que je vois
En reflet
Dans cette vitrine
C’est dur de croire
Que ce soit
Comme cela que tout doit
Passer dans la vie

Il est cinq heures
Promeneur
Dans les rues désertes
La nuit
Est pour moi
Un ami
Plein de sympathie
Elle donne jour
A l’espoir
Et aux rêves dont je vis

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

dimanche 5 juin 2011

What a Diff’rence A Day Made


What a difference a day made
Twenty-four little hours
Brought the sun and the flowers
Where there used to be rain

My yesterday was blue, dear
Today I'm part of you, dear
My lonely nights are through, dear
Since you said you were mine

What a difference a day makes
There's a rainbow before me
Skies above can't be stormy
Since that moment of bliss, that thrilling kiss

It's heaven when you find romance on your menu
What a difference a day made
And the difference is you

What a difference a day makes
There's a rainbow before me
Skies above can't be stormy
Since that moment of bliss, that thrilling kiss

It's heaven when you find romance on your menu
What a difference a day made
And the difference is you

Et voici la 250ème traduction de Polyphrène !
"What a Diff'rence a Day Made" est l’adaptation en langue anglaise, par Stanley Adams, de la chanson populaire mexicaine « Cuando Vuelva A Tu Lado » de María Grever en 1934. Son succès fut assuré en anglais par The Dorsey Brothers en 1934, puis par Dinah Washington (photo) en 1959. L’interprétation d’Esther Phillips en 1975, plus rapide et plus rythmée, résonne encore dans toutes les oreilles.

Tant de choses peuvent en effet changer en un jour ! Notre vie est jalonnée de ces événements qui marquent un « avant » et un « après ». Certains étaient attendus, prévus, anticipés et l’expectation ne les rendait que plus désirés (mariage, naissance, diplôme… ) ou redoutés (un départ, le décès d’un proche malade). D’autres sont survenus sans préavis et nous ont frappés comme la foudre (un accident, l’annonce de la maladie… ).

« What a Diff’rence a Day Made » chante résolument le bouleversement définitif qu’apporte l’amour dans une vie, éclairant d’une lumière chaude les moindres détails, transfigurant la banalité quotidienne, donnant un sens à toute chose.
Quand l’amour est passé dans un cœur, on en trouve toujours les traces… comme celles de l’eau sur une planète aride.


Un Jour Fait la Différence

Un jour fait la différence
Ces vingt-quatre petites heures
Nous offrent soleil et fleurs
Au lieu de pluie et malchance

Jadis, mes jours étaient gris
Aujourd’hui, tout me sourit
Je n’ me sens plus seule de nuit
Depuis qu’on s’est dit oui

Un jour fait la différence
L’arc en ciel de notre alliance
Au ciel toujours s’élance
Depuis ce baiser, quel bonheur intense

C’est le paradis quand l’amour est au menu
Un jour fait la différence
Et quelle différence fais-tu !

Un jour fait la différence
L’arc en ciel de notre alliance
Au ciel toujours s’élance
Depuis ce baiser, quel bonheur intense

C’est le paradis quand l’amour est au menu
Un jour fait la différence
Et quelle différence fais-tu !

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 4 juin 2011

A Guy Is A Guy

I walked down the street like a good girl should
He followed me down the street like I knew he would
Because a guy is a guy wherever he may be
So listen and I'll tell you what this fella did to me


I walked to my house like a good girl should
He followed me to my house like I knew he would
Because a guy is a guy wherever he may be
So listen while I tell you what this fella did to me


I never saw the boy before
So nothin' could be sillier
At closer range his face was strange
But his manner was familiar

So I walked up the stairs like a good girl should
He followed me up the stairs like I knew he would
Because a guy is a guy wherever he may be
So listen and I'll tell you what this fella did to me


I stepped to my door like a good girl should
He stopped at my door like I knew he would
Because a guy is a guy wherever he may be
So listen while I tell you what this fella did to me


He asked me for a good-night kiss
I said, "It's still good day"
I would have told him more except
His lips got in the way

So I talked to my ma like a good girl should
And Ma talked to Pa like I knew she would
And they all agreed on a married life for me
The guy is my guy wherever he may be

So I walked down the aisle like a good girl should
He followed me down the aisle like I knew he would
Because a guy is a guy wherever he may be
And now you've heard the story of what someone did to me

And that's what he did to me

 


Chanson ingénue, chanté notamment par Doris Day en 1951, « A Guy Is A Guy » a été rédigée par Oscar Brand, à partir d’une chanson Anglaise datée de 1719 : "I Went To the Alehouse (A Knave Is A Knave)", déjà transformée en chanson paillarde par les soldats lors de la seconde guerre mondiale ("A Gob Is A Slob"). Autrement dit, il s’agit ici d’une version très « sage » bien que malicieuse, et les vidéos que l’on peut trouver sur Internet sont délicieusement surannées : Les auditeurs libidineux restent sur leur faim !


