dimanche 14 décembre 2008

There You Go

You're gonna break another heart, you're gonna tell another lie
Well here I am and there you go, you're gone again
I know you're gonna be the way you've always been
Breakin' hearts and tellin' lies is all you know
Another guy gives you the eye and there you go
There you go, you're gone again
I should have known, I couldn't win
There you go, you're by his side
You're gonna break another heart, you're gonna tell another lie

Because I love you so I take much more than I should take
I want you even though I know my heart is gonna break
You build me up and for a while I'm all a-glow
Then your fickle heart sees someone else and there you go
Thre you go, you're gone again
I should have known, I couldn't win
There you go, you're by his side
You're gonna break another heart, you're gonna tell another lie

 

Chanson fataliste, mais chanson d'amour. Johnny Cash reprend le thème de la trahison avec des accents de lassitude et de désespoir, soulignés par la raucité de sa voix et le ralentissement final du tempo.  

 

 

 Tu y vas

Tu vas briser un autre cœur, tu vas mentir une autre fois.
Nous y voilà, c’est reparti, plus fort que toi !
Je sais bien que, quoi qu’il arrive, tu ne changeras pas.
Briser les cœurs, dire des mensonges : c’est tout ton art.
Un homme pose sur toi son regard et tu démarres.
Et tu y vas ; c’est reparti !
J’ai encore perdu la partie !
Tu y vas ; tu es avec lui ;
Tu vas briser un autre cœur, tu vas mentir une autre fois.

Je t’aime tant que je supporte tout pour mon malheur ;
Je veux ton bonheur mais je sais qu’il va briser mon cœur.
Tu me rassures et, pour un temps, je vis d’espoir,
Puis ton cœur volage en voit un autre et tu démarres.
Et tu y vas ; c’est reparti !
J’ai encore perdu la partie !
Tu y vas ; tu es avec lui ;
Tu vas briser un autre cœur, tu vas mentir une autre fois.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)


Don't Think Twice, It's All Right

It ain't no use to sit and wonder why, babe
It don't matter, anyhow
An' it ain't no use to sit and wonder why, babe
If you don't know by now
When your rooster crows at the break of dawn
Look out your window and I'll be gone
You're the reason I'm trav'lin' on
Don't think twice, it's all right

It ain't no use in turnin' on your light, babe
That light I never knowed
An' it ain't no use in turnin' on your light, babe
I'm on the dark side of the road
Still I wish there was somethin' you would do or say
To try and make me change my mind and stay
We never did too much talkin' anyway
So don't think twice, it's all right

It ain't no use in callin' out my name, gal
Like you never did before
It ain't no use in callin' out my name, gal
I can't hear you any more
I'm a-thinkin' and a-wond'rin' all the way down the road
I once loved a woman, a child I'm told
I give her my heart but she wanted my soul
But don't think twice, it's all right

I'm walkin' down that long, lonesome road, babe
Where I'm bound, I can't tell
But goodbye's too good a word, gal
So I'll just say fare thee well
I ain't sayin' you treated me unkind
You could have done better but I don't mind
You just kinda wasted my precious time
But don't think twice, it's all right

 

 Comment laisser de côté cette célébrissime chanson de Bob Dylan ? Elle est d'autant plus incontournable que Hughes Aufray en a fait, en France, un succès majeur sous le titre de "N'y pense plus, tout est bien". Ce n'était certainement pas une bonne idée de ma part que de tenter de la traduire, dès lors que l'adaptation française de Hughes Aufray et Pierre Dorsey, très fidèle, dans l'ensemble, au texte original, a comblé le public francophone. En outre, il est difficile de "l'oublier" et ne pas se laisser influencer dans une traduction qui se veut plus littérale. C'est pourquoi j'ai longtemps laissé de côté ce texte dans la file d'attente de mes traductions. 

 Néanmoins, je souhaitais m'aventurer jusqu'au bout du texte de Bob Dylan pour tenter d'en percevoir les nuances avant de me risquer à les restituer en français. 

Bob Dylan, comme Hughes Aufray, évoquent l'incompréhension des êtres, et la "cinquième dimension" que constitue la Liberté, dimension à laquelle n'accèdent que les "aventuriers", libres comme le vent, sans lien ni racine. 

Pourtant, je ressens toujours une certaine gène, presque un malaise, face à cette vision très unilatérale des problèmes de communication entre ceux qui ont été, ou auraient pu être, des amants, lorsque le mâle épris de liberté abandonne sa partenaire d'un temps qui n'a pas su le comprendre (se hisser à son niveau). 

Ce thème évoque pour moi de multiples chansons, notamment le poème de Jean Richepin chanté de façon sublime par Georges Brassens: "Les oiseaux de passage". 

 De nombreuses chansons posent l'équation "liberté = solitude"... 

 Plus le temps passe, plus je regarde en moi-même, plus j'examine la route qui se déroule devant moi, et plus je considère que la solitude équivaut à la non - existence.  

Que vaut l'amour s'il n'est pas libre ?  

Que vaut la liberté si elle n'est pas partagée ?  

 

T’en fais pas, ça ira

À quoi bon se poser des questions, petite ?
Tout ça n’a plus d’importance !
À quoi bon se poser des questions, petite ?
Tu n’as pas vu l’évidence !
Quand ton coq chantera au petit matin
Regarde dehors : je serai loin.
Par ta faute, je reprends mon chemin.
T’en fais pas, ça ira.

À quoi bon allumer la lumière, petite ?
Lumière que je n’ai jamais vue…
À quoi bon allumer la lumière, petite ?
Je marche à l’ombre dans la rue.
Pourtant j’espérais de toi un mot ou un geste,
Pour me faire changer d’avis et que je reste,
Mais on n’a jamais su trop parler, du reste.
T’en fais pas, ça ira.

À quoi bon m’appeler par mon nom, petite ?
Il fallait le faire avant.
À quoi bon m’appeler par mon nom, petite ?
Je n’entends plus que le vent.
En chemin, je me dis que ce n’est pas un drame,
Tu n’étais qu’une enfant ; moi, j’aimais une femme,
Je t’ai donné mon cœur mais tu voulais mon âme.
T’en fais pas, ça ira.

