"You are always on my mind!"

vendredi 27 février 2009

Six Days on the Road


"Well I pulled out of Pittsburgh headin' down that Eastern seaboard
I got my diesel wound up and she's running like never before
There's a speed zone ahead but all right
I don't see a cop in sight
Six days on the road and I'm gonna make it home tonight."
[...]




Cette chanson de Earl Green et Peanut Montgomery a été immortalisée par Dave Dudley, et s'est imposée comme un véritable hymne auprès des chauffeurs routiers américains.
Le rythme entraînant et martelé, et la diction particulière de Dave Dudley, mêlés au jargon des camionneurs américains, sont superbement représentatifs.
On peut en outre s'amuser un peu du politiquement correct / incorrect de ce texte.

Ce qui, il y a quelques décennies, était toléré avec une bienveillance amusée ne le serait, bien heureusement, plus aujourd'hui : le chauffeur se vantant de ses excès de vitesse, de la surcharge de son camion et de sa façon de tricher lors de la pesée, sans parler des "petites pilules blanches" qui le tiennent éveillé...
Tout cela paraît maintenant choquant, car la sécurité routière n'est plus prise à la légère.

Inversement, l'allusion aux routiers interrégionaux ou internationaux qui émaillent leurs longs parcours d'aventures féminines plus ou moins exotiques, reste très pudique et "correcte", le chanteur assurant "qu'il n'est pas comme cela, lui !".

Cette chanson est donc bien représentative de son époque... révolue.

O tempora, O mores !

PS 1 : J'avoue, à ma grande honte, avoir été incapable de traduire fidèlement certains termes de l'argot ou du jargon des routiers américains. "A Jimmy and a White" désignent respectivement un "tracteur" GMC et un White Freightliner. Merci à Hugh Hood pour ses éclaircissements.

PS 2 : Au hasard de mes recherches sur le Web, j'ai trouvé la version chantée par Claude François. Plus rien à voir avec les chauffeurs routiers : c'est une mélopée un peu sirupeuse et narcissique, relatant les états d'âme de la "star" en tournée et poursuivie par les fans ! J'apprécie modérément, et j'y trouve une raison de plus de restituer aux amateurs francophones le sens originel (et plus original) de la chanson anglaise.



Six Jours sur la Route

Depuis Pittsburgh, de descends sur la côte orientale.
J’ai fait régler mon diesel ; il tourne avec un bruit musical.
Je roule un peu trop vite, mais, bon,
Pas de flic à l’horizon !
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Une boîte à dix vitesses, dont une surmultipliée.
J’ai pris de p’tites pilules blanches ; j’ai les yeux écarquillés.
Je double un semi et un fourgon,
Et tout ce qui s’pointe à l’horizon.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Comme le dernier baiser de ma chérie me semble lointain.
Je pourrais avoir d’autres femmes, mais je ne suis pas comme certains
Qui ne pensent qu’à courir le jupon,
Mais je ne peux pas croire qu’ils aient raison.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Il y a un contrôle avec un radar.
Je suis en surcharge et mon mouchard a trois jours d’retard.
Ca m’est égal, de toute façon,
Je sais faire peser mon camion.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

Oui, ma caisse est un peu vieille,
Mais elle fait des merveilles,
Avec des détonations
D’la fumée noire comme du charbon.
J’vois ma ville à l’horizon,
Si tu m’crois heureux, t’as raison.
Six jours sur la route et je s’rai ce soir à la maison.

(Traduction : Polyphrène)

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