Un Mec Est Un Mec

Je descendais la rue comme une âme pure
Il m’a suivie dans la rue comme j’en étais sure
Parce qu’un mec reste un mec, toujours et où que ce soit
Je vais vous raconter ce que m’a fait ce gars là

Je rentrais chez moi comme une âme pure
Il m’a suivie jusque là comme j’en étais sure
Parce qu’un mec reste un mec, toujours et où que ce soit
Je vais vous raconter ce que m’a fait ce gars là

Je n’ l’avais jamais vu avant
Alors, quoi de plus imprudent ?
Son expression était curieuse
Ses manières étaient audacieuses

Je montais l’escalier comme une âme pure
Et il monta derrière moi comme j’en étais sure
Parce qu’un mec reste un mec, toujours et où que ce soit
Je vais vous raconter ce que m’a fait ce gars là

J’allais à ma porte comme une âme pure
Il vint jusqu’à ma porte comme j’en étais sure
Parce qu’un mec reste un mec, toujours et où que ce soit
Je vais vous raconter ce que m’a fait ce gars là

L’ baiser du soir, il réclamait
J’ai dit « C’ n’est pas l’heure », et
J’aurais voulu en dire plus mais
Ses lèvres m’en empêchaient

Je l’ai dit à maman comme une âme pure
Que l’a dit à papa comme j’en étais sure
Ils tombèrent d’accord sur le mariage pour moi
Ce mec est mon mec, toujours, où que ce soit

Donc j’ai marché vers l’autel comme une âme pure
Il m’a suivi à l’autel comme j’en étais sure
Parce qu’un mec reste un mec, toujours et où que ce soit
Et maintenant vous savez ce que m’a fait ce gars là

C’est c’ que m’a fait ce gars là

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)


Something's Happening

Something is happening
And it started happening when you walked by-yi-yi
Something is happening
And it's changing everything, do you know why-yi-yi

Soon as you started to kiss me
Something new suddenly hit me
The world over it's always happening
The same sort of thing to others, too
Something is happening to me
And I only hope the same thing is happening to you

Something is happening
Exiting, bewildering, you must know why-yi-yi
Something is happening
I can't think of anything but you and I-I-I

What begins these lovin' notions
You do things to my emotions
I can't help, whatever is happening
There's nothing about it I can do
Something is happening to me
And I only hope the same thing is happening to you

I-yi-yi-yi, i-yi-yi-yi

Soon as you started to kiss me
Something new suddenly hit me
The world over it's always happening
The same sort of thing to others, too
Something is happening to me
And I only hope the same thing is happening to you

I-yi-yi-yi, i-yi-yi-yi

What begins these lovin' notions
You do things to my emotions
I can't help, whatever is happening
There's nothing about it I can do
Something is happening to me
And I only hope the same thing is happening to you

Doo-doot, doo-doot, doo-doot-doot, doo-doot ...


 

La mélodie de cette chanson (écrite par J Fishman, G Bigazzi, et R Del Turco) est très connue en France car elle fut adaptée par P Delanoe et chantée par Joe Dassin sous le titre « Le Petit Pain au Chocolat », une charmante petite histoire de jeune boulangère amoureuse de son client myope et distrait.
Le texte original est très différent et plus banal, mais ce fut néanmoins l’un des succès des « Herman’s Hermits », à qui l’on doit surtout « No Milk Today », au milieu des années 60.