Et je poursuis ma route solitaire,
Où va-t-elle ? C’est un mystère.
Au revoir ne serait pas sincère.
Disons-nous adieu, je préfère.
Je n’ prétends pas qu' tu n’aies rien fait de bien ;
Tu aurais pu faire mieux, mais ça n’ fait rien.
Tu as simplement pris mon temps en vain.
T’en fais pas, ça ira.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)


vendredi 12 décembre 2008

Devil Woman

I told Mary about us
Told her about a great sin
Mary cried and forgave me
And Mary took me back again
Said if I wanted my freedom
I could be free evermore
But I don't want to be
And I don't want to see
Mary cry anymore

Oh devil woman
Devil woman let go of me
Devil woman let me be
And leave me alone
I want to go home

Mary is waitin' and weepin'
Down in our shack by the sea
Even after I've hurt her
Mary's still in love with me
Devil woman it's over
Trap no more by your charm
'Cause I don't want to stay
I want to get away
Woman let go of my arm

Oh devil woman
Devil woman let go of me
Devil woman let me be
And leave me alone
I want to go home

Devil woman, you're evil
Like the dark coral reef
Like the winds that bring high tide
You bring sorrow and grief
Made me ashamed to face Mary
Barely had the strength to tell
Skies are not so black
Mary took me back
Mary has broken your spell

Oh devil woman
Devil woman let go of me
Devil woman let me be
And leave me alone
I want to go home

Running along by the seashore
Running as fast as I can
Even the seagulls are happy
Glad I'm coming home again
Never again will I ever
Cause another tear to fall
Down the beach I see
What belongs to me
The one I want most of all

Oh devil woman
Devil woman don't follow me
Devil woman let me be
And leave me alone
I'm going back home

 

Il y a quelques années, lorsque j'ai découvert cette chanson au milieu d'une compilation, j'ai d'abord été captivé par la mélodie et les inflexions de la voix de Marty Robbins. J'ai ensuite écouté plus attentivement les paroles, et j'avoue avoir été pris d'un grand éclat de rire. 

En effet, ce "remake" (comme on dit en français) ou cette "sequel" (comme disent les américains) du péché originel est, au fond, une caricature comique. Le pauvre garçon innocent et vulnérable, séduit par la diablesse, comme Adam entraîné dans le péché par Eve, elle-même séduite par le démon déguisé en serpent ! Tous les torts sont, évidemment, du côté de la séductrice ! 

Mais tout est bien dans le meilleur démon (excusez le lapsus - authentique) - dans le meilleur des mondes : l'épouse trompée pardonne, et le pauvre homme, un instant égaré, vient reprendre sa place au foyer, dans la petite cabane au bord de la mer. Les mouettes en rient encore ! 

Néanmoins, je ne me lasse pas d'écouter cette chanson, à la fois pour sa qualité mélodique et vocale, et pour le témoignage qu'elle apporte sur une époque de confortables certitudes...  

 

Femme - Démon

À Marie j’ai tout avoué
De notre horrible péché
Et Marie m’a pardonné
Elle m’a repris à ses côtés.
Si je veux ma liberté,
Elle est prête à me la donner,
Je n’veux pas la quitter,
Et je n’veux plus jamais
Revoir Marie pleurer.

Oh, Femme – Démon,
Femme – Démon écarte-toi,
Femme – Démon lâche-moi,
Et détache-moi,
Je veux rentrer chez moi.

Sur la plage m’attend Marie
Chez nous près de l’océan,
Et bien que je l’aie meurtrie,
Elle m’aime toujours autant.
Femme – Démon, c’est fini,
N’essaie plus de me séduire,
Car je n’veux pas rester,
Oui, je veux te quitter,
Diablesse, laisse-moi partir

Oh, Femme – Démon,
Femme – Démon écarte-toi,
Femme – Démon lâche-moi,
Et détache-moi,
Je veux rentrer chez moi.

Femme – Démon, tu es pire
Qu’un récif pour un navire,
Comme le vent pousse l’écume,
Tu amènes l’amertume.
J’ose à peine parler à Marie,
Car je mérite son mépris,
Mais les cieux s’éclaircissent,
Marie m’a repris,
Et brisé ton maléfice.

Oh, Femme – Démon,
Femme – Démon écarte-toi,
Femme – Démon lâche-moi,
Et détache-moi,
Je veux rentrer chez moi.

Et je cours le long du rivage
Aussi vite que je le peux ;
Même les goélands sont heureux
Que je revienne au ménage.
Vraiment, jamais plus je ne veux
Voir des larmes dans ses yeux.
Là-bas sur la plage,
Je vois son visage ;
C’est mon bien le plus précieux.

Oh, Femme – Démon,
Femme – Démon écarte-toi,
Femme – Démon lâche-moi,
Et détache-moi,
Car je rentre chez moi.

(Traduction : Polyphrène)

mercredi 10 décembre 2008

Streets of London

Have you seen the old man
In the closed down market,
Kicking up the papers
With his worn out shoes?
In his eyes you see no pride,
Hand held loosely by his side
Yesterday’s papers
Telling yesterday’s news

So how can you tell me you are lonely
And say for you that the sun don´t shine
Let me take you by the hand
And lead you through the streets of London
I will show you something
To make you change your mind.

Have you seen the old girl who walks the streets of London,
Dirt in her hair & her clothes in rags?
She has no time for talking, she just keeps right on walking,
Carrying her home in two carrier bags.

In the all night café at a quarter past eleven
Same old man is sitting there on his own.
Looking at the world over the rim of his teacup,
Each tea last an hour, & he wanders home alone.

Have you seen the old man outside the seaman´s mission,
Memory fading with the metal ribbons that he wears?
In our winter city the rain cries a little pity,
For one more forgotten hero & a world that doesn´t care.

 

Un texte poignant de Ralph McTell, repris par de nombreux artistes parmi les plus grands, dont les Beatles et Roger Whittaker, sur le thème très classique de la solitude et de la consolation qu'est supposée apporter la contemplation du plus grand malheur des autres. 

"Il y a toujours plus malheureux que soi", dit-on, mais cette affirmation n'a rien de rassurant ni de rassérénant. L'animation des grandes villes et l'anonymat qu'elles offrent ne font qu'accentuer le contraste et aviver la souffrance des laissés pour compte. 

Ce sont "les villes de grande solitude", selon la formule percutante de Pierre Delanoë chanté par Michel Sardou. Grande ville, grande solitude !  

