The rain falls down on last year's man,
That's a jew's harp on the table, that's a crayon in his hand.
And the corners of the blueprint are ruined since they rolled
Far past the stems of thumbtacks that still throw shadows on the wood.
And the skylight is like skin for a drum I'll never mend
And all the rain falls down Amen
On the works of last year's man.
I met a lady, she was playing with her soldiers in the dark
Oh one by one she had to tell them that her name was Joan of Arc.
I was in that army, yes I stayed a little while;
I want to thank you, Joan of Arc,
For treating me so well.
And though I wear a uniform I was not born to fight;
All these wounded boys you lie beside, goodnight, my friends, goodnight.
I came upon a wedding that old families had contrived;
Bethlehem the bridegroom, Babylon the bride.
Great Babylon was naked, oh she stood there trembling for me,
And Bethlehem inflamed us both like a shy one at some orgy.
And when we fell together all our flesh was like a veil
That I had to draw aside to see the serpent eat its tail.
Some women wait for Jesus, and some women wait for Cain
So I hang upon my altar and I hoist my axe again.
And I take the one who finds me back to where it all began
When Jesus was the honeymoon and Cain was just the man.
And we read from pleasant Bibles that are bound in blood and skin
That the wilderness is gathering all its children back again.
The rain falls down on last year's man,
An hour has gone by and he has not moved his hand.
But everything will happen if he only gives the word;
The lovers will rise up and the mountains touch the ground.
But the skylight is like skin for a drum I'll never mend
And all the rain falls down amen
On the works of last year's man.
Qui d'autre que Léonard Cohen pourrait avoir rédigé ce texte, écrit cette mélodie lancinante, et chanter cela d'une voix gutturale pour créer une atmosphère d'ombre et de mystère ? Le mystère est épais, en effet, et la traduction n'en est que plus difficile. Le sens étant obscur, chaque mot est supposé avoir un sens, et la traduction se doit de le respecter... au bénéfice du doute ! J'ai donc longtemps reporté à plus tard la traduction de ce texte, et j'ai dû accepter d'appauvrir la rime pour respecter le mot. A vous de juger (ou à l'auteur, s'il daignait se pencher sur mon modeste ouvrage) !
L’homme de l’an passé
Il pleut sur l’homme de l’an passé.
C’est une harpe juive sur la table, c’est un crayon dans ses doigts,
Et les esquisses sont écornées tant elles se sont enroulées
Bien au-delà des épingles dont l’ombre s’étend sur le bois,
Et le ciel est comme la peau d’un tambour à jamais percée
Et toute la pluie tombe sur, Amen
L’œuvre de l’homme de l’an passé.
J’ai vu une dame ; elle jouait dans l’ombre avec ses soldats.
Oh ! Un par un elle devait leur dire que son nom était Jeanne d’Arc
J’étais dans cette armée ; oui, quelque temps j’y suis resté
Je veux te remercier, Jeanne d’Arc, de m’avoir bien traité.
Mais bien que portant l’uniforme, je n’suis pas né pour la guerre ;
Tous ces blessés gisent à tes côtés ; bonsoir, amis, bonsoir.
J’ai rencontré des noces que de vieilles familles avaient conviées
Bethléhem était l’époux, Babylone la mariée.
Grande Babylone était là, tremblante pour moi, elle était nue
Et Bethléhem nous embrasa comme à une orgie l’ingénu.
Qand nous nous sommes affalés, nos chairs formaient un voile que
J’ai dû écarter pour trouver le serpent mordant sa queue.
Certaines femmes attendent Jésus, et d’autres attendent Caïn
Et sur l’autel, à nouveau, j’ai brandi ma hache en main
Je prends celui qui me retrouve au début de l’essentiel
Quand Caïn était juste l’homme et Jésus la lune de miel,
Et nous lisons dans de belles Bibles, réliées de sang et peau
Que le désert veut rassembler ses enfants à nouveau.
Il pleut sur l’homme de l’an passé
Une heure est passée, sa main n’a pas avancé,
Pourtant tout peut arriver si seulement il donne le nom;
Les amants surgiront, les montagnes s’aplaniront,
Mais le ciel est comme la peau d’un tambour à jamais percée
Et toute la pluie tombe sur, Amen
L’œuvre de l’homme de l’an passé
(Traduction – Adaptation : Polyphrène)