Quelque Chose M’Arrive

Quelque chose m’arrive, et
C’est depuis que je t’ai vue passer par là, la la la la
Quelque chose m’arrive, et
Ca va vraiment tout changer, sais-tu pourquoi, la la la la

Car, dès que tu m’as embrassé
Ce quelque chose m’a frappé
Et il arrive, dans le monde entier
La même chose aux autres, tu sais
Quelque chose m’est arrivée
Et je souhaite que la même chose puisse bientôt t’arriver

Quelque chose m’arrive, et
C’est épatant, excitant, sais-tu pourquoi, la la la la
Quelque chose m’arrive, et
Je ne pense à rien d’autre que toi et moi, la la la la

D’où proviennent amour et passion
Tu bouscules mes émotions
Je n’y peux rien, quoi qu’il puisse arriver
C’est trop fort : je ne peux pas résister
Quelque chose m’arrive, et
Et je souhaite que la même chose puisse bientôt t’arriver

I-yi-yi-yi, i-yi-yi-yi

Car, dès que tu m’as embrassé
Ce quelque chose m’a frappé
Et il arrive, dans le monde entier
La même chose aux autres, tu sais
Quelque chose m’est arrivée
Et je souhaite que la même chose puisse bientôt t’arriver

I-yi-yi-yi, i-yi-yi-yi

D’où proviennent amour et passion ?
Tu bouscules mes émotions
Je n’y peux rien, quoi qu’il puisse arriver
C’est trop fort : je ne peux pas résister
Quelque chose m’arrive, et
Et je souhaite que la même chose puisse bientôt t’arriver

Doo-doot, doo-doot, doo-doot-doot, doo-doot ...

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

jeudi 2 juin 2011

(Sittin’ on) The Dock of the Bay

Sittin' in the mornin' sun
I'll be sittin' when the evenin' come
Watching the ships roll in
And then I watch 'em roll away again, yeah

I'm sittin' on the dock of the bay
Watching the tide roll away
Ooo, I'm just sittin' on the dock of the bay
Wastin' time

I left my home in Georgia
Headed for the 'Frisco bay
'Cause I've had nothing to live for
And look like nothin's gonna come my way

So I'm just gonna sit on the dock of the bay
Watching the tide roll away
Ooo, I'm sittin' on the dock of the bay
Wastin' time

Look like nothing's gonna change
Everything still remains the same
I can't do what ten people tell me to do
So I guess I'll remain the same, yes

Sittin' here resting my bones
And this loneliness won't leave me alone
It's two thousand miles I roamed
Just to make this dock my home

Now, I'm just gonna sit at the dock of the bay
Watching the tide roll away
Oooo-wee, sittin' on the dock of the bay
Wastin' time

(whistle)



Le plus grand succès des toutes les chansons de Otis Redding (écrit avec Steve Cropper) est survenu, malheureusement, peu de temps après sa mort, à l’âge de 26 ans, dans un accident d’avion (le 10 décembre 1967).
Cette forme de résignation nostalgique, évoquant comment l’espoir d’une vie vient s’échouer au bord de l’océan infranchissable de toutes les causes d’exclusion, donne tout son sens à l’expression « tuer le temps ». Lorsque tout est nié, jusqu’au droit au travail et à un rôle dans la communauté, la vie se réduit à un va-et-vient prévisible et immuable comme un compte à rebours : les bateaux entrent au port puis le quittent, la marée monte puis redescend, le soleil se lève puis se couche, on inspire… puis on expire, et c’est tout !


Dans la Baie Assis sur le Quai

Assis dès l’aube au soleil
Le soir venu ce sera pareil
Les bateaux qui arrivent
Je les verrai plus tard quitter la rive

Dans la baie, assis au bord du quai
Je regarde la marée
Oh, dans la baie, je suis assis sur le quai
Tuant le temps

J’ai quitté ma Géorgie pour
Vers San Francisco descendre
Car je n’avais rien à y faire
Mais je crois que je vais toujours attendre

Je reste donc dans la baie, assis sur le quai
A regarder la marée
Oh, dans la baie, je suis assis sur le quai
Tuant le temps

Rien ne va jamais changer
Il semble que tout soit figé
Je n’peux pas faire tout ce qu’on me dit de faire
Je n’ crois donc pas pouvoir changer

Assis là, chauffant mes os
J’ai, cette solitude toujours sur mon dos
Traversé l’Amérique et
J’ai échoué sur ce quai

Oui, je vais rester dans la baie, assis sur le quai
A regarder la marée
Oh Oui, dans la baie, assis sur le quai
Tuant le temps

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)