Je ressentais fortement cette impression chaque fois que mes voyages m'amenaient à passer une nuit d'hôtel dans une grande métropole, loin de chez moi. Je ne retrouvais une sorte de sérénité que lorsque j'avais pu l'appeler au téléphone, et recréer le lien entre nous par delà les kilomètres. C'est cette même impression que j'entrevois parfois, devant moi, me guettant dans l'ombre, patiemment... 

 

Les Rues de Londres

As-tu vu ce vieil homme,
Sur la place du forum
Ramassant les papiers
Du bout de son pied ?
Dans ses yeux, pas de fierté,
Bras ballants sur les côtés,
Les nouvelles d’hier
Dans les journaux d’hier.

Comment peux-tu dire que tu es solitaire,
Et que tu ne trouves pas place sur terre ?
Laisse-moi te prendre par la main
Dans Londres et te montrer le chemin ;
Cela pourra t’aider
À revoir tes idées.

As-tu vu la vieille fille qui court dans les rues de Londres,
Vêtue de haillons, cheveux en désordre ?
Pas de temps pour discuter, ni s’arrêter en chemin,
Elle charrie tous ses biens dans deux grands sacs à main.

Dans un café de nuit, le soir à onze heures et quart,
Le même vieil homme assis à l’écart,
Sur sa tasse de thé, regardant tourner la terre,
Chaque tasse dure une heure puis il rentre solitaire.

As-tu vu ce vieil homme devant l’hôtel de marine,
Sa mémoire palissant comme les rubans sur sa poitrine ?
Dans la cité glacée, la pluie implore de la pitié
De ce monde indifférent pour ce héros oublié.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

lundi 8 décembre 2008

I’ve Got Stripes

On a monday I was ar-rested (uh huh)
On a tuesday they locked me in the jail (oh boy)
On a wednesday my trial was at-tested
On a thursday they said guilty and the judge's gavel fell

I got stripes - stripes around my shoulders
I got chains - chains around my feet
I got stripes - stripes around my shoulders
And them chains - them chains they're about to drag me down

On a monday my momma come to see me
On a tuesday they caught me with a file
On a wednesday i'm down in solitary
On a thursday I start on bread and water for a while

I got stripes - stripes around my shoulders
I got chains - chains around my feet
I got stripes - stripes around my shoulders
And them chains - them chains they're about to drag me down

I got stripes - stripes around my shoulders
I got chains - chains around my feet
I got stripes - stripes around my shoulders
And them chains - them chains they're about to drag

 

En bonus, un petit texte de Johnny Cash, où il se place, une fois de plus, dans la peau du prisonnier, sans faux-fuyant ni dénégation, mais avec sa pointe d'humour noir caractéristique.

 

J’ai des raies

Ce lundi-là, ils m’ont arrêté (oh-ho !),
Et le mardi, en prison m’ont jeté (eh bien !).
Le mercredi, mon procès a débuté,
Et le jeudi, m’ont dit coupable et le verdict est tombé.

J’ai des raies, raies autour des épaules,
J’ai des chaînes, chaînes autour des pieds,
J’ai des raies, raies autour des épaules,
Et ces chaînes, ces chaînes finiront par m’estropier.

Dès le lundi, au parloir j’ai vu maman,
Et le mardi, ils ont trouvé la lime.
Le mercredi, en cellule d’isolement,
Et le jeudi, j’ai de l’eau et du pain sec pour régime.

J’ai des raies, raies autour des épaules,
J’ai des chaînes, chaînes autour des pieds,
J’ai des raies, raies autour des épaules,
Et ces chaînes, ces chaînes finiront par m’estropier.

J’ai des raies, raie autour des épaules,
J’ai des chaînes, chaînes autour des pieds,
J’ai des raies, raies autour des épaules,
Et ces chaînes, ces chaînes finiront par m’estropier.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

Five Hundred Miles Away From Home

I'm five hundred miles away from home

Teardrops fell on mama's note
When I read the things she wrote
She said "We miss you, son. We love you, come on home."
Well I didn't have to pack
I had it all right on my back
Now I'm five hundred miles away from home

Away from home away from home
Cold and tired and all alone
Yes I'm five hundred miles away from home

I know this is the same road I took the day I left home.
But it sure looks different now.
Well I guess I look different, too cause time changes everything.
I wonder what they'll say when they see their boy looking this way?

Oh I wonder what they'll say when I get home

Can't remember when I ate
It's just thumb and walk and wait
And I'm still five hundred miles away from home
If my luck had been just right
I'd be with them all tonight
But I'm still five hundred miles away from home

Oh, I'm still 500 miles away from home

 

Cette chanson de Charlie Williams, Bobby Bare, et Hedy West fut chantée avec un immense succès, par Bobby Bare, puis reprise par de très nombreux artistes. Elle fit aussi l'objet d'une adaptation française, par Richard Anthony, sous le titre de "J'entends Siffler le Train". Il est intéressant de noter que le texte chanté par Bobby Bare évoque le retour au foyer du "routard", un peu à la manière du "Emmène-moi" de Graeme Allwright, tandis que Richard Anthony traite du départ, du déchirement de la séparation de deux êtres qui s'aiment. Cela illustre bien le fait qu'une même mélodie peut avoir plusieurs vies, dans plusieurs langues. Une simple traduction littérale, comme celles que je tente de réaliser, ne peut rivaliser avec une adaptation libre qui abandonne peu ou prou le texte originel pour faire place à une créativité artistique parfois très différente. Usuellement, la version originale et l'adaptation gardent une tonalité commune, valorisée par la mélodie. Les traductions littérales comme les miennes n'ont pas cette audace, et ne peuvent donc vivre séparées de l'original. Leur fonction idéale serait d'être lues ou chantées en alternance avec le texte anglais, pour permettre aux auditeurs francophones de mieux apprécier l'original...  

 

A mille kilomètres de chez moi

Je suis à mille kilomètres de chez moi !

Mes larmes mouillaient le papier
Où maman, dans son courrier,
Disait "Mon grand garçon chéri rentre à la maison".
Mon bagage était tout prêt
Sur mon dos je le portais,
Mais je suis à mille kilomètres de chez moi !

Loin de chez moi, loin de chez moi
Seul, fatigué, mort de froid,
Oui, je suis à mille kilomètres de chez moi !

Sur la même route, me voici, qu’au jour où je suis parti,
Mais tout a changé depuis.
J’ai dû changer tout autant, car tout change avec le temps.
Que vont penser mes parents, me voyant si différent ?

Que vont-ils penser en me voyant rentrer ?

J’ai fait de l’auto-stop en vain
J’ai tant marché, toujours à jeun,
Et je reste à mille kilomètres de chez moi.
Si j’avais été chanceux,
Ce soir je serais avec eux,
Mais je reste à mille kilomètres de chez moi.

Oh, je reste à mille kilomètres de chez moi.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

samedi 6 décembre 2008

Ring of Fire

Love Is A Burning Thing
And It Makes A Fiery Ring
Bound By Wild Desire
I Fell Into A Ring Of Fire

I Fell Into A Burning Ring Of Fire
I Went Down, Down, Down
And The Flames Went Higher

And It Burns, Burns, Burns
The Ring Of Fire
The Ring Of Fire

I Fell Into A Burning Ring Of Fire
I Went Down, Down, Down
And The Flames Went Higher

And It Burns, Burns, Burns
The Ring Of Fire
The Ring Of Fire

The Taste Of Love Is Sweet
When Hearts Like Ours Meet
I Fell For You Like A Child
Oh, But The Fire Went Wild

I Fell Into A Burning Ring Of Fire
I Went Down, Down, Down
And The Flames Went Higher

And It Burns, Burns, Burns
The Ring Of Fire
The Ring Of Fire

I Fell Into A Burning Ring Of Fire
I Went Down, Down, Down
And The Flames Went Higher

And It Burns, Burns, Burns
The Ring Of Fire
The Ring Of Fire

And It Burns, Burns, Burns

The Ring Of Fire

The Ring Of Fire

 

Le plus grand succès de Johnny Cash, écrit par June Carter et Merle Kilgore, décrit en fait la façon dont le coup de foudre qui frappa Johnny et June embrasa leurs cœurs et consuma leurs vies. Ce véritable brasier est bien illustré par le film "Walk the Line", récente biographie de Johnny Cash.  

 

Cercle de Feu

L’amour est feu brûlant
En cercle incandescent
Et mes désirs fougueux
M’ont jeté dans un cercle de feu.

Je suis tombé dans un cercle de feu,
Et plus je tombais,
Plus les flammes s’élevaient,

Et il brûle, brûle, brûle,
Le cercle de feu
Le cercle de feu.

Je suis tombé dans un cercle de feu,
Et plus je tombais,
Plus les flammes s’élevaient,

Et il brûle, brûle, brûle,
Le cercle de feu
Le cercle de feu.

L’amour est délicieux
Pour deux cœurs audacieux.
Pour toi mon cœur s’est consumé
Quand le cercle s’est embrasé

Je suis tombé dans un cercle de feu,
Et plus je tombais,
Plus les flammes s’élevaient,

Et il brûle, brûle, brûle,
Le cercle de feu
Le cercle de feu.

Je suis tombé dans un cercle de feu,
Et plus je tombais,
Plus les flammes s’élevaient,

Et il brûle, brûle, brûle,
Le cercle de feu
Le cercle de feu.

Et il brûle, brûle, brûle,

Le cercle de feu

Le cercle de feu.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

vendredi 5 décembre 2008

Queen of the House

Up every day at six
Bacon and Eggs to fix
Four kids from 1 to 4
Pretty soon there'll be one more.
I got… four floors to wax and scrub
And there's… a dirty old ring in the tub
I'll get…  a maid some day but, til then, I'm
Queen of the House

No time to fix my hair
Need a new dress to wear
Old clothes will have to do
'Cause the kids all need new shoes.
I got bridge club each Tuesday night
He's goes out with the boys and gets tight
But when the evenin's through
He comes a-home to the
Queen of the House.

I know the milkman, the iceman, they come every day
They give me tips on the horses to play
And when I've got the time to spare
I sit and wish that I'd picked a rich millionaire.

I sing:
Up every day at six
Bacon and Eggs to fix
Four kids from 1 to 4
Pretty soon there'll be one more.
I got four floors to wax and scrub
And there's a dirty old ring in the tub
I'll get a maid some day but, til then, I'm
Queen of the House

 

Voici la réponse de la bergère au berger : en écho au succès de "King of the Road", de Roger Miller, Jody Miller (même patronyme, mais sans lien que je connaisse) réutilisa la mélodie originale mais en détourna les paroles pour retracer la vie de galère de la femme au foyer . Cet humour fut très apprécié et propulsa la carrière de Jody Miller. Il faut reconnaître que le thème est intemporel et universel. La répartition des rôles dans nos sociétés évolue peu, et lentement, alors que, de plus en plus nombreuses, les femmes doivent travailler en plus des charges de ménage qui reposent encore, en très large part, sur leurs épaules. Les péroraisons des mâles ont donc de quoi les agacer légitimement, notamment quand ils disposent de leur "liberté", leur "créativité", leur "originalité" au détriment de leurs épouses, confinées, tout au plus, dans un rôle de soutien logistique et de faire-valoir.  

 

Reine du Foyer

Dès six heures se lever,
Préparer l’ déjeuner,
Quatre enfants à élever,
Et bientôt un nouveau-né.
J’ai quatre… étages à balayer
Et il y a… une trace de crasse dans l’évier.
Il me… faudrait de l’aide mais pour l’instant je suis
Reine du foyer.

Pas d’ temps pour me coiffer,
Pas d’ sous pour m’attifer,
Je gard’ mes vieux habits
‘Faut des souliers pour les p’tits.
Je vais… au bridge le mardi soir ;
Il va… au bar et rentre noir ;
Mais quand il a cuvé son vin il revient vers la
Reine du foyer.

Je connais le laitier, le postier, ils viennent chaque matin,
Ils m’ donnent des tuyaux sur l’ tiercé quotidien,
Et quand j’ai un peu de temps, je m’assieds
Et rêve au millionnaire que j’aurais dû épouser.

Je chante :
Dès six heures se lever,
Préparer l’ déjeuner,
Quatre enfants à élever,
Et bientôt un nouveau-né.
J’ai quatre… étages à balayer
Et il y a… une trace de crasse dans l’évier.
Il me… faudrait de l’aide mais pour l’instant je suis
Reine du foyer.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

jeudi 4 décembre 2008

King of the Road

Trailers for sale or rent
Rooms to let...fifty cents.
No phone, no pool, no pets
I ain't got no cigarettes
Ah, but…two hours of pushin' broom
Buys an… Eight by twelve four-bit room
I'm a… man of means by no means
King of the road.

Third boxcar, midnight train
Destination...Bangor, Maine.
Old worn out suits and shoes,
I don't pay no union dues,
I smoke… old stogies I have found
Short, but not too big around
I'm a… man of means by no means
King of the road.

I know every engineer on every train
All of their children, and all of their names
And every handout in every town
And every lock that ain't locked
When no one's around.

I sing
Trailers for sale or rent
Rooms to let, fifty cents
No phone, no pool, no pets
I ain't got no cigarettes
Ah, but… two hours of pushin' broom
Buys an…eight by twelve four-bit room
I'm a… man of means by no means
King of the road.



Hymne à la liberté et à la pauvreté voulue, cette chanson de Roger Miller connut en grand succès, en illustrant un mythe coriace : vivre d'expédients, au jour le jour, se contenter de peu, et jouir en retour de "la" liberté.
Ce mythe resurgit régulièrement sous différentes formes, plus ou moins élaborées. certaines philosophies ou religions le présentent comme une forme d'idéal de détachement, dont les adeptes sont, semble-t-il, de plus en plus nombreux.
Remettre en question ce qui n'est pas essentiel me paraît salutaire et, pour tout dire, nécessaire, tant la consommation pour la consommation est un esclavage qui ruine la société.
Faire ce "ménage" en soi même, et regagner sa liberté à l'égard de ses sentiments et ses émotions peut être utile, mais je reste, pour ma part, sceptique face à toute pensée systématique (ou système de pensée, si vous préférez).
Quand au "joyeux clochard", héros d'innombrables ballades et chansons, on en voit plus souvent mourir de froid sous les ponts et dans les friches urbaines que chanter dans les rues...


Roi du bitume

En camping ou meublé
Chambres à louer sans télé,
Téléphone ni toilettes.
J’ n’ai plus de cigarettes !
Oh, mais… deux heures à balayer
Me paient… une nuit de nid douillet.
Je ne… suis pas une grosse légume,
Roi du bitume

Train de nuit, vieux wagon,
Destination… l’horizon.
Vieux costume en haillons,
Je n’paie pas d’ taxation.
Je fume… de vieux mégots usés
Courts, mais pas trop écrasés
Je ne… suis pas une grosse légume,
Roi du bitume

J’ connais tous les cheminots sur tous les trains
Le nom de leurs enfants, celui d’ leur parrain
Et tous les abris dans tous les bourgs
Que je déverrouille
Quand y a personne autour.

Je chante :
En camping ou meublé
Chambres à louer sans télé,
Téléphone ni toilettes.
J’ n’ai plus de cigarettes !
Oh, mais… deux heures à balayer
Me paient… une nuit de nid douillet.
Je ne… suis pas une grosse légume,
Roi du bitume

(Traduction : Polyphrène)

mardi 2 décembre 2008

Lady d'Arbanville

My Lady d'Arbanville, why do you sleep so still?
I'll wake you tomorrow
and you will be my fill, yes, you will be my fill.

My Lady d'Arbanville why does it grieve me so?
But your heart seems so silent.
Why do you breathe so low, why do you breathe so low,

My Lady d'Arbanville why do you sleep so still?
I'll wake you tomorrow
and you will be my fill, yes, you will be my fill.

My Lady d'Arbanville, you look so cold tonight.
Your lips feel like winter,
your skin has turned to white, your skin has turned to white.

My Lady d'Arbanville, why do you sleep so still?
I'll wake you tomorrow
and you will be my fill, yes, you will be my fill.

La la la la la....

My Lady d'Arbanville why does it grieve me so?
But your heart seems so silent.
Why do you breathe so low, why do you breathe so low,

I loved you my lady, though in your grave you lie,
I'll always be with you
This rose will never die, this rose will never die.

I loved you my lady, though in your grave you lie,
I'll always be with you
This rose will never die, this rose will never die.







Cat Stevens, dans son romantisme le plus exacerbé, où l'on retrouve le mélange toujours étonnant d'un lyrisme délicat et d'une violence extrême des sentiments.

L'histoire de cette chanson est révélatrice du véritable volcan qu'était le cœur de l'auteur, aux sentiments brûlants comme un feu dévorant, s'exprimant au travers d'une mélodie aussi forte que simple, en des mots qui gardent toujours une part de mystère.

Au hasard de mes recherches sur le Web, je découvre à l'instant l'adaptation de Richard Anthony. Je n'étais sans doute pas assez à l'écoute des médias à l'époque de sa parution - ou bien la version originale était si forte qu'elle n'a pas laissé de place aux adaptations... Comme souvent, cette adaptation s'écarte assez franchement de l'original. En un sens, elle gagne une forme d'indépendance, une personnalité propre (je repense toujours à la chanson "City of New Orleans" devenue, pour Joe Dassin "Salut les Amoureux" : deux succès différents, qui n'ont en commun que la mélodie, et une forme de nostalgie).
Mes traductions n'ont pas cette prétention. Il me semble qu'elles sont destinées à rester liées - comme un ombre - à la version originale. Elles pourraient être lues ou chantées en écho, pour offrir aux auditeurs non anglophones un accès à la pensée de l'auteur, sans vouloir masquer sa voix.



Lady d’Arbanville

Ma Lady d’Arbanville, pourquoi dors-tu si fort ?
Je t’éveillerai demain,
Pour me combler encore, pour me combler encore.

Ma Lady d’Arbanville, pourquoi mes larmes aux yeux ?
Mais ton cœur est silencieux,
Et tu respires si peu, et tu respires si peu.

Ma Lady d’Arbanville, pourquoi dors-tu si fort ?
Je t’éveillerai demain,
Pour me combler encore, pour me combler encore.

Ma Lady d’Arbanville, tu es si froide ce soir,
Tes lèvres sentent l’hiver,
Et ton teint est blafard, et ton teint est blafard.

Ma Lady d’Arbanville, pourquoi dors-tu si fort ?
Je t’éveillerai demain,
Pour me combler encore, pour me combler encore.

La la la la la....

Ma Lady d’Arbanville, pourquoi mes larmes aux yeux ?
Mais ton cœur est silencieux,
Et tu respires si peu, et tu respires si peu.

Je t’aimais ma Lady, mais malgré ton trépas.
Je ne te quitterai pas,
Cette rose ne mourra pas, cette rose ne mourra pas

Je t’aimais ma Lady, mais malgré ton trépas.
Je ne te quitterai pas,
Cette rose ne mourra pas, cette rose ne mourra pas

(Traduction : Polyphrène)

lundi 1 décembre 2008

A Legend In My Time

If heartaches brought fame
In love's crazy game,
I'd be a legend in my time.
If they gave gold statuettes
For tears and regrets,
I'd be a legend in my time.

But they don't give awards,
And there's no praise or fame
For hearts that are broken
For love that's in vain.

If loneliness meant world acclaim,
Everyone would know my name
I'd be a legend in my time.

 

Je ne connaissais cette chanson de Don Gibson que par la version de Johnny Cash, et j'ai découvert avec étonnement, au moment d'écrire ce billet, le nombre et la célébrité des multiples artistes qui l'ont chantée (dont Roy Orbison, Waylon Jennings, BB King, Ronnie Milsap, Dottie West, Hank Snow...). Ce ne sont peut-être pas leurs problèmes de coeur qui les ont rendus célèbres, mais ces artistes ont connu la gloire et sont autant de légendes de leur temps !  

 

Une légende en mon temps

Si chagrin valait gloire
En amour sans espoir
Je serais une légende en mon temps.
S’ils offraient des trophées d’or
Aux pleurs et aux remords
Je serais une légende en mon temps.

Mais on ne donne pas d’oscar
Ni louange ni gloire
Aux cœurs sans amour,
Aux passions sans retour.

Si la solitude rendait célèbre
Mon nom sortirait des ténèbres,
Je serais une légende en mon temps.

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

Famous Blue Raincoat

It's four in the morning, the end of December
I'm writing you now just to see if you're better
New York is cold, but I like where I'm living
There's music on Clinton Street all through the evening.
I hear that you're building your little house deep in the desert
You're living for nothing now, I hope you're keeping some kind of record.
Yes, and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?


Ah, the last time we saw you you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You'd been to the station to meet every train
And you came home without Lili Marlene
And you treated my woman to a flake of your life
And when she came back she was nobody's wife.
Well I see you there with the rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well I see Jane's awake --
She sends her regards.

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say?
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I'm glad you stood in my way.
If you ever come by here, for Jane or for me
Your enemy is sleeping, and his woman is free.
Yes, and thanks, for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried.
And Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear

Sincerely, L. Cohen




Il n'était pas possible de laisser passer le retour sur scène de Léonard Cohen sans lui rendre hommage par l'évocation d'une de ses chansons les plus représentatives (bien qu'il ne s'en déclare, lui-même, pas satisfait).

Cette chanson sous forme de lettre est, en soi, tout un roman, exposant, ou plutôt suggérant, avec délicatesse et subtilité la complexité des sentiments, et le chaos des cœurs confrontés aux conflits de l'amour et la jalousie, de la haine et la fraternité, de la tendresse et la passion...



Ton fameux imper bleu

Il est quatre heures du matin, décembre touche à sa fin,
Je t'écris juste pour savoir si tu vas bien.
New York est froid, mais je m’y sens plutôt bien,
Rue Clinton, des musiciens jouent jusqu’ au matin.
On dit que tu construis ta petite maison au fond du désert ;
Tu vis maintenant pour rien, tu tiens une sorte de journal, j’espère.
La mèche de tes cheveux que Jane a ramenée,
Elle dit que tu lui as donnée
La nuit de ton projet de fuir ;
As-tu jamais pu fuir ?
La dernière fois qu’on t’a vu, tu paraissais si vieux,
Une déchirure au coude de ton fameux imper bleu
Tu attendais tous les trains à la gare
Et sans Lili Marlène tu rentrais chaque soir,
Et tu nourrissais ma femme des miettes de ta vie
Elle n’est femme de personne de retour ici,
Je te revois là bas, une rose aux dents,
Petit voleur gitan.
Ah, Jane est réveillée,
Tu as ses amitiés.
Mon frère, mon meurtrier, que puis-je te raconter,
Qu’y a-t-il à rajouter ?
Je crois que tu me manques, et que je t’ai pardonné,
Content que tu m’aies affronté.
Si, pour Jane ou pour moi, tu venais à passer
Ton ennemi dort, et sa femme est libre, tu sais.
Merci d’avoir ôté le trouble de ses yeux
Je ne croyais pas pouvoir l’ôter, et c’est mieux.
La mèche de tes cheveux que Jane a ramenée,
Elle dit que tu lui as donnée
La nuit de ton projet de fuir ;
Sincèrement. L. Cohen

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

samedi 29 novembre 2008

If I were a carpenter

If I were a carpenter
And you were a lady,
Would you marry me anyway?
Would you have my baby?

If you were a carpenter
And I were a lady,
I'd marry you anyway,
I'd have your baby.

If a tinker was my trade,
Would I still find you?
I'd be carryin' the pots you made,
Followin' behind you.

Save your love through loneliness,
Save your love through sorrow,
I gave you my onliness,
Give me your tomorrow.

If I were a miller,
At a mill wheel grinding,
Would you miss your coloured blouse,
And your soft shoes shining?

If you were a miller,
At a mill wheel grinding,
I'd not miss my coloured blouse,
And my soft shoes shining?

If I worked my hands in wood,
Would you still love me?
I'd answer you, "Yes I would"
And would you not be above me?

If I were a carpenter,
And you were a lady,
I'd marry you anyway,
I'd have your baby.

Save your love through loneliness,
Save your love through sorrow,
I gave you my onliness,
Give me your tomorrow.

 

Une célébrissime ballade, écrite par Tim Hardin, chantée par les plus grands artistes, dont Joan Baez, mais aussi Johnny Cash et June Carter, en un duo légendaire, dont j'ai tenté de traduire ci-dessous la version (avec une approximation criticable sur "onliness"qui est presque, mais pas tout à fait la solitude, un peu l'unicité, mais pas vraiment la fortitude). Etre aimé pour ce que l'on est, au fond de soi, et non pour ce que l'on paraît ou ce que l'on a - pour son coeur et non pour sa fortune - pour son âme et non pour son métier... C'est une revendication bien classique, mais c'est aussi une question d'actualité. Que signifient vraiment les conquêtes des "grands" de ce monde ? Sont-ils objectivement plus beaux, plus intelligents, plus charmants, plus attentifs, plus tendres, plus fidèles... que le commun des mortels ? 

 

Si j’étais un charpentier

Si j’étais un charpentier
Et toi une princesse
Voudrais-tu encore te marier,
M’offrir une descendance ?

Si tu étais charpentier,
Et moi une princesse,
Je voudrais encore me marier,
T’offrir une descendance

Si j’étais un chaudronnier,
Aurais-je ton amour ?
Je t’aiderais dans ton métier,
Je te suivrais toujours.

Garde l’amour en solitude
Garde l’amour en chagrin
Je t’ai donné ma fortitude,
Donne-moi ton lendemain

Si j’étais un meunier,
Les mains dans la mouture,
Regretterais-tu tes beaux souliers,
Et ta haute-couture ?

Si tu étais un meunier,
Les mains dans la mouture,
Je n’regrett’rais pas mes beaux souliers,
Ni ma haute-couture.

Si je travaillais le bois,
Me trouverais-tu beau ?
Oui, je n’aimerais que toi !
Me regarderais-tu de haut ?

Si j’étais un charpentier
Et toi une princesse
Voudrais-tu encore te marier,
M’offrir une descendance ?

Garde l’amour en solitude
Garde l’amour en chagrin
Je t’ai donné ma fortitude,
Donne-moi ton lendemain

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

vendredi 28 novembre 2008

Wednesday Morning, 3 A.M.

I can hear the soft breathing of the girl that I love,
As she lies here beside me asleep with the night,
And her hair, in a fine mist floats on my pillow,
Reflecting the glow of the winter moonlight.

She is soft, she is warm, but my heart remains heavy,
And I watch as her breasts gently rise, gently fall,
For I know with the first light of dawn I’ll be leaving,
And tonight will be all I have left to recall.

Oh, what have I done, why have I done it,
Ive committed a crime, I’ve broken the law.
For twenty-five dollars and pieces of silver,
I held up and robbed a hard liquor store.

My life seems unreal, my crime an illusion,
A scene badly written in which I must play.
Yet I know as I gaze at my young love beside me,
The morning is just a few hours away.

 

Voici l'un des premiers titres de Paul Simon, avec une mélodie suave que mettent magnifiquement en valeur les voix de Paul Simon et Art Garfunkel. Le souvenir est parfois le seul bien que l'on puisse conserver, comme le même auteur le dit avec une délicatesse sublime dans "Book ends"  

 

Mercredi, 3 heures du matin

J’entends la respiration de la fille que j’aime
Assoupie à mes côtés en cette nuit blême.
Sur l’oreiller ses cheveux flottent comme un brouillard
Reflétant la lune en un rayon blafard.

Sa douceur, sa chaleur n’atténuent pas mon chagrin
Devant le va-et-vient régulier de ses seins,
Car je sais que dès l’aurore il me faudra partir,
Cette nuit restera mon dernier souvenir.

Oh, qu’ai-je donc fait ? Je n’ai que remords !
Oui, j’ai enfreint la loi, j’ai commis un vol,
Pour vingt-cinq dollars et quelques pièces d’or
J’ai cambriolé un magasin d’alcool.

Ma vie semble irréelle, mon crime une illusion
La scène mal écrite d’un rôle que je dois jouer
Tandis que je regarde mon amour avec passion
Le matin, je sais, va bientôt arriver.

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

jeudi 27 novembre 2008

You Know Who I Am

I cannot follow you, my love,
You cannot follow me.
I am the distance you put between all of the moments that we will be.

You know who I am,
You've stared at the sun,
Well I am the one who loves
Changing from nothing to one.

Sometimes I need you naked,
Sometimes I need you wild,
I need you to carry my children in
And I need you to kill a child.

You know who I am,
You've stared at the sun,
Well I am the one who loves
Changing from nothing to one.

If you should ever track me down
I will surrender there
And I will leave with you one broken man
Whom I will teach you to repair.

You know who I am,
You've stared at the sun,
Well I am the one who loves
Changing from nothing to one.

I cannot follow you, my love,
You cannot follow me.
I am the distance you put between
All of the moments that we will be.

You know who I am,
You've stared at the sun,
Well I am the one who loves
Changing from nothing to one.

 

Léonard Cohen de retour sur scène, et de retour en France. Nous avons pu entendre sur les ondes quelques bribes de sa voix gutturale, et l'apercevoir, cheveux gris mais visage toujours aussi impénétrable, apparemment serein, esquissant même un sourire ! J'envie les parisiens qui ont pu participer à ces retrouvailles, et se laisser à nouveau emporter par ses mélodies envoutantes, un peu répétitives, comme une respiration lourde et lente qui ramène, à chaque expiration, des sentiments enfouis. Il était donc logique que, ce matin, une chanson de Léonard Cohen resurgisse, chanson dont la mélodie errait dans mon souvenir, accompagnée de quelques paroles égarées, sans que je sois capable de reconstituer le puzzle. C'est, une fois de plus, le travail de traduction qui m'a confronté à ce texte, hermétique, énigmatique comme le sont souvent ceux de Léonard Cohen. Paradoxalement, si de tels textes laissent toute latitude à l'auditeur de choisir sa propre lecture, sa propre interprétation (ce que j'appelle "l'auberge espagnole" de la compréhension), le traducteur se doit de "coller" de très près au texte, de peur d'en altérer le sens supposé (mais qui, tout au moins pour ce qui me concerne, lui échappe en grande partie), tout en s'attachant à respecter la métrique et la rime. Voici donc ma tentative de traduction. 

 

Tu sais qui je suis

Je ne peux pas te suivre, amour
Tu ne peux pas me suivre.
Je suis la distance que tu mets entre tous les moments de nos êtres

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être.

Parfois, je te veux nue
Parfois, je te veux crue.
Je te veux pour porter tous mes enfants
Et te veux pour que tu en tues.

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être.

Si jamais tu dois me traquer,
Là, je me soumettrai,
Et te laisserai avec un homme brisé
Pour t’apprendre à le réparer.

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être.

Je ne peux pas te suivre, amour
Tu ne peux pas me suivre.
Je suis la distance que tu mets entre tous les moments de nos êtres

Tu sais qui je suis,
Tu as regardé l’astre.
Je suis celui qui aime
Changer du néant à l’être

(Traduction - Adaptation : Polyphrène)

mercredi 26 novembre 2008

Peggy-O

As we rode out to Fennario
As we rode out to Fennario
Our captain fell in love
With a lady like a dove
And he called her by name pretty Peggy-O

Will you marry me, pretty Peggy-O
Will you marry me, pretty Peggy-O
If you will marry me,
I will set your cities free
And free all the ladies in the area-O

I would marry you, sweet William-O
I would marry you, sweet William-O
I would marry you,
But your guineas are too few (note 2)
And I fear my mama would be angry-O

What would your mama think, pretty Peggy-O
What would your mama think, pretty Peggy-O
What would your mama think
If she heard my guineas clink
And saw me marching at the head of my soldiers-O

If ever I return, pretty Peggy-O
If ever I return, pretty Peggy-O
If ever I return,
All your cities I will burn
Destroy all the ladies in the area-O

Come stepping down the stairs, pretty Peggy-O
Come stepping down the stairs, pretty Peggy-O
Come stepping down the stairs,
Combing back your yellow hair
And bid a last farewell to young William-O

Sweet William he is dead, pretty Peggy-O
Sweet William he is dead, pretty Peggy-O
Sweet William he is dead,
And he died for a maid
And he's buried in the Louisiana country-O

As we rode out to Fennario
As we rode out to Fennario
Our captain fell in love
With a lady like a dove
And he called her by name pretty Peggy-O

 

Une ballade traditionnelle, divinement chantée par Paul Simon et Art Garfunkel, mais aussi, depuis le début des années 70, par Jerry Garcia, des "Grateful Dead", puis par Bob Dylan. On y trouve, comme dans "Scarborough Fair", le contraste entre une mélodie suave et un thème sombre, celui de l'amour contrarié ou détruit par la guerre. La version chantée par Simon et Garfunkel est plus brève et moins explicite que celle de Jerry Garcia, tandis que l'adaptation des Compagnons de la Chanson (dont je n'ai découvert l'existence qu'après avoir rédigé ma traduction) est plus libre, mais aussi plus didactique, mettant en scène la guerre de sécession et le drame (digne des Horace et des Curiace) qui en résulte.  

 

Peggy-O

Quand nous marchions sur Fennario
Quand nous marchions sur Fennario
Le chef offrit son cœur
A une fille belle comme une fleur
Et il l’appelait jolie Peggy-O

Me veux-tu en mariage, jolie Peggy-O ?
Me veux-tu en mariage, jolie Peggy-O ?
Si tu’mveux en mariage,
Je libèrerai ton village
Et toutes les jolies dames du voisinage.

Je t’épouserais, mon cher et gentil Guillaume
Je t’épouserais, mon cher et gentil Guillaume
Je t’épouserais, mon cher,
Mais ta solde est trop légère
Et je crains que ma mère ne soit en colère.

Que penserait ta maman, jolie Peggy-O
Que penserait ta maman, jolie Peggy-O
Que penserait ta maman
Si elle voyait mon argent,
Et me voyait marchant devant mon armée-O

Si j’étais de retour, jolie Peggy-O
Si j’étais de retour, jolie Peggy-O
Si j’étais de retour
Je brûlerais tout alentour
Détruisant tous les amours dans le pays-O

Descend l’escalier d’un bond, jolie Peggy-O
Descend l’escalier d’un bond, jolie Peggy-O
Descend l’escalier d’un bond
En coiffant tes cheveux blonds
Dire un dernier adieu au gentil Guillaume

Guillaume a rendu l’âme, jolie Peggy-O
Guillaume a rendu l’âme, jolie Peggy-O
Guillaume a rendu l’âme
Mort pour l’amour d’une dame,
Et il est enterré dans le Louisiana-O

Quand nous marchions sur Fennario
Quand nous marchions sur Fennario
Le chef offrit son cœur
A une fille belle comme une fleur
Et il l’appelait jolie Peggy-O

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)

mardi 25 novembre 2008

I Won't Back Down

Well I won't back down,
No I won't back down
You can stand me up
At the gates of hell
But I won't back down

Gonna stand my ground,
Won't be turned around
And I'll keep this world from draggin' me down
Gonna stand my ground
And I won't back down

[Hey baby, there ain't no easy way out
Hey I will stand my ground
And I won't back down

Well I know what's right,
I got just one life
In a world that keeps on pushin' me around
But I stand my ground
And I won't back down

Hey baby, there ain't no easy way out
Hey I will stand my ground
And I won't back down
No I won't back down.

 

Cette chanson de Tom Petty a été aussi chantée de façon remarquablement efficace par Johnny Cash, dont la voix grave et rauque exprime parfaitement le tempérament buté de celui qui fait face à la terre entière, liguée contre lui. Le rythme très heurté de cette chanson "colle" particulièrement bien au texte. Le contexte n'étant pas explicitement décrit, chacun peut adapter cette chanson à son humeur et aux circonstances... Par exemple, ce peut être le discours adressé par le malade à sa maladie. 

Je l'ai souvent entendue s'adresser ainsi au "crabe" qui la ronge. Sa résilience inouïe étonne tous ceux qui la connaissent. Je sais que le doute l'assaille; je connais la cause (principale) de ses insomnies, puisqu'elle contribue aussi aux miennes; je sais aussi comment elle s'attache aux petits signes positifs pour construire sa résistance et sa contre-attaque. 

A plusieurs reprises, j'ai cru voir arriver la fin, mais l'ennemi a été, encore une fois, repoussé. Nous avons appris ainsi, tous deux, à vivre dans le présent, car "on ne vit qu'une fois", et ce sont les petites batailles du quotidien qui déterminent l'issue du conflit.  

 

Je ne cèderai pas

Je ne cèderai pas,
Non, je n’cèderai pas.
Même face à l’enfer,
Je n’te laisserai pas faire,
Et je n’cèderai pas.

Non, je ne lâcherai pas
N’me laisserai pas faire
On ne pourra pas me jeter à terre
Je ne lâcherai pas
Et je n’cèderai pas.

Hé, poupée, il n’y a pas d’issue facile.
Hé, je ne lâcherai pas,
Et je ne cèderai pas.

Je connais mes droits ;
On ne vit qu’une fois.
Si la terre entière s’en prenait à moi,
Je ne lâcherai pas,
Et je n’cèderai pas.

Hé, poupée, il n’y a pas d’issue facile.
Hé, je ne lâcherai pas,
Et je n’ cèderai pas.
Non, je n’cèderai pas !

(Traduction – Adaptation : Polyphrène)